hV/l V
Digitized by the Internet Archive
in 2010 with funding from
University of Ottawa
http://www.arcliive.org/details/lesanciennesloisOOnd
5MSM
®Ci®(ll
DE LA
SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE
DE
TOURIVJlI.
MÉMOIRES
DE LA
SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE
DE
TOURNAI.
TO«E 9.
TOURNAI
MALO ET LEVASSEUR, IMPUlMtiUP.S DE LA SOCIÉTÉ.
JANVIER 1867.
DES
AMllS LOIS mïMim
EN USAGE DANS
ET PRINCIPALEMENT DES CONDAMNATIONS A MORT
DEPUIS l'année 1515 jusqu'au mois de JUILLET 1555,
Le Comte G. DE NEDONCHEL,
Bibliothécairc-ArchiTiste de la Société historique et littéraire de Tournai.
TOURNAI
IMPRIMERIE DE MALO ET LEVASSEUR,
rue (le l'Écorcherie, 4.
1867.
T7K)4
PRÉFACE.
Les condamnations criminelles qui avaient lieu dans
la ville de Tournai à une époque éloignée et toute ditîé-
rente de la nôtre, la fin du moyen-âge, nous ont sem-
blé se rattacher jusqu'à un certain point à l'histoire
particulière de cette antique Cité. Ce détail de mœurs
et de coutumes nous a paru mériter l'attention, non pas
uniquement des législateurs, mais aussi des personnes
curieuses de connaître, dans leurs plus minutieux dé-
tails, la vie privée de nos compatriotes, habitant dans
les mêmes lieux que nous, à quatre ou cinq cents ans
d'intervalle.
C'est seulement dans les dépôts publics et parmi
beaucoup d'autres sujets que traitent nos vieux cartu-
laires, que se rencontre la partie spéciale des condam-
nations à mort. L'idée nous est venue de les réunir pour
en faire l'objet d'une publication, qui épargnera 5 ceux
qui désireraient les connaître de longues et pénibles re-
cherches, que peu de personnes sont à même de faire.
Nous avons donc compulsé nous-mêmes les poudreux
parchemins et les volumineux registres que possède en-
core la ville de Tournai. Nous n'avons fait d'ailleurs que
1
suivre l'impulsion donnée par le monde studieux vers
les recherches historiques. On comprend généralement
combien il importe de recourir aux documents origi-
naux ; quoique ces sources, si riches et si précieuses
pour notre histoire, aient déjà été explorées par plu-
sieurs de nos devanciers, elles sont loin d'être épuisées ;
elles renferment encore des matériaux peu ou point
connus qui méritent d'être mis en lumière.
Le dernier préposé à la conservation de ces précieuses
archives, Fr. îîennebert, avait déji^, il y a une dixaine
d'années, commencé à dépouiller les registres des Con-
saux de la cité de Tournai, en ce qui concerne les con-
damnations à mort ; mais le temps, peut-être même la
persévérance, indispensable à tout travail de longue
haleine, lui firent défaut. Les premiers renseignements
qu'il en avait extraits, n'étaient d'ailleurs qu'une assez
ennuyeuse suite de noms, de méfaits et de châtiments ,
dont lui-même ne tarda pas à reconnaître la sécheresse.
Nous avons cru qu'il serait plus utile, moins aride et
enfin plus intéressant, de reprendre ce travail sur un
tout autre plan, c'est-à-dire de rapporter, autant que
possible, le narré in extenso, et dans toute sa simplicité,
tel que nous l'offrait l'original des interrogatoires des
criminels et des condamnations qui les suivaient. La
naïveté des déclarations des incriminés nous fournit des
exemples de la manière de s'exprimer dans ce pays, à
des époques bien éloignées de nous. Cependant, malgré
cet intervalle de plusieurs siècles, bien des vieux mots
— MI —
et d'anciennes locutions se retrouvent dans ie langage
actuel des Tournaisiens, et sont encore en usage de nos
jours parmi le bas peuple. On peut même dire que le
langage de la classe ouvrière, que le patois de Tournai
et de ses environs, est presque la langue qui était écrite
et parlée au moyen-âge.
Notre travail s'est donc borné à recueillir les docu-
ments épars que possède le dépôt général de nos archi-
ves, tâche qui n'était pas aussi facile qu'on eût pu le
croire ; car, outre la difficulté de déchiffrer tant d'écri-
tures de mains différentes, les incorrections, les abré-
viations et le défaut d'orthographe des greffiers crimi-
nels de cette époque, en rendent généralement l'inter-
prétation laborieuse, quelquefois même tout à fait
problématique. Malgré le nombre des gros registres
ditsc^ la loi, d'ovi nous avons, en grande partie, tiré les
causes rapportées dans cet ouvrage, il s'y rencontre de
regrettables lacunes, et nous avons dû recourir quel-
quefois aux comptes généraux, ainsi qu'aux différentes
catégories de documents que possède la ville. Les ar-
chives judiciaires, qui eussent été d'un grand secours
pour notre travail, nous font malheureusement défaut.
Cette partie du dépôt public a, en effet, beaucoup souf-
fert dans l'incendie qui a consumé le ferme des Pré-
vosts et des Jurés, et la partie la plus ancienne, par
conséquent la plus irréparable, a entièrement disparu.
Il y aurait beaucoup à dire si l'on voulait traiter à
fond la législation criminelle au moyen-âge, mais telle
VIU —
n'a pas élé notre intention; des auteurs plus compétents
que nous s'en sont occupés dans des traités spéciaux.
Nous avons voulu seulement faire connaître des docu-
ments inédits, et nouveaux dans la pratique ou l'appli-
cation, de ce qu'on appelait autrefois les formes de la
paix, c'est-à-dire les lois rédigées par le commun con-
sentement, conseil et délibération des notables de la
commune.
On avait déjà le texte des lois anciennes renfermé
dans les Coutumes et Usages de la ville de Tournai ;
il restait à mieux connaître l'application de ces lois.
Sauf les rechercbes que nous avons faites au sujet de ce
travail, et que nous donnons dans les premiers chapi-
tres, on ne trouvera que peu de choses de nous ; les
procès-verbaux et inscriptions des actes judiciaires et
criminels, que nous rapportons par ordre de date, par-
leront mieux malgré leur style rude et mal ordonné
que nous ne pourrions le faire nous-mêmes par nos
traductions. Nous laissons donc au lecteur le soin des
commentaires dont nous nous sommes abstenu.
Entraîné par le sujet que nous traitions, nous nous
sommes un peu étendu sur les coutumes et l'organisa-
tion de la justice criminelle à Tournai; nous espérons
que les détails où nous sommes entré , inédits pour la
plupart, intéresseront les lecteurs ; ils formeront la
première partie de ce volume.
Il nous reste à consigner ici, les sincères remercî-
ments que nous nous plaisons à renouveler à M. le con-
— IX —
servateur des Archives de la ville de Tournai et des
États du Tournaisis, pour la complaisance qu'il a mise
à la recherche des pièces nécessaires à la rédaction de
cetouvrage.il nous a facilité notre travail en le rendant
aussi complet qu'il a été possible, et nous sommes heu-
reux de reconnaître l'obligeante intelligence avec la-
quelle il nous est toujours venu en aide dans ces fasti-
dieuses investigations.
Tournai, le 10 Avril 18Gj.
Le C" G. DE Nédo.nchel.
INTRODUCTION.
Dans la partie la plus ancienne des archives adniinislra-
lives de la ville de Tournai se trouve une série intitulée :
Registre de la loi; clic forme, selon son classement, une di-
vision de la première section et se compose des n"* îôO à 140,
comprenant dix-huit volumes in-folio manuscrits sur par-
chemin et papier. 11 existe quelques lacunes dans l'ordre
chronologique de ces inléressants registres , et ceux qui
manquent, n'ont pu malheureusement jusqu'ici être retrou-
vés. Le plus ancien de ces volumes commence ainsi : Ces
lirègislre fais à la S*^- Lusse, lan M, CCC et XIII jitsqaes
à le S'* Lusse en sieuwant.
M. Gachart, l'archiviste de Bruxelles, lorsqu'il s'occupait
de faire sortir du eahos où ils se trouvaient, nos anciens
chirographes, avait eu connaissance de ces renseignements
précieux pour Tournai, et dans ces Documents inédits , etc.
(Tome I, page 52) ; il en parle ainsi : « Dans ces registres
» étaient écrits les noms des magistrats élus à chaque re-
» nouvellement de la loi. On y trouve de plus pour les temps
» antérieurs au XVI* siècle, les achats et reliefs de la Bour-
» geoisic, les condamnations pour délits et crimes commis
)i dans la ville, des notices des individus exécutés, etc. La
» série régulière de ces registres date de l'année 1313;
» mais il doit y en avoir dans les archives de plus anciens
» encore. »
Le catalogue de ces archives prouve que rien n'est venu
— 12 —
confirmer cette conjecture du savant archiviste ; et effecti-
vement, à l'exception de quelques fragments incomplets, il
n'existe plus d'autres registres antérieurs à la fin de l'année
4513. Nous avons compulsé tous ces manuscrits et nous en
avons extrait les condamnations a mort, mais nous n'avons
pas toujours rapporté entièrement tout ce qui se trouve dans
ces gros volumes ; souvent ils ne nous offraient que des ré-
pétitions inévitables, du reste, dans ces espèces de procès-
verbaux roulant sur des crimes identiques, et n'offrant que
peu d'intérêt. Toutefois, pour en rompre la monotonie
et ne pas rester dans une aride nomenclature de noms et
de méfaits suivis de leurs châtiments, nous avons, pour une
grande partie des condamnations, transcrit l'interrogatoire
de l'accusé et l'acte de son jugement; ce qui pourra donner
une idée des autres, sur lesquelles nous avons dû parfois res-
ter beaucoup plus laconique pour une raison péremptoire;
car souvent pour ceux-là, les documents nous faisaient
presqu'entièremcnt défaut.
Il nous a paru préférable de laisser parler, pour ainsi dire,
les hommes de loi et les coupables que de donner une tra-
duction de leur langage. En procédant ainsi nous avons mis
plus d'exactitude dans notre travail et nous avons ménagé à
nos lecteurs le plaisir de compulser, pour ainsi dire avec
nous, les pièces originales.
Ceux qui étudient l'histoire d'une manière sérieuse, ne
s'effraieront pas de la rudesse de la langue romane, ni de
ses expressions originales , ni de ses [mots singulièrement
orthographiés. On s'y fait du reste assez vite ; il est rare qu'en
lisant attentivement ces phrases qui paraissent d'abord bar-
bares, on n'en perçoive pas bientôt le sens. On finit même,
avec un peu de persévérance, à s'en rendre l'intelligence
facile. Cette étude offre d'autant plus d'intérêt qu'elle fait
juger du travail qu'il a fallu pour transformer le langage
— XIII —
si fticorrcct en ce qu'il est devenu sous la plume de nos bons
écrivains.
On comprend, d'ailleurs, l'importance de ne pas se rebu-
ter par les obstacles que présente toujours la lecture de nos
vieux manuscrits, puisque la connaissance des vieilles écri-
tures et du langage populaire, est indispensable pour aller
puiser, à leur source même, les renseignements historiques
les plus précieux, c'cst-à-dirc dans les dépôts d'.irchives.
Ces bibliothèques manuscrites, collections de récits con-
temporains des acteurs eux-mêmes, espèce de photographie
saisissant et reproduisant les gestes et méfaits d'un autre
âge, sont heureusement encore assez riches dans les prin-
cipales villes de la Belgique et du Nord de la France. Elles
fourmillentde renseignements curieux. Là on peut retrouver
ce qu'était la vie des seigneurs, des bourgeois et du peuple
dans les cités riches et populeuses, et aussi parfois remuan-
tes. Là combien de détails de la vie de nos pères existent
dans la poussière de ces collections, et demeureront ignorés
jusqu'à ce que les archivistes, qui ont dû commencer par
inventorier, classer et mettre en ordre, (travail de persévé-
rance pour les parchemins de Tournai) aient eu le temps de
dépouiller tous ces restes, tous ces souvenirs du passé ! Alors
seulement, on connaîtra ces richesses historiques enfouies
depuis des siècles, et le savant pourra, sans perdre un temps
précieux, compulser ces dépôts d'une valeur inappréciable.
Les chroniqueurs qui décrivent, du reste, si naïvement ce
qui concerne leurs héros, ne nous initient pas autant à la
vie intime et réelle des peuples, que les minutieux détails
que l'on trouve à profusion dans nos registres, ils nous
peignent bien mieux les mœurs vraies et positives de nos
pères, que l'histoire écrite souvent longtemps après les évé-
nements et qui reste trop souvent, empreinte de partialité,
même à l'insu de son narrateur.
2
— XiV —
Le travail que nous offrons au public, ne s'est pas .étendu
au-delà des condamnations à mort dans la ville de Tournai
et ses dépendances, et nous nous sommes restreint dans une
période d'environ deux cent cinquante ans.
Les dépôts publics de la ville ont certainement perdu de
leur importance, quand, par une pensée de centralisation
trop exclusive, le gouvernement, sous le règne de Napoléon
1"' , fit transporter dans le chef-lieu du département , ou
même hors du pays, tout ce qu'on crut utile de retirer de
nos Bibliothèques et des Archives de nos villes. Ces dépôts
qui auraient dû être respectés comme les propriétés commu-
nales, ont été mutilés; et ces enlèvements, mal motivés, ont
fait subir à notre cité des pertes regrettables pour ses habi-
tants. Il est bien pénible parfois pour ceux-ci de devoir aller
jusqu'à la capitale, à la recherche des actes et des pièces que,
jadis, ils avaient à leur disposition dans le dépôt confié à la
garde de la commune (1).
Néanmoins, comme nous l'avons énoncé plus haut, il reste
encore assez de documents pour de sérieuses études histori-
ques qu'on voudrait faire sur Tournai, qui a joué un rôle si
important dans le passé. Il est incontestablement utile
d'avoir une certaine connaissance des lois, qui ont changé
depuis, mais qui longtemps ont régi les provinces belges; et
de pouvoir les comparer avec celles du temps où nous vivons :
de connaître l'origine de nos coutumes tant locales que
(1) La société historique de Tournai a fait imprimer dans ses Mé-
moires (tomes 7' et 8") les travaux récents du laborieux conservateur
de ces mêmes Archives, sous ce titre : Extraits des anciens registres
aux délibérations des Consaux. Les deux volumes qui ont paru, font
désirer la suite de ce consciencieux ouvrage , rempli de détails aussi
curieux qu'intéressants pour l'histoire de Tournai.
— XV —
générales dans ce pays, et les raisons, les causes qui les ont
fait modifier; voilà des sujets d'étude qui sont importants
pour ceux appelés un jour à se prononcer dans les questions
qui peuvent être soumises à leur vote.
Nos coutumes sont entées évidemment sur les lois que
les Romains, nos conquérants, avaient apportées, il paraît
bien évident que nous avons emprunté la plus grande par-
tie de notre législation ancienne à ce peuple dominateur.
Avec la domination romaine le code justinien fut implanté
dans toute la Gaule. L'arbre y poussa des racines profondes,
et la civilisation a développé et modifié cette législation
sous la salutaire influence de l'enseignement cbrétien.
Ainsi, chez les Romains, avant que le despotisme ne fût
venu supplanter des iiistilutious pleines de justice, par la
volonté tyranniquc des Césars ou des Proconsuls, nous
retrouvons la réalisation véritable et la plus libérale de
ces institutions appliquées aux affaires criminelles et
même aux affaires civiles : l'immixtion du peuple dans ses
propres affaires. Nous pouvons dire que l'élection par la
commune, de ses magistrats, charges de faire exécuter les
lois civiles et pénales, telle qu'elle se pratiquait à Tournai,
lirait évidemment son ori^iinedcs lois et coutumes romaines.
Le jury institué depuis dans le code qui nous régit actuelle-
ment, en dérive sans doute, mais ne paraît pas une modifi-
cation heureuse de nos anciennes coutumes. Nous ne pouvons
entrer dans des développements qui nous feraient sortir de
notre sujet ; seulement, comme nous traitons dans cet ouvrage
des peines et des condamnations prononcées par les prévôts
et les jurés de Tournai, nous devions faire connaître pourquoi
généralement les décisions de ce tribunal, nommé par les
Tournaisiens eux-mêmes, étaient acceptées sans murmures
par les populations; c'est que ceux qui les prononçaient,
avaient mérité la ponfiance dc^ ])oui'gcois qui, en les élisant
chaque année, savaient qu'ils devaient être leurs propres
juges. Aucun historien n'a pu nous dire quand la ville de
Tournai commença à exercer ces droits souverains dont nous
la trouvons investie dès que nous avons quelque connais-
sance de son existence.
Cette organisation exceptionnelle du pouvoir dans cette
ville est certainement de la plus grande ancienneté, puis-
qu'aucun document historique n'a pu lui assigner une ori-
gine certaine hien connue; l'absence même de titre$ nous
paraît une preuve que ses droits de commune subsistaient
appuyés sur la tradition, mais que son origine se perdait
dans la nuit des temps.
En 1187, Tournai avait déjà un prévôt el trente-deux ju-
rés à la tête de la commune et formant son pouvoir munici-
pal. Philippe-Auguste, dans la charte qu'il donne à Tournai
l'an 11 89 confirme, mais n'établit pas, l'institution déjà exis-
tante. Le texte dit : «> Nous, Philippe, roi de France, nous
» donnons à nos bourgeois de Tournai l'établissement d'une
j» paix et d'une commune suivant les mêmes usaigcs et
» coutumes qu'ils avaient en avant eu avant que ceste com-
» mune fust cstablie.... »
En 12G7, nne ordonnance de S. Louis abroge la coutume
de Tournai, qui permettait aux homicides de rentrer dans la
ville, en payant une amende de quatre livres parisis.
Tournai avait, des le XIV" siècle, ses lois propres formu-
lées dans les coutumes. Nous les avons comparées avec
celles de plusieurs autres grandes villes de ce pays, quoi-
qu'elles variassent sur certains points, les principaux articles
sont presque identiques. Les Tournaisiens y tenaient singu-
lièrement, et cependant, nous devons l'avouer, les lois péna-
les nous ont paru bien dures dans certaines circonstances.
Les législateurs dans les siècles passés établissaient des
XVII —
genres de châtiments que nous qualifions sévèrement. Les
peines qu'on faisait subir alors aux condamnés, étaient sou-
vent, à notre point de vue, aussi contraires à l'humanité qu'à
la décence. Mais nous pouvons affirmer, contre les assertions
de beaucoup d'auteurs hostiles au catholicisme que, mémo
pour les crimes commis contre le culte religieux, l'influence
du pouvoir ecclésiastique est restée étrangère à la pénalité.
La manière d'appliquer les châtiments répressifs des
crimes avait été maintenue très-souvent et dans différents
genres, par les légistes sous l'ère chrétienne, mais non créée
par la religion, et, longtemps encore après la chute du pa-
ganisme , la société se ressentit de la cruauté de ses mœurs
et de ses coutumes. Il est même bien reconnu que le chris-
tianisme a contribué plus que toute autre cause à adoucir
des usages, qui n'étaient qu'une suite naturelle de la bar-
barie.
Pour être impartial, l'écrivain doit faire des recherches à
la source encore pure des événements, comparer .'es temps,
étudier les circonstances, les faits et tous les détails de
mœurs des peuples dont il s'occupe. Cette règle, qui devrait
toujours être suivie , est malheureusement trop négligée de
plusieurs historiens, surtout dans les temps modernes. C'est
cependant de ces études consciencieuses que peut seulement
sortir la vérité historique.
On verra donc dans la première partie de cet ouvrage,
que les lois pénales en vigueur à Tournai dans les temps les
plus reculés qui nous soient connus , ont tiré leur origine
pour les principales au moins, de celles du peuple roi. On
l'a observé également dans la plupart des contrées soumises
à ces vainqueurs d'une partie du monde. Nous tâcherons de
faire remarquer à l'occasion, en quoi elles en ont différé;
car si elles sont généralement empreintes de l'esprit qui
inspira leur code aux Romains , elles conservèrent ccpcn-
— XVUI —
(îant certaines pratiques qui, dans l'exécution, leur étaient
propres ou leur provenaient des Germains ou des Goths.
Le lecteur, en parcourant les minutes, des condamnations
inscriptes dans le greiîc môme de cet antique tribunal
de Tournai, pourra remarquer que le mode diffère de
celui en usage dans les cites voisines. Ceci mériterait peut-
être d'appeler l'attention de quelque collègue.
On {pourrait faire d'intéressantes recherches au sujet de
ces différents usemenfs adoptés dans les villes du Nord et
du centre de l'Europe ; elles feraient connaître jusqu'où et
dans quelles mesures se conservèrent les habitudes et les
coutumes de ces peuples primitifs, prédécesseurs ou au
moins contemporains des dominateurs ; enfin de ces nations
traitées indistinctement de barbares par les fiers Romains.
Nous devons avouer toutefois que nous ne connaissons
guère de cités, qui se soient trouvées dans des conditions
identiques à celles de la ville de Tournai.
Les soi.» erains qui furent longtemps les maîtres de ce
petit pays dont ils se qualifiaient les seigneurs : Domini
Tornacesii laissèrent à ses habitants avec ses us et coutumes,
son autonomie, car la seigneurie de Tournai ne dépendait
d'aucun suzerain et ne relevait que du roi; ce qui lui per-
mettait de gérer ses propres affaires. Les souverains en litre
s'attachaient de leur côlé, autant par condescendance que
par politique à ne pas froisser les sentiments des Tournai-
siens à cet égard. Ceux-ci ne laissèrent jamais ignorer com-
bien ce gouvernement composé de magistrats de leur clioix
leur était précieux et l'on comprend, en effet, qu'un pou-
voir toujours géré par leurs propres concitoyens avait des
raisons pour leur être préférable à tout autre; si plusieurs
fois l'administration des lois de la commune fut confiée à
des mains étrangères, la suspension du pouvoir nommé
régulièrement, ne fut que temporaire et cet état anormal
— XIX
cessa ordinairement après que les motifs qui en avaient été
cause eussent eux-mêmes disparu ; comme on le voit dans
l'histoire de Tournai et comme nous le ferons remarquer
dans la première partie de la législation criminelle.
Nous devons demander pour ce petit travail l'indulgence
des personnes sérieuses auxquelles il s'adresse : de nouveaux
documents retrouvés après que l'impression en avait déjà
été commencée , ont servi à compléter certains détails cu-
rieux^ mais ils ont amené quelques répétitions qu'une révi-
sion plus attentive eût évitées. Le temps nous a fait défaut
pour rendre cet ouvrage moins imparfait. Nous avons, en le
faisant paraître, compté sur des lecteurs bienveillants et
nous ne regretterons pas notre labeur si nous avons réussi
à atteindre le simple but que nous cherchions : rappeler
une législation autrefois en usage à Tournai , et qu'une
autre a remplacé, ce qui par conséquent l'a laissé ignorer
de nos jours; et en second lieu confirmer la pratique de
ces antiques coutumes, par les arrêts criminels eux-mêmes;
ils occupent la principale partie de ce volume. Ces sentences
n'avaient jamais été publiées jusqu'à ce jour.
u Scieniiam viise geniium , nunquam salis esse
tûinmcndatam censeo. »
« Je pense que 1 étude de la vie des peuples, ne
saurait être trop conseillée. »
M. T. Cîcero : De Legibus.
PREMIÈRE PARTIE.
DE L'ANCIENNE LEGISLATION CRIMINELLE
CONCERNANT PRINCIPALEMENT LES CONDAMNATIONS A MORT
dans la ville de Tournai.
CHAPITRE PREMIER
Aperçu sommaïre de la législation criminelle chez les an-
oienf , du Pouvoir-souverain, des lois , et des coutumes
judiciaires dans la ville de Tournai.
En mettant au jour les documents authentiques que nous
avons puisés dans les annales communales de Tournai, nous
avons pensé qu'il pourrait être utile de jeter un coup-d'œil
rapide sur ce qui se passait il y a quelques siècles, lorsqu'il
s'agissait de réprimer les crimes. L'époque dont cet ouvrage
s'occupe particulièrement est celle qui termine le MOYEN-
AGE. On nous pardonnera, nous l'espérons, d'entrer avant
tout dans quelques considérations bien sommaires, sur la
législation criminelle des anciens peuples et de signaler les
pratiques en usage dans l'antiquité avant d'arriver à celles
de Tournai; mais les temps qui précédèrent ceux que nous
font connaître les archives de celle ville aux XIV«, XV* et
XVI* siècles, eurent une grande influence sur les âges qui
suivirent. C'est ainsi que l'on voit que la période appelée la
RENAISSANCE amena insensiblement une modification in-
tellectuelle dans les esprits et jeta les premiers germes de
l'immense révolution accomplie presque de nos jours. Révo-
lution dont l'effet immédiat fut de changer complètement la
législation, les usages et les coutumes de nos pèi'es.
Les temps se succédèrent ; on vit de nouveaux peuples
remplacer leurs devanciers; mais les générations, ensercnou-
vellant, produisirent les mêmes fruits de réprobation, car les
passions humaines accompagnent toute société. Les mauvais
instincts de l'homme obscurcissent dans une certaine pro-
portion, sa raison; surtout lorsque le frein religieux lui fait
défaut, et ils ont toujours été la cause d'une infinité de
crimes.
2b
— 2 —
Cet ordre de chose étant général, nous savons que , dans
tous les âges et chez toutes les nations, des lois, répressives
ont dû venir en aide aux préceptes de la morale peur défen-
dre la société; celle-ci, sans cette digue contre le mal, ver-
rait souvent son existence compromise. Les crimes ou délits
contre les lois promulguées par la société, les condamna-
tions, et enGn les supplices, ont entr'eux une corrélation
nécessaire et inséparable : traiter des uns, c'est traiter des
autres.
Jadis la peine du talion semblait la plus naturelle,
puisqu'elle fut en usage chez les plus anciens peuples
connus ; c'était de cette manière que la société se vengeait
de ceux qui avaient bravé ou enfreint ses lois, et cherchait
par une crainte salutaire à maintenir les criminels. Nous
voyons même que cette espèce de justice compensatrice
s'est perpétuée jusqu'à nos jours pour les assassins et pour
punir certains crimes. Les anciennes lois de la ville de
Tournai étaient formelles à cet égard; les ordonnances
royales vinrent les modifier, mais le renouvellement de la
loi au treizième siècle dit encore :
«... Chascun qui ochist aura, debvra estre ochis ; car en
cheste cytlet de Tornay loi et vsaige a toujours esté ke il
y ost mors por mors, membre por membre et que là ou
arot, soit home ot feme et garchon ot fille navre part quou
itlec aurot membre copet al plel del précos, eskiévins et jurés
celi kil troverot capables par prouves, évidenches al viritet,
il le doivent jugier et condamier tel membre perdre que H
navret ora plerdut. Se fait nel à sen cor déffendut, etc. »
Cette vie qu'on devait donner pour la vie qu'on avait
enlevée à un de ses semblables ou même un membre qu'il
fallait rendre pour le membre dont on l'avait indûment
privé, semblait tellement être la loi naturelle à ces époques,
que même encore en l'année \ 362 nous voyons un parlc-
lement homologuer des lettres de rémission accordées par
le roi de France d'alors (1) à Jean Charnault atteint et
convaincu d'avoir à son corps défendant, tué Jacques de
Pons, seigneur de la Force, qui en l'attaquant lui avait abattu
l'oreille droite. Malgré ces circonstances au moins bien
atténuantes, ledit Charnault avait été condamné h mort.
De nos jours il n'y aurait eu aucun crime, ni même
délit puisque le droit de légitime défense est inscrit dans
la loi pénale ; toutefois remarquons que même bien long-
temps avant celte époque Tournai avait admis dans ses
coutumes : la défense propre à son corps défendant.
Cette manière de corriger un méfait par une peine sem-
blable dans les temps les plus anciens, nous prouve que
c'était la nature elle-même qui avait établi cette voie de
réciprocité ; aucun châtiment no pouvant en effet être plus
en rapport avec la faute, et comme l'avait dit primitivement
Solon et après lui Senèquc : elle était juste si elle servait
d'exemple pour les autres en les tranquillisant pour l'ave-
nir. (2)
Bien des crimes cependant contre la société et les per-
sonnes ne pouvaient être châtiés de cette manière, c'est-à-
dire par des peines analogues : ainsi les voleurs, les
faux-monnayeurs, ceux qui se soulevaient contre le souve-
rain ou les autorités établies par lui, une fois saisis par la
justice et convaincus de délits recevaient les diverses
(1) Charles IX.
(2) « In vindicandisinjuriishaec tria les secula est quae princeps
quoque débet, ut cum quem punit eniendel ut pœna ejus celeros
reddat meliores aut ut subialis malis securiores. ... »
Seueca. Hb. De Clenientia.
_ 4 —
punitions qu'il plaisait aux juges de leur appliquer, et les
lois d'alors, nous parlons des âges anciens, spécifiaient
comme celles de nos jours le genre de mort, ou le châtiment
qu'on devait faire subir.
C'est cette diversité de crimes et leur répression, telle
qu'elle se pratiquait à Tournai pendant une longue pé-
riode de son histoire, que nous avons consignée dans ce
présent travail. Nous avons tenu à réunir des détails ignorés
par la plupart des personnes curieuses de connaître la vie
des anciens habitants de cette cité, il y a quelques siècles.
Mais pour donner un peu de suite à ces faits disséminés çà
et là, nous avons dû repêcher les épaves dispersées par les
tempêtes, restes de ces âges qui s'éloignent de nous, mais
qu'il semble bon cependant de conserver pour l'instruction
des temps présents.
Nous nous sommes donc occupés de ce petit travail dans
l'espoir de rendre service au public studieux, nous ti'ou-
vant ^heureux de pouvoir encore recueillir les documents
qu'une tourmente passagère mais dévastatrice peut venir
disperser de nouveau et même anéantir entièrement. Nous
avions encore sous la main ces annales authentiques qui
dans tant d'autres cités ont disparu pour toujours.
Consulter et faire connaître ces interrogatoires des cou-
pables, procès-verbaux véridiques de faits qui venaient de
se passer, n'était-ce pas la meilleure manière de se repré-
senter le caractère, les habitudes et les mœurs d'une cer-
taine classe, au moins des populations de ces époques? C'est
un narré trivial peut-être, mais naïf et simple de ce qui se
passait chez nos aïeux dans ces temps éloignés de nous ; ce
qui ne peut manquer d'apporter un certain intérêt. Ainsi
le voyageur se retourne parfois pour regarder en arrière
afin de bien connaître l'étendue de la route parcourue par
lui et avant lui, et le terme qu'il doit lui-même atteindre
pour conserver dans sa mémoire ce qui mérite dètrc vu et
recueilli.
Dans une époque trop rapprochée pour que nous puissions
l'ignorer, une certaine classe d'hommes politique, malheu-
reusement inspirés et cédant à l'entraînement des esprits
en délire, voulut détruire le souvenir du passé. Ces démo-
lisseurs intellectuels pensaient rétablir ensuite une société
exempte, selon eux, dcpréjugés. ctilscrurcntdansleurcour-
tes visées qu'ils y réussiraient en anéantissant l'histoire du
passé avec les monuments de leurs pères; non-seulement
les temples, les palais, les châteaux, mais encore avec eux
tous les titres et les archives où se tenaient consignées,
depuis tant de siècles, les lois, les coutumes, l'histoire des
générations passées. Leur but était de reconstruire une so-
ciété nouvelle sur les ruines de l'ancienne. Ils ne réussirent
qu'à causer des pertes bien regrettables pour les arts, la
science et l'histoire. Et quand on eut fait justice de tant
d'idées absurdes et que ce temps de destruction eut fait
place <à une ère régénératrice^ on put compter ses pertes;
les vides laissés par la tourmente firent mieux apprécier
ce qu'ils avaient épargné.
Les archives éparpillées furent recueillies et l'on combla
les vides par ce qui put être retrouvé. Après plus de cin-
quante ans de recollections, faites par des hommes dévoués
et infatigables dans ce travail réparateur, quelques dépôts
publics peuvent encore se montrer fiers d'un précieux
répertoire de titres historiques.
Tournai heureusement ne vit pas gaspiller ses archives,
mais elle souiTrit cependant de la disposition où se li^ouvaicnt
les esprits après la tempête révolutionnaire de 1793. On
laissa appauvrir ses richesses archéologiques; l'incurie des
préposés à leur garde, causée, il est vrai , par le peu de cas
(pi'on faisait alors de tout ce qui rappelait l'ancien régime,
— G —
amena des pertes regrettables. (1) Maintenant qu'une admi-
nistration éclairée fait choix de conservateurs soigneux et
instruits, ils surveillent les précieux dépôts dont ils sont les
fidèles gardiens; espérons que les inventaires sérieux dont
ils s'occupent avec persévérance rendront inaliénables les
parchemins de la commune, et qu'à l'âge de fer a succédé
un véritable âge d'or pour les chartes et les documents
originaux de notre cité. Quant à nous, qui voyons s'ouvrir
une période de conservation, d'ordre et de développement
favorable à l'intelligence et remplaçant l'indifférence si pré-
judiciable , du commencement de ce siècle, nous devons en
espérer les plus heureux résultats, et l'appréciation générale
des documents historiques en est un excellent augure.
Appelé à traiter sommairement par le sujet qui nous
occupe de la législation pénale propre à la ville de Tournai,
nous croyons devoir jeter un rapide coup-d'œil sur ce qui
précéda l'exercice de nos usages et coutumes d'autrefois.
Plus on reporte haut ses regards sur la manière dont les
peuples de l'antiquité réprimaient les crimes , plus on est
frappé de voir chez les Grecs et les Romains, par exemple ,
des pénalités toujours sévères et souvent cruelles. C'est
même aux usages d'une législation vraiment barbare que
nos plus anciennes coutumes empruntèrent ce qu'elles
(1) Le rapport fait à M. le ministre de l'intérieur par M. l'arcbi-
viste général de la Belgique sur la situation des archives du conseil
provincial de Tournai-Tournaisis. et inséré sommairement dans les
Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai. (Tome I,
p. 301), nous font connaître les vrais motifs qui occasionnèrent de si
grands torts aux parchemins de la commune. Il paraît que les dépla-
cements réitérés qu'on leur flt supporter avec une déplorable incurie
y avait amené le plus grand désordre qui y régnait encore à cette
époque (Avril 1816).
— 7 —
avaient de plus inhumain. Les sociétés étaient cependant
constituées depuis longtemps et avec elles la civilisation.
Nous voyons ensuite le Bas-erapire continuer les habi-
tudes les plus atroces dans la répression des crimes. Dans
sa dernière période agonisant, on faisait encore brûler vifs
les esclaves, les transfuges et même les étrangers qu'on con-
damnait à mort. Les citoyens nobles avaient le privilège
de la décollation et le chef mâle de la famille dans cette
classe avait le droit à l'exclusion du bourreau, d'être lui-même
ou à son défaut un autre membre de sa famille, l'exécuteur
de la loi sur ses propres parents ! Triste faveur que per-
sonne ne revendiquerait certainement de nos jours. Les
capitulaires de Charlemagne avaient conservé une clause
qui en dérivait peut-être, car c'est dans la même pensée,
qu'ils spéciflaient que pour les châtiments réservés aux
nobles, l'homme libre pourra seul porter la main sur les
personnes libres.
Si remontant dans l'histoire, nous taxons sa pénalité de
cruelle nous devons ajouter que trop souvent nous en
trouvons encore la pratique injuste. Les austères républiques
de Sparte et d'Athènes nous apprennent qu'on y soumettait
les esclaves à la torture à la place de leurs maîtres. « Pen-
dant l'antiquité le témoignage des individus de condition
servlle n'étaient admis, que lorsqu'ils avaient été comme
purifiés par les tourments de la question. (1) »
L'oeuvre de la législation judiciaire a toujours marché
avec les temps dans nos mœurs, nos lois et nos coutumes;
mais les changements et les améliorations ne s'y faisaient
qu'avec une sage lenteur. Dès le XIII® siècle, nous trouvons
(1) De origine et raiione quoestionis apud graecos et romanos.
(Reiimeyer.)
dans un de nos codiccs de cette époque une maxime em-
preinte d'une juste modération, laquelle n'avait été qu'in-
diquée dans les âges précédents : « Cil qui juige doit
» regarder, qu'il n'eslablisse nulle choses plus aspi'cmenl
» ne plus molement, si comme la cause requiert, car il ne
)i doist pas convoiter la gloire d'estre trop roide ni trop
)) débonnaire, ainz doit fére droit jugement et estublir
t selon ce que chaque cause requiert, (1) » Ce sage conseil
est de tous les temps, et un précepte aussi juste ne saurait
veillir.
Nos lois judiciaires ont puisé une grande expérience dans
l'œuvre stable, pendant des siècles ,de nospré décesseurs; ce
qu'elles n'auraient pas acquis dans une législation à chaque
instant remaniée suivant les circonstances, les révolutions
ou le caprice du moment. Soyons plus justes dans nos ju-
gements envers nos aïeux qu'on ne l'a souvent été, tout en
corrigeant dans la pratique ce que leurs mœurs avaient de
défectueux , nos habitudes à nous-mêmes et nos lois seront
probablement un jour modifiées sinon améliorées par les
âges qui suivront nos époques, car elles peuvent d'un com-
mun aveu subir encore bien des perfectionnements.
Nous pourrions citer bien des exemples à l'appui de celte
expérience puisée dans les coutumes d'autrefois. Le jury
entr'autres institutions, que Ton croit généralement une
combinaison moderne établie pour que chacun soit jugé par
ses pairs, n'est qu'une imitation quoique variée dans la
forme du mode suivi par certains peuples anciens.
Chez les Grecs à Athènes, par exemple, la composition
des tribunaux se faisait en recrutant les juges parmi six
mille citovens dont les noms étaient chaque année tirés au
(I) Livre de justice el de Plet. Edition RappeiU. 1850, p. 277.
— 9 —
sort. A l'extérieur raèrac ces interprètes des lois étaient
reconnaissablcs, puisque par faveur toute spéciale ils avaient
droit de porter la barbe longue, le manteau et le bâton, à
l'instar des sénateurs. Il y avait plusieurs tribunaux et
c'était encore le sort qui fixait à queltribunal devaient siéger
ceux dont les noms avaient été tirés pour juger cette
année. 11 existait à Athènes dix sections différentes.
Il est donc évident que c'était par la décision des propres
citoyens que la justice était rendue en Grèce. Ces juges
bourgeois étaient indemnisés pour le temps qu'ils devaient
consacrer à ces assises criminelles. Un célèbre poète du
temps (1) nous apprend que c'était Périclès qui avait intro-
duit cet usage. Le premier salaire indemniseur n'était
d'abord qu'une obole et il fut porté ensuite par Cléon à
5 oboles par jour, somme d'ailleurs très-minime, puisque
l'obole fut toujours une des moindres monnaies, même
dans l'antiquité.
Au reste, ce que nous ont appris les auteurs sur les
supplices infligés aux condamnés chez les anciens, est
peu propre à nous faire regretter ces temps barbares, heu-
reusement bien loin de nous. Pour la question préalable,
qu'un innocent, soupçonné simplement, pouvait subir,
nous voyons qu'on attachait le patient sur le chevalet;
parfois on le battait de verges. On écorchait vif, on tor~
turait, on versait un vinaigre brûlant dans la bouche ou
les narines, on empalait etc.; si bien que souvent la question
pour celui qui y était soumis était un supplice mortel.
Nous savons que les latins ne furent pas moins cruels; ils
admettaient également la question comme nous le prouve
(1) Arisloph. Les chevaliers : Se. I.
2t
— iO —
le code Théodosicn (1); elles affreuses cruautés exercées
sur les premiers chrétiens qu'on martyrisait par les plus
terribles tourments nous prouvent que les Romains empié-
taient peut-être encore sur les raffinements des supplices de
leurs prédécesseurs.
Les Francs et les Gaulois qui subirent le joug et la domi-
nation des Goths et des Barbares retinrent cependant les
lois des Romains leurs premiers vainqueurs. Charleraagne
avec sa puissance avait propagé les lois justiniennes, les
plus complètes de son époque, dans tout son vaste empire,
et c'était par ses soins que les délégués de son autorité
JJ^issi Dominki en avaient surveillé l'application.
La langue latine était la langue des lettrés, celle des
cloîtres et du clergé, elle resta longtemps la langue offi-
cielle ; tous les actes de la population primitive, sauf de
rares exceptions étaient rédigés en latin, l'idée romaine
des lois subsistait. En effet, Agalhias nous rapporte que les
Francs se servaient de ces coutumes pour leurs transactions
et leurs mariages. « La race germanique, dit un auteur mo-
derne, à qui nous empruntons ces curieux renseigne-
ments (2), chercha à consolider sa conquête en opprimant
les vaincus. En ces temps la justice était expéditive, parfois
même le magistrat exécutait la sentence sur place (3).
Nous voyons en ces époques reculées l'Église s'interposer
et user elle-même de ses armes spirituelles : ainsi parfois
elle frappait les coupables des peines canoniques ou des
(1) Livr. IX, lex IIF ad legem Juliam repetundarum.
(2) Ch. Desmazes. Des supplices p. 21.
(3) « Judex ad casam laironis ambulet et ipsura Icgare facial,
ila ut si Francus fuerit ad noslram prsesenliam dirigatur , et si
debiilor persona, in loco pcndatur. » Décret. Child. Cup.
— 11 —
excommunications qu'elle lançait contre ceux qui refusaient
d'accepter les sentences qu'elle avait formulées. Mais il est
vrai que souvent alors le pouvoir laïc en referait à l'auto-
rité ecclésiastique pour prononcer contre certains coupa-
bles. L'empereur Louis-le-Débonnaire régla aussi des points
de législation : ainsi dans un capitulaire, il proclame que
tous les Ordres de l'Eglise doivent vivre selon la loi romaine
dans toute l'étendue de l'Empire. Ailleurs il veut qu'en tout
état de cause il soit libre à l'une des parties de soumettre le
différend au jugement de l'évcquc, arbitre forcé, et cette loi
devait être observée par tous ses sujets tant clercs que laïcs.
« Spectacle étrange, s'écrie le judicieux auteur des péna-
lités anciennes (1), le christianisme pour dompter les Bar-
bares et les assimiler à son œuvre s'appuie sur le droit
romain qu'il transformera en droit canonique, afin de régé-
nérer le monde enveloppé des lénèbres de l'ignorance. »
Alors il n'y eut plus de lois commune; dans le Nord,
théâtre de la première invasion , le droit romain perdit
l'autorité qu'il avait reçue à titre de droit personnel, tandis
qu'il se maintint encore dans le Midi comme loi territoriale
et réelle (2). Entre ces éléments divers , le catholicisme
apporta sa forte unité, ses consolations et ses l'efuges : ici
c'est la trêve de Dieu; là il fonde des abbayes où se recueille
et se nourrit la science; partout il absorbe, en les calmant,
les violences des rudes seigneurs, en leur parlant de Dieu,
de charité et de pitié. De la féodalité vont découler comme
d'une source commune toutes les coutumes de nos régions
du Nord et même de différents pays du Midi.
Si nous passons à cette législation criminelle de la pre-
mière partie du moyen-âge qui précéda la période que nous
(1) Ch, DesmazeSj p 21.
(2) Monlesquieu, esprit des lois. Livr. 28, clijp. 2.
— i2 —
allons traiter pour la ville de Tournai et son territoire ,
nous trouvons Charles-Ie-Chauve pctil-fils de Charlemagne,
également souverain de ces pays, maintenant les ordon-
nances du grand empereur et de son père Louis-le-Débon-
naire : publiant lui-même des capitulaires qui puisent leur
principe dans le digeste et le code de Tbéodose. Elles
s'appuyaient sur rÉglise, afin que celle-ci y donnât la sanc-
tion et l'autorité que les peubles exigeaient dans ces âges où
la foi dominait tous les principes. La barbarie cédait à la
civilisation par le christianisme. Cette époque devait pro-
duire les guerres saintes et ce mouvement religieux se
généralisant en Europe contribua puissamment à l'émanci-
pation des peuples. L'impérieux besoin d'une législation,
en rapport avec !a révolution qui s'opérait dans les mœurs
devenues plus douces, se fit partout sentir. C'était une révo-
lution sociale que le christianisme et l'humanité exigeaient
des peuples.
Au onzième siècle, les assises de Jérusalem qui furent
composées pour l'usage des croisés en Palestine est resté le
chartrieux le plus complet des coutumes suivies à cette
époque dans tous les pays du Nord et de l'Ouest de l'Eu-
rope. (1)
(1) Les assises de Jérusalem par messire Philippe de Beaumanoir,
bailly de Clernionten Beauvaisis, de Senlis, elc.,ea 1285 et messire
Jean d'Ibelin C"=deJaphe etd'Ascaion, etc., publiées par Thauraas de
la Thaumassière avocat au parlement. Bourges 1690 {6i2 pages in-fol)
Ce sont les lois, statuts, usages et coutumes accordés au royaume
de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, roi élu de la Terre-Sainte.
Ces assises écrites et rédigées en l'assemblée des grands du
royaume, scellées des sceaux du souverain, du patriarche et du
vicomte de Jérusalem, furent appelées les lettres du sépulcre,
parce qu'elles étaient gardées en un coffre dans l'église du S' sé-
pulcre, d'où elles étaient tirées en la préience du roi, du patriarche'
— 15 —
En commençant cet expose de la législation criminelle
dans la ville de Tournai , nous croyons devoir donner ici
quelques détails sur les coutumes locales et particulières ;
elles sont généralement peu connues. A ces époques où le
rouage administratif était beaucoup plus simple qu'il ne le
fut depuis, Tournai avait sa constitution propre qu'elle
s'était peut-être octroyée elle-même , mais dont elle était en
possession de temps immémorial. On trouve le détail de
l'organisation magistrale de cette ville dans l'historien
Poutrain et, après lui, dans une publication du plus haut
intérêt. (1) Le savant et laborieux archiviste-général du
royaume, M. Gachard, nous en dorme un court mais lucide
exposé : on me permettra d'en extraire sommairement ce
qui peut être utile à notre traité.
Nos anciennes annales nous apprennent que les Tour-
naisiens eurent à subir plusieurs révolutions dans la forme
de leur gouvernement , nous savons positivement que la
charteobtenue deCharles VII, en 1424, n'était quela confir-
mation de celle qui les régissait antérieurement, mais dont ils
de deux chanoines et du vicomle lorsqu'il y avait débat sur quel-
qu'arlicle de ces coutumes.
En disant que ce codex n'était que l'expression des lois alors en
usage, nous suivons l'opinionl a plus généralement adoptée. Guillaume
de Tyr affirme qu'elles ont été tirées des coutumes et usages de
France (Liv. V, ch. 2), et Tbaumas de la Thaumassière en publiant
ce code législatif qu'il semble dédier aux Baillis gouverneurs du
comté de Clermont dont il donne la liste . Philippe de Beaumanoir
en 1280, Jean de Moret, chevalier en 1363, Gilles de Nédonchel en
1575, Pierre de Bournel en 1379 dit qu'il a cru faire plaisir à tous
ceux qui aiment les origines de la jurisprudence frauçaise, en fai-
sant imprimer ces assises de Jérusalem avec notes et observations.
(1} Les Bulletins de la commission royale d'histoire, t. XI.
— 14 —
venaient, encore d'augmenter les privilèges , « au point, dit
Poutrain, (1) que le gouvernement populaire y était porte
aussi loin qu'il pouvait aller. »
A dater de eetle époque Tournai eut quatre consistoires.
1° Celui des prévôts et jurés composé de vingt membres.
2° Celui des majeurs et échevins qui se chargeaient de l'ad-
ministration municipale proprement dite , de l'édilité et de
tout le service intérieur. Il était formé de vingt-quatre
membres.
5° Le collège ou conseil des eswardeurs au nombre de
trente.
¥ El enfin celui des doyens et sous-doyens des métiers
qui formaient un corps important de soixante et douze
membres.
Ce dernier conseil fut ajouté à celte date aux autres
collèges.
Il était plus qu'une chambre de commerce; c'était une
institution s'administrant pour ainsi dire elle-même d'après
les immunités et privilèges dont ses membres jouissaient à
l'exclusion des autres bourgeois et manants de Tournai.
Les mayeurs y admettaient ou en excluaient ceux qu'ils
croyaient dignes ou indignes d'en faire partie et de plus
s'interposaient dans les débats, contestations, griefs ou
délits à la charge des membres de ces corps de métiers.
La ville de Tournai était divisée par quartiers dont cha-
cun avait sa bannière propre. A l'époque dont nous parlons
au quatorzième et quinzième siècle le peuple s'était rangé
sous ti'cnte-six bannières.
Le mode d'élection des prévôts et jurés, des mayeurs et
échevins, et des eswardeurs, dit M. Gachard, était main-
(1) Histoire de la ville et ciié de Tournai, p. o82.
— -15 —
Icnu tel que l'avaient élabli les Chartres de Philippe de
Valois, du mois d'août 1340; de Charles V, du 6 février
1370, et de Charles VI, du 20 juin 1383. Chaque année, le
20 février au son de la cloche, les chefs d'hôlcl s'assem-
blaient en la Halle du conseil, pour élire trente prud'hom-
mes ou esvvardcurs choisis dans toutes les paroisses de la
ville. Ces cswardeurs , qui avaient à leur tête un mayeur,
pris dans leursein, élisaient ensuite les vingt jurés parmi
lesquels se prenaient le prévôt de la commune et le second
prévôt, et quatorze échevins : sept de l'évèché de Tour-
nai (rive gauche de l'Escaut), et sept de l'évèché de Cam-
bray (rive droite) , parmi lesquels se prenaient aussi deux
mayeurs.
Les doyens et sous-doyens des métiers, le lendemain delà
création de la loi (le 21 février), se nommaient par les chefs
d'hôtels assemblés par bannières. Chaque bannière faisait
l'élection d'un doyen et d'un sous-doyen. Les soixante et
douze doyens et sous-doyens choisissaient entre eux un
grand et souverain doyen et nn grand et souverain sous-
doyen.
Le mardi était le jour fixe d'assemblée pour les quatre
collèges ; le son de la cloche l'annonçait chaque fois.
Pour qu'une résolution fût prise, il fallait le concours
d'au moins onze jurés, huit échevins , seize eswardeurs et
vingt-quatre doyens.
S'il arrivait que sur aucunes grandes choses touchant
» le corps et étal de la ville, » les quatre collèges ne pussent
se mettre d'accord; après trois séances, Taflaire devait être
portée devant le peuple, assemblé par bannières.
Le consentement du peuple était indispensable pour la
création de rentes héritières ou viagères , pour établisse-
ment d'impôts, pour octroi d'aides, etc. Et des trente-six
— i6 —
bannières, vingt-qur.lre au moins devaient concourir au
consentement.
Les trois collèges des prévôts et jurés, des mayeurs et
des eswardeurs , ne pouvaient intenter ni soutenir aucun
procès , sans l'aveu des doyens et sous-doyens. A ceux-ci
appartenait le choix des six éltis^ par lesquels devaient
être signés tous les billets de mises de la ville (ordonnances
de paiement). Les mêmes élus avaient la garde de six des
sept-clefs du coffre qui contenait le scel de la commune , le
prévôt avait la septième.
Le prévôt de la ville avait la première place dans les
réunions des conseaulx; à lui était dévolu la justice crimi-
nelle qu'il exerçait avec l'aide des jurés qu'il présidait éga-
lement, quand ils étaient assemblés pour juger et réprimer
les délits.
Jusqu'au règne de Charles-Quint, ce gouvernement mu-
nicipal subsista, et quoiqu'on eût dû compter sur les termes
de la capitulation que les Tournaisiens conclurent à l'épo-
que où cet empereur leur avait délégué son capitaine géné-
ral, le comte de Nassau, pour traiter de la reddition de la
ville; et que celui-ci eut stipulé que les privilèges ^ usances
et coustumes dont ils jouissaient leur seraient conserves ,
traité ratifié par l'empereur; néanmoins cela ne peut em-
pêcher que leur constitution municipale ne fût entièrement
renversée.
Charles-Quint, par ses lettres du 4 février 1521 [v. st.)
avait encore renouvelé l'assurance qui avait été donnée aux
habitants de Tournai que leurs anciennes franchises leur
seraient maintenues; cependant le 14 du même mois, parut
une ordonnance par laquelle les privilèges de 1 540 et de
1571 en ce qui concernait l'élection des prévôts et jurés et
des mayeurs et échevins étaient mis à néant; de plus par la
même ordonnance l'état des eswardeurs élait aboli.
— 17 —
Les prescriptions impériales portaient que dorcjiavant il
serait créé annuellement par des commissaires que le sou-
verain enverrait à Tournai, deux prévôts et douze jurés
lesquels formeraient un collège, ou consistoire et deux
majeurs et quatorze échevins qui composeraient deux col-
lèges. Ils devaient être pris moitié sur la rive droite, et moi-
tié sur la rive gauche de l'Escaut. L'Empereur conservait aux
doyens et sous-doyens des métiers le pouvoir de connaître
« des fautes qui seraient commises en Vart'if.ce desdits mes-
tiers ; leur interdisant toute autorité en ce qui concernait la
justice, kl police et le gouvernement de la ville. »
Lorsque les prévôts et jurés, mayeurs et échevins devaient
traiter de grosses matières, au lieu des doyens et des esv/ar-
deurs, ils étaient tenus de convoquer le gouverneur et le
bailli et, à leur défaut, leur lieutenant.
L'ordonnance ne touchait pas au privilège de la commune
de ne pouvoir sans son consentement être grevée des im-
pôts par l'octroi d'aides au souverain, ni par la création de
rentes héritières ou viagères. On prétexta pour les préten-
dues réformes, les abus commis aux élections des pouvoirs,
et l'on voulait éviter aux bourgeois de Tournai les dépenses
superflues donnant à entendre que les privilèges octroyés
en 4 340 auxTournaisiens leur étaient dommageables, prin-
cipalement aux gens de jnêtiers, « en tant que à l'occasion
d'iceluy quand ils étaient créés, ou eswardeurs, ou prévôts,
ou jurés, ou maijcurs, ou eschevins ; ils obstant leur occupa-
tion en l'exercice de ces offices ne pouvaient vaquer à leurs
dits mestiers, ni en percevoir le provffit qu'autrement ils
eussent fuit et que à leur enti'etenement et de leurs femmes et
de leurs enfants eussent esté requis. »
En outre il leur était encore reproché qu'au lieu d'élire
les plus notables, vertueux et sages , puissants , riches et
expérimentés bourgeois de la cité, les esivurdeursy avaient
2t.
— 48 —
le plus souvmtlavancé et pourveu, simples gens de mélier,
et à la fois aux principaux offices de judicature, gens non
sçachant lire ni escrire.
L'historien Poutrain avance que ce fut la commune elle-
même , qui sollicita le changement de sa constitution muni-
cipale ; mais il n'apporte pas de preuves à cette assertion et
nous sommes d'autant plus fondés à la révoquer en doute
que nous observerons avec M. Gacliard que si les Tournai-
siens avaient eux-mêmes provoqué l'abolition de leurs pri-
vilèges, on n'eût vraisemblablement pas manqué d'en faire
mention dans les lettres du 14 février 1322. Ajoutons toute-
fois avec le judicieux archiviste, que les imputations qui
avaient provoqné cette mesure pouvaient être fondées, ce
qu'il est même porté à croire.
Une des anciennes chartes qui furent encore abolies par
l'ordonnance de l'Empereur est celle concernant le bail-
lage qui avait été donnée par Charles YI à la ville de
Tournai le 21 du mois de juin 1585. L'octroi concédé par
le souverain était le résultat d'un accord conclu entre le
conseil du monarque français et les habitants de la ville. Les
archives de la commune possèdent encore une copie de cette
charte délivrée sous le Vidimus du baillage avec le sceau
royal.
Avant de voir comment le premier de nos anciens con-
seils souverains exerçait jadis la justice criminelle à Tournai
selon nos antiques coutumes, il avait paru utile de faire
connaître par quelle autorité se trouvait gouvernée la cité
de Clovis, de Charlemagne et de S' Louis : en rapportant ce
qui se passait dans le pays aux XIX" et XV° siècles nous
disions les mœurs et les habitudes de Tournai, puisque les
coutumes du Nord variaient peu au moycn-age.
Au commencement du XIV^ siècle , Tournai , ville popu-
leuse, riche par ses industries et ses différentes fabri-
— 19 —
cations, dont la position favorisait l'extension, devait présen-
ter un aspect identique à celui des plus grandes cités de
cette époque, c'est-à-dire qu'elle avait une importance
comparativement plus considérable que de nos jours, et que
les faits qui s'y passaient, devaient être à peu près les mêmes
que ceux qui se reproduisaient alors dans les grands centres
de cette partie de l'Europe. Une élude de la justice crimi-
nelle, telle qu'elle se pratiquait à Tournai au moyen-âge,
peut donc, quoiqu'exclusivcment locale, présenter quelqu'in-
térét même aux étrangers à cette ville. Les habitants de la
Belgique et du Nord de la France devront penser qu'en
faisant la part des circonstances, des noms et des individus,
les méfaits et les jugements devaient être à peu près les
mômes chez eux que chez nous dans ces temps anciens.
Quant aux formalitésjudiciaires, elles pouvaient varier da-
vantage, mais les coutumes et les châtiments se ressemblaient
presque partout dans notre pays aux mêmes âges.
Les usages et coutumes de Tournai restèrent donc en
vigueur jusqu'à la fin du XVIII® siècle, et comme la plupart
des villes, elle continua à se gouverner d'après ses lois, et
ses coutumes particulières ; elle les conserva non-seulement
sous le gouvernement de Charles-Quint et de ses successeurs
mais cet état dura, sauf quelques modifications, jusqu'à la
première révolution française, laquelle changea complète-
ment la législation du pays après sa conquête. Nous savons
que Louis XIV acorda certains avantages à la ville de Tour-
nai, entr'autres l'établissement d'un Parlement; mais c'est à
tort qu'on croit que la conquête des provinces belges sous
ce souverain occasionna de grands changements dans la
législation du pays, comme l'ont soutenu plusieurs auteurs,
qui ont même été jusqu'à parler de la complète révolution
que la réunion à la France opéra dans les mœurs et coutumes
des villes conquises. Une étude de l'état des provinces, telles
— 20 —
qu'elles étaient alors, nous convainc que ce fut surtout l'em-
pereur Cliarles-Quint qui fit les plus grands changements
dans les anciens usages ; il opéra une réforme sur toutes les
coutumes particulières, comme nous l'avons dit plus haut.
Louis XIV avait, selon sa politique, cherché à s'attacher ses
nouveaux sujets. On le vit constamment après sa conquête
adopter leurs coutumes et ne les réformer qu'après que ceux-
ci lui en avaient témoigné eux-mêmes le désir. Un procès
célèbre, dont les débats ont été retrouvés en entier dans les
annalesjudiciairesdeBruxelIes, vient confirmer cette opinion
sur le gouvernement de Charles-Quint, en faisant connaître
les dernières luttes de l'esprit municipal contre la domina-
tion autrichienne, au moment où l'on voulait amoindrir et
supprimer les libertés nationales (1).
Le règne du monarque anglais Henri VIII, sur Tournai
fut de trop courte durée pour avoir laissé des traces dans nos
lois criminelles. A part les changements occasionnés par les
réformes de Charles-Quint, ceux de Louis XIV, et les arrêts
et placards qui, à dater de ces époques, ne cessèrent de mo-
difier les anciennes coutumes ; celles-ci furent donc tou-
jours en vigueur dans Tournai et son ressort, jusqu'à
la fin du XVIIP siècle (2).
Le plus ancien recueil que l'on possède de ces lois propres,
tant civiles que criminelles, est intitulé : Coiistumes de Tour.
nai, et porte la date de lôôô. Ce sont les arrêts et prescrip-
tions qu'il renferme, que les magistrats élus par la ville
appliquaient au nom de la justice dans les sentences dont
nous donnerons la teneur (5).
(1) Procès d'Annessens. 1 vol. Brux.C. Mucquardl, 1864. Publica-
tion de la Société de l'Histoire de Belgique.
(2) Voir à la fin de cette première partie le texte pour nos lois
pénales de la coutume homologuée sous Charles V.
(5) Dibl, publ.N^XXlI desMS. in-fol, de 769 pages commençant
— 21 —
Dans ce vaste recueil qui contient d'abord comme point
de départ la charte octroyée par le roi de France, Philippe
VI, cette même année (1533), on retrouve les premières
prescriptions d'où sont sortis les usages et coutumes impri-
més depuis, pour la première fois, à l'époque où l'empereur
Charlcs-Quint, alors souverain de Tournai , établit de
nouvelles pénalités et une augmentation d'amendes.
La torture ou question, pour connaître les auteurs des
crimes, n'était pas en usage, dans la pratique ordinaire, à
Tournai.
Quoique les coutumes de Tournai, telles qu'elles nous sont
parvenues (1), parlent de l'emploi delà torture ou question
à l'égard des incriminés pour connaître leur culpabilité ou
les noms des complices des crimes dont ils étaient soupçon-
nés , néanmoins nous n'avons heureusement pas eu occasion
de constater que ce moyen, qui alors paraissait naturel, mais
que nous jugeons actuellement tout autrement, ait été em-
ployé par nos magistrats de Tournai. Pendant la période de
250 ans que nous parcourons dans cet ouvrage, nos annales
n'en font aucune mention.
L'épreuve judiciaire était inconnue dans les coutumes de
Tournai au moyen-âge.
Nous pouvons encore dire à la louange de la législation
de nos aïeux, que leur sens droit les empêcha de céder à
Tentraînement général à certaines époques de recourir, dans
par ces mois : « Chesl li teneur de le carie fcharle) de le ville oclroié
» aie vileparliRoy noslreSyre....du mois deMay M.CCC. XXXIIl, »
(1) Les couslumes, slilz et usaiges de iesschevinaige de la ville et
cité de Tournay, povoyr et banlieue dicelle, nouvellement revisitées,
approuvées, auclorisées et décrétées par L'empereur en son con-
seil, etc. M. D.LIIII.
L'approbation, signée Bourgeois, porte la date du 13 novembre iob3.
rincèrtitude d'un licbat contradictoire, au stérile et insensé
moyen de l'épreuve judiciaire. On n'a, non plus, aucun re-
proche à faire à nos anciennes coutumes d'avoir prescrit
des épreuves dont le résultat peut dépendre du hasard. L'on
sait du reste que s'il n'en était pas ainsi chez les Gaulois ,
au moins chez le peuple Romain les présages ne furent
jamais invoqués que comme un signe favorable à l'accusé,
et chez eux la torture même ne devait être employée que
contre les esclaves. L'on ne connaît que trop bien la posi-
tion de ceux-ci ; ils n'étaient guère mis beaucoup au-dessus
des animaux domestiques ; l'homme libre avait à Rome droit
de vie et de mort sur ses esclaves. Voilà l'état où était tom-
bée la nation la plus civilisée de la terre après 700 ans
d'existence! La venue de Jésus-Christ seule a pu ramener
chez les peuples la fraternité chrétienne.
Dans les divers recueils qui traitent de la pénalité, telle
qu'elle a été pratiquée à Tournai, on ne voit pas ordinai-
rement que le genre de mort^, appliqué comme châtiment,
soit spécifié, sauf pour les crimes exceptionnels ; on pourrait
donc en induire que les juges avaient toute latitude à cet
égard. L'on aura occasion de remarquer que des criminels,
coupables des mêmes forfaits et passibles, par conséquent,
des mêmes châtiments, étaient cependant condamnes à des
supplices différents. Comme toutes les circonstances ne
nous sont pas révélées dansées interrogatoires, souvent abré-
gés ou tronqués par les greffiers chargés de les écrire, et
que les antécédents des criminels n'y sont en outre pas tou-
jours rapportés , ce ne peut être qu'une conjecture, que nos
observations à ce sujet rendent au moins probable. 11 existe
cependant quelques ordonnances particulières qui rappel-
lent les peines en usage à leur époque. Ainsi un arrêté, daté
de la veille de S' André 1294, dit que les faux monaïeurs
et ceux qtii emploient sciemment lausses piéches de mcn-
Daie doivent être justichiés à mort de bouillir.
Un autre règlement de l'an iùO'ô dit que celui qui est con-
damné pour avoir occis homme ou femme pour voler ensuite,
doit être pendu et de pnravant traîne depuis la prison jus-
qu'aux fburches (patibulaires).
On ne rencontre pas dans l'application des châtiments
infligés aux malfaiteurs la peine de la prison , soit perpé-
tuelle, soit même temporaire (1). Quand un crime était pa-
tent, si l'on pouvait en appréhender l'auteur , il était remis
aux archers ou aux sergents chargés de la garde des incrimi-
nés, qui le conduisaient sur le champ au prévôt, à moins
qu'il ne fût plus temps ce jour-là; car alors les sergents le
faisaient enfermer dans les prisons de la ville , c'est-à-dire
au Beffroi ou à la Halle. Le lendemain, on rassemblait les té-
moins, et si les preuves paraissaient convaincantes, le jour
même, et immédiatement après que le condamné avait fait
sa confession à un prêtre, ou ordinairement pas plus tard
que le jour suivant, il était exécuté. Les coupables étaient
d'ailleurs presque toujours en aveu avant leur condamna-
tion. Tous les jours, sous peine d'amende ou perte de leur
salaire, le tribunal devait 4enir siège à la Halle, de 8 à 9
heures du matin depuis Pâques jusqu'à la S'-Rémi, et de
9 à 10 pour le restant de l'année.
(1) Les ordonnances de Philippes II, du 9 juillet 1370, disent à
l'art. 39 :
Vu que les prisons sont pour la garde et non pour le supplice....
La charte de 1335 porte cette prescription :
« Art. 22. Et que led. Gouverneur ne puisse tenir en prison plus
haut de huit jours, personne arriétée pour quelconque cause que ce
soit, que il ne fasse venir la personne arriétée en jugement en la pré-
sence desd. jurez et sera fait clameur des cas dont li deura. »
Quand le malfaiteur était réputé clerc (i), soit qu'il reven-
diquât cette qualité, soit qu'il en eût le costume, on l'écrouait
dans la prison de l'Evéque située près de l'officialité qui
était];dans l'aile droite du palais épiscopal, donnant sur la
rue des Orfèvres.
Si le clerc ressortissnit à la juridiction du Chapitre , on
le mettait dans la prison du clocher Brunin, le plus rappro-
ché de la porte latérale du côté du nord.
Cette prison se nommait communément le Casin Brunin
(la Maison Brunin). i
L'official alors ou le Chapitre instruisait la cause. Il arri-
vait parfois que c'était à tort que les criminels, dans l'espoir
de trouver des juges plus portés à l'indulgence, s'étaient
prétendusjusticiables de l'autorité ecclésiastique, mais quand
leur position était bien reconnue, ils ne tardaient pas à être
remis à leurs juges naturels. Si le prisonnier, étant réellement
clerc, s'avouait coupable ou était convaincu d'être l'auteur
d'un crime, il retombait dans le bras séculier, l'ordinaire
ecclésiastique laissant à la justice l'exécution des lois (2).
Celui qui avait commis un crime, était sommé de se faire
connaître aux Prévôts et Jurés,
Lorsqu'un forfait considérable, un meurtre par exemple,
était commis dans Tournai ou son ressort, mais que la vic-
(I) On comprenait par clerc tous les ecclésiastiques et de plus
loulesles personnes qui, ayant reçu la tonsure, exerçaient quelques
fonctions dans l'Église et participaient à ses privilèges, Goname
d'après les principes des lois, chacun devait ôlrc jugé par ses pairs,
c'était à l'exclusion du pouvoir communal que les clercs ressorlissaieot
à la juridiction de l'évêque ou du chapitre.
Quoiqu'on appelât aussi clercs les savants et ceux qui faisaient
métier d'écrire, comme ils ne faisaient point corps, ils n'avaient pas
de juridiction spéciale.
(2j Tournai ancien et moderne/par F.-J. Boztère.
— 28 -
lime n'ayant pu faire connaître quel était celui qui s'en était
rendu coupable, la justice ignorait sur qui devait tomber le
châtiment ; le cricur public dénonçait le fait et criait à la
Bretèque : Que son auteur eût à se présenter devant le Pré-
vôt et les Jurés pour être condamné ou absous suivant les
explications qu'il aurait pu donner. Si le coupable ne ré-
pondait pas à cet appel, l'abstention de sa part était regardée
comme une raison probante de culpabilité, et s'il tombait
ensuite dans les mains de la justice, son acte d'accusation
mentionnait qu'il avait refusé de comparaître malgré appel
et clameur publics ; ce qui lui était mis à charge.
Si le criminel connu, mais non appréhendé, ne se rendait
pas au mandat de comparution, après avoir été ajourné de
tiers en tiers jour pardevant Prévôt et jures, il était banni à
toujours.
Le bannissement se faisait par un cricur public du haut de
la Bretèque; c'était de laque legrcffier, soit civil, soit crimi-
nel, annonçait au peuple tout ce que les magistrats voulaient
faire parvenir à la connaissance du public. Celui qui était
banni, devait quitter la ville et la banlieue, dont il était
exclu, dans l'espace des vingt-quatre heures. Pendant la lec-
ture de sa condamnation, celui qu'elle atteignait, s'il était ap-
préhendé, devait se tenirsur Téchafaud, accompagné dsdcux
sergents-bâtonniers et gardé en outre par les archers; les ma-
gistrats assistaient à cette lecture, et la foule, toujours avide
de spectacles quelconques, se pressait au pied de la Bretèque.
C'était au son de la cloche qu'on prononçait les différentes
condamnations ; ce que les registres de la ville, dans les
temps anciens, exprimaient par ces mots pour les bannis :
Cachié à cloque (chassé au son de la cloche.)
Le bannissement à toujours semble avoir été le châtiment de'miît'','''°e
le plus considérable après la peine de mort. Nous trouvons éiau°'ie'''c'bât'i'.
dans les Archives que les punitions infligées aux malfaiteurs "ntidlrabi'".'
- 26 -
se divisaient en plusieurs catégories, selon la gravité des
fautes : celles regardées comme légères étaient punies par
des amendes plus ou moins considérables, eu égard au délit ;
venait ensuite réloignement de la ville, c'est-à-dire la peine
du ban pendant un mois, cent jours, un an, sept ans, ou
enfin pour toujours (.4 tous jours).
La rupture Lc coupablc, surpHs daus la ville en rupture de ban, était
or^d'inairement Ic plus souvcnt coudamné à mort. Le banni devait quelquc-
uonTmo""*' fo^s, suivant la teneur de sa sentence, se rendre à un lieu de
pèlerinage célèbre qu'on lui spécifiait, tel que Notre-Dame
de Lorette, St-Jacques de Compostelle, ou d'autres endroits
fréquentés par la dévotion des fidèles, et il devait en rap-
porter un certificat selon les formes usitées.
Outre le bannissement, on infligeait parfois d'autres pei-
nes. Ainsi nous trouvons des criminels dont le jugement porte
qu'ils perdront une ou même les deux oreilles (1); la justice
en condamne d'autres à avoir le poing ou un orteil coupé,
peine qui précédait quelquefois le dernier supplice et qui
est restée en vigueur pour les plus grands criminels jusqu'à
la révolution du siècle dernier.
t.-'l7Ni5)§>-'3^>j
(1) Il est h croire que ce n'élait ordinairement qu'un morceau de
l'oreille qu'on relranchail. Celle opinion nous semble môme confirmée
par la condamnation faite en 1450 d'un nommé Lobiël qui, s'éiant
passé la fanlaisie de couper un morceau d'oreille à un sien compagnon,
pour se l'assimiler probablement, fui de ce fait justicié de perdre une
oreille toute entière, attendu qu'il en avait déjà eu la moitié de retran-
ché par une condamnation qu'il avait encourue antéiieurement.
P2Z
SOCIETE HISTORipUE a LITTERAIRE DE TOURIJAI .
PII.
CL cUaiulire Ac ^vifec<
TJ/Y J„n il'Jr. .irrl,„r^ dU HU
— 27 —
CHAPITRE SECOND.
Du tribunal et des juges criminels.
Dans les temps les plus anciens de l'histoire de Tournai , composiiion
on voit que le tribunal, chargé d'instruire les affaires cri- didaireetcri-
,, . , . I 1-11 1 1 !■ r ■ minel 4 Tour-
miuellcs qui se présentaient dans la ville et la banlieue, était nai.
composé du prévôt et de cinq ou sept jurés au moins, selon
la gravité du crime. L'exécution des sentences était confiée
aux officiers criminels ou exécuteurs des hautes-œuvres.
Parfois le droit d'exercer le pouvoir municipal et judi- ics jurés rcm-
ciairc a été retiré aux magistrats nommés par les bourgeois ; Imu l" un
alors toutes les élections communales étaient annulées. Un %r décrets
bailli ou un gouverneur nommé par un décret royal s'ad- "^*"'
joignait des conseillers ou des éliseiirs pour rendre la jus-
tice. Cette suspension des pouvoirs ordinaires de la cité ne
fut jamais que temporaire et n'a été ordonnée à l'égard de
Tournai que comme une punition à la suite de troubles inté-
rieurs fomentés par la population, ou de faits attribués à la
communauté qui lui avaient attiré la disgrâce de son souve-
rain. Les Tournaisiens-se montrèrent toujours trcs-sensiblcs
à cette privation de leurs droits.
Un arrêt du souverain en 1305 suspendit les pouvoirs de
la commune.
Voici ce que nous trouvons à ce sujet sur les registres de
la loi (vol. YII, p- 2) : « Le dimanche, second jour de Fe-
buri er, jour de la Candolcr (la Chandeleur i3Go), com-
i> motion du peuple eut lieu en Tournai et de nuyt on sen
n alla a le comunc de chc que on volait alever chertaincs
» impositions en le ville, et le mardy en suivant fut li lois
— 28 —
» rcnovcllcc...» Viennent ensuite les noms des magistrats.
Mais cette élection des autorités, à la suite 'd'une émeute,
ne fut pas confirmée, ou plutôt les élus furent destitués et le
roi de France^ qui régnait alors, Charles VI, congédiant ce
pouvoir populaire, nomma, le 19 mars suivant, Oudartde
Renty, gouverneur de la ville ; celui-ci désigna trente éli-
seurs pour remplacer pareil nombre de jurés ; ils restèrent
jusqu'au deux février 1567, et furent eux-mêmes remplacés
alors par 50 conseillers. Cet état dura jusqu'en 1570 ; en
cette année nous voyons sur le registre (T. VII, p. o) :
« Sur ce que le Roy nostre Syre par son noble conseil a
» rendu aux bourgeois et habitants de la ville corps et com-
B munc, ly eaulx (à eux) rendant lestât que ils avoient du
» temps le Roy Philippe que Dieu pardonist, le XX« jour
Il de féburier lan mil CCC LXX furent élus par les bour-
» geois et habitants de le ville : Eswardeurs (gardiens) et
» de la manière accoutumée et dont les noms sensuivent
» 50 Eswardcurs, 20 Prévôts et Jurés, 7 Eschevins de cha
» cscault en Tournai, 7 à St-Brixe et au Bruillc, etc. Et
» lesdittes Frankises furent rendues à nostre ville le jour
» monsieur Saint-Éleutèrc. »
Dans les chapitres suivants où seront rapportés les con-
damnations, nous ferons connaître les changements survenus
dans le pouvoir municipal pendant le laps de temps dont
nous nous occupons seulement; car cette partie appartient
plutôt au domaine de l'hisloire et elle a déjà été traitée dans
les auteurs anciens et modernes. La citation qui précède
donne une idée de la manière dont le souverain confisquait
ou rendait ensuite la liberté de choisir les autorités com-
munales.
Le personnel . . i m i
des juges va- Lcs magistrats ou juges composant le tribunal souveraui
riait aux dif- . . /• • i i i« •
férentesasiises cliangcaicnt phisicurs fois daus le courant u une même
de la même , . . , ,, ■ • i i
anuéA année; nous n avons retrouve 1 usage suivi dans la compo-
— 2i) —
sillon de ceux qui présidaient aux assises criminclios, mais
sans aucun doute un des deux prévôts, avec le nombre voulu
de^jurés, siégeait à tour de rôle et Jugeait les causes qui
leur étaient soumises.
L'âge l'equis pour pouvoir remplir les fonctions de pré- »e l'ie* «-
vot était de quarantc-cmq ans et les jures devaient en avoir «lerccr les
, fonctions de
trente accomplis. Les deux prévôts, les eswardcurs, les Prc»4!set de
mayeurs, echevins et autres fonctionnaires prêtaient ser-
ment de garder et maintenir la ville, ses lois, franchises ,
usages et coutumes, de garder les corps et biens des bour-
geois, de les gouverner par lois et par loyal gouverne-
ment.
La formule des serments variait selon le mandat confié à '-" ""'"em
des magistrats
ces élus; c'est pourquoi les prévôts ne pouvaient se faire re- Tariausnivam
1 » *^ ■ * leur emploi.
présenter par leurs inférieurs, sous peine à ceux-ci de per-
dre leur emploi pendant une année; mais aucune peine ni
privation n'atteignait le prévôt représenté.
Le serment que prêtait le pouvoir dç ia ville, a quelque-
fois varié, sinon dans la forme, au moins dans la manière
de le recevoir. Les renseignements que l'on trouve à ce
sujet, font connaître que c'était ordinairement entre les
mains de l'évéque de Tournai que l'autorité le prononçait;
toutefois il y avait des exceptions à cet usage.
Dans le XI* siècle, on voit que Bauduin de Ilainaut, Baudouin,
j . , , • 1 m Comte de
comte de Mons, reçoit le serment des bourgeois de Tour- Mons, reçoit
.,,..,'_, . , , ^ *" onzième
nai. L histoire de lournai semble conhrmer cette asser- siècle, leser-
,. . . i-ii 1 T • 1 • I \ ment des
tion en disant de ce prince, qu il donna le droit de cite a bourgeois de
Tournai.
Le 22 février 1327 (1528 nouv. style). Renard de Choi-
seul est député et établi par lettres royales, de Philippe de
Valois pour recevoir, en son nom. les serments des echevins
et doit commun des villes de Lille, Douai, Tournai, Morto-
gne, etc. «et des appartcnanchcs si comme accoutumé est
4
Tourn:
— 50 —
' et en tel casque aultrefois a este faict. •.> (Voyez Roisin,
Coutumes de. Lille, \\. 5S4)(1).
En l'année 1d33, le magistrat de Tournai prête serment
entre les mains (lu Gouverneur établi parle Roi de France
(Philippe YI), les pouvoirs de la commune étant alors sus-
pendus.
Quand Us Qu trouvc daus la charte oui prescrit ce sei^ment : « Cha-
franc Dises de _ ^ *
u -fille étaient » cuo an, à Certain jour, li chief doslel syretiers de le ville
retirées , le ' J ' J
Roi nommait » (]e Touriiav poront eslire trente prcudommos par tous les
un gouTer- " * ' *
neur. et il re- , xil procuefs dci ville et dou Bruille, lesquels trente ensv
cerait le ser- ^ 7 1.
ment de ceux „ clusauroHt Douvoir dc faifc che qui est ci-dessus con-
qui devaien t *^ *
sous lui eicr- » tenu, mcs avant tout œuvres ils feront serment solennel
•cer le pouvoir
» audit Gouverneur que bien et loyaument à leur pouvoir,
» sans fraude, sans port, sans faveurs, ils feront ce à quoi
» ils seront élus et avertis.... »
En loiO, les registres de la ville nous montrent l'autorité
communale entrant en fonction et prêtant le serment entre
les mains du Gourvcrneur établi par le Souverain. Une
charte datée du mois d'août de cette même année 1 ô40 dit :
«I Que le magistrat prêle serment entre les mains des Mayeurs
» et des EsAvardeiirs et non ailleurs. » Ceux-ci devaient
l'avoir préalablement prête entre les mains de l'évêque. En
comparant ces dates avec les changements de règnes, on
voit que ces exceptions à l'usage ordinaire pour la presta-
tion du serment provenaient des avènements dc nouveaux
souverains.
LeséchêTins j^ chartc mentionnée plus haut dc la date de 13ÔÔ eut
n avaieDt pas i
de l'importance pour le gouvernement de la ville; car elle
la connaissan
ce des crimes.
(1) Jean Le Carpcntier, dans IListoire de Cambray . III' partie ,
page o98, dil quo Renard de Choisenl fui créé par le Roy Philippe de
Valois, gouverneur dc Lille, Tournay etc., cl de leurs dépendances.
— 51 —
fixa nos coutumes, dont nous n'avons pas de recueil pour les
temps antérieurs. On voit dans cette charte que les attribu-
tions des échevins élus chaque année n'auront pas la con-
naissance des peines, contrairement aux coutumes de Lille,
où les Échevins étaient chargés de la justice de la banlieue
et de toutes les causes extra-urbaines (I).
On y trouve après l'énumération de tous les employés de
la commune de Tournai (Art. 10) cette prescription sur le
serment « Lesquels officiers (chargés d'un office), et
» chascun parchus feront leur serment en la manière accou-
» tumce à cschevins et jurez, et celui qui governa la justi-
» che ki fut le Castelain et le (2) fera serment aud. Gou-
» verneur ou h son lieutenant ; prcsens les Eschevins et
» dou peuple ceux qui y estre voldront : que il fera loyaux
* justice et que de ces lois nul n'enfreindra.
« Article 11. Item nous voulons et ordonnons que les-
» dits vingt jurez et quatorze eschevins avant toute œuvres,
îi ferons sermens solcmnels aud. Gouverneur, présens lesd.
» héritiers (possesseurs d'héritage) qu'ils nous porterons foy
> etloyauté les droits de l'église, des bourgeois, des
)» citoyens, manants et habitants de la ville de Tournay . la
0 paix, la tranquillité et le commun proffitde laditte cité et
» ville de Tournay, etc »
« Art. 40. Toutes les choses dessus dittes et chacune
(1) Le Graod, Couluiues et lois des villes et cbaslellenies de
Flandres.
(2) II y a ici une lacune dans le teste ; nous croyons que dans l'oti-
ginal il devait y avoir : le Prévôt ou le Bailly : l'un on l'autre étant à
celte époque le pramier noagiâtrui du Touraai.
— 32 —
s diccllc nous voulons, ordonnons et commandons clroitc-
» ment y esti-e gardée et mainienue sans enfraindre, et que
» quiconque sera nomme gouverneur en lad. ville de par
> nous, et "que il jure sour saint Évangilles à'tenir et garder
» sans faire ne aller encontre en la présence des jurez et
ï des eschevins et des héritiers de la ville de Tournay qui
» venir y voldront à son de cloque en laditte Halle. »
Cette charte de Philippe VI pour la ville de Tournai est
Irès-importante pour notre histoire; elle fut donnée à
Halate, maison de plaisance où les Rois de France de ce
temps-là se rendaient quelquefois; plusieurs décrets royaux
sont'provenus dcSt-Chrjstophe en Halates(l).
Nous avons énuméré les différentes exceptions aux usages
ordinaires que nous avons rencontrés dans nos recherches
sur le serment. On nous pardonnera si nous nous sommes
un peu arrêté sur un sujet secondaire à noire histoire cri-
minelle de Tournai ; mais nous avons voulu par ces citations
donner tous les éclaircissements possibles aux opinions divi-
sées sur ce point; on ne peut nier, du reste, que l'évêque,
en temps ordinaire, ne reçût les serments du pouvoir de la
commune ; il existe un arrêt du Roi Charles V, enregistré
au Parlement de Paris, à la date du 2G novembre 1502, ainsi
conçu :
. Y'ï'i^^'l' « Chascun an Messieurs les Prévôts et Jurés de la ville de
et jnres de la
nai*^ "^rV^aîent Toumay sc Tcndront en corps en la maison épiscopalle et
*''"'"e Ter- prcstcrout scrmcnt en la chapelle Saint-Vincent, inconti-
té*e°'/eVdén- ^^^^ après leur élection avant qu'ils puissent exercer aucun
té i i'évêqn« acte de loy de ville ou de justice, et là jurent seureté et fidé-
d« ce diocèse. ' j ' j
(1) V. Ordonnances des Rois de la III' race, par Secousse.
C'est par erreur que dans la copie que possède la bibl. de Tournai,
ou date celte charte de 1533 de Galate, il faut lire .- Ualate.
litc à l'cvêquc de Tournay qui est el qui sera pour le temps
advenir. Semblablement les cschevins font scrmcns tous les
ans sur les saints Évangiles au eliapitrcderéi!,lisc de Notre-
Dame de Tournay , qu'ils seront fidèles à ladittc église de
ladicte ville (1). » On a continué malgré les cliangcmcnts
survenus dans le pays à prêter ce serment à l'cvêque jus-
qu'en l'année 1792(2).
La juridiction criminelle du magistrat de la ville et cité juridiction
de Tournai s'étendait non-seulement sur la partie environ- ^à^l"!*]"^ «t
née de murailles et fortifiée, mais son pouvoir était seul To"urn''aT. **"
exercé sur les bourgs et villages qui l'entouraient compris
en six divisions distinctes :
1" L'ancien pouvoir qui se composait des banlieues ou
faubourgs de S" Fontaine , Coquerielle, Cliercq en partie ,
St-Martin et Valenciennes.
2° La nouvelle banlieue comprenant Chin en-deçà le
ruisseau de Froyennes, quart de Marquin , Ère, St-Maure,
Chercq en partie et Calonne.
3" L'ancienne banlieue qui se composait de Marvis, Alain,
Warcoing, Rumilly, Bizeneourt, Morel, Bruisle et le Saul-
cboir.
4» Le nouveau circuit composé de Constantin, Béthomez
et le fief de Paradis, primitivement appelé ParaJeu.
■0° Seize villages qui suivaient l'ancienne coutume de
Tournai et qui ressortirent ensuite à son baillage, à l'excep-
tion 'des quatre derniers qui firent partie de la nouvelle
banlieue (Voy. n» 2"), à savoir : Péruwez les-Antoing,
Chercq, Calonne, Ilollain , Jollain , Merlain, St.-3Iaur, Ère,
(1) Voyez Cousin, Hisl. deToarnay, liv. 111, p. 3i"2.
(2) Jusqu'en 1791, selon M. Choiin, Ilist, de Tournai, l. 1, p. 527.
Willemcau, FroiilmonJ , Tainteguies, Marquin/Lamain,
lîcrtuing, Ilcnncvain svir Blandain cl Froyennes (1),
6" La seigneurie de l'évêque qui contient neuf villages
dont voici les noms : Helchira, St-Genois, Bossuil, Wez-
Vclvain, Lczcnncs, Wazennes, Esquelmes et Ilertrud. Ce
dernier ressortait de Valenciennes.
napportsque Lc jjouvoir dc Toumai entretenait des rapports, aussi fré-
Tournai et , • i • i . . ,
autres villes qucnts quc Ic permettaient les voies de communications de
entretenaient , , , i -n . , . .
enti'eiies. ccs cpoqucs rcculecs, avcc les villes non-seulement du voisi-
nage, mais même situées à d'assez grandes dislances , et les
magistrats se faisaient connaître réciproquement les juge-
ments qui atteignaient les criminels dans leur justice. Il
semble que la grande alliance, appelée de la //ajise, instituée
pour protéger et favoriser le commerce, servait également
pour la répulsion générale des délits et crimes. C'est an
quatorzième siècle qu'un traité fut conclu entre vingt-quatre
villes de la Flandre, de l'Artois et du nord de la Franco, dont
voici les noms : Chàlons, Reims, St-Quentin, Cambrai,
Lille, Ypres, Douai, Arras, Tournai, Péroune, Huy, Pro-
vins, Valenciennes, Gand, Bruges, St-Omer, Montrœul,
Abbeville, Amiens, Beauvais, Dixmude, Bailleul en Flan-
dres, Poperinghe et Orchics.
Nous ne possédons plus le texte original dc ces communi-
cations des villes entre elles, mais on aura occasion de re-
marquer que les condamnations des criminels en font quel-
quefois mention , et l'on comprend de quelle utilité elles
étaient pour éclairer les juges sur les antécédents des accu-
sés étrangers, et dont la réputation était déjà compromise.
(i) Quelques registres moins anciens parlent de il villages. Ils y
ajoutent îa seigneurie de l'évêque , sans la séparer des autres pa-
roisses.
La Halle des Consaux servait jadis de maison commune;
ce vaste édifice, entièrement construit en pierres, était domi-
ne par la lour appelée des Six, que l'on croit avoir été cons-
truite antérieurement au beffroi. Celui-ci, plus élancé et d'une
architecture élégante, la remplaça avantageusement pour
renfermer dans sa campanile la cloche de la ville, cette
grosse voix de la commune, dont le son fait vibrer les cœurs
des enfants de Tournai, dans tous les événements publics
graves et joyeux.
A la Halle était conservée précieusement la charte rcn- ^g, consaux
fermant les droits, lois et coutumes de Tournai. C'était là, '^a'^e"' à^n"
comme le constate l'histoire locale, que siégeait le pouvoir ied"j''nauè
de la commune et probablement depuis le onzième siècle.
La Halle des consaux était ainsi très-convenablement située au
centre de la cité, pr^s du beffroi et de la place, apjiclée alors
le grand marché. Tout ce qui fut décidé d'important par le
magistrat de la ville avait été délibéré par les chefs élus par
les bourgeois, et réunis dans la grande salle, lieu ordinaire
de leurs séances. Ils continuèrent à s'y assembler jusqu'au
commencement de ce siècle, époque où ces bâtiments, si in-
téressants à tous les points de vue, furent néanmoins aban-
donnés et finalement démolis en 1S18 (1).
Ce local, consacré au conseil communal, avaitvu, pendant
six ou sept cents ans, se renouveler l'autorité présidant aux
destinées de bien des générations. Là chaque année les pré-
vôts, les jurés, les eswardeurs et autres dignitaires de la ville
étaient choisis et installés pour exercer leurs charges pen-
dant toute l'année. Dans la plupart des villes, à l'époque
dont nous nous occupons, ces élections avaient lieu cgale-
(1) On peut, pour plus de détails, consuller 1 intéressant ouvroge
inlilulé : Tournai ancien et moderne, p;ir F.-J. IJozière, p. 299.
— 56 —
ment, mais à des dates différentes et sous la prépondérance
des baillis royaux.
Le renouvel- Unc cliarte dc Philippe- Auguste, expédiée de la ville de
pouTOi"r avau Corbic dc l'an 121 1, porte que le renouvdlcraent du pou-
lieu tous les • ... i- i > i . . \ . ,
ans à la ste- voir muDicipal aura lieu chaque année le treizième jour de
1363 à la Gcceœbre a la sainte Luce; c était a ce moment de 1 année
Chandeleur. i n • • i ■ i i m -, <
quCjSeionl opinion vulgaire, le soleu commençait a remonter
et les jours à augmenter. Plus lard, à dater de 136o, le re-
nouvellement du magistrat tournaisien s'opéra à la fête delà
Chandeleur, le 2 février, et cela par suite d'une ordonnance
royale. Longtemps on a continué rélection à la même époque.
Les libertés Ce chan^cmcnt de jour pour la recomposition du maijis-
delacommu- o J r f O
ne de Tournai trat, viut u la suitc dc la Hicsure erave que le roi Philippe
furentsuspcn- .. . ,,., ,
dues en l'an- VI avait prisc, cu retirant le droit de commune a la ville dc
néel332(l333
BOUT. Style). Tournai , comme nous l'avons vu plus haut. Cette mesure
avait déjà été prise une première fois en 4332, mais alors
c'était plutôt contre le pouvoir municipal qu'à l'encontre de
la population. Apaès une enquête souveraine, un arrêt du
parlement intervint, lequel motivé sur des raisons majeures,
tels qu'abus de pouvoir au préjudice du peuple , empiéte-
ment sur la juridiction ecclésiastique, etc., concluait à la des-
titution de la municipalité. Le pouvoir dans les mains d'un
délégué du souverain ne dura guère, et les droits des
Tournaisiens leur furent rendus dès l'année suivante, si l'on
s'en rapporte à l'historien Cousin ; mais ce ne fut plutôt
qu'en l'année 1542 , selon les registres eux-mêmes , c'est-
à-dire dix ans après, que la ville recouvra l'entière jouis-
sance dc toutes ses franchises , en choisissant et élisant par
le vote dc la bourgeoisie les premiers magistrats de la cité.
magistrats Ou nc trouvc mcntionnée la charge de procureur ou déle-
staient seuls ,,., , 111 • 11
chargés dc la guc spccial pour la recherche des crimes et de leurs auteurs,
répression des ., ,, , , , . ..,,,., • ,
crimes dans qu a 1 cpoquc OU Ic jiouvoir municipal n était plus omnige-
les temps an. . »-v . i- • i > a. t_ -n-
cient. rant. Dans les temps ordinaires, les prévôts ou bailns en
— r>7 —
remplissaient les fondions de toute ancienneté. Celaient eux
les délègues du souverain, appelés chez les Romains missi
dominici, adores pulilici..., que Charlcmagnc avait institués
dans ses eapitulaires , mais dont le nom seul avait changé
sous la troisième race des rois français. Ces officiers civils
étaient investis des attributions du ministère [)ublic; toute-
fois on ne trouve pas dans notre ancienne législation cette
utile combinaison, d'après laquelle un magistrat est consti-
tué, à la fois, le défenseur des droits de la société et le pro-
tecteur du citoyen lésé , fonction qui honore celui qui en
est revêtu, quand il comprend la belle mission qui lui est
confiée.
Pour maintenir l'ordre et réprimer les crimes dans la ville, i.a mines
il y avait une milice urbaine, composée des archers arbalé- dlit la viiu
triers, et d'autres compagnies d'hommes armés, faisant la malfaiteurs,
garde de la cité et y exerçant la police ; ils se tenaient aux ennemis.
ordres des prévôts, mayeurs ou éwardeurs, ou du bailli, selon
le pouvoir qui prévalait dans Tournai. Ils faisaient le gué et,
d'après leur mandat, devaient arrêter tous ceux qui machi-
naient méchant fait ou trahison. Les sergents-bâtonniers
semblaient occuper un rang spécial pour l'ordre particulier
dans la ville, et leurs fonctions se rapprochaient davantage
de celles des agents de police appelés vulgairement à Tour-
nai les gardes-de-ville ; on les voyait aussi autrefois aider
dans leurs tristes besognes les exécuteurs des hautes-oeuvres ;
ils étaient sous le commandement immédiat des rewars.
On ne pouvait être arrête en la ville et échevinage de
Tournai, le jour du dimanche, à cause de sa sainteté, non
plus que les jours de fêtes et le saint vendredi, sauf le cas de
flagrant délit. Pareillement, ne pouvait être appréhendée au
corps toute personne étant en garde ou en conduite solen-
nelle, si comme de service et enterrement , pompe de noce,
confréries , compagnie notable d'honneur et de serment.
5
— 58 —
A moins d'arrêts rendus au préalable contre certaines per-
sonnes d'un rang plus élevé . on ne pouvait, pour quelque
prétexte que ce fût, se saisir d'elles; c'étaitent les chevaliers,
comtes et barons, évêques, prélats, corps et communauté et
autres personnes privilégiées. Ces prescriptions en usage dans
tout le pays et banlieue, étaient sanctionnées et obligatoires
par arrêt du parlement, nonobstant les coutumes, droits
invoqués et prétexte quelconque , à moins d'arrêt rendu de
nous et de notre parlement , comme le dit l'ordonnance
Foyalc.
»t#H
P30
SOCIETE HISTOPagUE ET IJTTEBAÎRE DE TCUPJJTA:
PI II
ENTREE EN PRISON.
Tire des Supplices par Ch- Desmaxe
— 39 —
CHAPITRE TROISIÈME.
Oei Condamnations à mort.
Les condamnations à mort avaient lieu quand la magis-
trature, réunie en cour de justice, prononçait la culpabilité
des criminels. C'était à la simple majorité que le jugement
était rendu ; la formule ordinaire dont se servaient les gref-
fiers qui tenaient les registres judiciaires, ne porte que ces
mots : « Par assois (assentiment) des prévôts et jurésdont les
» noms suivent. » Ces noms sont au nombre de cinq ou sept,
et ce court exposé est même souvent retranché aux procès-
verbaux rapportés dans le XV« et le commencement du XVI*
siècle.
Dans la Halle des consaux se trouvait une salle spéciale
appelée : la Géhenne ; les chapitres des condamnations sont
aussi spécifiés dans les registres de la loi : Géhinne. Là se
tenaient les assises criminelles; c'était le lieu où le pouvoir
connaissait des crimes commis tant dans la ville que dans
toute sa juridiction; les incriminés y étaient amenés pour y
subir leur interrogatoire et entendre l'énoncé du jugement;
les greffiers le rendaient ensuite public en le proclamant du
haut de la Brctèquc à la multitude qui se pressait au pied
de cette tribune, impatiente de savoir les décisions concer-
nant soit des parents, soit des connaissances.
La salle de la Géhenne a pu sei'vir aux criminels livrés h
la torture; cependant nous aimons mieux mettre en doitc
Diest.
— 40 —
qu'on en ait fait usage à Tournai, puisque, comme nous
l'avons dit, nous n'en trouvons aucune mention dans les
fastes judiciaires de la cité (1).
le recours Quant au privilège de juger les causes criminelles, dont
tencesdesma- ctaicnt rcvctus Ics magistrats de la commune a Tournai, on en
Tournai n'a- tfouvc 11 coulirmalion dans diverses ordonnances générales
vers le l'arLc- Fcnducssur cc sujct ; unc entr'autrede 1129 met sows son
jugement tous les cas criminels et délits commis par les bour-
geois ou habitants dans son ressort , pouvant prononcer et
faire exécuter sans appel, sauf recours au Parlement, toute
peine aillictive ou de mort.... etc.
La charte de 1335 dit également :
<i Ai't. 22 Item nous ordonnons que des jugements
(lou Gouverneur fait par le conseil des jurez s'en appelle et
puisse appicUcr en nostre Parlement de Paris , et non
ailleurs. 1»
Ce privilège de pouvoir appeler des sentences des juges
tournaisicns aux conseillers du Parlement, devenait illu-
soire par l'exécution immédiate du condamné. Toutefois
celte justice si prompte s'explique par la crainte que le
jiuuvoir de Tournai avait de voir porter atteinte à ses droits
(I) Ce mol Cchinne qui doit en effet fjire croire que c'était l'en-
(Jioii où se donnait la torture, nous semble itiexaci i el voici les rai-
sons qui nous font douter que cette interprétation soit la véritable :
c'est qu'ordinairement, malgré celte sinistre qualification, l'iiilerroga-
loire porto que l'iiilimé a avoué et confessé son crime de plein gré
et sans contrainte. C'était donc plutôt pour suivre l'usage du pays, que
l'on appelait ainsi la salle oil se faisait l'interrogatoire des criminels. Si
toutefois il eu était autreuieul, il faudrait alors remonter à dirr. temps
antérieurs à ceux déjà bien anciens dont nous nous sommes occupés,
el pour CCS tcmi)S les documents origin luv nous font enlièretucui
défaut.
— 41 —
j)ar la révocation dune sentence qu'il aurait rendue. Le
texte des coutumes de Tournai est formel à cet égard; il
porte expressément que : » En icelle ville et cité, toutes
» sentences et condamnations criminelles, soient à mort ou
» autres, se exécutent prestement non obstant appel ou pri-
» vilége de simple tonsure proi)Osé après la sentence
» rendue. «
C'est en vain qu'on cherche dans les condamnations pro-
noncées au moyea-àge la présence d'un défenseur pour les
criminels traduits en justice; il est étonnant que cette assis-
tance si utile au malheureux incriminé, lui fasse ici complè-
tement défaut. Dans la charte de 1333^ on trouve parmi
rénumération de ceux que les cchcvins devaient élire , la
mention suivante :
« Item les emparleurs qui plaident par devant les tes «mpar-
Kurs 00 avo-
» juges. » cats tournai-
-, . • 5 p • 1 i Biens étaient
1 outcîois comme aucune mention n est laite dans les con- nommés par
, . 1 I 1 • • 1 '^ pouTOir,
damnations de ces ewparleiirs choisis par le pouvoir, nous mais ne dé-
en concluons qu'ils étaient chargés de plaider dans les eau- les causes ''"i-
ses civiles à l'exclusion des criminelles; s'il en était ainsi, les
législateurs de cette époque se faisaient singulièrement illu-
sion en croyant que l'innocence de l'incriminé devait lui
suffire pour se disculper d'une fausse accusation. Les Grecs
et les Romains en jugeaient autrement, et les forums, où
trionijdièrent tant de fois Téloqucncc des Démosthène, des
Cicéron et de tant d'autres, nous prouvent l'utilité de la dé-
fense des malheureuses victimes de la calomnie ou des ap-
])arenccs trompeuses du crime.
Nos lois sont donc bien plus équitables, en accordant même
des défenseurs officieux aux accusés qui manquent des res-
sources nécessaires pour scn procurer eux-mêmes.
Nous savons aussi que chez les Romains le jugement de-
vait être public, cl c'élait encore en usage dans les premici-s
— 42 —
siècles du christianisme, comme le témoignent les actes des
martyrs.
On peut dire toutefois que cette publicité n'a pas toujours
été favorable aux accusés. Nous connaissons tous combien le
peuple se passionne vite et souvent sans motifs pour ou con-
tre un prétendu coupable, arrêté quelquefois sur un injuste
soupçon. Peut-on affirmer aussi que les juges ne parta-
geaient pas, plus ou moins, en certaines circonstances, les
sentiments de la multitude dont ils devaient redouter le
mécontentement ? Il arrivait donc parfois que ce n'était pas
en se lavant les mains qu'un magistrat sauvait celui qu'il
n'avait pas le courage d'absoudre.
Nous ne trouvons pas dans nos anciennes coutumes ou
nos lois du moyen-âge, le recours dont jouissaient les an-
ciens Romains après les condamnations à mort , l'appel au
peuple, par lequel celui-ci rendait quelquefois la liberté au
condamné, surtout quand les débats judiciaires avaient lieu
sur la place publique. La déclaration populaire qui s'y fai-
sait, était le plus habituellement recueillie dans le Champ de
Mars, dans le Cirque, les Prés Flaminiens ou même au Ca-
pitole, mais pour les jugements privés ou civils seulement ;
quant à ceux qui se rendaient dans la Basilique, tous étaient
sans appel.
Nous savons par l'histoire de Rome qu'au milieu du
Forum, où se réunissait le peuple, s'élevaient des tribunes
aux harangues appelées Rostrnm : on y rendait la justice de-
vant le public, qui se tenait dans les portiques établis tout
autour.
Les condara- Qiiaud OU dcvaït annouccr au peuple de Tournai les con-
noncéc's "au danifiations, on commençait par tinter la cloche dite la
dTu" li'oche, Banduque. Ce son de triste augure se faisait encore enten-
dre pendant l'exécution des criminels. Il est probable que
celle cloche de mort, à la voix sinistre, était autre que celle
— 45 —
qui est encore au Beffroi de la ville, et qu'on a toujours son-
née pour les grands événements. Il existait probablement
une autre cloche appcndue dans la tour des Six ; du moins
il est certain qu'il y en avait une h la Halle des Consaux,
puisqu'il en est plusieurs fois fait mention dans les registres
de la ville. Il est possible aussi que c'ait été la cloche de la
chapelle, qui alors aurait averti les Chrétiens charitables de
prier pour le malheureux prêt à paraître devant le Souve-
rain Juge.
-■>c.'®'^3X5VcS©^-
— 44 —
CHAPITRE QUATRIÈME.
Des exécutions à mort.
Les criminels condamnés à la peine capitale pour leurs
forfaits étaient souvent traînés sur la Claie depuis la prison
jusqu'au lieu de leur supplice; cela augmentait le châtiment,
puisque c'était regardé comme une peine infamante. Le con-
damné était attaché sur une claie d'osier ou de planches
jointes ensemble; il restait assis ou couché. On voit, dans les
registres des exécutions, que le cadavre des suicidés devait
être aussi traîné de cette manière quand il n'était pas lié
derrière un tombereau. Il y a des condamnations qai pres-
crivent que le corps de celui qui s'était donné la mort contre
toute loi divine et humaine, devait être traîné à la queue
d'un cheval, la face contre terre, parmi la boue des rues et
des carrefours de la ville, jusqu'à la voirie, pour y être enfin
abandonné sans sépulture avec les animaux morts et les im-
mondices.
Quand les parents réclamaient le corps d'un supplicié, on
le leur remettait; on se conformait en cela à un ancien
usage. Une loi romaine prescrivait que les condamnés à
mort fussent, après leur supplice, délivrés à ceux qui vou-
draient leur rendre les honneurs de la sépulture. C'est en
vertu de celte loi, dit Pothier, que Ponce-Pilate, gouverneur
de la Judée, accorda le corps du Sauveur à Joseph d'Arima-
thic. {De cadaveribus punitorum , lib. III, et De Sententiis,
lib. I.)
— 45 —
11 y avait à Tournai plusieurs lieux affectés aux supplices ;
on les appelait ordinairement du nom de justice. Les crimes
devaient être expiés vers les endroits où ils s'étaient com-
mis. On a lieu de s'étonner que malgré la grande sévérité
que l'on déployait contre les détrousseurs de grands chemins,
et tous ceux qui formaient des bandes^ néanmoins les routes
n'étaient rien moins que sûres et que l'on dût souvent se
faire escorter quand on ne voulait pas s'exposer à être dé-
pouillé en voyage (I). Malheur aux brigands qui tombaient
dans les mains de la justice; elle se montrait impitoyable à
leur égard. Ils pouvaient être assurés d'être condamnés ;
mais, comme nous l'avonsdit, leur supplice n'effrayait guère
les malfaiteurs de la même espèce.
Le £i;ibet où se faisaient ordinairement les exécutions pour »" '•«"» <>»
'^ _ * étaient eiecu-
les crimes commis dans Tournai, était situé en dehors du '•=« i« «imi
' nels.
faubourg de Saint-Martin vers Froidmont ; on l'appelait vul-
gairement le Ilappart à la haute flèche, ou justice de Saint-
Martin.
Il y avait au faubourg de Maire /a ji/sfice dont on voyait
s'élever la tour à quelque distance de la Sainte- Fontaine. Vi
résida le bailli qui y eut dans le temps son siège de justice.
On y tenait renfermés en prison certains malfaiteurs en
attendant leur jugement. Il y avait deux prisons; l'une était
dans la tour, et l'autre, qui y était adhérente, consistait en
(1) Les comptes de la ville de Tournai, à la date du 7 mars 1429,
portent une somme de III couronnes d'or offerte à Jean de Nédonchel
et à Jacques de Harchies , capitaines , pour avoir fait escorter à cause
des dangers de la roule, Jean Naviel, député tournaisien chargé par
les consaux de se rendre à Laon où se tenait le parlement.
(Extraits des registres des consaux de la ville de Tournai , par H.
Yandenbroeck.)
— i(3 —
salle basse. An XYIII» siècle, elles tombaient en ruines, et
elles ont complètement disparu. Il est fait plusieurs foismen-
lion de la justice de Froyenne , qui devait être située
à peu de distance de là, si ce n'était pas la même que celle
de Maire.
La justice d'Havinnes, nommée parfois de le Planque
d'Angy, figure aussi souvent dans les condamnations de
Tournai.
La justice de Lcuzc en dehors de la porte de Marvis, près
de la petite chapelle encore existante, se composait de quatre
piliers reliés entr'eux par de fortes barres de fer, auxquelles
restaient suspendus les suppliciés. On ne les enterrait, quand
ils n'avaient pas été réclamés, que lorsqu'ils tombaient en
décomposition. Celte potence était située à peu de distance
du chemin de Tournai à Mons. Il est à remarquer que tous
les gibets s'élevaient près des voies de grande communication,
et qu'on les avait même multipliés afin de servir de menace
capable d"efTrayer les malfaiteurs. Ceux-ci ne pouvaient donc
entrer dans la ville sans être avertis du sort qui menaçait
les violateurs de la loi. II faut avouer cependant que ce
spectacle, auquel étaient habitués nos aïeux, était peu ré-
créant pour les voyageurs ou les promeneurs dans les en-
virons de Tournai et des autres villes.
Il existait encore d'autres places affectées pour satisfaire
aux lieux patibulaires, à proximité de Tournai, telles que la
justice deCalonne,près la Croix-Morleghcm, sur la route de
Valencicnne, les justices de NVez, de Wanchain, de Rumes,
de Mclles, etc. On en voyait également une à Flinc près la
te supplice tour appelée Caïn, au pied du Mont Saint-Aubert et en vue
utionéltiui- ^^ ^^ route d'Audenardc. On pourrait dire que presque tous
rément"aTp"- l^s villagcs un pcu considérablcs, avaicut Icur potcncc.
des crimfneu Parmi Ics suppUccs appliqués au nom de la loi, celui de la
condamnés i décapitatiou, qui consistait à avoir la tète tranchée par le
— 47 —
glaive était peu usité dans la première époque dont nous
noussommes occupés. Dans les temps reculés du quatorzième
siècle, nous la trouvons bien rarement appliquée aux cri-
minels. La première sentence de ce genre que nous rencon-
trons dans les actes judiciaires est de l'an 1Ô39. Pendant les
trente années environ qui la précèdent , nous n'en avons vu
faire aucune mention; et dans les 40 années qui suivirent, il
ne s'en présente encore que deux exemples. Chaque fois il
est question de rébellion à main armée ou d'enrôlement
pour les ennemis. Nous devons, ce semble, en conclure que
ce genre de mort était réservé, au moyea-àge, aux soldats
ou aux crimes politiques. Peut-être aussi ne le faisait-on '
subir qu'aux coupables d'un rang au-dessus du vulgaire.
D'ailleurs à certains moments, par exemple en temps de
guerre, les crimes étaient jugés et châtiés d'une manière
particulière. Il y avait alors d'autres juges cl d'autres exécu-
teurs qu'en temps ordinaire.
Les exécutions par le glaive se faisaient à Tournai sur le leseiécn-
grand marché. On se servait, pour trancher la tête des con- già°ver"ioDt
damnes, d'une hache ou d'une large épée courte et trcs-pc- d»usTa yuTe"
santé, de sorte que la tète devait être séparée du tronc au
premier coup (1). On dressait un échafaud assez élevé pour
que le châtiment pût être vu de la multitude, afin que la jus-
tice fût plus exemplaire. Le corps de ceux qui avaient ainsi
subi leur condamnation dans la ville, était enterré au pied de
(!) On a prétendu que, quand l'exécuteur des hautes-œuvres ne
réussissait pas à trancher !a tête du premier coup il était mis \k
l'amende, et que, si le supplicié n'était pas encore décapité après lu
troisième coup, le bourreau prenait sa place. Cette tradition généra-
lement accréditée parmi le peuple, ne nous semble pas appuyée d»
preuves «l BOUS n'en avons trouvé nulle pan lu confirmatiou.
— 48 —
l'échafauJ, à l'endroit même de leur exécution; c'est ainsi
qu'à diverses époques, des fouilles faites sur la grande place
de Tournai, amenèrent la découverte des restes des suppli-
ciés qui y avaient été déposés.
1,3 peine de Dans la législation ancienne, à Tournai comme ailleurs,
cutée de dif- aux \l\^ et XV^ siècles, la peine de mort à laquelle étaient
férentes ma- -, , , ir •. • • i ii- ii«-
nièrfs; toute- conoamncs les malfaiteurs variait, c est-a-dire que le châti-
ment''le'piùs ment capital était appliqué d'une manière différente, selon
upoTcnce/' les crimes et les personnes. La condamnation à mort spéci-
fiait comment et où elle devait être exécutée. Pour les assas-
sins et les voleurs, la corde était l'instrument fatal qui devait
ordinairement les retrancher de la société ; alors la formule
ordinaire dans les condamnations portait, après la dénomi-
nation du coupable et l'énoncé de ses crimes, ces mots : jus-
ticiê dépendre, ce qui signifiait : condamné à être pendu.
Certaines ordonnances rappellent des peines en usage à
l'époque où elles furent rendues : ainsi un arrêté , daté de la
veille de S'-André 12!)i, porte que les faux-monnaieurs et
ceux qui emploient sciemment fausse pièce de monnaie, doi-
vent être justiciés à mort, savoir, de bouillir (d'être bouillis)
sur la place du grand Marchiet, et que celui qui altère ou
rogne lesdittes monnaies subira même supplice.
Une autre ordonnance de l'an IôOj est ainsi conçue:
«i Ki eunc home ou cine fème aura occhis por li reubercr, i
sera pendus par li corde aile potenche et de par en avent
sera traynié dou départure dalle prison jus aile fourkc (1). »
Parmi les renseignements curieux que renferment les re-
gistres des comptes de Tournai, nous avons retrouvé les
(1) « Quand un homme (ou une femme) aura liié pour voler, il sera
pendu avec une corde à la polence, et auparavant il sera traîné de-
puis la sortie de la prison jusqu'aux fourches (patibulaires).
— 49 —
dépenses qu'occasionnaient les châtiments de la justice cri-
minelle.
Le traitement annuel du bourreau attitré était au XV»
siècle de 74 livres tournois ; en outre, il avait droit à chaque
exécution aux émoluments suivants :
Pour couper un membre, soit un orteil ou un morceau
d'oreille, — 5 sous.
Pour mettre en l'échelle près du Beffroi, — os.
Pour battre de verges, — li s.
Pour pendre, — 12 s. G deniers, dont 2 s. 6 den. pour
cordes et lacets.
Pour dépendre, puis rependre les suicidés, le transport du
cadavre, etc., selon l'état de conservation ou de décomposi-
tion de celui-ci , — 23 oii 30 sous.
Les confesseurs d'un condamné à mort recevaient chacun
— 0 s.
Les sergents-bâtonniers recevaient o sous pour conduire
hors du territoire les bannis de la ville.
Les fous malfaiteurs étaient battus de verges, puis con-
duits hors de la ville ; les sergents recevaient pour ces deux
punitions 10 sous.
L'emploi d'exécuteur des hautes-œuvres, quoique s'exer-
çant le plus souvent de père en fils, comme par une sorte de
di oit d'hérédité, était cependant ([uelqnei'ois mis au concours.
Ainsi nous voyons qu'en 1407 l'avis suivant fut publié le 23
juin :
« Que quiconque voira estre pendeur et exécuteur de le
haultc justice de le ville de Tournay, au lieu de Jehan
Appelman qui dudit office est osté pour ses démérites, si
viengne à lundi prochain venant (27 juin) en halle par de-
vant nous, Prévost et jurés, et nous arons advis de recevoir
le plus ydonc (capable). »
Les démérites du susdit Appelman ipii lavaient fait révo-
— oO —
quer de son oilice, provenaient de ce que, de son propre
aveu, il avait accepté de l'argent pour ne pas couper l'oreille
à un malfaiteur. Aucun Tournaisien ne se présenta pour
solliciter cette place qui fut donnée , le l" juillet 1407, à
Jehan Defroitcapielle, de Mons , seul postulateur. (Vandcn-
broeck, regist. des Consaux, T. I, p. Gi).
senienceren- Nous ïïc voulons pas tcmiiner ccttc partie dc uotrc ou-
duKparlelieu- . . » i i- • . . >
unant conné- vragc, toutc composcc dcs divers l'cnseigneraents trouves
table de Fran- , -, . „. .-n .\.,t
ce, le limai daus uos arcliivcs, sans taire mention dune pièce interes-
UB 'sergent- sante quc 31. l'archiviste Vandcnbroeck nous a fait connaî-
d'armesdu roi j n> » u i i i-
à Tournai , trc i c cst 1 cnouce d une sentence rendue par le lieutenant
din. """ connétable de France le 11 du mois de mai 138G, à charge
d'un nommé Doudin, scrgent-d'armes du roi, qui, après avoir
proféré des paroles injurieuses contre l'honneur de la mère
des frères Crestes, avait battu ces derniers et les avait bles-
sés à sang coulant ; on y lit les détails suivants sur la coutume
de Tournai, relative aux condamnations à des voyages ou
pèlerinages :
« Quiconque porte coutrcl ou autre armure invasiblc dé-
fendue et dicellui couticl ou armure fiert autre en ladite
ville, jusqu'à effusion de sang, sans ce que du cop se en-
suye mort , péril de mort ou affolure cellui qui fiert le cop
enchiet en amende, envers laloy de la dittc ville, de dix-
huit livres de tournois. Et se péril de mort et d'affolure est mis
avant par raport de mires (chirurgiens) , scrmentez à la dite
ville, au regard et vcuc d'un des prévôlz et de deux jurez
de ladite ville qui , après ledit péril raporlé conjurront
par foy et serment ledit blécié ou navré en lui interrogeant
et demandant qui lui aura fait et donné Icsditcs blcçeures
et navreures , supposé que depuis mort ou alTolure ne
s'ensuie du cop ou des cops , néantnioins audit cas le fra-
pant cnchicl, en amende envers la loy de ladite ville, de la
somme de soixante livres tournois. Et se plusieurs sont fra-
— ?)1 —
pez ou navrez, pour chacun est dcuc J'amende de dix ou de
soixante livres, selon la distinction dessusdite. Et avec ce,
quant péril de mort ou de mehaing est mis avant par con-
juration, comme dit est, le délinquant oultrc et avec l'amende
pécuniellepar avant déclarée est tenue de faire un'péleri-
nagc pour chascune personne qu'il a navrée, comme à Saint-
Nicolas du Bar, à Saint-Jacques au Galice, à Saint-Giles en
Provence, à Vcndôsme ou ailleurs, selon la qualité du cas, à
la discrétion du juge arbitrcur desdits pèlerinages un ou
plusieurs. Et doit estre le délinquant privé de l'abitation
de ladite ville, quinze jours après ce que condamné est à
faire lesdits pèlerinages ou pèlerinage jusqu'à ce qu'il ait
raporté à la loy et justice de ladite ville de Tournai bonne
certification, cornent il a parfait lesdits pèlerinages. Et di-
saient iceux les demandeurs que tels en substance sont les
privilèges et estatus gardez et observez de tous temps que
mémoire n'est du contraire, et en sont en bonne possession
et saisine. Disaient aussi que lesdits estatus et usages furent
saintement et à bonne cause introduis en ladite ville pour
la selvuete, paix et transquilité dicelle, mesmement pour ce
que elle est située près des pays esquels païs gens sont plus
coustumiers de procéder par voyedc fait que ailleurs. »
(L'instruction de cette affaire fut longue, parait-il, puisque
le fait qui y donna lieu se passa au mois de janvier de l'an
1382 (1383 nouv. style).
c-r'GXSfSj)''»^^^
— m —
DESCRIPTION
DES PRINCIPAUX MANUSCRITS d'oU ONT ÉTÉ TIRÉES LES CON-
DAMNATIONS A MORT RAPPORTÉES DANS CET OUVRAGE, ET
EXISTANTS AU DÉPÔT DES ARCHIVES DE LA VILLE DE
TOURNAI.
REGISTRES DE LA LOI.
4° (n» 150 de l'inventaire). — Un volume sur vélin,
formé de cahiers inégaux quant au format et à l'épaisseur,
dont un pour chaque année depuis 1515 jusques à 1525 in-
clusivement, sauf celui de 1514 qui manque. — Ces cahiers,
écrits par différentes mains , mal tenus et couverts de ra-
tures, commencent par la liste des magistrats élus à la
Sainte-Luce , et dont voici le lahleau :
50 jurés, dont 2 prévôts ;
50 éwardeurs , dont 2 mayeurs ;
50 mayeurs , dont 2 surmayeurs ;
7 échevins deçà l'Escaut, dont un maire ;
7 échevins delà l'Escaut, ou de St-Brice , dont un
maire ;
7 échevins du Bruille ;
4 jures ) j, j^^ droits de commune ;
4 éwardeurs )
5 préposés à la charité ;
2 préposés à la recette ;
1 massart ;
1 receveur du droit de bourgeoisie ;
1 boursier des jurés ;
1 receveur des vilains serments ;
1 receveur des peines.
— 53 —
2 gardes des clés de la tour et du seel ;
4 garde de la clé de la grande charte ;
1 garde de la clé de la trésorerie des chartes et privi-
lèges ;
2 gardes des clés des registres ;
2 gardes des clés des comptes.
Cette liste, qui comprend 143 élus, est suivie de différents
chapitres, en tète desquels on lit les indications suivantes :
Bourgeoisies ;
Criées à 20 sols, à 40 sols, à 10 liv., à GO liv., à 100
marcs ;
Bannis à un an,— à 5 ans, — à 7 ans, — à toujours ;
Ceux qui sont chassés de la ville à son de cloche ;
Ceux qui ont fait amende aux jurés ;
Les méfaits des clercs ;
Les condamnations à mort.
2° (n" loi de l'inventaire). — Un volume également en
vélin, relié en bois, recouvert de basane, formé comme le
précédent de cahiers inégaux, de 1526 à 1331 inclusive-
ment, les feuillets non cotés. — Comme dans le précédent,
chacun des cahiers commence par la liste de la loi, laquelle
est suivie des condamnations,
3° (n° 132). — Un volume en papier, couvert en cuir,
de 1332 à 1335 inclusivement.
Changement complet dans la forme de la loi, par suite de
l'arrêt du parlement de Paris du 4 juillet 1332, lequel avait
déclaré les Tournaisiens déchus de leur droit de commune,
pour excès et maléfices par eux commis dans le gouverne-
ment de la ville, et avait appliqué le tout au domaine royal;
un gouverneur royal avait été institué avec le droit de jus-
tice haute, moyenne et basse. Trente prud'hommes devaient
7.
— M —
être choisis chaque année dans les sept paroisses de la ville,
vingt jurés et quatorze échevins étaient à nommer par ces
prud'hommes.
4° (n" 153). — Un volume en papier, couvert en cuir,
renfermant les années 1356, 1357, 1558, 1359 et 1540.
Voici la forme du gouvernement de la ville à cette der-
nière époque :
/ 6 de Notre-Dame;
(G de Saint-Piat;
D de Saint-Quentin ;
^v^ v..>,v,...., . 4 de Saint- Jacques ;
(0 de Saint-Brice ;
2 du Bruille;
2 de Saint-Pierre ;
30
20 jurés ;
7 échevins deçà l'Escaut ;
7 échevins de Saint-Brice ;
45 hommes pour la draperie, dont 2 maires ;
S perceurs (pour le vin) ;
G préposés à la teinturerie, ctc ;
5° (n''134). — Un volume en vélin, couverture en hois
fort détériorée, de 1540 à 1554.
La commune ayant été restituée à la ville par la chai'tc
de Philippe de Valois du mois d'août 1540, la forme du
gouvernement municipal suhit un nouveau changement.
L'élection de 30 prud'hommes est maintenue ; ceux-ci doi-
vent élire 30 jurés et 21 échevins, savoir : 7 de la cité, 7 du
Bruille et 7 de Saint-Brice. Tous ces magistrats réunis ont
la nomination de leurs suhaltcrncs.
-^ 35 —
6" (il'* 13;)). — Le volume qui portait ce n" et qui (le-
vait renfermer Icç années 13bîi-1563, manque.
7° (n" 130). — Un volume en vélin, relié en bois, recou-
vert de cuir, de 1304 à 1383, sans titre.
En 1304, nouveau changement de la foi'me du gouver-
nement communal, par suite de l'ordonnance de Charles V,
qui place les Tournaisiens sous l'autorité du gouverneur de
Lille. Cet état de choses dure jusqu'en 1370. Les Tournai-
siens sont alors rétablis dans le droit de nommer 50 éwar-
deurs, comme ci-devant, lesquels sont chargés d'élire 20
jurés et 14 échevins (7 de la cité et 7 de Saint-Brice et du
Bruille).
8° (n» 137). — Un volume en vélin, relié en bois, recou-
vert de cuir, à clous de cuivre, de 1384 à 1392, intitulé :
Registre de ta ville et cité de Tournay sur le fait de l'élection
de la loi, des achats et reliefs de bourgeoisies, des délis, mef-
fais, criesmes et maléfices fais et perpétrez en ladite ville et
cité, depuis le i^^ jour de juing l'an de grâce mille CCC et
quatre-vingt-qiiattre.
0° (n" 138). — Un pareil volume, intitulé comme le pré-
cédent, de 1393 à 1401.
lO'» (n" 139). — Un volume en vélin, relié en bois, re-
couvert de cuir blanc à clous de cuivre, même titre que le
précédent, années 1402 à 1412 inclusivement.
41° (n" 140). — Un volume en vélin, reliure nouvelle-
ment restaurée en bois, recouvert de cuir blanc, intitulé :
Registre de le ville et cité de Tournay sur le fait de le électio7i
de le loy, des accas et reliefs de bourgeoisie, cris, bans et
voyages, registres criminels et civils et autres cxplois touchant
— ^s —
au bien de justice et des délis, meffais et maléfices fais, ad-
venus et perpétrez en le dite ville (1413-1424).
Il est à propos de faire remarquer qu'en 1424, et en vertu
de la charte de Charles VII du 16 mars 1425, une modifica-
tion fut introduite dans la loi de la ville. On y voit figurer
pour la première fois les six élus qui devaient être tirés du
consistoire des doyens et sous-doyens des métiers (1).
42° (n" 441). — Un volume en vélin, relié en bois, recou-
vert de cuir blanc, à clous de cuivre, intitulé comme le
précédent (1425-1441).
13° (no 142). — Pareil volume, de 1442 à 14K8.
14° (n° 143). — Lacune de 44 années.
4o° (n° 144). — Volume comme le précédent, de 4472 à
1489.
1G° (n° 145). — Pareil volume de 1490 à 1509.
17° (n° 146). — Pareil volume de 1510 à 1539.
En 1521, le renouvellement de la loi se fait par les com-
missaires de l'Empereur, en conformité delà charte du 14
février (1522, n. st.). Les éwardeurs sont abolis ; il nomme
2 prévôts et 12 jurés, 2 mayeurs et 12 échevins. Cette con-
stitution reste intacte jusqu'en 1666.
18° (n» 147). — Pareil volume de 1540 à 1570.
19° (n° 148). — Un volume en vélin de 87 feuillets,
(l) Voir la note 3u bas de la page 66 des Extraits analytiques des
registres des consaux, publiés par H. Vandenl)rocck, tome 1".
— ;j/ —
dont 81 écrits et cotes, reliure moderne on basane, grand
in-folio.
Ce volume, diiïcrent on cela des autres, ne contient que
les tableaux des magistratures qui se sont succédé depuis
1571 jusqu'en 1793.
La forme de la loi reste la même depuis 1371 jusqu'en
1G65.
En 1G67, les deux prévôts sont réduits à un seul, les 12
jurés à G, les 2 mayeurs à 1 seul et les 12 échevins à G.
Le 15 avril 1790, le peuple nomme 30 éwardcurs qui
renouvellent la magistrature et la composent comme ci-
dessus.
20° (n° 149). — Un volume en vélin, relié en parchemin,
de1o71 à 1;j77.
Ce volume est incomplet. Les renouvellements de la loi
en ont été détachés pour servir à former le précédent, en
sorte qu'on n'y trouve plus que les bourgeoisies et les con-
damnations.
(En déduisant les lacunes, le nombre des registres de la
loi n'est réellement que do 18).
DEUXIEME PARTIE.
DE LA LÉGISLATION ANCIENNE ET DES COUTUMES
CONCERNANT LES CONDAMNATIONS A MORT
jadis en usoge dans la ville cl banlieue de Tournai.
CONDAMNATIONS A MORT
Registre de'la loi. {Extraits du tome premier.)
Le trente et unième jour du mois de mai 1313.
C'est li Jeliine Martin Guaspiel qui fut justicié, qui re-
conneut quil avoit cmble ^volé) VIII viaurcs (1) de laines a
Thumas de Morcourt un an a passet ou la cntour. Et les
cmbla en le grange ledit Thumas a Tournay, Et dist que nus
[nul) ne li aida à comboncr (rfero6er) ni ne le seut onc-
qucs nus fors (excepté) li priests a qui il scn confessa et il
dist que Jake li Ailes qui maint (demeure) al entrée de le
rue de France li doit III gros tournois et pas que il les
doinst à se fcmc et ichi (aussi) quil avoit cniblct à Maubuegc
VIII livres à une fèrac avœc qui il manoit. Qui bon clii es
fait, l'an M. CGC. et XIII darrain (dernier) jouv de may.
Le lundi iQ'^ jour de septembre 1313.
Englcbins fius Mikiel Del Atre fu justicié lundi 1f)« jour
de septembre pour larencliin (larcin) quil fist a Lille a le
maison de se dame qui voucf estoit et embla III florins al
(!) Le viaure élail un poids en usage au XlV'si^cIo; il fui remplacé
par Vi pelilc livre équivalant à environ 90 heciogrammes.
— r.o —
Agnicl (1) et mites (2) et tournois et parisis et vendit li vile
a le fcmc tout çou que al Jelians avoit et vot {veut) que elle
cuise X sols que uns home de Lille li devoit et comanda et
vot que Maaius Tel al Orderue (3) ses cousins a ki il cmbla
une kicute {couchette) de XIII s. et une hauque [dessus de
lit) de X ; et lui rewist le valeur et que on le prensit {prit)
seur une sienne maison quil a à Akène et avot {veut) que
dou sien [avec son argent) on canle X messes.
Le vendredi 4^ jour de février 131 G.
Englebins fius Mikicl del Atrc fa justicié.
Johancs li Flamens ki fu justicié et bouli venredi IIII»
jour en février lan M. CGC. et XVI dist à le mort que il
comenelia à faire le mestier défausse monnoie au tcn {temps)
devant le Noël et retint ce mestier dune siene nièce qui aloit
par le pays qui a avant ?fIaroie li Kien Daudenardc et en fu
li larons de le ditte Maroic boulis à Valenchienes. Et distli
dis Joanes que il meismes foizois ces gros iournois en un
molle {moule) de cendre {terre cuite) et de ces gros deniers
prcndait [prenait) à lui Jehans de Taintegnies qui manoit
dehors le porte St-Martin et se fèrae manoit cis {près de)
Jehans de Taintegnies dales {près de) le maison Marie De le
Piepc.
Item dist li dis Johanes que Willaumc de Gruysans qui
(1) Le norin tic celte époque était une pièce d'or sur laquelle se
voyait d'un côlé une fleur de lis, et de l'autre un agneau pascal; il
valait environ 11 irancs de noire monnaie.
(2) La mite était une petite monniiie d'argent de la valeur d'une
obole. Le Tournois et le Parisis étaient les autres monnaies en usage
alors en France.
(ô) Orderue, rue sale. Cette rue ou ruelle éluil au Becquerel.
Tournai ancien et moderne, par F. Bozièrf.
— 61 — .
manoit en le rue Perdue, cnvoïoit querre (chercher) de le
fausse monnoic à Fauqueraont par une femc qui avoit nocni
Péronne, de Lille, et se manoit en ceste ville.
Itemdist-il que un PiereMoriaus, foulon, qui manoit viers
les Frères Meneurs, eust à lui, de cette fausse monnoie, X
piéches ou XV.
Item dist-il que Alars, de Noyele, et se fème, et li suer
doudit Alars, qui manoit en le rue des Coryers, se raelloient
de fausse monnoie et forgeoient il meismes [eux-mêmes)
cette monnoie.
Le vendredi 23 déceinbre 1318.
C'est li Jehinne Gerardin, de St-Quentin, ki fu justicié à
Tournai venredi devant Noël lan M. CGC. XVIII. Il con-
gneut à le mort, que il passet un an, et Osteles, fins Maryen
Tourette, ont esté larons et ont emblé ensemble et fais plui-
seurs larencbins.
Item cognent que ils emblèrent fourure à le maison
Brunel, se les mist céré {les cachât) à le maison d'une fème
qui vendoit sel au bielfroit, qui ne rendit que IIU livres, et
quide [pensé) bien quil en ieut VI, et en a une en le haie (1)
qui fourée est, et un saureot {cotte de dessus, vêtement
d'homtnc) .
Item emblèrent a le maison Jake Muevin un lochin fendut
{vêtement en toile). Item une malette (petite gibecière) al
maizon Gathin Dorke et i avoit un seurcot de chevalier
fouret de vair [espèce d'hermine), qui est en le haie, et un
(1) Les objets saisis sur les voleurs, ou qu'on trouvait à leur domi-
cile et dout l'origine paraissait suspecte, étaient portés à la halle.
8.
— G2 —
capron aussi et une cauchc [chausselte] grise et un sorlers
(souliers). Item une cspée, un capicl [chapeau) et deux ca-
prons a le maizon mcstre Jack Le Cras. Item emblèrent une
côte bleuw e et III clokes à le maison feme Wat, et fut une
vendue XX gros, et les autres furent vendues ne set combien,
et dist que li acointc [compagne) Ostclct a nom Piérone, de
Gramont, qui avoit adjct [aidé) pendant as larencbins.
Item emblèrent un plicon [pièce) de gris au 3Iarkiet as
Vakes dales S'^-Marguaritte. Ilem emblèi'ent ils plusieurs
bacliins aval Tournay et furent à Douay partir la vendre.
Item un seurcot [vêtement de dessus) est en le haie qui akaté
[acheté] à Cambray et un de dras et dautres coses [choses) qui
furent emblées à le maizon Jack Dclcourt
Item dist li-dist Gérard sour sarme [affirmation : sur son
âme) que tous ces larencbins et pleute [beaucoup) dautres,
lesquels il na mie remenbrance, fit-il et Ostelct, et tous les
soucoitoit [cachait) li mère Ostclet, et les faisait vende de-
huers Tournay en diverses villes, et n'avait mie de XX s. II
p. [il n'eut guère plus de 20 sous et 2 patarts). Et dist que
aie mort le amcnoit Ostelet et se mère. Il dist que se il euist
ou avoit peuist respirer ou aucun avis il diroit assez plus de
coses.
Et dist a le fin que le larencbins qu'il eut faits montent
bien à plus de 11" livres, etc.
Le vendredi '21" jour d'avril loi 9.
Cest li Jehinne Calayc, le barbieresse de Biauvesis, qui fut
justiciée le venredi XXVII' jour en avril lan mil trois cens
et diis et nuef. Elle dist que li capron de mcnut vair, li cote
bleuwe et une napc, qui est en le haie, sont à Gillet, le bou-
lengbier, qui est en pi'izon en le porte de Marvis et dist que
cbous (ce) que Gillet li apportoit, elle pensait bien quil ne li
venoit mie de bien. Item dist que cbuis (ce) Gilles est uns
— C3 —
varies allans par tierc el jtar cemin [chemin) pour gaegnicr,
et ont Cslé ensaule [ensemble) puis le fiestc de Lille.
Item dist que li fèmc Jakc de Bictune et chy Jacke de lîic-
tunc est renommet [réputé) de [faire) fausse monoie et bien
set-on qiiil en vivent.
Item dist-elle que Johannes Darras , ki a le sereur
[sœur) de le fème le Wéte Darras, lisquels est foulons et
tiserans, Il vendit la loyer?, qui est en le haie, XL gros, et
reue (en eut) un eouticl [coutil, pièce d'étoffe) qui bien va-
loit X gr.
Item dist-elle que Baudes, li Flamens, prent volontiers
avantage d'autrui, et est chuis Baudc, ostcs [hostelier) à
Arras, se maint à le posticrnc ((/e»ieî/re à la poterne), et se
rechoit larons et toutes manières de gent dont il puet avoir
avantage.
Item dist-elle que Pcrrlne, qui n'a qu'une orclle, et Wil-
laurae de Monelles, ses amis (so/i ami), est par elle renomé
coieur de bourses (1).
Le mardi M ^ jour de juin 1320.
Hellins, li boutelliers de Kievraing, fu traîné et puis pen-
du, l'an M. CGC. et XX, mardi XVII» jour de Gieskcrck,
pour pluseurs tenserics [vol sur les grands chemins) et la-
renchins quil fist , et plusieurs manaches [menaces) de
ardoir les boines gens de Kievraing.
(1) Pour Lien comprendre celle expression de coupeur de bourses,
ii faut se rappeler qu'à l'époque dont nous nous occupons, on portail
l'argent qu'on avait sur soi dans des bourses de cuir suspendues par
des lanières également en cuir, qu'il était facile de couper ; aussi l'on
verra souvent dans les condamnations que nous rapporterons ce mé-
fait mis a Vi charge des escrocs de ce temps-là.
— u —
Le lundi \8' jour de janvier 1321.
GillotVerbos,quifu justicié lundi XVIIP jour en janvier,
dist à le mort quil embla a le raazon Saintain le Ghierie une
côte mêlée et le baréta {mit en gage) à une verde [marchande) ,
scn eut VI gros Et dist quil embla II linchius [draps) et
une nape à le mazon Isabiel, de Melle, se les vendi III gros,
et il embla au biefroit le nicbiel [moyeu) d'une brouayte
et le bougon de fier, se vendi le boughon II eslrelins et le
moyel V estrelins.
Item dist-il quil embla Colars Baneguies, mes il ne set
cautes [combien). Item dist-il que Ilennekins, de Maude, qui
repairait [demeurait) h Rumegnics, et un autre quil ne set
nomer, furent avoeckes luy à un home espauter [attaquer) au
bos de Breuze, mes il ne set de ciertain se clie fu Jehan de
Fiers ou non.
Item dist-il que Jehans Bicholars et Colas, de Biernes,
aloient tous deux à faux visages au bos de Breuze. Item dist-
il que Margos, li franche amie Ilanekin, de Maude, est
maize [mauvaise) fème et se set prendre pleute [beaucoup)
dargent as homes, et prist de un home VIII florins, et au-
tant quil en eut.
Item dist-il quil eut des bezaces [bagages) Jehan Ilacart
VII gros ou XX tournois dou plus. Item dist-il quil embla
une cspée en une cambéricllc [petite chambré) à le mazon
Piéron Crisembien. Item il embla à le maizon doudist Piéron
ung capron sainglé [manteau sanglé) quil vendit ung gros.
Item IV escuelles destaing.
Le vendredi 14« jour de novembre 1321 .
Artus Cavanes, d'Arras, moniers, justicié vcnredi XrV'«
— 6j —
jour de novembre pour larcnchins, dist que Picres Buissc,
de Biaumes, quon dist des campions goudalicrs {cabare-
tier, aubergiste), est mestre léres {vo!eur),lcl Gillos Ignores,
manouvricr, dcmorans devant à Douai sus les fossés à
le porte Deskercin, et llanckins, de Biaumes, garçons à
pic, ki fu à Monseigneur Wattier de Poucques, chir {che-
valier), dcraorant avoec celi Gillot, sont tout larons dans
une compagnie, et que 11 fème doudit Pieron a nom Margos
as Paclettes, et se mère, Aelis, de St-Amand, et li ci-
quointe, Artus Gillote de Ilalloy, d'Arras, et cis [ceux-ci)
savent les larencins que cils font, et sont comboneresses
(voleuses), venderesses et enwageresses (mellcuses en gages)
de larencins, et eurent deux compagnons pendus, li un a
nom Nevars, et fu pendu à Bapaume. Et li autre ha nom
Norvel, pendu à St-Quentin, et dist que li sanguin drap et
les cozcs [chausses) avoec furent emblces de là Douay au
kcmin de Cambray.
Li ditte Gillote dcHalloy, quon dist de Lastre, fu justiciéc
à [en) ce jour, couvent {convenant de) sen fait, ensi que
lidis Artus le disoit, et encusa tous les autres devant nomes
ensi, et avoec chou Adam, le fel frère Gillot Ignoret, et
Symon, de Cambray, demorant au grand] Markiet à Arras,
et dist que telle vie avoient mené IIII ans, et que li drap
sanguin furent emblés à Estier Pegnies de là Douay.
Le samedi i^^ jour de novembre 1321.
Margos as Paclettes, justiciée le samcdi^après'ce venredi
cornent fu fait ensi ke deseure, est dit et descoupa [dénonça)
se mère et tous les autres deseure nomes encoupa ensi ke
deseure est dit, avoec chou encusa le clcrt de Bouvinne et
Eraclot. sen aquoinlc. de larencins^ et [d'être) de le^ com-
pagnie.
— G6 —
Le vendredi 16* jotcr de janvier 1322.
Gillos Ci'okes fil justiclé et pendu pour plusieurs laren-
cîiins quil fist en no cyté, XVI* jour de janvier.
Cest li Gehinc Colin Wasteblet, il embla une espée de un
varlet qui se dorraoit au raoustier Notre-Dame. Il fust com-
pains {en compagnie) en Bourgongne à pluseurs compagnons
larons et partisoit à leur larcncins et en vivoit. II copa un
varlet les dois dérièrc le Val, Il dist quil ne fist oncquesbien.
Il et Colins Waudele etHelines, de Condet, roubérent {volè-
rent)^ sous le pont Apont, un escuier de Ilagnau de nuit de
X livres, sen eut chascun se part.,.. Et sa emblé moût de
poulais. 11 copa une siéne aquointe ; i dist pour chou quelle
avoitesté avoeck un autre hourier [malfaiteur)
Le mardi de Pâques i 322.
C'est li confcscions Jehan, dou 3Iont de dales St-Omer,
justicié en le justice S. Martin, àEsplecin,le mardi eu Pas-
keres l'an M. CCC. et XXII. Premier dist quil avoit este
avoecTuraasdeRikebonne, à pluzeurs, larencins, faites viers
Ilaidin et alleurs. Et vinrent avoec li pluseurs mœurdreses
[assassins) et léres Jehans, de Fruzes, et Ilellneys de
Tierouane, Colins, de le porte de Rely, Hanechins, de Ribe-
mont, et Mannes, de Dourlens, Hcuvines li cornus, de Bie-
tunc. Galas. Pieronielc, née en le Roke, est coutumicre de
cmbler, et Magnons, de Leucheu, aussi Géncraument il
dist de tous, houricrs et houricres, il en ia pau ou nul boin
{il n'y en a que peu ou aucun bons) .
Jehans Castiaus fast arricstet à Tournai pour Baudet, le
seure de Bossu, liquels fu mourdrispar ledit Jehan, par Lotin
Fraim et Watclet du Moulin.... Item dist que Jacke de
Maude et Adrycns de Wanomprct sont accoutumés des
— 67 —
boincs gens faire semonce (molester) qui nient ne leur dé-
voient et ne povoicnt avoir leur pais, à caus s'il ne leur don-
noient de leur argent maugret {malgré) caus, et cnsi les ten-
soicnt. Item dist que Adrycns Wanonjtré et Jacke de Maudc
savoicnt tous les mcsfais que on faisoit au pays et plus mau-
vois que nuls autres. Item dist que li Caslclains savoit tous
les meffais, mes il ne ozoit parler Item dist que Mikèles,
li carpcnlierdou Bruile, tua un frère bastard de Cerf de Bui-
sencourt. dont Gérard eut de Castiel IX livres tournois et II
mauvoispattarts, et ont bien de ce fait levet C et C livres t.
Item dist que Jacke Moutons rechut de le partie de deus
pour lafTolure [blessure) Tiulct C livres.
A cet mcsme jour fu justicié Jehans le Borgne, dist Wes.
(//) dist à le mort qu'il avoit esté houriers... Ite Magnons,
li linière de Cambray, est escoveresse de bourses. Item Jc-
bans d'Antoing est enfuis à Amiens. Item Jebans Kërious le
varlct Géry le Cornut. Item Lotins et Laudes Mairians sount
mauvais larons, li piere [pire) qu'on puist trovcr, etc., etc.
Le mercredi après le dimanclie de Quasimodo 1522.
Adryens de Wanomprct fu justicié , traîné et pendu
mercredy après le Quasimodo pour pluseurs fais qu'il avoit
fait et convint qu'il avoit un homme occis.
Le lundi iO'^ jour de tnai 1522.
Jehans Ilanebiers, de Cambray, fms Ernoul le Cruvelier,
qui fu justicié lundi, X* jour en may, lan M. CGC. XXII,
pour larcnchins à Tournay, à Cambrai, à Valenciennes, à
Lille, à Arras, et prendoit là (ow) il pooit.
Lan M. CGC. XXII, fu justicice Katelinc, de Tongre,
— 68 —
quon dibt li haute feme pour plusieurs vols et complicité.
Item dist que Lotins Brunekins est trop mauvais plus que
tout li autres, et est Kateline, fille Renier, du juré de Ton-
gre, suer {sœur de) Juliane le Ghisterlette, liquelle Katel fu
à un homme mourdrir devers Guize douquel lidite Agnite
Brunekin porta le tieste [la tête) deux liues lonc. Si fu Jeha-
nette dou Gardin, qui est au carkan, et Magnons dou Gar-
din, si comme elle le cognut, et furent leur hourier adont
deffait {mis à mort) pour ce fait et leur hostes ausi, etc.
Le vendredi 9« jour de juillet 1322.
Andrines de Rogier, cile {celui) qui fu justicié venredi IX*
jour en jule lan M. CGC. XXII, acuza Johannet Wangne
Cauch.
Le lundi 24« jour de septembre 1322.
Lundi, nuit St Mahiu, furent justiciés Johaneta Coukeline,
d'Arras, et Sainte, de Lille, pour larenchins ;
Bone, de Lille, amie Jehans Broussart, de Robais, fu jus-
ticié le jour St Mahieu, et accusa Baude Win Daupret, Dau-
dcnarde, et prit seur same que cil Baude li aporta toute
cette matière dont on devoit faire le fausse monnoie.
Le mardi 27* jour de décembre 1322.
Trions Ansiaus, dou Rues, qui fu justicié mardi XXVII'
jour en décembre, dist à le mort qu'il fit partie d'une com-
pagnie de coupeurs de bourses et de faux monoyeurs. Il
avoit été acusé à Valenchiene par deux homes qui furent
justiciés
Le vendredi 7^ jour de janvier 1323.
Boussars, fius Gradclos, de Roubaix, boulis vcnrcdi VII'"
— Gt) —
jour de janvier l'an XXII, fu justicic pour faire fausse mo-
noie. Et dis que Baudcs dou Prêta demeure dalcs {près de)
Audcnardc et est cognissance au bailly de Palmes (Pamèle)
et à sen fil, liqucs {lequel) bailly et ses fius se meslent aussi
de fausse monoie, si que il a oit dire et chius Baudcs dou
Prêt arrondissoit le laiton. Item Mikiel, de Trassicclcs, sen
mêleaussi.ItemWillcms, deGruisons, foulons, demoransen
le rue devant les Pourcelets, de la Escaut, fait le raonnoie.
Item Pierre Boudicl, demorant en le rue Caudicl {Codiau),
en est rcnomé aussi —
Le mardy '^0 janvier 1325.
Pières Blokiaus, de Lille, justicié mardi devant le S'-
Vinkant, dist que Jean, dou nucf-hostel de Bruges, vies
{vieux) wariers (1) est de tous cas li pires quil sacc{sache) et
Bette de le Cressonnière, de Gand, et Grièle, se compagnesse et
larouesse, et Baudes, de Nueve Glize, Polckins, dcWalliens,
et Estievenars, ses compains, Bicrton de Guelingh sont tout
laron.
Le mercredi 22^ jour de janvier 1523.
Laurins de Balluet, justicié le merkedi XII^ jour de j en-
vier dist que Hanins, de nuef-liostcl, Brunhoghe, Scgars Van
Lubeke van Dutsèlc qui est rous et a une plaie au front, nés
à St-Liénart ou à Zcvelinghc, a cesti mis là où il est et fu-
rent pendus en divers liusà Lille et alleurs....
(1) Viés-warier , marchand d'objels vieux, principulemenl de
vieux vôlements.
9.
— 70 —
Le vendredi ^ù* jour de mai 1323.
Jehan Gosses, dis Pestillons, fu justicié à Tournay, traîné
et puis pendus pour rouberies qu'il fist en kemin avoec
Macelin, deThorout, etJohanetdeAmerin, dit Valet, liquels
eonnurent que ils dou {eux deux) sen aloient par devers le
bos de Verderiel sest [chez) le seigneur Dolehain , encontrè-
rent un home qui deux kevaus menoit et se traioient vers
cet home, et en ce moment virent venir Jehanet le normant
Colier qui aportoit h sen col un fardiel de dras, lequel ils
prisent et ariestèrent et donc le menèrent au bois, le loiè-
rent ses mains derière dune cordiele [corde) et dezous les
gambes aussi liquel warda ledit Colier au bos toutloyes dont
bien II heures en le nuit et fu le jœsdi V« jour de may. Li-
quels drap dereubés furent délivres à Roberte Makericl, de
Aires , pour caution. Fait le XXIII* jour de may.
Le vendredi 3^ jour de juin 1323.
Rogeles Castagne, justicié venredi tierce jour de Gies-
kerck lan M. CCC. XXIII, dist quil et Hankins Castagne, se
frère, que il fist aler avoeck lui par force, suivirent le car des
Nonains dou Sauchoit et prinst le fardiel sour [sur] le car
et ses frères leur porta à le mazon Magne Godefroidc, ae-
quointe ledit Rogeles. Item dist quil copa les toursaires
[courroies) dune maie et y avoit un tricot de Velaton et fu
li trecos pendu au Valelon par Bibot Castagne Item re-
cogneut quil copa le maie le feme Pieron le bourgeois en le
rue dou Fossct
(Vient ensuite une liste des noms de seize malfaiteurs
justiciés à Raysmes).
— 71 —
Le mercredi 24* jour de juin 1325.
C'est le jchine Hanin Cosse, justiciet le nuit S. Jean pour
reuberies de VI*muis de bled cl de IV paires de coutiaus.
Pieres Ogier, justicié le 1G« jour de Gieskerck fu pendu
et traîné pour plusieurs tenserics.
Le vendredi 8« jour de juillet 1 323.
Amandins li dins fu justicié venredi VIII* jour de julc.
Le i6^ jour d'Août 1323.
Lotins Cambes, justicié mardi 16* jour daoust dist quil
navra {blessa) le Sage par les X sols quil avoit eu de li sans
raison. Item dist quil délivra son frère de le prizon monsei-
gneur Jehan, de Landas, et quon ne fist riens pour les lettres
de le ville et dist que vous iestes (êtes) trop mol et que vous
naves nul ami huers (hors) de vos justice et se vos ni métes
remède et reprendres vos cauces , tout li chevaliers de chi
entour il vont avenir vos perderes vos ville, et se vous sou-
veigne de Willems Castagne, etc.
Le mercredi 23* jour de septembre 1523.
Sandrckins Quadhanins fu justicié lan M. CCC. XXIII,
23* jour de septembre comme larron.
Le jeudi 11* jour de février 1524.
Jake Catins, de Douai, fu pendu pour une jument quil em-
bla et pour IX livres tournois quil dcvoit porter à monsei-
gneur Sewalc, gouverneur de Doua} . Fait le Xl«jour de
février.
— 72 —
Le vendredi 28« jour de novembre 1324.
Michaus de Cherizi'qui fu justicié comme raeurdrier,
venredi 28«jour de novembre lan XXIV, pour deux hommes
quil avoitmeurdri et deux granges arses [brûlées).
Item lan et le jour dessusdits, Wateles Watrike fu pendu
pour larencins, recogneut quil avoit eu au mousticrS. Xicol,
au Bruilc, en une boistelette trois livres tournois, etc.
Item Jake, noble de Lille, qui fu pendu à ce jour, reconnu
quil avoit emblé le ruewes {rouet) quon trovat à se mazon et
que chou qu'il avoit fait cestoit par povretct.
Le vendredi Tô*^ jour de mai 1523.
Mehaus le Boie, fille Willaume le Bote, de Linsieles, qui fu
justicié venredi 2o jours en may, comme coupeuse de
bourses.
Willaume Bakerace fu justicié de traîner et de pendre
pour Willam Pike, qu'il ocist, et furent avoeck luy Jehan
W^etainck et doys {deux) autres. Fait le venredi devant le
procession.
Item à cel jour fu pendu Jehan Coisiaus, Darras, pour
larenchin.
Le dimenche après suiwant, fu justicié Abrcham Ture-
mant, de Bruge, pour un home quil ocist as Nonains as Prés
[l'abbaye des Prés) de un coutiel à pointe.
Le mardi 2a de juin 1525.
Jehan, li moniers, quon distKocars, qui fu justicié mardi
2o«jour de jun lan M. CGC. XXV, cognust à le mort quil
— 73 —
cstoit bani de le ticre le castelain de Lille. (// avait fait
partie (V une bande de voleurs el d'assassins.)
Le jeudi 20 août 1525.
Godefrois, brizetieste, Colins 3Iaubriaus, de Lombisc, Jehan
Renaus, de Sencffe, Jake, deFleurin, tous cisl quatre furent
justichics de traîner et pendre le nuit S'-ChrystofTc pour
coup quil ravirent en léglize Notre-Dame de Tournay, Wil-
lem Mainsent, lequel il férircnt de coutiaus et despées et le
lessièrent pour mort dou devant lâtrc. et puis rentrèrent en
léglise. Lequel par linformation que li ballius, le trésorier
fist avoec les hommes dou dit trésorier trouvèrent que en
le dite église pluseurs furent ensi de coutiaus férus en plu-
scurs lius [endroits] et lessiés pour mort. Furent restamlit
(l'emis) eu le main des prévos et des jurés.
{Le registre de la loi revient six pages plus loin sur cette
condamnation et le jugement développé sur une page à deux
colonnes explique que les coupables avaient été saisis hors de
l'église et qu'ils avaient commis leur crime devant Vâtredu
temple et ceci pour prouver qu'ils n'avoient pas outrepassé la
juridiction laïque).
Lejeudi^d du mois d'août 1525.
Lan M. CGC. XXV, jucsdi jour St-Jean décollé, fu justicié
de pendre Jehan deBuimont, de Berncmicourt dalesHesdin,
pour grand pleute de hokelcries (1) de grand sômes de divers
quil a eu de plusieurs manières de gens, lesquels il fasoit
(i) ^oquelleux,hocquelleur,^ro^^ipmv:ivliç\l. Diction, roman, etc.
— 74 —
entendre quil savoit faire or dorfévrie et argent et il n'en
savoit rien faire, se recogneut à le mort quil avoit eut par
telle voie de Loeys, de Willerval, canone de Namur, grant
sommes de florins.... Et puis dit-il au gibet que li florins
qui estoient en le halle furent des florins le prieus de l'hos-
pital St-Jeande Toul, et bien voudroit que il les reuist(recOM
vrit), etc.
Jehan ^Yarniers, carpentier, père à Jehan de Buimont,
dessus nommet, qui fu justiciés juesdi XII* jour de aoust,
comme complice des méfaits de son fils.
Jehan Desplanques, dales Douay, fu justicié le nuit de
Tous Saints et rcconut quil embla, à Douay , une piel
de cordewan (1), et reconnut quil embla un sourcot
dhomc et à Tournay un caperon de fème fourée de gris de-
vant le bielfroit.
Le d^ jour de décembre 1d2d.
Jehan, fins (^/s)Tristeran, de Haudion, quon distdc Bril-
lon, fu justicié de traîner et de pendre IX'^ jour de décembre
lan XXV, as cause quil avoit mourdrit le enfant se fème, et
dist que li enfans le fuys [suivit) jusquau grenier, et la li
dist li enfans pluseurs fois (avant) quil fesit le fait : Jehan,
aies de par le diaule {diable), et Jehan li dist : tu iras encore
avant de par le diaule, et dont li mist-il une touelle entour
le col et li torst si fort quil li rompi le col, et quant li enfens
fu mors, il le raporta en se loge. Il avoua en outre avoir
commis plusieurs larcins.
(I) Cordoican, 'petit cordon, petite ganse, cordonnet. Diction.
roman.
— 73 —
Le 11 de décembre 13:25.
Sohcles, de Halu)'n, fu juslicié de ardoir côme sodomitcs
le 4 1« jour de décembre lan M. CGC. XXV, et rccogneut
avoir commis tant de crimes et avec tant de homes qui!
nen savoit le nombre, et tele vie il mena passé avoit VIII
ans, etc.
Le Hia?Y/t 4 février de l'an 1326.
Jehanes Grigore, qui fu justicië mardi 4« jour en février
lan M. GGG. XXVI, dist à le mort que Pières, de Fauquem-
berghe, cordewagnier, estait ses compagnie et fu au hanape
contre le mestre embler et dist li dis Johanes quil eut le
hanap Dragonche le Lombart, et le vendi à Pierart, le mie-
roier, 12 gros. Item un autre hanap dargent. Item dist quil
cmbla le platiel de argent Marisen, le machon, et en eut II
gros audit Pieron, etc. Et dist que ii vile (ville) est maiie-
ment wardee {mal gardée) de tens as tens.
Le i2 février IZ26.
Lotins Willokiaus qui fu pendu mardi douzième jours
en février lan XXV^ pour le reube qui fu faite.
Le 2 octobre 1326.
C'est le jehine Fiérin qui fu justicié à Tournay le jour
St-Remy, lan M. GGG. XXVI, liqucl Fiérins cogneut quil
estoit houriers, et quil vivoit deshonnctemcnt, et cstoit son
aquointe, Estassine, li payelière, et juoit de des {jouait aux
dés) persetnon pères, et cogneut quilcopoit bourses, et quil
copa 2 bourses le jour de le procession.
— 76 —
CONDAMNATIONS A MORT
DANS LA VILLE DE TOURNAI ,
extraîles du second volume des registres de la loi : depuis Imi
1327 jusqu'à l'année 13..
Le second volume des registres de la loi renferme les
noms des magistrats de la ville, de Tournai , de ceux qui
avaient acquis le droit de bourgeoisie et la teneur des con-
damnations. Comme dans le volume précédent, on rencon-
tre d'abord les condamnations les plus légères, c'est-à-dire,
à de simples amendes ainsi spécifiées : criés à XX sols, puis
à XL, à L, à X el à LX livres, à C marcs, etc. Viennent ensuite
les bannis à I an, à III ans et à toujours. Enfin les condam-
nations à mort qui sont ainsi désignées JEHINES.
Le ^^ jour de mai de l'an 1327.
L'an M CCC XXVII, le quint jour de may, fu justichiés, en
no cités Vinchenes, fins Pieron, dou Frasnes, de trayncr et
de pendre pour diverses tenscrics quil avoit fait, et pour un
meurdi'c qu'il fait à un home, lequel il affola (1) et navra de
ses bras et sans cause et sans raison, et après qu'il leut
(1) Affoler, estropier. Il ne faut pas confondre affoler avec blesser.
Les anciennes lois punissaient bien plus sévèrement celui qui affole
que celui qui blesse. Affoler est donc casser ou mutiler un membre,
faire quelque pluie incurable. (Dictionnaire roman, wallon, celtique
et tudesque , par un béncdiolin de Sl-Vannes.)
— 77 —
affoIct,il convint, ledit affolct, vuidcr le pays sur quil nozoit
deraorcr que li dis Vinchencs ne le tuast, et prouve fu quil
tensa (ra«ço«/ja) un homme, quon appiele Gentil, de 15
gros,,,, lequel eonnu à le mort entre les autres Jeliines
quil avoit fait plusieurs malcfachons et en compagnie de
gens qui juoicnt de faus des, c'est à savoir : Jakc-Doupont,
Jehan de Espicrrcs, Jehan, fil le forme Despière, et dist quil
doit une paire de sorles {souliers ) h Jehan Normans. Item
dist quil wagnoit a eascune partie de chou de coy il vivoit
et dautres avantages quil prendoit as gens dou pays. Et dist
que Jehan Bulètes li doitLVI gros, à payer à la St-Remy, et
L gros h leSt-Piere. Item dist que Jake, dou Marcs, Jehan,
de Scmerpont, Jake Bonssears hrissiércnt Ihuis {la porte)
Marien Passettc et lefTorchiérent. Item dist que Jehans
Alemans, Jehan dou Tries Biétremont, eocké {cuisinier), rc-
churent par le main Jehan dou Busch cascuns 50 gros pour
manière de tencerie de Henri Volckin, de Slonés, et 50 gros
rechurent au nom dou dit Vinchénet et li doit li dis Ilenris
que li dis Venchénes les euwist {eut) rechus, liquel confiessa
quil ne les eut et pour chou quil lavoient acusé as le caste-
lain de Ilelcin, liquels castelin et ses gens ont {dans) tout le
pays reuhet [volé).
Le 20 de mai Van i 527.
L'an 1527, le 20* jour de may, fu justicié Henri Scou-
tête, deZest, et dist quil eut les 40 liv. 10 s. parisis des-
trellis. Item quil eut, en Norweghe, 6 1. de gros. Item quil
prist le keval et l'enmena contre la volonté dou markant.
Item il alla es Hanehaus pour avoir lavoir dou markant et
pour brisier ses cscrins. Item il embla le waidccorps {cein-
ture de cuir) dou courier de Bruges etmist le sien en ce lieu;
li 6 1. de gros furent {étaient à) sen nevcut, le frère Albert
10.
— 78 —
Rebblc, de Zest, ij 1. de Coulognc. Itrni il acata (achela)
des 16 1. et demie dcslrellies le cote haidic qu'il a veslie
et fust aies de la mer el en Cippre VIU joui*s. Item dist qull
esîoit fius Henri Scontêle et (de) Xypryene, se fcrae
Item prist un hannp d'argent à ce ville, qui fu au drui Dalst
et fu vendu 6 florences. Item il embla un hanap d'argent à
Alst, dalcs Coulogne,et fu vendu 2 1. de gros... Item il em-
bla à son nicslrc froumagcs. Item il emporta deMaldengliem
un surcot quil eut par nuit à le maison dune darae. liera
dist que partout là il embiait, ce»toil pour France, que en
avoit en lui, et plusieurs autres coses moult vilaines. 11
cogneut quil embla dont il na point de mémoire. Item dist
quil lui plaisoil que Willaume, compagnon, euist le keval
de Paris si avant quil poroit estendrc pour sen despcns et
por sen damage cl le mettoit sur les jurés.
Le jeudi 27 d'août 15"27.
Wicardins Ma'ziaus fu pris comme banis à tous jours, 27
jours en aoust l'an XXVII, et dist que Maucors , Cynemons,
Blantes et Pantins, sergens, sont ascoustumés des banis et
banies détenir par devers eaus et de aus délivrer parmi (powr)
argent sans amener en le prizon de le ville.
Item dist qucBillons, dou Cellier, et Courcelois, ses amis,
furent hourier, et pour cbou que Magnone, surnommée
Goirgate, fdle d'une féme qui maint à Arras , avoit cseous
{volé) une bourse à 5 1. de gros ens (1), quelle devait apor-
ter au dit Wicardins et elle les porta à Courcelois et jiour
chou Courcelois le hait, et tondis (2) a pris pour caehietse
(1) Ens pour ensy, là, en ca lieu.
(2) Toudis, toujours; toiâ die.
— 79 —
jji'isc, cette Magiion ki scet si bien wardcr que chascun li
voet avoir.
Item (list que Magnons Buselière est une houre [voleuse],
(luifutà Quinte Watclct, le miczici', et ores [présentement)
à Lotin, li bagneur, scct bien escourre bourses et en a plu-
sieurs cseoussés.
Item Marges, de Sebourg. itéra Magnons, de Maukcvillc.
Item 3Iaroic Puccictte, li clope [boiteuse] ^^m'ie Blankart, est
aussi escouresse de bourses et tlonent largent à leur
aquointes.
Item dist que Colins au lait est uns grand hobelères
(trompeur) de compagnons. — Item dist que Jakcs, li fores-
tier, a une amie, quon apièle Hanette,deCondet,{et est forte
laronesse et vient chascun an à le procession Notre-Dame, et
li copeur et escouresse de bourses raportet audit Jake et à
saquointe leur larencin.
Item dist que Wateles, li raiesiers, et Ilanckin, de Bréda,
le cognoissent, tous houriers et houres et laronesses et es-
courcsses de bourses.
Item dist que Magnons, qui se nome Gargate, qui est si
boine wagneressc, a estet amie audit Wicardin, à le pro-
cession ara un an, mais il neust onqucs dargent quelle cscou-
sist qui vausist plus de XX s.
Item dist quil eut de Margot, de Sebourcb, un florin de
florctte ({ui fut cscous [volé).
Et dist quil tua à main [de sa main] Hanekio, li coul^^lier
de Lille.
Le janvier 1328.
Ernous, de Bruel, fii pendu l'an M. CGC. XXVII, pour
cskiesdcfilctqucMaroic, de Cysoing, clUsa])iaus, de Paris,
quon dist J)escarna\-, Icurapjxuloit, et elles les embioicnl à
— 80 —
divers drapiers, et ledis Enous les acatait et en acata grant
pleute, scn paia à ces deux femcs dessus dites à cascune
XXX s., et quant fu pleute, en acata à elles. Item connut
que se feme est une maize feme et quelle se melloit de fausse
monoie et de monnoie faire tailler, et alloer et dist que
se feme le fait morir, car cest 11 plus convoiteuse feme dou
monde, et dist que CassarsFierinsrecoppa' à se mazon quand
fut pleute de blanques mailles.
Item dist Ernous que se mèreavoit uzet de lonc temps de
acater tels larencins, et por se mère se mist à acater tels
larencins.
Colars Reniaus dist que il et Lotins Descameng, Jehans^
del Aunoit, et Marges Yiellarde emblèrent les cozes à le
cistoleur et en vendirent à Lille {partie et en rendirent)
partie au prieste des caufour pour rendre au cistoleur. Et
Lotins Descarmeng a le capron par devers lui et seniporlat
{s'empara) li dis Lotins du larcncin une païele à sen
col, et ce fu Lotins Descarmeng [qui) a emble les cozes
Ilanettc Façon.
Abraham fut pendu pour argent qui emblé fu [où) dont il
eut part.
Un varlet de Ilainaut fu pendu pour un tor qu'il embla.
Le ZOjuin 1328.
Pieter, deZomerghien, qui warde le'prison à Bruges, reco-
neut devant Pieron Boivin quil avoit tout rémérit à Lames-
sin Tolenare chou quil li avoit esté son kuvet à lentrée de
Bruges. Et dist li commilés de Bruges que il fu à tuer le dit
Lamessin, darain jour de juing.
Le \'' jour d'août 1328.
Maroie Cardue, femme Jean, de NocUc, demorans à le
— 81 —
Tallepierc , fu boulis pour fausse malles {maille), qui mains
valoicntau marck 79 s. et acusa Sandraie, de Wiers, quon
dist le brun, demorant à S'*-Katrine, qui les dites malles li
aporta dussent à oj 1., et acusa Jehan Fierin et scn frère,
et bien savoit li feme Sandrart, quelle estoit fausse, car
celle Maroie li reporta, et cil Sand.'.irt et se feme li disent :
reportes les se les aloiiés se vos poes. Fait le jojr St-Pierre,
en temps daoust. Et dist que Colars, de Court, Ibatercs à lar-
kes, aloit à le fausse monoie à Ywuy avoec le dit Sandrart.
Le ^'^jour cVaoùt 4328.
Jchans, dou Mes, fu traîné et puis pendu pour diverses
tenseries quil avoit faites à Lens et au pays environ, et fu
accuzé quil fu à mourdrir un home ens un bos. De coi il y
eut un home traîné et pendu dales Thuin et un à Biaukes-
nes. Fait V^ jour daoust l'an 1328.
Le mercredi 50 septembre 1329.
Jehines, depuis le jour de mercredi devant le St-Remi,
lan M. CGC. XXIX.
Baudewins Delhond, Laurcns, fils Lisse, de Bruges, au
mercredi dessus dit, furent justiciés de traîner et de pendre.
Si confessa et recogncut que quant li bouchier de Bruges
ouvrirent les portes de Bruges à cheaus [ceux) dou Francq,
que il y fu. Et fu avoec li Kieveraine de caus Jehan Pinthe,
Jehans de AN^ert. Et le lundi après fu tué saint Lambert
Telenare, ses fils, en sen hôtel et plusieurs autres dusquc
{jusqu'à) à VI personnes, en celui jour, et uns mécréans
Descochc. Et y fu li dis Laurcns, allans et vcnans, a dis de-
puis ce fait avoech cheaus qui chez fais ûzcnt (firent) qI W
mêmes fu as fais.
— 8'5 —
Item tlist qiiil et si compagnons XVIÏ... eurent de ErnoJ,
de Lanoit, XX malles d'or.
Item eut-il deChyprien Poteri XXV 1. de le raonoie de
Flandres, pour le doucana quil avoil dou dit Leurens. Car il
dist que li dis Leurens fu envoyé à riche amatour (armateur)
par le consel dou dist Chyprien et avoech chou fi li dis
Poteries en le prizon à Bruges pour XIII semaines.
Item dist quil eut de Marie de Bours LX sols par force et
pour le doute {crainte) quelle avoit de lui.
Item dist que Jan Adraé, foulon, est li racstre reaeeres de
tous chenus et se mesle de le foulenie (félonie.)
Item dist que Jacke Van Veurne, Coppin Van Veurne,
Jehans Van Wert, Henris Van den Leppre, Jehan Van den
Pinere, tout tisserant, sont esmouveur de chemin et tout
routeur.
Item dist que Watiers Deskeluriet féri le premier cop en
Jaqucmon, de ïlorshuch, et furent au tuer ledit Jacqmon,
Jehan Roche, Robert Biercmport et Willem Biercmport.
Le lundi 9 octobre 1529.
C'est li confiession et li jeliinc ledit Bauduin Dehbond.
Premiers il dist que il eut de Jehan Courtej^arde IIII î. X s.
de grosjpar maîe raison (mauvaise. 7-aison).
Item dist que Jehans Dassebrouch, lijouene, et Bauduin,
d Geand, foulon, sont routeur {trieur de gramVroute).
Item dist que Cepins, d'Ast, et Watiers, de Kest, sont aussi
routeur et que il émuevent les autres et si demeurent main-
tenant à Alh en Braibant, et dist par sarmc que chuis Copins
tua Clais 3icttrelct cl nient (non) Bauduins.
Item dist (juil et Jack Stnrme cl plusieurs autres étoient
au pont le Roy à Bruges, et dist li dis Jake as (aux) autres;
— 85 ~
esse l>oin que nous allons al liostcl Jehan Waukicr et il^
disent oyl [oui) et puis j alèrcnt li dis Bauduins, Jake
Stormc, Pictrekis Daignait, Claickins de Scarpic et plusieurs
autres, et leustcnt tuet sil Icuslcnt trouvct si kil dist, et y
fu Jake Stormc corne Ilermans , mes sil vosist avoir dit as
autres ni alons nient il dist quil ni fussent nient alct.
Le liaidi M décembre 1329.
C'est li recognissance Jehanet le Pcrcli, de Bleki, qui fu
justichié lundi devant le S'" Lusse lan XXIX.
Il embla à son autain II paires de dras melles, I pcii-
chon et un couvrctoir, se sont cil Avagés {mis engage) à
Valenchiencs al hostcl de Lombart en le pissonierie pour
VI florcltes.
Item il embla à Osfon, de Bleki, ses armures, se sont ?€s
(celles) places à Valenchienes à le maison dou Lombart, pour
XV s. et li espées est au bieffroit de Valenchiencs, al ostel
de un fourbisseur à Valench. pour XXX s., et li autre har-
nas est à St-Amant, à un userier pour XL s.
Item embla au barquier, Gilles Caffart, II cotes. — Item
à de Ilcries, armure^ en un toniel.
Item à Pieron Lespagneul VI peires (1) de lin.
lîem les coscs Jakes de Ileries, et navra le cousin doudit
Jakcs scur et pour ce fait.
Amelos li Renicre de Monsekovile fu jngié à enfouyr
toute vive pour larenchins quelle a fait. De un surcot fourée
(1) Pière, c'est une désignation pondérique; on sen servait encore
S Tonrnai avant l'usage des poids décinoaux. La pière pouvait valoir
iviron 5 kilos.
— 84 —
et une cote itout (awsst), de 1 drap et un capron dhome et
finant dcsremine {d'hermine) pour celui qui cestoit, et fist ven-
lefoururedou sourcot, duquel eu XV gi'os et un cscohier.
Et embla un sach, 2 kemises et une couche à un tienlier, et
dist que Margos au Trau aida à boire et despendre les cozes.
Et dist que Huars, devers Lille, foueres de fosses despendoit
et autre aussi quelle ne conoist mye.
' Le lundi 1 o de mai { 329.
Jehanes Bridoules, de Valcncliienes, fu juslicié de trayner
et de pendre lundi XV« jour de may, Tan XXIX. Liqucls
cognent qu'il ocist [lua] le feme, sen oncle, pour cliau quelle
ne livoloit doncr dou fieu.
Item dist quil et ses compagnons furent en un moustier
St-Nicolay , à Valenchiene, et là brisiércnt-il le cybole
[ciboire), où Corpus dudit estoit, et cognent qu'il fust une
des persones au dist [vol du) cybole et le migna au vin.
Item il dist que Jclians Sarazins, ses cousins, fius de sen
dit oncle, sa savoit bien meller de fausse monoie et ce scet
il par ce qu'il la oit dire (à) le feme at Jchanct Sarazin, et
dist encore que li dis Jehanes et un homes, qu'on appiellc
Fussiaus, furent en Normandie et acalèrent IIII"1. de toile
et payèrent à l'hostesse de fausses raonoies, et quant li hos-
tesse sen apperçut elle en parla. Ces homes monoyeurs cest
assavoir : Willem Degrave et Willaumes Magiers, dirent à
le dame : « Soufres-vous, on vos fera li monoie boine » ,
lequel coze il firent.
Le dimanche ^S'jour de mai \ 529.
Jehanes de Gaureng, li Mouleke, fu justicic diemanche
XXVIII^ jour de may l'an M. CGC. XXIX, de trayner et de
— »;) —
pendre pour chou quil mist à mort de 1 coutiel à pointe
dedens no justice, Jehan le Porkier, mounier.
Le lundi {0^ jour de juillet 1329.
Jake de Ghérissart, de Mortagnc , fu frayné et pendu, le
X«jour de jule, pour le fille Jehan le Clauctcur, ravir et
emmener par nuit, et se le ramena quant il eut fait se
volonté.
Lendemain de le St-Mahieu, fu justicié de trayner et de
pendre Mikius dou Puch , Dyppre, et recognut quil tua
Baudwin, Dippre, de \ coutiel pour çou quil le rua ( jeta)
de sen apas.
Item dist que quant il demoraà Bourdiaus, Dries, de
Maldenghem, et plusieurs autres li portaient pleute dargent
pour le doute de leurs cors.
Item dist que Luears de Beirs, Normans, et Blondiaus,
Davesnes, sont meurdreurs et ont plusieurs gens tués pour
argent, lesquels il aidoit à despendre.
Item dist que Bernard, dit Pié-de-Soile, Dypre, et il [lui)
eurent XV Ib. par forche de un marécau [maréchal).
Ilem dist que Willem, de Marselaer , et Jehan , ses frères,
li disent [lui dirent) que s'il voloit revenir à Ypres, ce [il) se-
roit un grand sire.
Item dist quil a de plusieurs gens Dypres eu pleute dar-
gent, dont na rien rendu et chou [cela) pour doute [crainte)
de lui.
Item dist que Bovin Brun et Pierre de Reske furent à
Tournay en ccste procession pour querre [chercher) gens dou
commun pour csmouvoir [ameuter) le commune Dyppre et
tos leur compaignons sont à Ath.
Item dist que Ghiselle Criel et il [lui) curent XX Ib. de
uns lîôme par doute quil avoit de caus [eux).
Item dist que Jehans Biekes et plusieurs autres qui sunt
11
— 8G —
oultrc Sùmc [Somme) jcucnl (jouenl avec) de faus des et
vingt davantage.
Item dist que Jehans PaJcskilli requist quil vosist (a//ôf)
jcstier {persuader) ses companions de mourdrir un homme
pour le sien ( son bien).
Item tua il, à Cheik, Jakuc dou Casticl.
Le vendredi 26 de janvier \ ôôO.
Jehans Mouton fu justiciés de trayner et de prendre pour
Willaume Aerbicle, doutre Wasnes, quil fcri par nuit de un
cotiel (couteau) douquel copsil traist à mort {mourut). Fait
venredi XXVI^ jour de janvier. Il congnut (reconnut) quil
eut de Tumas, le couvreur, une bourse de XI Ib.
Item à Are (^iVe?) eut un hanap d'argent de XX gros, et
li fdle dou bourgeois Jean de Licques aussi, etfu vendu à
St-Omer. Item II pugniés (bracelets) d'argent et (les) mist
en se (son) capiaus. Ilem (i7) embla lîï capiaus dor lui et
Willem Leleu, et furent vendus à St-Omer à un orfeuvrc, V
ans (il y) a.
Item lorsque le Syre se bagnoit (baignait), il prist IIII flo-
rins, et plusieurs fois il embla argent à sen seigneur. Item
as (cAez) Maziaus plusieurs piécbes (pièces) de vair embla.
Item canes (cruches) de vin plusieurs fois se le buvoicnt il et
deux autres tous caut (chaud).
Itemli fius (fds) doudis Jehan, une cordicre (ceinturon)^
une touelle, un lavoir, deux aniaus [anneaux) et une lance
dargent, et avoit nom li fuis Alars de Hernies qui moult
désiroit à lavoir de son père.
Jehans, li Fouères quon dist, fu justicic de trainier et de
pendre pour chou quil une puclielette, fille Bauduin Lemaire
Despret, ravi desur le cauchie et lemmena par forche en un
hostel, puis li féri de un coutiel à pointe es flanc et le mist
en péril de mort. Sour chou (là-dessus) ncn content de ces
— 87 —
cozcs, il par fausse coiivrctiire pour le iloule de scn corp
qui douloit le prize {craignait qu'on le prit), il cria : le fu !
le fu ! Pour lesquels faits et plusieurs autres il fu justiciés,
ci cumc dessus est dit. Fait lan M. CGC. et XXX.
Le jeudi 28 d'avril 1 330.
Lan dessus dit, XXVIIPjour davril, fu justicié Gilles, le
Normans, lius Jean de le Gauchie, de Amiens, cl fu pendu
pour plusieurs bourses quil coppa au markict de Tournay
et recogneut quil a maintcnut telc vie de eoper bourses pas-
set a VIII ans et recogneut quil copa le bourse Margen, feme
Jehan Plicc, et avoit eus X gros IIII mittcs et I papeleu, et
recogneut quil copa les coutiaus îlancken Cliettc, de Puis-
pais {Pipaix). Et eogneut que puis VIII ans il a plcute de
bourses co]iées à Arras, à Cambray à Tournay et en plu-
seurs autres villes. Item eogneut quil copa cuirs, {il y) à V an
au Moustier Nostre Dame à Tournai, dune bourse pour le-
quel il fu mis au pilorit, et finalement il dist et eogneut puis
{après) quil fu confessé que li couronne quil avoit portée
estoit fausse et quil avoit usé de fausse couronne.
Enetons du Gardin, de Lilc, qui fu justicié, reeognut î- ;;
elle embla les cozes qui furent aporîées devant les jurés qui
furent Mahieu, de Gand, et che {cela) embla elle par le con-
seil Johanet du Maiges, seus amies.
Item embla à le maison Jehan Eerkin, à Avion, Ih elle re-
pairoil et gisoit pour argent, une paire de cauches de le va-
leur de II s. et une paire de lincius et une cloke et un
eaperon.
Item à le maizon Jehan lïuelot, là (où) elle servoit, elle
embla en une salière VI florins roïaus et II fl. de Florence, et
fu devant Paskc, et Jehan dcl Aunoit li aida à despendre
{dépenser), mes il ne savoit rien si ke elle dist.
Item prist sui- sen amc kc clic estoit cncainte quant elle
— 88 —
fu délivrée por les coses Mahieu de Gand, et sagut à Lilc à I
hospital vers le St-Jehan, et vesqui ses (son) enfens IX jors.
Jake de Ceelkerke, de Bruges, qui fu justiciés à pendre,
recognut quil estoit dou mestier des costuriers de dras dont
il avoit bien en tout III personnes et avoient II banies, pour
lesquels il se assembloient toutes les fois quil leur plaisoit,
fust {soit) contre le Roi, fust (soit) contre le conte.
Item dist ke Claes {Nicolas) Poitevin fu tuer Willame de
Coelkerke, son frère.
Item dist ke Clemens Hopsome est modères {meurtrier)
de plusos {plusieurs) persones, à savoir dun home kon appel-
loit Jehan Bise, foulon, de Bruges, cui (à qui) jambes il
coppa, dont il moi'ut et en eut C Ib. pour che faire.
Item dist ke Ricoars Rende, de Bruges, prist VII pièces
dune corone dor à le maison Colard Cortegarbe, de Bruges,
qui {où) estoit le dit Colard, et dist ke après che quant il
fust avisez {eut réfléchi), quil les remist en une huge desserée
à le maison le dit Colard.
Le de juin 1531.
Jehans Pape, de Courtrai, qui fupremiers tondeurs à grans
forces, et après fu foulons, dist et confessa à le mort en le
halle : ke sur fiance de chiaus qui furent nomeit chi après
il devoit aler avoec eaus à Ipre, à Comincs et à Wervi, por
entrer en Flandre pour ce ravoir les francises et les droi-
tures, et eussent conlresteit {contraint) à les pooir par armes
et par forces contre chiaus qui les vosissent débattre, et dé-
voient tor (I) comune et ami.
Jehans dele Haie, de Bruges.
(1) Tor, le mot torsée signiOe trompé, abusé, homme qui a pris un
mauvais parti, tor ne serait-il pas le verbo qui signifierait entraîner
dans un mmivais parti, tromper?
— 89 —
Jake de Jabeke, tle Icz-Brugcs.
Frères Jchans li Fcvres, de Bruges Augustiiis.
Jehan li Rois, de Bruges, viesfrapicrs, et fu boueriers-
Meewckins Daen, tisscrans, de Bruges.
Coppins Mojekin, traycres de vin, de Bruges.
Robekins, li laillicres de dras, de Bruges,
Irem de VI home qui furent justiciet à Maire por celi cas
à plusors fois, dont li nom des IIII furent tel à savoir :
(Liquel IIII accusèrent à les mort
chiaus qui après ensuivent sc-
lont che que Jehans, de Sote-
Jehans de Corse, dipre ; \ ghiem, bailly de Tornesis, a-
Jehans de Slruve, dIpre ; | dont le rapporta par bouche
( et par cscrit en le Halle.
Kasmanckins. de Wcrvi.
Jehans Blondiaus, de Gramont.
Pierre Blondcaus, id.
Coppins Pojoust, id.
Willems Pape.
Jehans de le Haie, de Bi'ugcs.
Frères Jake de le Vigne Auguslins.
Jehans Pape.
Clacs Sobrccht.
Willems, li coustresde St-Donas.
Sire Jehans Van den Clite, priestres, à Courtrai.
Wellems Bcudenc^ merchans de tourbes, manans (restant)
à St-Pierre à Ipre.
Sire Jehans Scite, avocz diprc.
Jehans de Balluel, gisans malades h Estcrc ou marciet.
Item dist li dis Jehans Pape ke il estoit une fois entre le
commune de Courtrai ou {au) merchiet à Courtrai, et là
leur diàt-il : kc chil qui avoicnt caporons fourez ne fcroicnt
— 90 —
ja bien à chiaus âc Courtrai, et se li aulicdou comune vo-
loicnt férir à eaus, il y fcrroit le premier cop. Et dist ke il
portoit I caprel à saintcriaus et à croiscttes por alcr aval le
pays plus paisuiicment {paisiblement) et plus secrètement.
Item il ordena ke tous li rcraanans {restant) de ses biens
à sa fcœe et à ses II enfans qui fut de scn coteit dou linage :
Poel Brebis, de Bruges, Willemcs Berbis, boulangier, de
Gand, dame Catherine Boudens, Doseabourgh, et le fcmc,
(jui fu Leurcnt jadis le jewis Doscnbourgh.
Item devoit à Willem, le hallier, VII fl. et VI deniers de le
prison et de ses dépens. Che fu le premier vendredi daoust.
Item dist et nomma quil avoit fait les dites raalcfacons
{méfaits), et les entendoit à faire sur le fiance Ilanckia Fra-
jebard, de Wervi, et HanekinSpclman, elke à che consel les
amena Jehans Segerwale, et dist ke ses frères Jehans, li Fe-
vres Augustins , a fait bricz des griefs kon a fait as cska-
eiez {chassé) de Flandres. Et fist le faire à III seians, et croit
ke on le trouveroit à Saintcron {Sî-Trond), en Hesbain,
avoec plusors des compagnons.
Le tnanU 5'^ jour d'août 1531.
Che fu li nom des IIII qui furent justiciés de traincr et
de pendre à Maire le quint jour daoust por samblant
{semblable) cas dont li dis Jehans Pape fu jusliciet.
Poels, de Morbekc.
Coppens de Lens, de Ipve.
Jehans Courte, de Iprc.
Jehans Struve. de Ipre.
Liquels Jehans Struve dist ke li dis frues Jclians, li Fevres
Augustins, Jehans de le Haie, Jehans Pape, V/illems Pape,
Jehans Blondiaus, Pierre de Roeck avuiont fait conveut
avoec les dcsusdits et dévoient alcr à Comincs et de Coni-
minos à Iprcs, et dévoient la ciier : Frankisc et ami. Et chis
— 91 —
Jt'hans Coitc dist kc li doi qui curent los licstes coppt'es
niarcandèrcntà lui à Tornay, de faire les cozesdcsiisdiltcs.
Jchans Mines, bouchiers,riijusticiés de traîner et do pendre
por elle que prouveit fu contre lui quil avoit I home coppeit
les mains et les piéz, si quil en morut. et che fist-il en fait de
mourdre, et tout cnsi le cogneut-il à sa mort.
1332.
Colars Mulos, de Commines, manant al Exclusc en Flan-
dre, fu justiciés de pendre por che quil erablaplusorsdras de
fcme et dôme a le maison Jehan Visée as cauffours, et les
porta par nuit à Lescaut en un baket et les fist de là mener
à Eskcrmes et fist entendre au navieur [batelier] ke che cs-
toient ses eozes et ke il les voleit faire meneir à Audcnardc,
et puis quil fust pris les dittes coses et ses dras furent rap-
portées Deskcrmes en le halle et la li furent monsîrces ; adont
il recognut son meffais de sa propre volontéit ; et ja avoit
bien estoit li méfiais prouvez par plusors boins tesmoins kc
en en oii et par le destcnc [détail) que li dis Jehans en fist
en le halle souffisemcnt.
Item li dis Colars dist qui! avoit loweit [loué] sa maison la
Exclusc XV fl. de gros lan, scn a payé à Lambesin, le père
VI fl. dor ; it. a Lambesin, son fil, IIII fl. dor ; it. auditpèrc
IIII fl. dor I csterlin por dras et Xlesterlins et II mittcs-, it.
au dis fil, IX esterlin et IV mittcs.
It. doit à Jake, le braxeur [brasaeur), IX gros.
It. à Willem Domérage, le boucier, X cslerlins.
It, à Bette, de Brugc, scn ostesse, XV gros et XI mittcs.
It. à Claes, le Braxeur, manant avoec lui, XIII gros.
It à Willem Brouse XIV d. sen à wages une espée et I
coutiel et une paire de solcrs [souliers).
Item dist ke Martins Skudcswert, li foulons, li dois XV
estcrlins et V mites et II gros por une blanke côte.
— 92 —
llcm li mère Florenf_, le fornicr, doit VI gros.
Item Arnous de Winghe, li foulons, X esterlins, sen a
paiiet le pinage ensi quil dist.
It. li dis Colars pria kon desist un mandast {recommenda-
tioii) à Grielekin, sa filles, (en) ches paroles : « De par Co-
» lard Mulot, ten père Grielekinest, je te pri et conselle
» tant kuc {que) je onques puis, ke tu voiscs {aille) servir
» bien etloialement, et ke tu gardes ton cors bien et hones-
» teraent de tous homes et de tous meffais, mieus ke je ne
» aie fait. Se tu pues venir à hoin mariage à home de mes-
» tier, se ti prent par quoi tu soies preude feme et fais
3> tous jors prier por lame de rai et fai canter {chanter) mes-
» SCS por mi quant tu en aras pooir {pouvoir), car je te ai
« norie à grant paine, et si {je) te amoie [aimais) sur toutes
» les coscs dou monde et fai ke je soie hors de II excommu-
ï nications où je sui por le bréviaire et por le cervoise dun
)> toniel que tu seis, et Dieus^ te garte et mi si (aussi), face
» par sa grâce. »
Simoncs Roussiaus, de Kieverchics, de lez-Kievreng , fu
justicié de pendre por che quil enbla II porciaus (à) Gérard
Hacoulet, le bouchier de Tornai, et les mena à Douai, au
raarciet por la [les) vendre, et quant on recogneut ches por-
ciaus par lenseignc dou dit Gérard , il senfui et revint à
Tornai, et là fu pris et tout ensi {ainsi) le cogneut il à la
mort, et fu chis (ces) fais bien prouvez par boins tesmoins.
Ysabiaus, fille Jehan Lavoeit , de Méziéres-sur-Mouse, fu
justicieede enfowir por I calisse doreit et I platine et I col-
lier, lesquels elle cogneut en plaine halle, avoir pris et em-
blet avoec un caperon de home en I coffre que elle briza de
I cotiel {couteau), que Jeans, li marécaus de Maziéres, ses
acointes, li presta.
C'est la dernière condamnatioti à mort que nous trouvons
dans le second volume.
P93 oOClÉTE HISTORIQUE a LITTÉRAIRE DE TOURNAI.
PL m.
— 95 —
CONDAMNATIONS A MORT
DANS LA VILLE DE TOUANAI
Extraites du troisième volume des registres de la loi.
commençant à l'année 1332 et finissant à l'an 1336.
On voit par la désignation de l'administration fonction-
nant à Tournai la première des années relatées dans ce
registre (1332), que l'organisation du magistrat fut alors
complètement changée , ou plutôt que le pouvoir municipal
fut suspendu. «De sorte, dit Cousin, que la ville fut sans
commune jusqu'au 13 mai 1533, »
« L'an notre Signeur 1332 le secont jour del mois de
Aoust, noble hommes Jehans de Casteler, chevaliers, conseil-
lers dou l'oi nostre Sire par le vertut de une commission dou
dit Roi nostre sire à lui adréchice, gouverna le ville de
Tornai et toute la juridiction dicelle par le consel de sages
homeSj députez et esleus de par lui et par le consel de home
honorable Pieron des Marlicres, serjant darmes dou Roi
nostre sire et de plusors {plusieurs) autres homes dou dit
Roi nostre sire. »
Cette révolution complctte dans le pouvoir communal
était l'exécution de la mesure, peut-être sans précédent
pour la ville, que le gouvernement du Roi crut devoir pren-
dre alors, en destituant l'autorité municipale et. en retirant
le droit de commune à la cité de Tournai. Après une en-
quête souveraine, un arrêt du Parlement motivé sur des
raisons capitales, telles que l'abus de pouvoir au préjudice
du peuple de la part de l'administration, l'empiétement sur
la juridiction ecclésiastique, les contraventions aux édits
Royaux etc. Le commissaire nommé par le Souverain fut
12
— 94 —
investi du gouvernement de la ville, assiste de ceux qui
devaient l'aider dans l'exercise du pouvoir.
On sait que cette mesure toute exceptionnelle fut bientôt
retirée et dès le mois de mai de l'année suivante le droit de
la commune étoit rétabli selon les historiens Cousin et
Poutrain. Cependant plusieurs arrêtés royaux et ordonnan-
ces qui parurent les années suivantes nous font croire que
ce ne fut qu'en 1 545 que Le Roi Philippe de Valois rendit à la
commune la plénitude de ses droits et tous ses privilèges.
Voici les condamnations à mort qui furent prononcées
par les commissaires nommés par le souverain pour rendre
la justice , lesquels s'étaient adjoints plusieurs bourgeois
pour tenir lieu de prévôt, de jiirés et d'échevins :
Le 28 de juillet de Van 1535.
L'an de grase mil III« XXXIII, le 28« jour de julet fu jus-
ticiee à Tournay de emfouir toute vive Jehanette dou Bruille
pour chou quil fu prouvet et le recogneut que elle avoit
emblet pluseurs pourcheaus.
Sy veut et ordona que celé part que elle pooit {pouvoit)
avoir en V boniers de tierre à le ville que ses enfans y eust
(en eussent) moitiet et Sires Arnould uns priestre à cuy elle
avoit soint lautre.
Item dist que Jehane de le Haie luy devoit XXXV s. et
avoit part avec deux sereurs [sœurs) quelle avoit en XLI s.
que li mazons [maison) Jehans de Jehans de le Haye doit
par an de rente.
Item dist que elle voloit que Jehane féme Pieron de Lo-
bes reuist [recouvra) IIII s. pour II viaures de laine que li
dite Jehane dou Bruille li avoit emblcs .
— 9o —
Le 51 du mois d'Août i335.
L'an de grase mil trois cens trente trois le pénultième
jour dou mois d'aoust, fu justicié Piéres Bieleing de traîner
et de pendre car il avoit navrct et affolet Jake Catoure de
Haspres sous boin rcspit quil li avoet donet par devant
pleutes de boine gens liqucls Pieret dist à le mort que le fait
quil avoit fait et le deffianche Watiers Marciaus li avoit fait
faire.
Item dist li dis Pieres que Jehans Tierdin, Noulles Jakcs
et uns valet appiellés Philippes traiscnt huers {enlevèrent)
dou moustiers St-Martin, à Sfe-Amand 1 home et che firent-
ils à le requestre de Watier Marcet et un varlet appiétet
Hourier sy [ainsi) que Pierre leur oyt dire et dist que Hou-
riers avoient requis à Tierdin à Tournay quil vosist (1) faire
le extraction et il lui feroit ravoir le ville de St-Amand dont
il estoit banis si quil fist et tenoient ke li prévoes {prévôt)
sccuist {sut) le fait de l'exaction car il avoit fait hoster les
Wardes {gardes). Et dist li dis Pieres que Watiers Marciaus
en parla à luy et le requist de faire le dite extraction et li
noraa les trois dessusdis et Pieres ne le vot avoir en couvert
{sur lui).
Item dist li dis Pieres que dans (2) Guillebiers de Wasmes
pierdi pluseurs coses qui li furent emblées lesquelles uns
variés appiellés Hornains apporta al hostel dou dit Pieret à
St-Amant et savoit li dis Piéres le larcncin et en eut en se
part II orliers (oreillers).
Item dist li dis Piéres quil f u à I home tuer avœc Jake
Destarp viers Marlieres.
(1) Vosist, qu'il allât de Vado, je vais.
(2) Dans, pour dam, damp, dom, dominus.
— 96 —
Item dist li dis Pieres que Jake Dcstarp plaidoit contre
une fême à Cambray et li dis Pieres fu produis pluseurs fois
à tiesmagnage contre le fêmn pour le dit Jake et tiesmoi-
gnat ce quil ne savoit nient.
Item dist que Dierins Makes, le manda I aprics-digncr
(après-dîner) à se mazon devant Colart de le Mote le père,
et li comanda que li clers des caufours fust batus sans délay
car il avoit volut escourre un prisonnier que Dierins voloit
mener à justiclie et le Viespret li deffendis, Pieres Dantoing,
Jehans de le Mote, Jake li Fcvres et li Varies Dierins bâti-
rent et vilenèrent le dit clerck pour le occaison dessus dite.
Le dimanche 18 septembre 1555.
Lan de grase rail trois cens trente trois le diémence pro-
cain apries le jour Sainte-Croix en septembre , fu justicies
de trainer et de pendre Jehans Warniers de le Valée de
Cassiel pour che quil féri I home estranger de I coutiel en
le quise [cuisse) douquel cop il morut en le journée et fu
li dis Jehans pris en le présent fait en le mason qui fu
Marien de Armentières en le lormerie. (1)
Le samedi 17 septembre 1533.
L'an de grase mil trois cens trente et trois le samedi pro-
cain apries le S. Crois ou mois de septembre par devant le
gouverneur de Tournay. A savoir est P. de leMarliére Jehan
Damiens, Jehan de Haudion, Jehan Prévost et de Jehan
Anrilet, Jurés du Roy,Mestre Nicole des Enghiens, et
Jehan Godestant en le présence de Esliencne Frémy, clerch
(1) ActuelleiTienl la rue des Chapeliers.
— 97 —
dou gouverneur de Lille, Quaret Danis et Guiliaume de
Canfens, scrjans du Roy aporta Thomas de Sévre prt'vos
du resord de Lille un escript sellct du seel dudit gouver-
neur de Lille, si que li dis prcvos clers et serjans dessus
nommes ticsmoignicrcnt où quel il est dit coutenut que el
an mil II^ XXXI. (Ces lettres avaient la même contenance
que celles de l'an 1331.)
El assize tenue par ledit gouverneur de Lille à Douay, le
28° jour dou mois doctobre que Jehan Bocettc et Grardins
li porkiers {le porcher) estoient banit du royalme de France
sour le hart, (sous peine d'être pendus) et plusieurs autres
sour (pour) ce que il mourdrircnt et misent à mort Piéron
Dadicy adont {alors) liutenant dou baliu dou signeiir de
Wasiers et furent appiellet par Jehan Datienes scrjant du
Roy lesquels Jehan et Grardin, Li gouvrcnères de Tournay
fist venir par devant les dessus dits prévost, clcrch, et scr-
jans liqucl prévos, clers et scrjant dirent et tiesmognierent
que Jehanes Deskoce Kot que il avoient justicict à Orcus
{Orcq), le velle Sainte-Crois que il les avoit acusés dou ban
etdel homécide. Et le dymenchc cnsyvant li dessus nom-
met Jehan Bocettc et Grardins li porkiers furent justiciet à
Tournay, pour celuy cause de traîner et de pendre et rcco-
gneut li dis Bocete le fait et dist quil avoit ferut [frappé)
le dit Picron Dadicy de I coutiel.
Le 8 de novembre 1333.
Le VIII" jour dou mois de novembre lan de grase mil
trois cens trente et trois fu justicies de traîner et de pendre
Jehans Joveniaus j)our che que sour boyne pais faite entre
luy et Jehan Doubas de Crcspclaines li dis Jehans Jcvc-
niaus depuis navra cl affola le dit Jehan dou Bos.
— 98 —
Le Mercredi 31 mai 1534.
L'an de grâce mi! CGC. et trente quatre le mierkedi pro-
chain (levant le Pentecouste fu justicliids de pendre et de
traîner Alardins li Kins de Cisoing pour ce que il avoit fait
violence à le fille Tassart de Boulenois et le rccogneut.
Le samedi 7» jour d'octobre 1354.
L'an de grâce mil CGC et XXXIIII le VII<= jour doctobre
fu justiciés de pendre Hanekins dis petis Kens pour chou que
il fu prouvet contre li que il avoit fait pluisseurs larenchins
et les recogneut.
Premiers il distque Ghérars li flamens embla pluisseurs
cozes le demissielles de Hapelaincourt h Ghislenghien, mais
il en fu compainions et y eut part. Et dist que Hues ses {son)
frère est un fors léres {voleur) et eut aussi part as coses le
demisielle de Hapelaincourt.
Item dist Hanekins Petis-Kens que il estoit à Biernes à le
maison Watier de le Ponte et prist I hanap {vase) d'argent
et lemporta pour compagnons faire dazer. Mais il dist que
se on ne leuist seut li hanap euist esté siens et ne leuist
jamais vendut.
Itéra il dist que il prist et embla à Amougies une kiolte
{couchette) et le couvretoire {couverture) de le valeur de XXX
s. et blet, avaine, car {viande) et autres cozes.
Item dist il que Hues , ses frère embla toile à Brueek et
en fist li dis Hues rendre l'argent par I pricstre.
Item dist Hanekins pctit-Kens que quant il mcst à sire
Watier Gargatte il embla II kioltes à le maison raedame
Wiertiniel [Werquigneul], et embla à le maison dou dit
sire Watier pluseurs menues coses tdes que iilatiausdcstain.
I fiers gauferais {fer à gauffres) et un quir {cuir) de vakc
— y9 —
Icsqueles cozes valirent bien si quil dist LX. s. et si embla à
Gillekin , poitrc [poignée) de sous et plusieurs cozes pour le
valeur dun royal [pièce d'or de 20 francs environ.)
Item il embla (à) Magne dou Moutier plusieurs coses
mais cuit (pense) qui bien valirent X s.
Item il eut et embla XXV pièces de laine à Rosne, mais
Hues ses frers fut avoekes [avec) li et fu pour ledit Huetscou
(tout ce) quil en fîst et valoit ben li laine XL s. Et dist en-
core quil embla un Wans défier, le s. Damougics se les
racatan (achela) à li de VI gros.
Item dist li dis Petis Kens que Hues ses frer embla à
Rume à le maison Ysabiel le Noyele ben X 1. de coses. Et
latendoit en des bos (bois) et sont ces coses en wages en le
maison Jehan Croket, le jouene pour LXII s. et les y porta
Hues. Cest à savoir un sureot rouve sains raances (sans
manches) et une verte cote , une paire de dras dôme et le
caperon. Une plice de féme et le couverture. Et I court cor-
sait et I caperon de féme. I bloukete domc (blouse d'homme).
II touwelles (toiles). Et une nappe et li eutlesseper (il espé-
rait) encouvent quil les vendroit, mais quil ne racusat Huet
sen frère Havek Daviele demorant à Frasne racata le
reube à luserier. Et dist que se féme est preude féme. Et
quelle ne sait onkes riens des coses qui emblast car il li fai-
soit à entendre que il les avoit gagniés à dis (aux dés) ou kil
les aporloit de le maison sen père.
Il dist li dis Petis-Kens quil a fait tant de coses quil ne les
soroit dire. Et a cmblet linchius et autres coses en lostel
dame Faglc et en pluis (plusieurs) autres hosteus (hôtels) à
Gant. Et dist que Arnoules ses (son) frère est boins cnfens
ne onkes ne fu avoekes li à faire nul mal.
— 100 —
Le dimanche 5 novembre 1354.
JEHINES.
Cesl li Jehines Magnons-as-kevaus qui fu enfouite toute
vive à Maire lan de grâce mil CGC. et XXXIIII le diemenche
prochain apries le Toussains.
Premiers elle fu requise se elle savoit qui le feu avoit
boulet à Kanteraine et gietlct (jellé) kalailus [des caillous).
Dist que riens nen savoit fors tant que elle créoit mius
{croyait plutôt) que Maughetons fius Katerine Creuse le
fesist {le fil) que nus autre {plutôt que nul autre). Requise
pourquoy elle le créoit : Dist pour ce que il haoit [haïssait)
le visinage [voisinage].
Item dist que Watcles li miesiers liquels a esté ses liou-
riers estoit li plus mauvais que elle feust onkes en cest pays.
Car il li faisoit cscoure les bourses de chiausqui gisoicnt à
li et en prendoit largcnt. Requise de quantcs fois : dist
quelle nen estoit mie remembrans [ne s'en souvenait pas) et
tant de fois que elle nen set le conte.
Item dist que elle embla en le compaignie Katerine de
Tongre VII malles {mailles) d'or dun marchant au boskuet
de Warnave et dist que li dite Katerine les emporta avoec
Jakemin Englebicrt qui estoit ses houriers. Requisse se
elle set se li dis Jakemins eut largent, dist que elle ne set
car il sen alèrent ensaule {ensemble).
Item que Katerine Mousse prist à un home I sakiel {sac)
dargent en trues {au temps) quil gisait aly et le boula en sen
cou et toutes voies fîst chius tant quil le reut et la reprist.
Item dist que elle embla avoec une autre compaigne qui
est morte dont elle ne set le non I behos de marches francin
dargent, une alTique {parure). Item requise [interrogée) sour
Lotin Florart, Hanekin Caron et sour chiaus et celles qui
— 401 —
estoicnt en prison et sour le feu bouté, dist sour same que
riens nen seuent [sait) à senlente, et dist que li dis Lotins a
despendu sen argent avoeckes li et sen mestier aussi et que
cest un preudom. {honnête homme)
It dist que elle croit que Maughechons fuis Katerine Cru-
euse fresist [frappa) lianekin au coutiel de lespée sour le
buvette [bonnet).
Le mercredi ^juillet 1334.
L'an de grâce mil CGC et XXXIIII le V« jour dou mois de
jullet fu traicnés et puis [pendu) Hanekins-li-Drus-au-puing
pour ce que il estoit banis du Royaume sour le hart. Si re-
cognut à le mort que il avoit une fcme tcnsée [rençonnée) de
XII livres.
Le W" jour de janvier \ 554.
L'an de grâce mil. CGC. trente et quatre le XI« jour de
jcnvier fu justicics de enfouir toute vive Ysabiaus li Maune-
resse de Maubuege pour pluseurs larencbins que elle avoit
fait en le Cyté. Et convent à le mort que elle avoit embict
chou qui sen suit.
Premiers à Lille I vert sourcot. I caperon. I linchius
Item I caperon que li feme dun carpcntier acata. en le rue
As Pois. I caperon et une loiwere devant le bouccrie. I pot
destain si en reuvi [eut) XII deniers.
Une feme vielle li laissa II linchius [objets en linges) une
kemise dôme et une de feme, se le mist à une maison de une
bueresse qui a une fille ou une meskine [servante) à levi'e
fendue. Maroie li Poivre se hôtesse a ses coses. Si voet [elle
veut) que le hostage paye et que ses enfcns les ait.
13
— 102 —
Item cmbla un caperon à une femc qui vent mierclicric
sourie pont si fu vendu XX deniers.
Maroie demorans dales Saint Brissc, dales un barbieur
devant une saineresse, elle embla I surecot piers [bleu) et un
wairolel {vert) ; elle cmbla à Mage de Fretin I surecot de
brunaite si est au raarkiet as vakes dales le maison dun
grainelier si a eu sus III sous et demy et la eu une menue
feme dales le grainelier.
Item embla à le feme dun bouchier Crasse II linchius et
un pocenct {petit pot) de keuvrc {cuivre) si fu tout vcndut
IX blankes mailles.
Le mercredi 28 février 4534.
L'an de grâce mil CGC. et XXXIIII le pénultième jour de
février fu justicies de pendre Coppins-li-Fors, homme de
Popringhe. pour chou que il fu trouvât sour {prouvé contré)
lui que il avoit coppet bourses et pour juer de faus dées. Si
rccogneut li dis Coppins que il fu à Bruges avoec Clavekin
le faiseur de bourses d'Ypre, Henri Lenglese, le Bochut
Dangletières, et Willemct de le Kapielle de Bruges. Là Wil-
lem gagnièrent IIII sour {sous) dor à juer de faus dés ; si y
eut part et dist que li dis Willemes de le Kapielle de Bruges
est raestres de juer de faus dées.
Item dist que Arnckins uns petis coppa les palrenostres
[chapelet) quil avoit sous lui et presta sus XII deniers et dist
que chius [cet) Arnekins est coperes de bourses et coperes
de toutes autres coses quil puet trouver.
Le Samedi 7« de juillet 1335.
L'an rail CGC. et XXXV, le VI^ jour dou mois de jullet,
fu justicies de trayncr et de pendre Tburaas-à-Ie-raain de
— 105 —
Paris pour ce que il mist à mort dedens Tournay Thumiis
de Saint-Magloirc de I coutiel à pointe.
Le mardi ÎO de juillet 1533.
Le X* jour de jullctlan mil. CGC. trente et chiuncfu jus-
ticies à mort à Tournay de trayener et de pendre Jehane.;
Marchant de Saint-Florissc dalcs St- Venant. Liqucl convcnt
et confiessa que il avoit tués dou temps passét avoec un
valîet apielet Syraonet le Petit et y eut débat entre yaus (eux)
pour eause de blet que li dis Simoncs voîoit prendre de son
raestre et li dis Johanes ne li voîoit soustoilier {aider) ne
consentir si corne il dist. Et depuis li doy dessus nomme t
cstoient al liostel Maroie Toussains et là but on cnsamble et
adonc debas monta entre euls. Et féri et bâti li dis Jehanes
le dis Simonet dou puing et avoec ce li torst sen caperon ou
Katricl et le cstinst et estranla [étrangla). Et quant il et
liditteMaroie saperchurent que ciiius (ce/Mt'-ci) estoit mors
il le Irayenèrent lespasse de II bonniers de tiere lonch [loin)
del hostel le dite Maryen. Et adont desviesti [dépouillât) li
dite Maroie le mors et fist elle mcismes une fosse dun \ou
chct et y fu enfouys li dis Simones par le main de Johaiitt
et de Maryen. Et depuis lidite Maroie aporta les dras [habits)
dou dit mort par devers le dit Jehanet, et les mist à une
haye où il avoit f;ig03 dcsplnes au pourpris et en liestre del
hostel où li dis Jchanes demoroit. Et quant li dis Jchanf^s
vit les dras il se parti dou lieu pour doupte [crainte) et ains
puis ni entra.
Ilem dist li dis Jehanes que Jakemes de TielFries de Bai-
siu li doit XX sous tournois ou environ se voet [il veut) que
des X sous on fasse dire messes pour Jame de lui as frères
Auguslins et les autres X sols il donne à plusieurs pauvres
Karlryers de Tournay. Item donne il pour Dieu à Ilaynau
— 104 —
le porkier de Baisiu une blanchemente , I viestement et
une maise {mauvaise) grise cote et à Hanekin fil le dit
Haynau uns mauvais lignes {linge) de dras.
Le samedi 14 juillet lôôo.
Le quatorsime jour dou mois de julletlan rail. CGC. trente
et chiunc [cinq) fu justicies à mort à Tournay de boulir et
de pendre Colars Gaufiers de Valenchiennes liquels confiessa
et dist sans force et sans desti'ainte avant ce que il fust
jugies à mort et depuis que dou temps passct Jehancs ses
frères li aisnés et lidis Colars parlèrent à Tournay à un
vallet appiélet Aumignons de Biaurepaire et furent tout troy
daecort de euls (eux) se mesler de contrefaire monnoie et
depuis li dis Aumignons dist à euls qu'il avoit un vallet
demorant à Saint-Quentin en Vermaudois qui estoit appiélés
Gobins-as-Flayaus, liquel se mcsloit de faire quins. Et sur
ce lidis Colars et cil Aumignons alèrent à Saint Quentin en
Vermaudois, etacatèrent audit Gobin II paires de fiers pour
faire monnoie lun emprientet de le monnoie dou Roy de
blanques malles et lautrcs de monnoie blanke de Haynau.
Et depuis vinrent li Iroys dessus nomct par devers I orfeure,
qui demoret devant St Francbols à Valencliienncs, liquels
orfèvres estoit apiélés Picres des Caufours et sen descou-
vrirent à celi Pieron. Et li IIII dacort prisent II gros tour-
nois et misent de laloy avoeck et de ce firent IX sois dou
Roy et en envoyèrent une à la noire Cervoise et y fu alevce.
Et depuis li dis Colars forgea en le maison de se mère des
dites malles XL ou environ à une fie [fois] et à une autre fie
XXVII ou environ. Et faisoit le ouvrage en une cuve où on
mait quirs et tam (cuir et tan). Et cntrues {entre temps) si
frère faisoient noize (bruit) à armures de fier dont il s'en-
tremettoient afin que li noize dou monoiage ne fust oyr, et
— 105 —
distque il y avoittant dccoust à faire le monnoiedcliaynau,
que on ni pooit sauver catcl {tirer profit) et pour ce faisoit
il plus grand plcutet {qmntité) de le monoie dou Roy, car il
y avoit moins de frais.
Item fu demande! et requis spécialement audit Colart par
le gouverneur que il deist (dit) vérité dendroit (a?^ sujet) de
ce que ses frères avoit recogncut à le mort au casliel à Va-
lenchiennes, que il sestoit mis en painc de esmouvoir le
commune de Valenchienncs, pour mourdrir les souffîscaus
gens et avoir douleur. A ce respondi li dis Colars que sur
lame de lui il ne lavoit onques penset à ccli fin, mais bien
dist que il, si doy frère , Alardins de Ranncs, Lotars dou
Quarouble et Alardins de Rclenghes de Cambray, noielcur
avoient dit ensamble qnesche cby ? nous veront cil grant
signeur ainsi fourmcner (maltraiter) et faire ostcr nos cou-
tiaus, ne soraes nous mie ossi souffîscaut quil sont, cest
boin que nous en dcskicrkons II ou III et disL ois Colars à
un de ses prismes (puoximes voisins) qui se doloit [désolait)
pour celi cause : taisics vous biaus cousins, il pora bien
encore venir à point, et en poront bien li aucun avoir les
liestes [tètes) rouges.
Item dist li dis Colars que il avoit très grant volontet de
ocbire signeur JebanBiernier,quoyquil en deuist [dut) ave-
nir mais il le laissoit pour ce que il guidoit (fensait) toudis
venir à pays et que li dis sire Jehan Berniers le respitast
[retardât) de justice et déportast de se meirait.
Item fust requis de un fait dont il avoit renomce dendroit
[au sujet) de une femme que il devoit avoir coppetune ma-
miclc au bos de Felisncs [Flines] respondi que oncqucs ne li
estoit avcnut et que nient ncn savoit.
Item couvent li dis Colars que il avoit par plusieurs fies
pris en le maison de scn père tancur plusieurs ])iaus et quirs
sans le scut de scn dit père et les avoit convertis en scn
— 106 —
u-agc. Item dist que il avoit emblét par plusieurs fies et si
frère les pissons des boines gens et en emblèrent entre les
autres dou pisson medame de Lussenbourch, XX saudees à
une fie {fois).
Item dist et couvent li dis Colars que il et si frère avoient
estct à une maison qui est de Vicoigne où ils avoient emblét
par plusieurs fies blés jusque à le some de VII muy et en
donnoient à le fie à Mignier leur coulons.
Item dist que sour lame de lui que Bietrisons de Qua-
rouble savoit tout louvrage de le fausse raonnoie et estoit
celle qui lalevoit et une fois entre les autres il eut débat
entre Icdite Bietrison et Magne Gaufières et se traist [se ren-
dit) li dite Magne à justice. (Et depuis pour celi cause li dite
Bietrisons fu banic pour ce que il sanlait (semblait) que elle
mesist [délournait) le dis Colart hors de boine voie. Et sur ce
elle se traist par devers Jehan Bicrnier, laisnet et li dist que
se il li voloit rendre le ville de Valcnchicnnc et ne le vosist
mi faire justice de lui, elle li nomeroit gens qui se mcsloicnt
de fausse monoie. Et li dis Jehans Bicrniers li eut encouvent
en le fourme que elle le requéroit et sour ce elle accusa les
m frères dessus dis).
Item dist li dis Colars Gaufiers, que Watiers Blankars, tient
le moitié de une maison qui sienne doit y cstreet li autre
moitié doit y estrc se suer. Et slct li dite maison à Valcn-
cienes oultre les greniers de Vicongne sa laplele on (or»
rappelle) le maison qui fu signcur Henri Mouton et leur
cuist le dite maison li dis Waltlers vendue pour XL livres,
mais il ne len vorent (voulurent) donner que XX livres, se
doit li dite maisons III caprons et XIV sols de blancs de
rente par an. Se voet (il veut) que on prie pour Dieu as
signeur de Valenchienncs, que il y voellent warder sen droit
lequel droit il voet que il soisl à ses plus prochaines hoirs ou
à un si exécutent le ordcnemcnt.
— 107 —
Item voet li dis Colars que on prenge {prenne) LX sols
tournois pour rendre à ses tors fais cest assavoir à Jehan
Roze, deraorans à Broussiclc, sour le bekrc V gros. Item ù
Pieron de Tourout demorant à Bruges, à se féme et à Piéret
leur fil. XXVI eslerlins et IIII milles ou environ. Item il
donne à Ilnnekin le cangeur une vcrde cote. Item il donne
as povrcs communs XL sols pour rendage de blet, item
donne li dis Colars à eux III blancs II L. T. Item voet que
on fasse dire V messes pour lame de lui.
Le samedi 28 de juillet 1535.
L'an mil. CCC et XXXV le SS'^ jour de juillet fu justiciés
de trayner et de pendre Hanekins Barios, au puing copet
pour ce que il mist à mort dedens Tournay Colin le bouc
de I coutiel. Si dist li dis Hanekins que il a moult de per-
sonnes navrées et scst toudis volentement combatus, mais
il dist que il ne mist onque mais personnes à mort, fors le
dis Colin le bouc. Item dist que entre les autres il navra
une fie un souffisant home de St Orner, apielet Jehan Co-
leuvrin qui lassalit en I bourdiel avocc li pluseurs personnes
et nen fist onques pais. Item dist li dis Hanekins Barios que
Jacquerains de Borgies, Courcelois, Wateles-li-mies, Lotins
des Bagnerics, Lotins Desplcchin, Jackemins Chauwes,
Jelians Kenappe-li-jouvenes, Lotins de Morcourt, Lotars
Florars, Hanekins Geuletle, Jackemins Parens, Jaquemins
des Engicns, ticnent femes et pense bien que il en ont sou-
vent proufît. Item dist quil quide (/îense) y estre tenus as
hoirs {liérilicr) Maroie-de-le-soif en V livres tournois ou
environ. Se prie que on leur renge se on puct. Item est il
tenus à I home qui soloitdemorer à Louviers en Normendie,
en XL deniers tournois ou environ pour I sourcotque chius
li presta quil ne rcndi onques.
— 108 —
Le Dimanche 2 ds Septembre 1353.
Lan mil CGC. et XXXV, le 1 !•= jour dou mois de septembre
fu justiciés à mort de pendre Jehans-li-Alais de le Bassée,
pour pluseurs larencbins que il avoit fait à Lille et ailleurs,
et lesquels il reconeut sans force et sans destrainte et spé-
cialement il dist que bien fu voir que Jehans dou Mortier,
avoit I grenier de blet à le maison Aliaume Vesin, demorant
à Lille. Et il dis Jehans de le Bassée viunt [vint) à le maison
dou dist Alyaume. Et li dist que Jehans dou Mortier, len-
voyoit là pour le dit grenier vendre et en vendit jusques à
X raziers desquels X rasiers il en cmbla [volât) quatre.
Item dist li dis Jehans et prist sour lame de lui que Jehans
Taillairs de Lille li coppa se bourse au market à Lille, où il
avoit LIIII livres en royaus et en I pau [peu) de menue mo-
noic pour parfaire le conte, et avoit en se bourse un kief
[télé) saint Fremin de quoi il li convint rendre IIII sols pa-
risis el si y avoit ossi I scel dargent qui estoit siens.
Le mercredi 14 septembre 1553.
Lan dessus dit le mierkcdi nuit de le procession de Tour-
nay fu justicies à mort de trayner et de pendre Henries li
Noirs pour ce que il mist à mort dedens Tournay Jakemin
le espicier porteur au platiel et puis se parti de Tournay el
depuis fu repris dedens le banlieue et justicies corne dist est.
Le mercredi 26 septembre 1553.
Lan de grâce mil. CGC. trente et chiunc, leXXVPjour de
septembre, fu justicies à mort de traiener et de pendre
Jakemes dou Postich patrenostriers [faiseur de chapelets)
dambre pour ce que il mist à mort dedens Tournay, Jehan
— 10!) —
(lit Wadane ciicur de vin de 1 routicl portant loy {contre la
loi) et fu pris en |)réscnt fait.
Le samedi 14 d'octobre 1 55u.
L'an dessus dit le XIII* jour dou mois de octobre fu jus-
ticiés de pendre Hanekins li Barre, guisieres de pastés
Danviers pour ce que il fut pris en présent fait à coper un
morgant [agrafe ou fcrmail) dargent à une coroie et navoit
li dis Hanekins que une orelle. Si reconcul li dis Hanekins
que il venoit as coppcurs de bourses et leur dcmandoit I
gros ou deux, et s'il ne li voloicnt donner il disoit que il les
racuseroit. It dist que chius [celui] de Bruges qui na que une
orelle li dist en le prison que on li avoit lorelle coppée à
Bruges pour ce que il csraga [arrachât) I borne se bourse et
li rompi et navoll en le bourse adont que I gros et tantost li
pendcres de Bruges et uns sergans vinrent là et li coperent
jorelle sans loy et sans jugement.
f
Le mercredi oi d'octobre 1355.
L'an de grâce mil CGC et XXXV, le pénultième jour de
octobre fu jusliciés de pendre Jcîians li Taules de le Couture
pour ce que il avoit embict II juraens dou pris de VI livres
de Paris et le reconncut sans force et sans deseraintcs [coU'-
trainté) que il les avoit prises et emblées jiar nuit à Four-
nieles et les amena à Tournay pour vendre et dont fu pris au
markict as vakcs.
Au mois de décembre Iôù-ô,
L'an mil CCC et XXXV, cl mois de décembre, fu justiciés
de trayncr et de pendre Jebans dele Mote, fins Colas dclc
14
~ 410 —
Mote, pour ce que il [lui) qui estoit seigans ilAth avocc
pluscurs autres, ala à le maison dun home en le chastel-
lerie Dath, et fisent le prcudhome lever en disant que il
l'en raenroient à Ath en prison. Et cntrues {pendonl) queli
prcudon» se levoit, il firent en le maison apprellier à mi-
gnier {manger) des biens del hostel et se désumérenî.
Et le preudons qui grant paour avoit diaus {d'eux) se leva
entrues et sali {sauta) huers {hors) de se cambre par une
fcniestre et sen fuy. Et quant li dis Jehans et si compagnons
se percliurcnt que li prudons en estoit aies li dis Jehans
aparluy, monta sour I cheval et couru quant quil peut après
luy et le ratainst derrière une haie et là le prist et le loya
par les costcs dou kenestre de sen cheval et lataka {l'attacha)
à se siele {sa celle). Et dont remonta li dis Jehans sour sen
cheval et féri des espérons, et traycna cnsi celui tant que il
fu mors et quant li dis Jehans le vit mors il saka I couliel et
len feri {frappa) III kos {coups) en le tiête et ce fit-il pour
donner à entendre que chius se fu rais à deffense et com-
batus à lui eî dont sen revinat à ses compagnons qui laten-
doient h le maison dou prudome. Et leur dist que il ne le
pooit trouver. Pour lequel fait dessus dit Jakemis-li-Contcs
fius dou dit mort fist arriester ledit Jehan Dele Mote à
Tournay et sen fist partie. En proposant que chou avoit il
fait en mauvais fait et en raourdre et loffri à pruver souflî-
seantcment, mais onques ticsmoings nen fu oys, car li dis
Jeans le reconeut sans force et sans destrainte, et dist que
ce fu fait une matinée devant soleil levant.
Ce sont cil que li dis Jehans dist qui furent avoec lui et
qui latendirent en le maison dou prudome mais il ni mi-
sent onques main. Premières, Colars Dele Mole ses pères.
Jacquemis de Vaus, Jehans li Escoliers de Veson, Jehans
Haynnaus, Lotars Haynnaus de Wasmes, Haniele-li-Roys et
Lotars de Crcspins, parmentiers.
— Ml —
COx\DAMNATIONS A MOIlï
DA.\S LA VILLE DE TOURNAI.
Le /P volume des registres de la loi commence avec l'année
1556 et renferme les condamnations pour cette
année et les trois suivantes.
Le mercredi 27 de janvier 1556.
L'an mil CGC et XXXVI le 27" jour de janvier fu justiciés
de pendre Jehans Gohiaus de Mons en Haynaut pour ce que
il cmbla 1 cheval à Mons, et fu suiwois (poursuivi) et pris et
tout le larenchins et depuis cogneut que il lavoit emblet.
(Cette condamnation se trouve avant la précédente qui ter-
mine le 4""= volume^ c'est probablement par erreur et 7ious la
mettons ici comme si elle était au commencement dit vol. IV^
qui renferme toutes les autres de cette année.)
Le mercredi 3 de juillet loo^ .
L'an de grâce mil CGC et XXXVI, le tierch jour de
julletfu justiciée de enfouir toute vive Magne dou Prêt, fille
Jean de Brigodes de Valenchienes, pour LVII sous tournois,
que elle embla en un escring de une siene vesine et le re-
concut et fu pruvct contre li.
Le dimenche 4 août 1550.
L'an dessus dit le IIll" jour de aoust par un diemcnce au
matin fu justiciés de trayencr et de pendre Baudiiins de
— H2 —
Medele, pour ce que il fu trouvct que il estoit banis dou
royaume de France, comme raourdreres pour le cause de le
mort de Rogier Dcsraraées.
Le lundi b aoul 1556.
Item le lundi en suiwant fu justiciés de pendre Mahieu
Saboui'es de Velaines, pour pluseurs vasselemcntes (pièces de
vaisselle de cuivre) de keuvre que il reconeut que il avoit
emblés en une maison par nuit H quels Mahiues dist que
Jehans Escarlaite li devoit Vil s. par. et na mie payet que
III sols tornois. Tiesmoing Jehan de Froidmont et Jehan au
coutiel.
Item Katcrine suer Thumas, le linier V livres VI deniers
tournois.
Item Jehan le Tainteniers de chiele XXV s. tournois à
boin compte à venir. Et vot que de ces debtes si avant que
elles se poroient estendre on paiasl les personnes qui s'en-
suient. Premiers à Flandrois le cordewanier [tordeur de cor-
des, cordier) XI s. tournois. Item à Jehan deSt-Amant dctal-
leur XXI s. tour. Item volt que on donnasl à Lotart le bou-
lenghier une cote hardie fourée de blanket et I caperon
double pour I roial que il lui devoit.
Le samedi 15 novembre 1556.
L'an de grâce M CCC et XXXVI le XIII* jour de novembre
fu justiciés de enfouir tous vis Jehan Raglais dis li Corbisier,
merchiers pour che que il mist à mort Jackues le barbieur
dcvens Tournay. Liquel Jehan avoit si quil dist une cote
autre que celui que il avoit vieslie. Item un panier à mer-
cheric dou pris de XL s. ou environ. Si pria li dis Jehan
— 113 —
pour Dieu que les deptes qui sensuienl fussent payés Ics-
quelcs il dcvoit. Premiers à Willaume leNormant, XII de-
niers. Ilcni à Jehan le Coryer, demorant dehors le porte St-
Martin VIII deniers. Item à une fème qui fait tissus en le rue
St-Piat, XXII deniers, etc....
Le lundi 16 avril 1557,
Le XVI* jour d'avril lan XXXVII fu justicié à Tournai de
pendre Jehan de la Ruielle de Lille, liquel congneut quil
avoit emblet à Condet I haubregon [cote (Varme) musekins
paus et autre fier de maille et pour ledit fait il fu justiciés.
Le mercredi 9 mai 1357.
Piércs-li-Curles dis Robiers, fu justiciés de pendre pour
une vake quil embîa à Mainvaus, le IX jour de mai lan
XXXVII.
Le mardi 24 d'août 1357.
Jchans-li-Barteres et Jehans Deraere foulons furent jus-
ticiet de pendre pour III calisses et autres joyaux que ils
avoient emblés par nuit en l'église St-Piat et avoient brisiet
une verrière et entrèrent par ledit lieu et fiscnt eskielle
[échelle) dune corde. Le XXIIII' jour daout lan XXXVII.
Le mercredi 31 d'octobre 1337.
Le daerrain jour doctobrc lan XXXVII fu justiciés de
pendre Masses li Rois (juon dist de Haussi, pour ce que li dis
Masses usoit dun faus seel où quil estoit li noms de Robicrt
de Winghes, chevalier et douquel seel il avoit rechu de di-
— 114 —
viers {personnes) premiers à Monseigneur Henri Dantoing,
X 1. et en pluiseurs autres luis {lieux) lesquelles coscs li dib
masses recogneut à le mort.
Le mardi 13 novembre 1357.
Jehans Polies, de Morcourt, fu justicies de pendre pour
pluseurs larenchins quil recogneut quil avoit fait et liquel
aussi furent prouvés contre lui le XIIII'= jour de novembre
lan XXXVII.
Le lundi 5 décembre 1557.
Hanequins de Prinches, fu justicies de pendre pour cou
([uil couvent quil cmbla à Auwequite XVII florins dont li un
fui'ent florentes et li autre royal (l) et les aida à dcspeudre
Hanequins Estrille Delerue, au viel auquel ildistje ai trouve
tant de florins lu les aideras à despendre et sour che li dis
Awequite les ala le lendemain demander à le mère doudis
Hanequins Estrille et doudis Hanequin de Prinches. Et puis
parlèrent ensenble et dist quil avoit lesdis florins emblcs et
sour che Hanequins Estrille se tcnt et les ayda à despendre.
Item conneut li dis Hanequins de Prinche quil cmbla les
cauches {bas) Jaquemon Delcportc, cousturier à Bruges.
Item recogneust que il dist à le fème Pintemont que ses mari
mandoit [demandait) V s. par lui et les prist. Le ticrch jour
dou mois de décembre lan XXXVII.
(1) On donne ici le nom de Florin, aux pièces d'or de celle époque.
Celles qu'on qualifie de Florentes avaient d'un coté une fleur de lys
fleurie et pouvait vailoir environ la fr. de notre monnaie. Le Royjl
vjllait bien de 17 i 18 fr. selon les diirérents temps de son émission.
— IVJ —
Le lundi 20 novembre 1337.
Slarglicrittc Moutons, fèmc Jaqucmon Manieflle, fu justi-
chié de enfouir toute vive pour cou quelle avoit emblet plu-
sieurs coses lesquelles elle reconeut et dist que dame Jaque
a I scurcot qui est engagés pour X s, et sen pairaton [on
paira) à Lollart Makeriel XII s. et VIII d. quelle li doit.
Premiers dist quelle cmbla aie maison Jehane Frémyne I
sourcot fouret defème item un pot defoevre (fer), un poêle,
un kaudron II caprons de fème une paire de warcolcs en
laine qui est à Bailloel, à le maison Jehane Lcpois. Et dist
que li dite Jehane nen set riens et li doit X s. et quelle doit
de ces X s. à Billon Destambruges II s. et dist qualis {qu'A-
lis) de Musebieque se tante nen set nient. Et dist quelle
prist à le maison Symon Delcourt à Bétignies II côtes lune
dommc et laute de fème dont li cote de le fème fu vendue
XII s. et vendy a Henry de Musebieque, et li dist Henris
vendy à Wattier Plauvier, une côte de fème II napeslpla-
tiel destain I warcolet {vêtement garni) I capron dôme pour
rendre au dist Symon. Item donna à Jehane fème Symon
Deincourt IV s. que Bette Hanlestien li devoit. Et recogneut
li dite Marghcrite que elle embla à le maison Gheluwità
Remegnies, environ V livres de filet lequel filet elle fist
rendre par le priestrc de Ramcgnics. Item elle done à sen
fil V hotiaus de miesson qui sont à le maison sen antain
{sa tante). Item dist quelle dona à Crainet IIII aunes de
blanquet de IIII s. laune et VI aunes de drap de V s. laune
dont il li devoit acater une pliche et li avoit enconneut par
se foy. Item reconneut que elle doit à le fème Grippe VI s.
Le XXVI" jour de novembre lan XXXVII.
— HG —
Le lundi 5 décembre 1537.
Le Uerch jour dou mois de décembre Jan de grasce rail
III» XXXYII fu Lotins Par justichies de traîner et de pendre
pour pluiseurs tenseries [exactions et vol) et reuberies quil
avoit faites, lesquelles il recogneut en le manière qui s'en
suit :
Pi'cmiers recogneut que il et Biernard de Haudion avoient
eut de II gareçons à Marquaing XIIII gros et demy. Et reco-
gneut quils eurent dun marcant damicns II florins dont il
acatérent le drap de deux côtes hardies et recogneut li dis
Lotars quil et Biernard de Haudion, avoient juré quil tuc-
roient le fils Jelian Avrillet, et Icn priât mercit et li Guis
doudit Avrillet li demanda pourquoy, et il dist quecouestoit
pour paroUes quil avoit dites de yauls. Et recogneut quil,
Biernard De Heudion, Thuars Deleporte, vivoient fors {hor-
mis) de ce quil pooient prendre partout.
Et recogneut quil avoit fait plus de mal depuis quil vint
en le compaignie de Biernart De Haudion, quil navoit fait
oncques de devant et avoient pris tant et en tant de luis
(lieux) quil nen savoit le nombre et par tout où il pooient.
Et recogneut que il, Caraars de Biernes, Thuars Deleporte
arriestérent II homes à Armentièrcs-sous-le-Lys et en eu-
rent II royaux et XXX s. Item fu seut soufTisaument que co-
rnent que Lottars Par scrjantast darricster raonoies que ses
pooirs estoit rapielles dou tans Mons. Ferry de Denisi adont
gouverneur de Tournay, et aussi dou tans Mons. Godemart
Dou Fait gouverneur de Tonay et chc faisait come non scr-
jans quil estoit et sans pooir ne comission quil en euist.
Le lundi \0 décembre 1337.
Le X« jour de décembre lan mil III" XXXVII fu Huars
— 117 —
Deleportc justichiés de trayncr et de pendre pour pluseurs
tenseries et rcuberies quil avoit faites lesquelles il recogneut
en le manière que scn suit :
Premiers dist et recogneust que il et Grars de Gruisons de
gens que li dis Grars avoit arricstés de XXX s. que li dit
arriestés avoient, eurent IIII s. Et dist que il ayda à despen-
drc XXX s. que Jakemes Gourliaus et li baillius Darmen-
ticres leur fisent avoir par acort de gens quil avoient arriestc
à maise cause et furent au dcspendrc avoec lui : Camars de
Bierncs, Lotins Par, et Grars de Gruisons. Et dist que Grars
de Gruisons et il arriesta un home à le maison Wuille Gas-
quiere à Wanebrechies et eut VII pctis florins doudit vallet
et furent li florins Josset Deleval et recogneut que il et Ma-
hieu Desbos avoient eut sans cause et sans raison XX livres
d'un home de Maubray et en set parler Gossuin Bcnois et
fist le recognissanche, en trues {au temps) que on le traynoit
devant le porte prime.
Item dist et recogneut au gibet par devant le pricstre de
Kain que il avoit eu II florins, par le main dou dit priestrc
pour cou quil porta faus tiesmoingnage pour le screur
doudit priestre à lencontre de le feme Colart dou saucoit et
en acata drap pour se feme et dist que Jehan Delespine
porta ledit tiesmoingnage avoecques lui.
Item dist que sout le lieutenant dou gouverneur et les
jurés et pardevant IIII homes du Roy nostrc , assavoir est
mons. Bernardt de Galonné, chevalier, Nicaise Asse, Pieron
Florart et Pieron Maynait que le tiesmoingnage qu'il avoit
porté pour la ville de Tournay à lencontre de mons»". de
Ilaynaut dou temps que Pierre De le Marlière estoit gou-
verneur, il lavoit porté bien et loyalement sans coruption
sour le mort quil atendoit. Item dist quil rendy à Nyellede
Dynant X s. pour une foururc que li finis dou dist Huart li
devoit avoir crablet et ce (ist il pour scn fil osier le blasme.
45
— lis —
Le dimanche 5 février !538.
Le ticrclie jour don mois de février l'an XXXVIII fti jus-
tichics Colins Waroquiers de Kicvraing, foulons de lui
enfouir tous vif pour cou quil tua et mist à mort d'un cou-
tiel taille-pain Jehan Doupret Damiens, cliavetier etfu par
un mardy à tuer.
Le sameJy o may 1558.
Le XV' jour du mois de may lan XXXVIII fu justichics
de trayner et puis pendre Lukas Bintc , tenderes de dras
Dypre, pour cou quil fu bien prouvet contre lui que il avoit
ocliis en mauvais fait et pour le sien Salin dou Puch Dypre
et de nuit et pour le fait dessus dit le poursuiwi Jehan
Witcbais, frères dou dit mort.
Le jour dessus dit fu Andruis li Porkicrs de Braysour
fiuls Oudart le Porkier , justichiés de pendre pour pluisieurs
larenchins quil avoit fais li quel scnsiuvcnt et lesquels il
recogncut en le Halle devant le gouverneur et les jurés.
Premiers recogneust li dis Andruis quil embla I florin k
Icscut à Jaqucraon Levillain-li-fils qui il siervoit. Ilcm audit
Jacquemon par plusieurs lies V s. en se bourse, et une
pique, lequelle il laissa en Wagc pour II s. a Ihostel Jehan
Balle. Item dist qui! rmbla à lostcl des balances à Lille , une
côte fourée quil vendit XV s. au raarquictà Tournay. Une
autre côte partie qui est en wagcs à usure en le rue devant
le maison Biernart Delcbare , pour II s. et dist quil se
mucha [cachai] en Icstanle [l'èlable) des kcvaus , et il embla
à Lille, à lostcl des balances, Ilcôtes roycs et III eaprons,
II paires de blanques kauchcs, lesquels coscs sont à usur
dehors le porte Yalcnchenoise, de les une sauvcressc hors-
— 119 —
mis une paire de kauchcs quil avoil kaucics et II aunes de
drap tout ce en v.ages pour XIII s. Et dist (juil enibla audit -
ostcl deux paires de lingues, dras, une kemise et I coutiel à
pointe et estoienl en wages à le maison Jehan Balc, pour
XXII s. il cmbla audit oslel I coffret de cuir petit à Eslcu-
vrc ou il avoit I grant sccl dargcnt lequel seel il brisa et
dépêcha dun marticl par pieclie et en vcndy à Colas lorfè-
vre XXXIIII s. dargent et à I autre orfèvre VIII soldées et
et au fil Jehan Gloquct à sen cange {change) IIII soldées.
Item dist li dis Andruis que Colars Moriauls eut le kainc
(chaine) dargent, une boursette de scie où il avoit une crois
dor et dargent et I cruchcfis en le crois et il avoit à ccscun
debout de le crois une pierre ne set quelles valoient les-
quelles coses Colars eut pour X s. Et dist que Kassiaus li
Kamus ki demeure en le rue Prévost, eut à li une affiquc
dargent dorée dor esmaillé et lettres dor cntour lafiquc
lequel afïique il acata III s. I! prist en celui hoslel I couver-
loir quil vendy VI s. III paires de linchius quil vendy
XVI s.
Il dist que ly orfèvre qui a le fdle Patris eut à lui le coffret
et un anicl dor et I saflir, lesquelles coses il aecata à lui
XVIII s. tournois et li dist on que li dis anyaus valoit bica
III écus et toutes ces coses il prist en une nuit à Lille, en
sack mallcrech dun somier et les «porta tantos à Tournay.
Et il embla à lostel Jehan De le Sauch à Lille , une cloche
de drap lequel il vendy ii Lille, illl s. parisis, et il cmbla
à Wervy (irt'7-fîc) en lostcI Jehan Basin , II rcuhcs dôme
lune de dras à sen vallct et laufre doudit Jehan lesquelles il
vendy à Valenchiennes XXXIIII s. et dist que ec fu un an
ou environ. Et di^t que I an a ou environ il embla à Popc-
ringhe à lostel Jaqucmon De West, taintenier une reube de
sen maistrc vallet une cloque de drop, I blanquet, 1 coutiel
taille-pain, cl II virsellcs dargent . une taules, III aunes de
— 120 —
drap , 1 cotehardies , 1 caperon qui cstoit le compaignon
doudit mestrc vallet. Lesquels coses sauf le cotehardie et le
coutiel il vendy XL s. parisis et VI deniers. Et dist quil em-
bla audit Jehan Basin , en se bourse à pluiseurs fois le value
de ml royaux dor.
Item dist que li dis Kassiaus et Colas dou Lupart amen-
dèrent de lui en une nuit le value de LX sous tournois au
croyer et dist que il avoit emblé plusieurs fois à sen père et
en pluiseurs lius VI livres IIII sols IIII deniers et autres
menues coses. Et dist que XII ans a ou environ il embla
une pliche à bray pour home lequelle il vendy IX sols et
eut ses pères consel très dont de lui enfouir tout vif.
Et dist que Colins dou Lupart le menaquer à le maison
Kassiel quer as des et là pierdy a Colas Moriel, bienLX livres
et XVIII s. de laniel et X s. pour le croisette et le kaynette
dont le kaynette pesoit II onches et li crois, pesoit si quil li
sembla onche et demie et de toutes ces coses il neut que
X s. et dist quil li firent tout cest domage. Item dist quil
embla avoec le cotte de beghinet une cote royëe lequel il
vendy VII s. t. Et dist que il embla Phelippot Willequin en
se bourse bien LX. sols parisis.
Le vendredi 5 de juillet 1338.
Picrcs Moriauls dis li bruns, fu juslichiés de enfouir tous
vis pour mettre a mort dun coutiel Iluct Tucpain, le lierch
jour de julle lan XXXVIII.
Le vendredi 18 septembre 1558.
Frcmins de Cricvccuer Dancrc fiuls Jehan Pensui fu jus-
lichiés de traîner et de pendre pour cou quil fu acuses de
pluiseurs homes qui furent jusliehicl en Ilainauf. au Kenoil
— 121 -
et ailleurs quil esloil meur Jeres liquels Frernins dist cl rcco-
gneut que nuls houriers ne hourières nest preudomme
preudefeme ne leur cant donc aucune cose leur viengne
mais quil laient. Ilem cogneut que a Encre il mist à mort
dun coutiel Raoul Bleuwct. Et dist que il et Jehan de Treny
sour le rive de Marne, reuberenl 1 home VI aunes de toille
et I vicstcraent. Et dist que il et Malseproeve et Mahines de
Pierone, viers Prcgny emblercnt une braies et une kenisse
dont il eut les braies, et que pluiseurs fois car et pisson au
temps quil fu a Mons^ Jehan de Flandres il embloit et ven-
doit et largent dépensait. Et dist que pluiseurs fois sen père
il fourconta sen argent, et quil cmbla a Crievecuer bien XII
anwilles dont cescune vali ben VIII deniers. Item dist que il
Jehan de Motenaincoiirt de Arras Druiwes Hochetorne de
Passy, tuèrent Jehan de Bonsauch et le fery li dis Fremins
premiers dune fourque en le tiestc et puis li prisent et li
icubcrent che quil avoit sour lui et fu cuis fait fet viers
Domere sour Marne le vendredi XVIII^ jour de septembre.
Ze vendredi 25 septembre 1338.
Jaqucmins Cauwes fut justiciés de traîner et de pendre
pour cou quil fu accuses de pluis mcurdres. Il covent quil
cmbla II florins et une florcnche Willaume Liepput une
nuit quil jut avoec lui. Dist quil osta I home appielleEsch
son caperon entrues quil le ramenoit a se maison pour cou
quil estoit yvre et le vcndy XX s. Et dist que Courchelois fu
a tuer Hanequin Assc et Baudes Campron et a perdu le ville
et dist quil fu au fait et que Baudes Camprons le fcrit et le
navra dont il moru ancois qtio de le plaie que li dis Baudes
li fist. Et que du fait Dc\\ icr< il tua J;;l;c Bouquiel vier?
Bari.
— i2â —
Item dist qiiil aida à boire les IX los de vin qui furent de
lui et dautres pris et reubcs à Marc Paiiwclone. Et que
Baudes Galopins dencoste {du côlé de) Maubeuge est liouriers
et mais {mauvais) home et fu ses companis justicics à Mau-
beuge dun priestrc quil tuèrent et li dis Baudes eseapa. H
dIst que Jehan Konappe et Lot de Morcourt sont hourier et
ne vivent fors de hourie (ro/). Et dist que Courchelaiscst
lioiii'iers et mais home que Hanequin Discnghicn, mourdry
I home dales {au-delà) Haspre. Si quil vot dire le venredy
XXV» jour de septembre.
Ilancquins li prains Plagriéresfu justichies de traineret
de pendre pour cou quil fu acuscs de pluisieurs mourdreurs
que furent justichies en Hainau, au Rennoit {Quesnuy) et
ailleurs quil estoit mourdcrcs et conçut ains Hanequin qua
pluiseurs fies il avoit cmblet dargent jusquà X s. et quil es-
toit houriers et avoit vescu de femes en houerie et que nuls
houericrs ne houericre ncst ne puct être prcudom
{prud'homme) ne preude fème, le vendredy XXV* jour de
septembre.
Jehane Cauffour, fu justiciéc de enfouir toute vive pour
pluiseurs larenchins que elle avoit fait. Elle rcconeut quelle
avoit tant cscous de bourses quelle nen savoitle nombre et
dist quelle a bien escous de bourses jusqucs à XX livres.
Item dist que li Longhe Trisse et Trisse qui na quun
poing amie Colin Lauwier, sont escouresses de bourses, et
({ue li Longhc-Trisse li a apris à eseourre bourses. Et dist
que Maignons li buseliéro eut de li VIII s. Aneltc Platelclte
autant, et 3îaignons Pauwelone autant de II escus quelle
cscoust en une bourse et clic prist le ramenant pour li, et
que Maignons li buseliérc ne vaut nient pis que li. Que mais
li pcndercsse est cscouressc de bourses, que li Longhc-Trisse
prist à un flamant qui estoit sourli [ivre] XX mailles dor
— 123 —
«loiit elle en eut II et pour cou ijut-ik' en eut si peu elle Iaciu;5
et le fiit ravoir les dits florins.
Item dist que Lolins Truffe est houriers et tua à Bruges
Pasketle sen acointe dencoste li et dist qui! a voient tantes
butcnsauUc [ensemble). Que Lotin Desplecin est le plus mais
houriers de Tournay. Que Lotin de Morcourt ne vauroit mie
avoir le plus bielle fomc dou monde se elle ne juoit de ses
mains Quhanette dele Rosière amie Lotin Truffet qui fu et
autres femes avoec li à Courtray entrucs {pendant) que uns
Espagnos gisoit à celi qui parle emblérent les florins et lar-
gcnt doudit espagnol et li dite Hanette qui parle prist à laf-
fique doudit II florenchc quelle, eut, et quelle a eut pluscurs
fies argent de Maignon Cuvelette de cou [tout ce) quelle a
cscous. Que Jehan Kenappe est houriers et a maise grasce
de dehors et quant il va dehors de le ville les Ilouresct li
houriers dient quil va vir noslre Sire, c'est-à-dire quil em-
hle cou quil tient. Et dist que Lottins des Baigncries qui fu
ses amis et (est) léres et houriers est mais home et quelle
neuist ja {jamais) mal fait se il ne fust. Et dist quhanette
Crisembiens amis Thumas Doufresnoit est escourctte de
bourses et quelle a esté où elle a cscous bourses le vendredy
XXV* jour de septembre.
Le mardi XXIII^ jour d'octobre i358.
Le mardy XIII" jour du mois d'octobre lan mil III*
XXXVIII fut justichiés de trayner et de pendre Willaumes
Goréle pour cou quil conneut quil avoit raourdry Jehan
Christophe de nuit en sen lit et lavoit estranlé d'une corde.
Item en celi jour en trues (pendant) que on faisait justiche
doudit Willaume-Gillcs don Croquet sependy en se maison
d'une corde et se estranla. Sy fu justiche faiclc de lui tous
— 424 —
mors qu'il cstoit de trayner et de pendre et latela on (1;
tintos que on fu revenu doudit Willaumc justicier.
Le mardi premier jour de décembre 1558.
Juliane Prieuse fu enfouie toute vive pour ce quelle estoit
h.inic à III ans se fu reprise en li justice de Tournay, le pre-
mier jour de décembre lan XXXVIII. Et dist le dite Juliane
que li laine qui est en le nappe est marie Plumetteet li autre
estoit se niéche (à sa nièce). Que li nappe et li kemise est
une fème appiellée Jehane Agenech. Quune kuilte [soutane),
une nappe, deux aspiers [petites haches) et une paielle
(poêle à feu) est le feme Pierart dou Ponchiel à Geneth.
Quelle doit à mary de Liste III s. à Marie de Ilaudion VIII
s. t. et VI d. quelle prist pour Banchant Mouton une livre
de poivre au pris de III s. Et dist que Garons li quita de chie
dont à présent il li demande XXV livres parmy che que III
ans elle li livra sen corps et depuis le dis Garons fu mandés
et quitta le dittc Juliane desdites XXV livres. Présent Jehan
Moule. P. li Muisit Jehan le mire Rechcvont, Jache DelofFre
Roger de la Buanderie et plusieurs autres.
Le 8« jour de janvier 4551).
Jehan li Tuiliers fu justichies de trainer et de pendre
pour pluiseurs larenchins qu'il avoit fais en le cyté de Tour-
nay le VIII* jour de janvier.
(1) On faisait traîner par un cheval jusquau lieu oU on exécutait
les malfaiteurs, le cadavre de ceux qui contre les lois divines ei
tuimainos se suicidaient.
— 121) —
Le vendredi 26 février ioùQ.
Baudcs Galopins de Muiibcuge fu justichiés de traîner et
pendre pour cou quil conçut qu'il avoit été à tuer en mau-
vais fait et de nuit seigneur Jacques Lemcrcliier dit Barbe,
priestre de Binche et avocc fu ben prouvé contre luy par
boins tiesmoins et se fit partie contre lui Colnrs frères dou-
dit priestre, le vendrcdy XXVl'" jour de février l'an mil
CGC XXXVIII.
Hanette Torabielle de Vezon fujustichîée de enfouir toute
vive pour cou quelle conçut quelle étoit ajulté (accouchée)
dun enfant lequel ellesouffry qnil fu jettes en 1 courtil en
Glatigny et trouva on que li dis enfans estoit tout sannans
(saignant) et quil avoit le visage entamet et un brach men-
guict (mangé) h ce jour.
Le jeudi 11^ jour de mars 1539.
Baudes Darras fu justichiés de traincr et de pendre pour
cou quil fist justiche de lui et que il se désespéra et le trouva
on pendant [pendu) le XI« jour de mars.
Le mercredi ZO^ jour de juin 1339.
Jehanes de Saint-Pol de Lyon sour le Bone , fu justichiés
de pendre pour le ixcognissanchc quil fist de VII florins à
lescut I royal dor et de XV blanques mailles quil dist quil
avoit emblés de nuit en lostel Mehaut de le Crois, fème
Loltart dou Monchiel. Et dist quil ouvry le maison dun cou-
tiel tant quil fu ens (dedans) et puis rompy le sierure dun
escring où li argens estoit , doudit coutiel et le prist et em-
porta. Et reconneut quil avoit rccope (découpé] blanque
monoie dune chizoire (bassin) et ycelle refroltée sour une
piere pour mius alouer. Le darrain jour de juin ian XXXIX.
16
— 426 —
Le wercredi 7* jour de juillet 1359.
Jaquemins li Basenicrs de Bierncs fu justlchiés de lui
enfouir tous vif pour cou que Jakemins de Markaing, len
coupa d'un cop de couliel qu'il eût douquel il moru le YI1«
jour de jullc.
Le vendredi II'' jour de février l'an iôdd.
Jakemins li bastars de Harchies fu justichiés de pendre
pour plusieurs larcnchins que il fist lesquels il reconneut.
Premiers dist qu'il embla à le maison les wattcleuses à
Houbaumcs delez Cambron-saint-Yincyen une cotte de feme
au pris de XXV s. t. Et dist que en dis liu il prist I Capiel
de pierles au pris de V s. et plusieurs louches despiautre.
I warcolct et I aune de soie et dist que toutes ces coscs il
embla audit lieu et brisa I coffre où les dittcs coses es-
toient, rentra en lostcl de nuit. Et dist qu'il a à Harchies
sourie masure qui fu le Darliole III s. t. et VI deniers de
blanc de rentes lesquels il assenne [assigne) et donc à Jakc
Payen espessier {épicier) et pries à sen frère qu'il voelle
doncr se partie audit Jake Payen pour lui payer de che quil
emporta maisemont en larcnehin doudit Jackcs tant qu'il soit
payez. Et dist que Colars As longhes gambes li doit XXV,
s. t. et VIII journées de VIII deniers le journée monoie
de Hainau si requiert que on en paieche mathieu Bustin et
dist quil a donet à Gillot Warnicr et à Jake Wiart II pa-
vellons et LX s. pour double qu'il ne le mourdresis,, car il
Icn voioient mener parles pa'is et disoient qu'il en yroient
prester ausures (à usure) douquel argent il reut II pavcllons
à Chierve car il les suivist. Par loy le XI jour de Février
l'an XXXIX
— \'27 —
Le mercredi \Q^ jour de février i339.
Denis Clous-de-fier Dippre corJewanieis fu justiciés de
pendre pour pluisieurs bourses que il avoit copées lesquelles
il recogneut le XV^I^ jour de février lan XXXIX. Et dist que
Danekins de Courtray sont copeur de bourses et repairent
à Lille en le rue qui va a Ypprcs devant le casîiel à Ihoslel
dun houie de Flandre^- qui a espouset un feme de Lille.
Et dist que Lambequins de Bruges est coperes de bourses
et repaire a Yppre en le rue St-Jakcrne al hostel Thieri la
Bouch. Et que Autel de Rodinekin dcraore devant le
maison Annetiers al hostel derrière le Halle. Et dist que
autel de Hannin Warwoelle deniore al hostel leditte
Annetiers.
Le lundi '27^ jour de mai'S 1339.
Henries Brunezenne de .Midelebourchfu justiciés de pen-
dre le lundi XXVII* jour de march lan XXXIX pour plusieurs
bourses lesqueles il recogneut qu'il avoit copées et dist quil
a ben copet tant de bourses quil y a wagniet une livre de
gros. Et dist que Copins de Berge est mestres coperes de
bourses quil ne fet autre métier que coper bourses. Item ili^t
quil a copet telle bourse où il avoit VII écus dont Copins
de Berge eut se part et les despendirent ensemble. Et dist
que tout li compagnon avoec qui il a esté en prison et qui
furent pris avoec lui sont copeur de bourses et ont esté
copeurs de bourses VI ans et li nient que III ans. Et que
Danequins qui na quun oel est mestre des copeurs de
bqjurses et quune fois à Tenrcmonde il parti a lui de XV
gros. De quoi li dis Danekins eut X gros pour ce que une
fois il li avoit donet X gros. Item dist que Mones de Cour-
trai est foricres et que Piercs de Lcuwe de Bresbant si qui!
cuide et ne scet mie chiertainement le liu où il fa nées
— i28 —
et va par le pais. Et le maistres est pires que copcres de
bourses ne sont, car il avoec ses compagnons font faire les
maies façons et puis en prendent l'argent.
Le mercredi 12^ jour d'avril 1539.
Jchans Pancoucke de Gand, et Pieres de le Hole Dac-
kesele des IIII métiers furent justiciet de coper les testes en
plein marquict pour ce que il furent pris come anemi dou
Roy où il boutoient le feu au royaume lequel cose ils reco-
gneurent. Fait le X1I« jour davril lan XXXIX. (1)
Le vendredi IS^ jour de mai 1539. (2)
Une feme fu trouvée en le porte Prime qui sestoit pendut
par désespéranche liquelle fu menée as cans par justice à
son de cloque et enfouie par loy le XV^ jour d'octobre.
Le 12^ jour de mai 1359. v. s,
Piei'es Elies Darras, bierguiers, fa justichiés de pendre le
vendredy XII« jour de may pour cou qu'il reconeut qu'il
avoit pris et emblet de nuit le coroie et le caisse d'un sien
maistre qu'il servoit appiellc Jehan le plcrdu demeurant à
Rouvroy en le paroisse Descanafflc, en lequel caisse avoit
XII livres tournois.
(1) C'est la première condamnation de ce genre que l'on trouve
sur les registres de la loi.
(2) Il y a eu interverlissement dans l'ordre des comdamnalions à
mort sur les registres de la loi. Cependant comme le greffier a pu faire
une erreur de date, nous avons suivi les procès-verbaux selon le rang
qu'ils occupent dans le livre.
— 129 —
CONDAMNATIONS A MOUT
DANS LA MLLE DE TOL'U.NAI.
Extraites du F= volume des registres des Causaux
commençant le 15 octobre 1540 jusqu'à l'année 1334.
Passekins Duste de Comines, fu justiciés de pendi*e pour
cou qu'il conçut qu'il avoit emblct pluisieurs menues coses
si com une caisse, une coroie, bourscttes. affîques, aniauls
patrenoste et I pied d'argent lcXlII« jour d'octobre.
Le a° jour de Janvier 1340 (v. st.)
Thiériacîe de Vicsrain de Soubrcchics, fu enfouis tous vis
pour mètre à mort dedens no justice Jehan de Boulogne,
feure le V« jour de janvier.
Le S^ jour d'aoust 1341.
Jehans de Franche que on dist Scbiliars , fu justichics
de pendre pour cou qu'il congneut et confiessa qu'il vint h
1 vallet apiélc Bordin Loisleur, et ly dist « Bordia nous
« sommes pourc et ne nous savons de quoy chevir » Et
Bordin lui respondy : se lu me vos croire, nous nos chavi-
« rons bien. » Et dist que Bordins prist II kenestres {brides)
en se maison et sen alèrent ensauUe au prêt, là uns kevaus
et une jumcns cstoicnt et les prist ledis Bordins et leur mist
les kenestres et puis les livra audit Jehan et les amenèrent
ensaulle à Tournay et là les vendirent apret. Et dist que li
dis Bordins en est plus coupables qu'il ne fusf, car li dis
— 130 —
Eordins li mena cl ne savoit où il aloit le Vlll» jour daout
lan XLI.
Johanes Batoire, fu justichiés, de pendre pour cou qu'il
congneut et confiessa pluiseurs larenchins quil avoit fait sy
comi sourcot defeme fouret, une kauches [chaussure) une
cotte hardie et pluiseurs caperons dôme pris à lostcl Jehan
Prévost à ce jour.
Le 25° jour du mois de mars i341.
Willaumes-à-le-Bar, dis de Nivielle, fut justiciéà ïournay,
de bouJir pour ce que il fu promet souffiseamment que li dis
Willauraes estoit faus monoyers et usoit de fausse monoie
l'an de gce M. CGC XLI le XXV* jour dou mois ne march-
Le VU" jour de mai 1542.
Jacqucmins de Robais, fu justichiés, de trayner et de
pendre pour mettre à mort de nuit dedens no justice d'un
coutiel Jakette de cassiel laquelle moru sans parler lequel
fais lidis Jakemins recogneut avoir fait pour ce que li ditle
Jakette qui il avoit acatce XY s. ne voct aler avoec lui et fu
consivis (poursuivi) h. Anthoing, et là arriestés et pour chou
que li dis Jakemins se portoit come clers fu rendus au
Vesque (à l'évêque) de Cambray. Sour ce li prévost et li
juret se opposèrent contre luy en disant quil nestoit point
clers et fu renvoyés al évesque de Tournay et fu li par chcs
tant démenés quil fu trouvé quil ne devoit point goir [jouir)
don privilège de clergie et quil estoit purs lais [laïque) Et
cousta cette cose dou poucachier et requerre (poursuite et
recherche) tanl B Cambray come ailleurs pour le frankise et
les libertés de la ville warder C et L livres tournois le VII
jour de mav lan M CGC et XLII.
— iZ\ -
Le 7" jour rfc jidn da (an 1 3i2.
Hlikelcs Moulons, fut juslichics de Irayncr cl de pendre
|)Our cou quil congneut et conficssa quil aida à faire le
nîarchandise en Tournayal hostel au potdcstain à Icsquiyer
de îlaynaut, dont il ne set noraer le non de bouter le feu en
le ville de Cambray à heure de midi quant on assauroit le
ville et eut eusse pour par à ccli marchandise faire XXX s.
et furent si (aussi) compaignons à celui marchandise faire :
Willemes de Vilers. Mons Polie Wastans de Harmauville.
Et y fu I valles de Ilaynant appielles Fossars et uns autre
quil ne sctnomer. Item recogneut quil fu à une feme raour-
drir entre Cambray et le Castiel et fu fru (frappée) dun
coutiel ne set qui fry le cop et furent yauls 111. Il (lui)
Wastins et Willemes dessus nomet et en eut cuil mikcles en
se part XL s. Il recogneut qu'il a fais II larenchins ou lil
dont il ne li souvient. Item dist que uns Willemes li Fla-
mens dont il ne set le sournon qui fu na mie (guérs) grant
temps pris et délivres est jucrcs de faus des. Item recogneut
li dis mikcles quils meismes(/ia'-mcme) se melloit de jucr de
faux des. Et enwagna na mie grant temps XL s. à Grart
Delecourtet à plusieurs autres gens plusieurs fies grant
quantité de monoie jusquà le some de C livres. Et dist que
d'un mauvais det il wagna (gagna) III liv. à I jouene home
ne set le nom auquel det navoit point fors VI et V. Le Vil
jour de juin lan XLII.
Le S" jour de juin Iô42.
Hancquins Courcols de Furncs, couvreres de glu fu justi-
chiés de pendre pour cou qu'il fu prouvet contre lui quil
avoit coppct une bourse à une feme on liqucl il avoit IX
1. cl V s. le Vni'' jour de juing.
— 152 —
Le 10' jour de juin i3io.
Jehans Rollans , de Vinlaincs , sous loncpont fu jusliciés
de trayner et de pendre pour cou quil cogneut et confiessa
que entre lui et Perrot le Flaraent deNoion, liquel fut justi-
ciés à Chisoing, il avoit dcreubet et meurdry Nicaisc Floquet
marcant de warcoles entre Nave et Cambray et avoit li dis
Nicaisc sour lui LIIII pières de Warcoles et laeusa II dis
Jehan de larencliins Guillot Delevingnau de Crespy en
Valois liquels embla une cotte. Item Longet le careton
[charlier] de deviers Amiens dembler côtes et bourses en
cors de font. Item en celi manière Jelianin de Clermont
en Biauvesis. Item Grardin de Biauvesis en celi manière
tous repairans [demeurant) en Brie. Et dits cuis Jehans
Rollans que li dessus nomet encuset avoient esté accuset
de larenchins par autres personnes justiciés. Et il dist en-
core que entre lui et ledit Perrot le flaraent son compaignon
ils emblèrent vers Soissons une vicslc robe. Et dist encore
quil embla à Gaudelus une paire de solers et dist que à
plusieurs foires il a esté et fait larenchins de kauches, de
solers, de caperons, de coutiaus et d'autres coscs. Le X*
jour de juing.
Le vendredi ii' jour de juillet 1343.
Le venredi XI* jullet lan de grasce M CGC XLIII fu Alar-
dius de Hezeques couvrères de bos justiciés à Tournay, de
traîner et de pendre pour ce que il cogneut et confessa que
il avoit esté de mourdrir avocc Ilanekin de S'-Pol I horac
ou bos de S'-Amand dou quel raourdre li dis Alardins
dist que il neusl que XIII fleurs de lys blanqucs et IJII floui'-
gettes noires et dist que li dis Hanckins le mcurderi à (de)
ses mains. Et dist quil embla à I home dou Manuis I sour-
— 155 —
cot et II côtes qui bien valoient XXX s. Et I fiermenî. Item
à son père et à ses proisincs (parents) III 1. de bled. Item
dist que Hanekins de Saint Pol cognoist bien LX mauvais.
Et encusa cuis Alardins, Jehan de Ilellccin qui demeure à
Hellecin. Pieret Poitevin de Fontaine du costé Niddonchel,
Pieret le Prieslre scn consin le Moine de Thiembrone, Pieret
Dolehaing demeurant à Quarte destrcs {habiles) mourdrcurs.
Et à le justice il rapiclla de ce darain.... tous chiaus quil
avoit encusés. Et fu dit par les jurés quil najoutoient point
de foy as dénomés en cesliaux
Le 27<= jour de juillet 1343.
Hanequins, Delecourt, Lotins, ses frères, furent justicbiét
cescuns de trainer et de pendre pour cou que de fait de nuis
il alcrent ou moulin Saint Martin, et la trouvèrent Ilanelcin
Panprent , monier , lequel il assalircnt au moulin les cou-
tauls trais {tirés) et lochirent {le tuèrent) audit moulin tout
mort liquels Hanequins Panprens que mors fu navra les dis
frères, en lui revengant à mort si que li boyel traynèrent
audit Henequin , Delecourt et li dis Lotins , eut pluiseurs
plaies mortens ^mortelles). Et fu li dis Henequins ensi à
Tournes quil estoit aportes sour une chivière en le Halle, et
furent jugiet par leur recognissance à raorir comme dessut
est dit le XXVII^ jour de jullct.
Le B'^ jour du mois d'août 1345.
Le venredi VIII« du mois daoust lan M CGC XLIII, fu
Jehans Gores, faisieres de mandes, justichiés de trainer et
de pendre pour chou quil congneut de se volonté que il
avoit raourdrit et estranlet I sien fils appellet Pieres de lage
de XI ans et dist quil lavoit pris par le geule dune main et
47
— 134 —
de îîiutrc il avoit couviert le bouche et le nés et li avoit rora-
j)ut le cervelle.
Le ^^ jour de février de l'an lô'tZ.
Ernoules li tailleras Dobésies (d'Obigies) , fu justicliiés
de per.dre pour cou quil cogneutde se boine volonté devant
le jugement et apries quil avoit fait piuiseurs larcnchins
assavoir est, de une truive et de IIII pourchiaus, à Pieron
de Buillcmont, item à Colart Daret, I sien maistre X pains.
A Jehan Brode VI auves et une paire de linchuis. Item VI
pourchiaus à Jehan Doumont. Et VI moutons à Hane-
ronchiel Dobegics, le IX^ jour de février.
Le ib^ jour de février 1343.
Henequins, Dauraes, Dongnics , parmcnticrs, fu jusliciés
de boulir pour cou quil congneut et conficssa devant le juge-
ment et après quil estoit aies au casleii de Brusbiegue outre
le Rin quere de le fausse monoic et y emploia IIlI cscus pour
lesquels il eut XVI mars de fausse monoie en tournois et en
parisis. Et li mena Hanos Baudes de Huy, et len mist pre-
miers envoie martinet de Frcmccourt, qui fuvallesWillaume
a le Barbe et dist quil acordèrent le voie pour alcr à le dittc
fausse monoie entre lui et Jehan le Ruspilleus, li père dit as
sainteriaus et le dit martinet et dist que quant Jehan li Rus-
pilleus y alloit pour avoir le fausse monoie Jehan, ses fîuls
le eonvoyet car il avoet mis sen castel avoec le du sien père.
Item dist que Jehan le Ruspilleus, li père fondy nagaires en
se maison III mars {marcs) de billon (1) et les aparella en
(1) Nous trouvons dans un M" du H' siècle, que le marc d'or val-
1 lit à celle époque 180 livres, celui d'argent 20 livres et enfin le marc
de cuivre 2 lj2 livres. L'évaluation des métaux était réglée par or-
donnances et elle a souvent varié.
1"- ■ • ~; TV'-;'. *-■-■ »
0 -J — j • ■
une pavcllc. Et dist que Jehans, ses fiuls, ly aidoit à ap})i-cl-
lier et au faire et quant cuis {lui) qui parle fut revenus do
le fausse monoie, Jehan Ruspilleus li finis lui bienconta toute
se monoie et !i fist scn compte en disant tant y a. Le XV« jour
de février.
Sandrins daloes [d'au de là) de Donny, fu justiciés de
boulir pour cou quil cognent et conficssa devant le juge-
ment et apries que VI ans ou environ, il sestoit melles de
fausse monoie. Et dist que dedens celui terme, il fu une fies
et ala au chastcl de Brusbiequc outre le Rin, et y emploia
IIII eseus dont il eut XVI mars de fausse monoie en eompai-
gnons de Haynau et dist que Willemes de Nivielle aloit
querre [chercher] le fausse monoie audit eliastiel et la portoit
a Valenchiennes et à Mons , en Hainau. Et puis quant il
lavoit , il mandoit celui sandrin et là le prendroit et dist
quil le aluiwoit [lui allonoit) III deniers ou IIII au cop et en
faisoit le prévéance de son hostel. Item dist que li pères
Jehan le Ruspilleus , se melle de fausse monoie et dist que
Juette de Fretin Sevaute , le mist premier envoie de mêler
de celi monoie, liquclle fu prise à Amiens, et mise en prison
en lequclle elle miiru. Et dist qu'il vouroit [voudroîl] que
Jehane Peskerielle se mère qui maint à "Valenchiennes euist
scn fils et le moitier dou sien et saquiente (.sa compagne)
euist lautre et se (si) li aquointc voct wai-der {garder) Icnfant
elle ait tout. Le XV« jour de feurier.
Le premier jour de mars 1543.
Hanequins Froumcgons de Condct, fu jugics de ycçilrc
enfouis tous vis pour cou quil estoit banis à III ans pour
soupeçon de larcliein (1) se fu repris dedens le ban et depuis
(1) On remarquera sans doule le donlile cliililimont infligé h llanne-
quins Founnegeons, qui conddinné d'aborJ à Cire enfoui puis h titre
pendu subit ces deux supplices, l'un après l'autre.
— 136 —
le jugement fait li dis Hencquins , recongncut pluiseurs la-
renchins sy com de XIIIl blancs deniers quil embla à
Maroie Devi, se ante {ta7ite) se valoit li pièce XII s. Item à
le maison le Reniere à Condct , I blanquet et I père de
kauehes {bas Ou chaussure) qui valoient V s. environ. Item
dist que Willemc Froumcgons ses (son), frère, est léres et
quil cmbla le plonch {plomb) au castiel à Condet, par plui-
seurs fies. Et que Willaumcs ses frères ont esté ensaule IIII
fies ou V au casteil de Condet et là emblet, ses frères, le
plonth doudit castiel et le portoit en baquet vendre à Tour-
nay, et en a bien aidies à despendrc entre li et sen frère,
jusques à le some de XX 1,, desquels il a eut sans les des-
pens en set argent C. s. de le longhe monoie sour cou con-
gnut li prèvost et li juret ouyrent le connissance doudit
Hanequin des larenchians dessus dits retournyèrent à loy et
fut li jugement tculs quils condempnèrent ledit Hanequin à
morir de pendre. Sy fa premièrement enfouis pour le pre-
mier jugement à acomplir et puis fu ostès de la l'ose tous vis
et puis pendu le premier jour de mr.rch.
Le 27» jour de mars 1343.
Ydc dou Ploych, fcrae Jehan dou Marcsch, raanouvrier
deraourant à Buisencourt , fu juslichié de ardoir pour cou
quelle fu trouvée pendue par le gueullc dedans se maison
et que là elle se estoit désespérée et fu li justice faiclc à
iîuisencourt en myc le plache à lenlrèe de le ville, le XXVII'
jour de marcb. (1)
(1) Celte condamnation mérite encore d'être notée en cela que le
supplice ne pouvait atteindre que le cadavre d'Yde dou Plouich , qui
s'était suicidée. C'était l'usage à cette époque.
— 137 —
Le 15« jour d'avril 134-4. (IVouv. sfyle.)
Jehans de Lélogc de Mons, en Ilainau , péletiers et cou-
sins entre autres au chastelain de Ilavercch et en autel.
{autre) point à Grard Doulcs dit Urisctiestc, fu juslicliiés à
Tournay, de trayncr et dépendre de cha estant et delà
pour che qui] recongneut que au comandcment dou chas-
telain de Havcrcch, il avoec pluiscurs autres dévoient
ochirc les bourgeois et manans de Tournay ou leurs proisi-
nés demourans hors de le ville.
Item dit que le dcraierque {mejxredi) en pasqucs derai-
nement passet, il et Haurillies de le ville de Ilasnon passent
Ivallet de goudalicr demeurant à Tournay appiellé
deu costé Henriemont Osbrin jarcs et li eopa cuis Haurillies
les gambcs et il le tenait et dist se cuis Haurillies ne leuwist
déeopet, il meismes leuwist fait. Et que le samedi ensui-
want, il, Haurillies, Renaus, fils dun des justichiés avoec
Brisetieste et Caisin Delevalée, espyer pour de Warinfosse
Pieron eopet et leuwisseiit ochys se il leuwissent trouvet
pour ce quil cstoit proismes {proche c'est-à-dire presque)
demourans en le ville. Et dist que le mardy en suiwant au
matin li IIII dessus noment vinrent à Alaing devant le jour
pour ochire Lot-Tiestart Bouchier et bourgeois de Tonay et
fu li dis Jehan de Léloge pris ou dis liu et si III compagnons
escapèrcnt {échappèrent) et dist que au cas où il ne pouissent
avoir trouvet le dis Lot et lui ochire pour le cause dessus
dite. Il avoient intention et propos de aller al hostel de
Jehan de Lannoit pour lui ochire. Et dist que Giens dou
Bos et Jehan li Tordercs, monicrs etmanouvriers ochirent
Raoul de Pesch, bourgeois de Tournay. Et dist que Jehan
Lifevre et li baslars de Bavay, furent à navrer Willaume fil
Thumas le Lombart avoec Colas Descaussines , bastars qui
fu ochis.
— 153 —
Itcin dist que li bastars de Bavay , Haurillies et Jehan li
Toi'deres de Cliiewe furent au décopet les III homes qui
furent navret deu coslé Chièvre dont li uns moru de le
iiavrure. Et dist qiiavoec li cliasteilain de Haverch sont
messirc Jehan de Pierfontaines, sire de Buveraige, messire
Desclebes , messire Jehan Dousart , messirc Bauduin de
Riquesen , chevalier, Colars Dcscaussines, Gilles sen frère,
Godcfroy de Lescaille, demourans à Lescaille en le voie de
Niviclle, Godcfroy Delcvalée, Pieron ses frères. Et dist que
Jehans de Maule, frère à Noulct de Maule, chevaucha avoec
Grard Doubos. Queli cliasteilain de Haveretli et si com()lice
ont ordenet entre yaucs [eux] que VI ou pluiseurs seront
envoyet environ Tournay, et amèneront las de blet ou de
fucrre {foin), et quant il verront aucune des boines gens
de le ville ou de leur proismes {proches) il les ochiront et
puis jetteront jus leurs tas et monteront sour les kevaus et
sen yront. Et il pria à jointes mains que tous cil {ceux) de
Tournay se wardissent grant et petit, car on tueroit les
grans et les petits on les décoperoit. Et dist que uo anemy
{nos ennemis) se sont tenu entre Tournay et Cuurtray, entre
Lille et Tournay, et passeront au bac à Herines. Et dist que
avoec Grard Doubos, chevauchent Jehan li Tonderes, li
Bastars, Doubos Despiers, Doubos fds de jadis Godcfroy
Brisetieste. Ament fuils, Robicrt Doubos. Fait le Xlll" jour
de avril.
Le ih* jour de mai 1344.
Jehans de Mande, finis Ilucn de Maudc. Bartars eut le
tiesle copée ou raarquict pour cou quil congneut queGrars
Dcscaussines vint à li à se maison à Galais, et li promis
argent afin quil veinst à Tcnay pour cspicr les boines gen
de le ville et pour ce faire il y vint. Et dist et recongncu
— 151) —
quil tu ît prendre pisson en le fosse de Willem de nuit à {où)
il eut pris III longues et I brequet [brochet] et furent raigniet
à Willem en une taverne à le maison Giliion dou Busquicl
et y fu li fiuls doudit Giliion au prendre et fu Ilancquins li
pouleliers pendu à Lille quand fu as pissons embler. Et dist
que Jehan de îîaude frères Noulet de Jîaude et un homme
({ui fust avoee volontiers porteroit domage à le ville. Après
Grart Daubos le chastellain de Havcrech et leur vesines
[voisina). Et dist que Lotins Pipars, demourant à Willem à
piuiseurs fois repairict avoec ses frères le XXV<= jour de may.
Le ^G^ joui' de may 4344.
Lotins de le Iloussiére, quant il fu pris eongneut que de
Pieron.Delcvalce, et de Godefroy de Lescaille et leurs amis
il avoit rechut I florin à Lescut pour marcandise faite ayant
pour espyer les boines gens de le ville et dist euis Lotins
quant on li demenda sil avoit or ne argent sour lui, liquel
dist quil navoit que X deniers. Si fu trouvct depuis sour lui
IIII florins en son braioel [culotte) sour cou on le mist en
prison et de nuit il prist une de ses laniers [bretelles) et le
loia entour sen col et sestranla à mort. Liquels fu sakcs
[jellè] hors de pipenic et fu traynes et cha estant et delà et
puis pendus le XXVI« jour de may.
Le 28« jour de juin 1544.
Jakemars, li arbalestriers, foulon de Binch en Hainau, fu
justichiés de pendre le XXVIII* jour de juing, pour ee que
pour laine quil avoit eblet, il avoit eu lorelle eopée et banis
à III ans come léres si fu repris dedens le pooir [pouvoir).
Le 23« jour d'août i 344.
Jehans de Nyclle, bouchiers fu justichiés de enfouir tous
— 140 —
vis pour ce quil mist à mort dedens Tournay, Jehan fil Mi-
kiel Hardoie le XXV* jour daoust lan XLIII.
Le 17' jour de septembre 1344.
Pierre le Reuvelare Doudebourck, fu justichiés de traîner
et de pendre pour cou quil mist à mort dun coutiel dedens
no justice Hanequin Bibol de Calais le XVII' jour de sep-
tembre.
Le 19» jour de janvier 1 544 [vieux style).
Ysabiaus 11 Mulière dite de Bierlemont, fille Margheritte
del hostel de Cambray, fu justichice à mort et de enfouir
toute vive le XIX^ jour de jenvier lan XLIIII pour pluiseurs
larenchins quelle avoit fait liquelle dist et confiessa quelle
embla Hanequin Lotin LU d. dargent qui valoient à tout
XIII deniers li piéche. Et dist que Magnons Poulette li a
aportet pluiseurs coses en se maison premiers I sourcot
coert i^nanteau court) fouret dont li fourure fu portée à
usures lequel elle racata X. s. Et dist que 3Iargestienne eut
emblet I caperon noir fouret de vair liquel fu mis en wage
pour X s. et le avoit emblet li dite maignons. Et une cote
de soie. Item dcu paires de lincliius, pos de keuvre {pot de
cuivre) et autre coses elle avoit emblet de se main.
Le ^8* jour de mai 1343.
Jehans Li Vos de West-Ecloo, fu justichiés à mort de
pendre par le geullc pour pluiseurs larenchins de bourses
coper. Que bien fu prouvé par boins tiesmoins contre lui
asquels il ne seul que dire que fait avoit. Le XXVIII^ jour
de may. De largent de cestui Jehan reçut Jake li Mortier de
— 141 —
Saint-Aniand. Xil s. p. quil li avoit copé en bourse. Fait
par le grefe dou rapport Lot h le Verghe, quant y navoit
plus grant droit à demander.
Le 6« jour de juin i 545.
Hancquins Van den Tenne de Broussielle, fu justichiés à
mort de pendre pour cou quil fu prouviet à lencontre de
lui quil avoit copet à Valenciennes une bourse en laquelle
avoit II escus, une maille dor, pluiseurs monoies, unelen-
ghe de sierpens, six aniauls dargent, VII blancs dont uns
écus, fu trouvet en se caisse li lenghe de sierpens, li blanch,
un escus, une cloquette dargent. Liquel Hancquins pria
quon fesist dire pour lame de li III messes de Requiem. Et
dist que il pleuwist as Seigneurs quon donast largent dune
sienne {qui lui appartenait) as pourrcs (pauvres) di se tcms
là où on verroit que boin seroit. Le VP jour de juing.
Le 12* jour de septembre 1345.
Jehanes Buinars bouchiers, fu justichiés de pendre pour
cou quil congncut quil fu a embler fil à le maison Mikiel
Leblont, avoec Jakemin de Leuse qui y fu douquel fui (fil)
on rendy audit Mikiel VII liv. de t. par I frère meneur. Le
XII* jour de septembre.
Le 7^ jour de décembre 1545.
JEHINES LAN XLV.
Raoules Wardes-avoir dou pont de Marcq en Peule, fu
justichiés de pendre pour cou quil congneut quil embla VI
pourchiaus à Lille de nuit as pardons sonnans vcnredy III»
18
— 142 —
jour (le novembre, cf les amena toute nuil à Tonay pour
vendre et les euwist vendu se il ncuissent esté rccogneut.
Et dist (juil cmbla ù Lille II pourcliiaus à le cloqi;c-au-jour
et les vcndy à Orchies H ans a et en rechut VIII s, car il
les avoit vendus XX s. et aeata un bouclic de Tonay qui
encore li doit le ramenant [restcuU) et tient cuis Raoules
que ci! pcurchicl furent de S'-Anstoine et ne sait nomer le
])Oiuliier qui les aenta. Item dist quil embla lan XLIIII en-
viron le Toussains, V pourchiaus, à Lille, a Pierre Crauwe,
boulengbier et les amena à ïonay et les vendy V mailles dor
à I mareant de dehors liquel marehans les enmena à 3Ies-
sines et furent rccogneut et en fu lidis marcans à pauprics
pendus (près d'être pendu). Fait le V1I« jour de décembre.
Le 2 janvier 134-0. [vieux style.)
Baudes Daudenarde, foulons, fu justiehiés de enfouir
tous vis pour cou quil misi à mort dedens no justiche
Jaquim fil Jake dou Ci'oquet , à lostel Bauduwin dou Pon-
ciel , le second jour de jenvier lan XLV.
Jehans Marehans de Lens en Brcsbant, fu justiehiés de
pendre pour cou quil confiessa quil avoit emblé le kierue
[charue] Jake Doubroec devant se porte et quant cuis Jehan
seut que cuis Jake le savcit il le remena de nuit et avoit
Jehan maise [mauvaise] renomcc. fait à celi jour.
Le 8 février Lm 1345. {vittiv style).
Tassars Galicrs de Malrighehem, fu justiehiés de pendre
le VI1I« jour de février lan XLV, pour cou (juil fu prouvet
contre lui quil rccopoit [rognait) raonoic et avoec li recon-
gncut li dis ïassars à le justiche par devant le peuple et
dist quil avoit comenchiet yeelui ouvrage à faire entre le
— 145 —
Toussnins et le Noël lan XLV, el avoitbien récopet le va-
leur de C et L florins à lèsent en gros de Fl.indrcs. Et tli^t
(juil rccopa en eeli temps XL mailles dor de fort pois et
esloit ses eompains à eet ouvrage faire Obiers de Malle-
lianche quon dist tîou Boy de Matrighcheni, et les. iffinoit
un orfèvre. S'y com Jelians li flamens demourans à le ' i)orte
de Champsaing par VII fies et descoupa li dis Tass ars se
feme et aussi fist li dis Obiers.
Obiers de Maiefianebe, quon dist boyers de 3Iatrigbt 'h^i^-
nies [neveu], Tassars Ghaticrs de Matrigbebem, fu ji ^^^^~
ehics de pendre pour eou quil fu provct contre lui (^ ''^^
n'copoit mouoic et avec le rccogneust et confessa li t ^^
Obiers quil estoit eonipains de ycellc [icelui) reco{)er (ro- -
gncur) avoec sen oncle et avoit part au conqucst (gain) , et
dist que pluiscurs fois il taijloit des cbisoires (coupes) et ses
oncles laulre, et dir<l li dis Obiers que li femc doudis Tassart
sen oncle na coulpes et nialafaçons quil faisoient. Fait le
VIII« jour de février lan XLV.
Le t!8 de juillet l'ait 1310.
Jehans Foulons quon dit Mole, fa justicbics à-Tournay
de trayncr et puis pendre pour ce qud fu pruvct contre lui
quil avoit mis à mort de nuit et en moindre. Liqiiel Jcbans
recongncul que il fu au lait et y lança et navia, dont mors
scnsuwit et il lavoit premiers nyct. tl dist li dis Jcbans
quil congnoist que il lu à Xœvillc dales {au delà de) Tor-
([uoing ù le maison dune feme qnï cstoit amie Eseocbois,
avncc Picron le .Mouton. Robin Le Vaus et Ilanck sen frère
de Mcr,ville, dessus dite et là prirent poules lesquels il aida
à mugUiei" {cacher) , et depuis il At avoec le fcmc celui Es-
cochois et leur avoit promis quil leur fcroit avoir afeire à
lui et entra li dis llanek quatrcsme, premier en le cambre
— 144 —
et brisa luis {la porte) et quant il fu entres ens {dedans}
avoech les autres il sen issi (sortit) et y laissa le dit Motc. Et
dist que faussement il avoit porté couronne (1) car il navoit
onque esté clercs. Et dist quil fut au navrer à Estelles
{Etaires) II homes dont il morurent et tient quil en attanist
un dun glave (glaive) car il lança pluiseurs cos (coups) à lun
et à lautre. Et dist que Pieres Deleval est tenseres [rançon-
neur) et quil tensa Gilles Vredère de VII escus par manaces
{menaces) quil li fist cornent que li dis Pieres euwist peskiet
(eut péché) en ses fossés. Et dist que li dis Pieres tensa
Royaut Livroudre de IIIl escus pour ce que il li mist sus
quil avoit dit à se sereur villenies et de tels tenseries aidoit
à alcAver (attrapper) li dis Jehan. Kcm dist que li fcme Pie-
ron Deleval eut III cnfans de luy, de I chavetier, lautre de
Jehan Douparch et lautre de Gosse Delecourt et dist encore
que li premier enfant fu dou fil dou chavetier. Et dist que li
dis Jehan fu au navret Jehan Demaude avoec Jake Deleca-
toire auquel il tient limage (la figure) mes ne set couprics.
Et que Pieres Deleval copa I pict I home ou pouvoir de
Tournay, et que Gossars chastellains de Ligne et Pieres li
Moutons de Nœville ont les sciaus de quoi li clercs de Lin-
gue donoit courones et le porte li dis Gossars et ne fali
audit Mote fors que argent quil ne le cuwis&et fait avoir
courone, et que Pieres Deleval emena li fille dou fcme de
Maucharl et pour ce que li feme en parla il le tensa de III
escus, et dist que li dis clcrs de Lingne dona courone à
Ilanekin Deleval, à Robin et à Bernardin ses frères, liqucl
portent encore et sans cause. Item dist le dis Jehan que
(1) Porter couronne doit s'eniendre de la tonsure ecclésiaslitiuc
qui se désignait de celte mauière à celte ôpoque.
— 14^ —
seins {sans) cause il fist scmoce Jchaiic Ponfoisc et en eut
XI csciis à une fois pour ses frais et à une autre fois III
eseus. Che fu fait le XXVIII» jour de juUct lanMCCC
XLVI.
Lo 10= jour de 7wvembre 1340.
Le vendredi X'^ jour de Novembre lan M CGC XLVI, fu
justiehics à Tournay, de traincr et de pendre Ilcnries de
Iloudckins, de Rosnais, {Renais) pour ce que il confessa que
il avoit navret Katerine de Duisencourl au bos de Breuse ,
sur le kciuin et Ij toli {enleva) et reubi {volai) se bourse en
Icquelc avoit XXV s. Et dis li dis Ilcnries et congneust que
il desreuba ou bos de Breuse , le dimence darrain passet I
valcton et li toli se cote et VIII s. que il avoit si pria que le
cote grise que il avoit vestit {doit il était vêtu), on le volsit
{voulut) rendre. Et dist que Grars de Buisencourt, a de lui
I planchon et une coroie si prie que on le venge {vende) et
donist {qu'on donnât) largent pour Diu. Et dist que il erabla
h Jebanc Le Raduie I cuir qui fu vendus XIII gros de Flan-
dre. Et que il escorcha une vague {vache) au grant bos dales
Rosnctis (?) et vendi le cuir XIIII gros et laissa le char {la
chair) audit bos. II escorcha une autre vake au bos. Mou-
seigneur Grard Delccroix et ne scct («) qui cestoit et vendi le
cuir XIII gros. Et il prist à le maison Adam Maillet à Anse-
ruet {Anserœul) une auwe {aube) dont li priestrc escumenia,
si prie qne on li wuelle pardonner.
A celui jour fu justiehics de pendre Hcncquins, de Fonte-
nil pour pluiseurs larenchins de côtes [vestes) de linchuis et
warcoles {habit garni) et autres choses lesquels il rccongneut
et fu pris et tout prouvet. Il dist que tout le fardiel il enjbla
à Anseruct , à le maison Jchene le Ilascolc et entra cns
{dedans) par luis {la por(e) derrière et rompit une paroic
{muraille) pour entrer en le chambre.
— 140 —
Le 7 mars de l'an 134G [vieux slijlti).
Le vendredi VII* jour don mois de mareh, lan de grasso
M CGC XLVI, furent justichcs à Tournay, de tranicr cl do
pendre Piéres Foukars et Colars Foukars, frères, pour chou
quil fu prouviet contre eaus que par nuit et en niourdrc il
ocliircnt Colin Dancrc et naviérent [blessèrent) Henri de
Rebais de XXII, plaies de coutiaus et dcspés, et furent avoec
caus au fait faire Jehan Roussiaus , Jchans Bouchclins , qui
demeure à Valcnchienncs corne faiseur et Jehan Lemairc ,
aloit entre deux et y fu navrés [blessé).
Le i= iour d'avril 135-6.
Le mercredi IIII" jour davril lan XLVII , lu juslichiés à
Tournay, de tranier et puis pendre Ilanins Journier pour
che que il fu prouvât soufliss. contre lui quil avoit bouté le
feu en le maison Stievenart Stievenoch en le ville Ditrc,
liquel Ilanins, dist et confessa (juil [que lui) li fds Coteriel ,
ajipcllés Ilanins Dde Fosse et Ilanins Richard , burent en-
semble à le maison (îiiiot à Ronkicrc, à Willarmont et con-
fessa que li IIII dcssusdils , brisiercnt le maison doudil
Stievenart et pour ce ([ue il l'.e le peurcnt avoir il meisme
{lui-même) et li dis Ilanins Colérians boutèrent le feu en h*
maison doudit Eslicvenart et confessa que tout IIII y furent.
Ht dist quil navra le fil Renier de le Roke, couvreur pour ce
quil vint au feu et dist ([uil ala avocc les autres par comf)a-
gnie seuls che que il y fust point de linage. Et dist que plui-
scurs fois il avcnl {alla) à le maison Colingnot, depuis le fait
advcnul ; mais onquc ny gui cl dist que onques biens ne
vint dcl hostcl doudil Guoit, car cest toute erdnre de ribau-
dise cf de jeu de des.
— 147 —
Le C)" jour d'avril !317.
Thunias fils de Jehan de Bicselingc en llollaïuie, né eu
le Caijielle-de-Bicslinge, fu justicics à ïournay de boulir le
VI* jour davril lan XLVII , poui" ce (juil fu trouvés et pris à
Tourna}-, avec II sakics [sacs] de l'aus doubles de H parisis
le pièce, et dist li dis Tlmmas que il et llcnris de Gaglidon
prisent (privent) et acalicrcnt le nionoic ensemble et a prit
à un castel ajipeîlé Uruseberch outre Coulongnc, VI luiwes
{lieues) viers Audrenacli, et dist que il en curent IIII mars
j)Our lescut et dist quil avoit le tierch en monoie et dist que
il et ses compains [son compagnon) devant dis en curent L
mars (inarcs) pour XIX cscus liqucl pooient monter (à) C et
L livres parisis. Et dist que Bayere fils à Bayere de Bies-
lingc, avoit part avoec caus et leur ovoit kicrkiel (cherché)
X cscus pour mettre en emploilc en tclic monoie. Et dist
li dis Thumas que il et li dis Hcnris cangierent (changèrent)
H florins faus et ses compains leu (lui en) rendit bien un
boin (60») et dist que ses compains en alouvva (plaça) Inn
cl avoit encore lautre avoec lui.
Le 9 avril l'an 1347.
Le lundi IX* jour davril XLVII , fu justichiés à Tournay
Hancquin li tauricr Dacrene févre (ottvricr) pour chou que
il fu prouvet contre lui cpie il avoit boutet le feu en le mai-
son Francbois Douquesne, en lequel fu ars li fis doudit
Franchois qui estoit de petit cage, et li dit Francbois en
telle manière que il morut dedens ticrcli jour. Il confessa
que il ocbist (luat) Colas Tliicbaut, et fu avoec I sien cousin
à ochire et tuer I autre home.
— 148 —
Le 28« jour d'avril l'mi 1347.
Le samedi XXVIIP jour dou mois davril lan XLVIl, fu
justichics à Tournay, de boulir pour fausse monoie qui fu
trouvet en se maison en une cauche (cache) ; dedens une
carbenière (charboniùère) Pière Goudale quon dist de Hes-
din , liquel dist que le dite monoie il acata à un viel home
dont il ne seul le nom, et lenvoia à lui une feme de Bruges
appcllée Kateline et fu folle feme séant (restant) dehors le
porte Valenchiénoise, et dist que li home vielles a se mai-
son entre II pons au Bruille et le mena dehors le porte de
Marvis en I gardin et dist que li monoie li cousta environ
X 1. tourn. et y avoit bien XVIII 1. par. défausse monoie
et en avoit alouet pour XXX s. tourn. et il dist que il raist
largent en le cauche seuls et le porta en le carbenière et
que nuls de scn hostel ne savoit point dele dite monoie fors
il et dist que onques plus ne sen mclla.
Le 25 mat 1547.
Le XXV* jour dou mois de may lan XL VII , fu justichics
à Tournay de traîner et de pendre Jehans Hardis , pour
chou que il mist à mort en Tournay dun coutiel à pointe
Jehan Coddes, liquels Jehans dist et confessa que se wist ja
fait (que celui qui l'a fait) se ne fuist Jehans Gravis, que le
dit Jehan Codde vint et li escria qieche (qui est-ce ?) Et sur
che il le fri (frappa) et dist que li dis Gravis en est ossi cou-
pable quil meismes (que lui-même).
Le jour de la fêle de la saints Croix 1347.
Jehans-as-Gambes de Briffeul, fu jusiichiés de trainer et
I
— 149 —
de pendre le jour Sainte-Croix lan XLVII , pour ce que il
mist à mort dedens Tournay , Jehan de Berges , sareisscui-
{faiseur de serge) liqucl morut seins parler et furent avoec
lui Quarés dou Bruille sergans de Blalon , Pierre de Sougnies
de Bernissart , qui est de scn lignage et des autres de cette
ville dont il ne set les noms dont li uns dcmora au chiens ou
marquiet et dist que li fais comcnça pour le dit Quurct et
dist que tout venoient ensemble de fait davis (étaient clac-
coril) pour ledit Jehans villcner {maltraiter).
Le vendredi devant la procession 1547.
Willaumcs Pipenie , fu justichiés de pendre le vendredi
devant le procession lan XLVII pour chou que il fourcela
XVII cens florins ou environ que Willaumc Gave li avoit
kierkiet {chargé) lesquels il disoit quil avoit kierkies à I
homes qui estoit mors et ne savoit que chins en avoit fait,
et depuis de se volentc il ala à se maison et dist quil ensé-
gneroit où il avoit largcnt mis et mena le Prévost et plui-
seurs jurés à se maison et prist I hauwiel {houe) et four
{fouit) en ticrrc et trouva une cave en lequele avoit pluiseurs
florins et yceuls trouvés on li demanda si plus en avoit , et
il jura que non en leure {faussement) prist une candelle et
avala {descendit) les degrés de se cambre et ala à se souve-
ronde {partie inférieure du toit) et saka hors {tira dehors) l
sach de florins et on li demanda se plus en avoit et il jura
encore que non et tantost prist une candelle et monta en
un solier {étage) et en le soverondc et saka I sack de florins
et dist quil avoit en se bourse XII florins de chiaus que li
dis Willaumc Gave li avoit kierkiet lesquels il avoit pris
pour payer une maison quil avoit accatéc des Eschevins.
19
— 130 —
Le 7 mai de Van 1348.
Gillebiers li boulengiers de Tret flls Henri le manouvrier,
fu justichiés de boulir le merquedi \W jour de may lan
XLVIII pour chou que il fu prouvet contre lui quil avoit
aporlé en Tournay I sack de fausse raonoie de doubles et de
II deniers le pièce et les voloit canger à florins et dist quil
a se feme gisant denfant (en couches) demorant à le Lague à
VI liuw'cs de Coulongne, et dist quil emprunta largent sur
les draps se feme et en retourna de XXX liuwes loinch
(loin). Et dist li dis Gillebiert que on fait le fausse monoie à
Bruscbierghe à XI liuwes de Coulongne outre le Rin et en
est sire le conte de Bade qui est avoec le Roi Dangletierre,
Et que Bocbe Pieron de Genleke demorans à Trete del eagc
de XL ans ou environ le consella et fu avoec lui et repaire
[detneure) à le maison sire Alars canone à Brousselle. Item
dist que il eut delc ditte monoie VII mars pour II éscus.
Le 27 février iUS. {V. St.)
Le vendredi XXVIP jour dou mois de février lan M CGC
XLVIII , fu justicics à Tournay de trayner et de pendre
Jehans Li BlansdisA-le-blanche-manche de Boslrc, Englais
pour ce que il confessa que il {lui) avoec Guibon Lenglesch
{l'anglais) et Adam Brimesgros en le maison Sandrars Lete-
lier de Bouchain tenqueilla (tença) et loia (lia) par nuit le
meskine (servante) dou dit Saudrard en lestaule {Vétable)
des vacques et puis vinrent au lit dou dit Sandrard en se
cambre et la le loierent de cordes et tenquillierent {pendant
qu'ils le lièrent) il le navrèrent à mort et li ostcrent le clef
de sen escring cl le ouvrirent li dis Jehans et en osta plui-
seurs blanques mailles de Haynau tant que à Valenchiene
il les canga (changeai) et en eu X florins dor à lescut III gros
— loi —
ïncnis si comme li dis justicics li confessa devant le juge-
ment et après.
Le 20^" jour d'avril Van 1349.
Le XX'jour davril lan M CGC XLIX, fu justichics de
peiulrc Jehans Outrcsœnc de Ilasebrouch pour ce quil
cogneut de se volenté devant le jugement et apries quil
embla II chcvaus en lestaule Jehan Viens de Puthem en
Ouvcghem, desquels il en amena toute nuit lun à Tournay
liquels estoit noirs et lautre laissa cmi {parmi) les camps
(champs) pour ce quil estoit aveulcs et estahius [usé) si ne
veut alcr avant.
Le 8^ jour de juin 1341).
Le V11I« jour de juing lan M CCC XLIX , fu justiciés de
pendre Thiris Dcsprcts de Saint-Sauveur pour ce quil con-
fiessa devant le jugement et apries que il avoit erabletlcs
fiers de pluiseurs kicrues [chai'ues) et pluiscurs auwcs cl
oisons et fais autres pluiseurs larcncins. Et dist que il fu
avoec ceauls {ceux) qui emencrcnt Jehanc Doumoulin de
Elisielles en I bos pries delà , mes onques ne fu aidans ne
confortans à li maltraitier se comc il dist, et y furent aveuc
lui Ilauins et Thiris de Lcuwc, frère Colars de le Lanterne
dcWodeque, Masses dcLannoil, Colars dou Mouliniel ,
Jehan Piètre , Jehan dou Bruet et Lohiers ses varies.
Le '2^^ jour d'octobre 1349.
Jehans Hcrmans de Flandres, fu justiciés de traincr et
dépendre le XXVl^ jour de octobre lan 31 CCC XLIX pour
ce que il rccongncnt et confessa que il avocc Malhis Plnl d'-
— 152 —
Audcnardc avoient vers le mont Saint-xVudebicrt dercubet
Jakc Mocrt de Sort et li avoient ostet se coroie et se laisse
{bourse) en lequeîe il y avoit deux florins dor al escut et XII
gros de Flandres et le avoient ferut pluiseurs cos de cou-
tiaiix.
Le 50 octobre 1349.
Mathis Plat de Audenardc , fu justiciés de traincr et de
pendre le pénultième jour dou mois doctobre lan dessus dit
pour le cause dessus dite et avoec pour ce que il recogneut
et confessa devant le jugement et après que il avoec ledis
Jehan Hermans ensamble et par accord mourdrirent Michiel
de Griecourt chirier {cirier) Daudenarde, et li tolirent et
rostérent tout ce quil avoit et tout sen argent mes ne scet
combien il y avoit en sume. Mes doudit argent il en eut X
s. de gros pour se part. Et ne li en donoit lidis Jelians Her-
mans fors ce que il voloit car il estoit maistre deseure lui.
Item dist que Copins Zievequins qui se fait appeller cheva-
lier de Durdrach, chavctiers eut bien une livre de gros que
li dis Mathis li dona en warde (garde) au Bieffroit, là il
estoit en prison. Et savoit bien li dis Copins que li argens
vcnoit de mauvais acquest et prie li dis Mathis que celui
argent se on le peut recouvrer que ou voellc rendre as hoirs
doudit Michiel. Et dist que de largent dou dis Jak Moert-dc-
soif, il en eu IX gros de Flandres et non plus les quel li
dis Jcgans Hermans lui donna. Et dist que uns appelés
Wettequins , qui a le teste ligneuse , Copins Zievèquin de-
vant dis , Hanins Lodcw ic de Malines et Gérudc de Gherles
acointc dou dit Hanins. Hanin Vardan-Griclc van Askc ,
Ramequin de Machelines, Pierre Ilauwiel, Kcync Mcjekcn,
Hanins Van de Grasse, Willekins, maître couwc {ta)iueiir}
de Gand , furent lairon elcschcvcur de bourses cl ombicrcnt
— 155 —
loul ce (juil peuvent Irouvcr devant caus et quil puissent
prendre et emporter tant que tout ne soit emblet. Et dist
que ccst grant domage quil vivent si longcraent car un cars
ne poiroit porter ce que li compaignie à embict et dist que
se il vienent à Tournay , on ne les laisse point aler ne esca-
pcr {échapper) car ce seroit pires. Et dist que Ilanins Lode-
wic etGrude eurent à Monstcroel, VII cens dor que li dite
Grude prisl et embla à ccaux qui le accompagnèrent à le
feste. Chy Hanins y prist et embla tout chou quil peut. Et
dist que Ileyne Mcgekin est léres par jour et par nuit et
Ilanins Van de Grasse est reubercs vers Bruges et tout en-
tour le pays. Item dist que Willekins, mettre courvc (maî-
tre tanneur) de Gand est léres et embla en le maison dou
Courier II musekins {pièces de batiste) et une gorgière
[chemise] et ne scn veut aler fors par nuit pour ce quil les
peust emporter. Et dist que Lisse Scrateman est li plus
grand escoveresse de bourses qui soit en Flandres et que se
il {lui) li dis Matbis , et li dis Jehans Ilermans eusse vescu
plus longhement , il eussent fait pleutet (plus) de mal car
pour ce avoient il acatet {acheté) II fors pourpoint {côte
d'arme).
Jehans Bourlais , doutre Rin {d'au-delà du Rhin), fu jus-
tichié à Tournay , de pendre pour pluiseurs larencins com-
mis come dautres coses quil avoit fais liquel furent promet
contre li. Si pria li dis Bourlais quon rendist à Wattier
Mcrics Damougies II gros pour laine quon lui avoit emblée.
Et doit li dis Bourlais à Ernoul de Ilolay II escus et à Jehan
de Ilolay, scn frérc VI gros , à Jak Ilaudekin de Ronays
X eslerlins, à un grainetier {porteur de grain), dcRoneys
I gros pour painc, à I homo dcmoranl à le baise à Bovcs
XllII mites. Ilem à Sticvenin deCaumontV gros lesquelles
licites li dis Bourlais pria quon rcndesist et paiast dou sien.
— 154 -
Le 5 octobre de Van 1350.
Le vendredi devant le jour Saint-Bruniau , lan M CGC L ,
fu Monnes deLersJusticiés à mort denfouir tous vis pour ce
cjue sur le pays de le ville faite par sire Gossuin le Louchier,
prévost et jurés entre li (lui) et Masset Wittret. li di Monnes
navra le dessus dit Masset.
(11 existe ici une lacune de 14 ans environ dans les regis-
tres de la loi et malgré les recheroîies faites dans les autres
dépôts des archives on n'a pu la combler.)
•.^^■-G^Ofi^'V^
— 155 —
CONDAMNATIONS A MORT
D\NS LA VILLE DE TOUKNAI.
Extraites du tome septième des registres de la loi commen-
çant à la fête de saint lîcmi^ le deuxième du mois d'octo-
bre de l'année 1564 jusqu'à la même époque de l'an 1 384,
Le septième volume renfermant les actes judiciaires de la
pénalité rendus à Tournai pour les crimes et délits, contient :
1° Le renouvellement de la loi c'est-à-dire des prévôts, Jurés,
Eswardeurs, Echevins et Éliseurs ; à commencer au jour de
saint Rcniy l'an 1364. 2" Les noms de tous ceux qui avaient
fait ou renouvelle leur serment de bourgeoisie dont la for-
mule fut changée cette année, elle est ainsi formulée :
SÉREMENT QUE LI BOURGEOIS FONT EN LEUR RÉCEPTION.
« Vous jures sur sains Ewangiles que vous porteres foy
et loialtet au Roy nostre, à le ville de Tournay , warderes
loialmcntà vo pooir, le paix, le transquillitet , et le com-
mun proufit de le citet. »
AS CLERS BOURGEOIS.
Et aidercs à soustenir les cargcs et les frais de le ville
si come les autres bourgeois qui ne sunt point clers. »
{IVouveaux serme7its de 1364). 5" Et enfin les châtiments
pour les contraventions aux lois et les crimes. Contraire-
ment à l'usage suivi jusqu'alors , ce n'est qu'à la fin du
registre que se trouvent énuraérces les condamnations à
— 136 —
mort pendant la période des vingt ans que mentionne le
volume. Deux ans après . ces annales constatent le change-
ment notable survenu dans le pouvoir de la commune et
confirment ce que les auteurs rapportent de ce fait impor-
tant pour notre histoire : que le IG février en 1366, le gou-
verneur Oudart de Renty fut remplacé par Engherram de
Hesdin qui par commandement exprès du Roy de France
Charles V, changea l'administration de la ville.
« Lan mil CGC LXVI le XVI* jour de février noble home
messire Engherram Dœdin, Chlrs conseillers dou Roy nos-
tre syre par le virtu dun mandement dou Roy nos se com-
paru et fu ordenes de par ycelui signeur gouvernières de
la ville de Tournay , pour gouvrener la haute justiche seuls
et pour le tout et liquels volt et requist à avoir conseilleurs
pour lui aidier et conseillier ou fait doudit gouvernement
et pour eslirc ses conseilleurs furent eslus par proches
(paroisses) les personnes qui sensuivent et se fist li élections
le samedi XX'' jour de février. »
L'innovation annoncée dans cette ordonnance consistait
à introduire des conseillers ou conseilleurs dans la commis-
sion administrative de la ville , et cette mesure moins
encore que celle qui conférait le pouvoir absolu dans les
mains d'un gouverneur, répondait à ce qui de nos jours on
appelle : proclamation de la loi mai'tiale. Nous en trouvons
l'explication par les quelques lignes qui suivent les noms du
renouvellement de la loi au jour de St-Remy de Tannée
1564 ainsi conçues :
« Le dicmenchc, second jour de février qui fu jour de le
Candelcr , lanmil CGC LXIII comotions du peuple se esmcut
en Tournay et de nuit à le commune de che que on voloit
allevcr chertaincs impositions en le ville. Et le mardi en
— 157 —
sivant qui fu IIIl* jour dou dit mois fu li lois renouvelée en
le manière qui sensuit, etc. »
Cette cirervescence qui allait en croissant depuis quelque
temps et occasionnait des troubles dans la ville , fut cause
que le Roi Charles V retira à la cite les droits de commune
avec toute justice ; et les jugements ne se rendaient plus
avec l'assentiment des prévost et des jurés ; mais étaient
uniquement sanctionné par le gouverneur. Ceci rentre dans
le domaine de l'histoire , mais les auteurs qui le rapportent
varient entre eux sur ce qui provoqua ces troubles. L'his-
torien Cousin dit que l'émeute fut occasionnée par l'annonce
d'un impôt nouveau sur toutes les denrées même les porécs;
et Poutrain après lui semble du même avis , en avançant
qu'un édit portant établissement d'un impôt sur toutes sor-
tes de denrées entrant dans la ville , la mit en alarme et
que toute la populace se mutina. Mais M. Chotin dans
l'histoire de Tournai et du Tournaisis {i) attribue ces trou-
bles à la proclamation du duc d'Anjou venu à Tournai avec
le sire de Ficnnes pour y publier et faire observer certaines
ordonnances concernant la monnaie.
Quoiqu'il en soit, par suite delà nouvelle organisation
municipale les condamnations à mort eurent lieu, à dater
du premier octobre 1564 > en présence ou par ordre du
gouverneur de la ville.
JEHINNES de gens rais à mort puis le jour St-Rcmy lan
M CCC LXIIII.
Baudars de Terewagne , miehieres de vin , fu en le mai-
(1) Histoire de Tournai et du Tournaisis depuis les temps les plus
reculés jusqu'à nos jours, tome I, p. 52?.
20
— 158 —
son Jehan Crupeninck férus dun pot destain en le teste si
que li cervelle li anala et issi {sortit) par les oreilles et moru
sans parler , lequellc ferure [coup) fu émise et imposée à
Bernardin Castellain dit Buffait, porteur au sac. Si le nia
et fu prouvet contre lui que fait lavoit. Pourquoi il fu con-
dempnés et justieiés à mort de trainer et puis pendre. Et
assestost après que il fu jugés il recogneut avoir fait ledit
fait. Fait le mercredi XXVII» jour de novembre lan M CGC
LXIIII.
JEHINES de gens mis à mort puis le XIX» jour de mardi
lan Mil CGC LXIIII. Et estoit gouvreneres messir Oudas
de Renti.
Jehans de Lille dis Soirisette , porteres au sac de Vallen-
chienes , fu justichiés de trainer et de pendre pour che que
il et par lenqueste en lequel il se raporta si come de se pro-
pre feme et le mère de se feme fu trouvé que il [lui) Seri-
sette, une siene fille appiéllce Pieronelle, escampa (jetta)
de tel mainiere que il mist les hankes hoers dou liu et de-
puis le féri dou puing sur le kief {la tête) par tel manières
que depuis li enfens ne migna {mangea) ains moru devens
XV jours , car la chervelle li pouri et key {tomba) par le nés
et par le bouche. Fait le venredi XXVIII^ jour de march.
Ilanequins de Meuneke de Gand , fu justichiés de pendre
pour che que il fu pris a une bourse coper et depuis cogneut
avoir copé entre XVI ou XX bourses et en avoit eu entre
XII ou XV écus fait audit jour.
Jehans Davesnes , tisscrans de draps , fu justichiés de en-
fouir tous vis pour che que il qui banis estoit à toujours , fu
repris en le justiche de le ville. Si dist depuis que il fu
jugés, que dou temps passé dou temps que il estoit cryés à
Tournay, à LX livres , il estoit en le ville Dabbeville et
Jchans Rcnouls ayocch lui et csloient en lalrc {le cimeticrc)
St-Sépulcre et là recogneut li dis Rcnouls que il avocch I ap-
pcllet Zandelin, avoient brisict une traillc et pris cherlains
pots et godens bordes que Jchans Foriest pendait à se mai-
son. Item dist que quand Biertrand Ligrumeliers, fu oehis
au markct, il vitpleulet de gens courir à Notre-Dame, liqucl
Davesnes si tourna et là trouva le dit Uenoul ens au mous-
tier liqucl tenoit un lonc coutiel et avoit se clokc tortcllié
entour sen bracli liqucl Davcsne lui demanda que il avoit ,
liquels Renous dist : Biaus compains aies vcir ou markct
que on y fait car je croy que jcn ay tué I ou 'II. Et inconti-
nent li dis Davesnes vint au markict et trouva que li dis
Bertrans esloit mort. Si retourna par deviers ledit Renoul
liqucl estoit entres ou clokicr de Srunain : si lui dis que
li dis Bertrans estoit mors liqucl Renouls respondi que il
avoit plus chier {qu'il préférait) que il euist tuet le dit
Bertrans que li dis Biertrans lui. Et là fu Alars li Maires.
Fait audit jour.
Le vendredi 6" jour de juin 156o.
Jehans dele Haye dit Ilaiscttc, fu justichiés de traincr et
de pendre pour chc que il recogneut avoir este à II mour-
dres et avoir eu part as deniei's quils avoient et fu li uns
fais ou bos de Brcusc et li autres au bos de Braine et furent
avoech Colins Talleraars , Ilanckins Dcleprcc , llanekins
Wales, Auquctlc Mers, Biaudcs Biccques, tisserans et Colins
Vole. Fait le vendredi Vl« jour de juing.
Ilayne Ghuis de Gavre , fu justichiés de traîner et de
pendre pour ce que on lui a mist ([ue il avoit mourdrit I
hoiiïe Coutrc de Tcrscmcrsakc liqucl Ilayne nya le mur-
drc (mewr/re), mes bien dist que il lavoil navrel, et depuis
par information faite fu Ironvc que il (lui) avocch Boydin,
~ 460 —
sen frère, avoient fait ledis fait et de nuit et quant vint
jours, les raist en I fosset et che fait li dis Hayne le recoc;-
neut. Fait audit jour et aussi recogneut pluiseurs roberies.
Pieres le Lièvres de Lisy et Piéres de Langeles dis Ani-
maus et Col Doy, furent justichiés de pendre et pour ce que
ils furent arresté pour marchandise daniaus que il ven-
doient as boines gens en fraude en en eux déchevant
(trùmpant) et par espécial pour II aniaus que il avoient ven-
dus à I preudhome le some de Vlil francs et liquel ne
valoient nient plus de VII gros et lequel fait il nyèrent et
depuis le rccogneurent et aussi rccogneurent pluiseurs
autres extorsions et marchiets déchevables avoir fait en
pluiseurs villes. Fait audit jour.
Le mercredi 16* jour de jit'in 1565.
Henries Guios de Le Buissiere , carpentiers , fu justichiés
de traîner et de pendre pour ocbire et maitre à mort en nos
justiche Hanekin de Lille, Et dis li dis Henries que avoech
lui audit fait faire fu Colins Lidois , cousturiers et lequel le
feri dun espoit [épée). Le mierqucdi XVI* jour de juing.
Le Lundi 14= jowr de juillet 1365.
Nichaiscs Gossiaus De le Hamaide, fu justîchié de traî-
ner et pendre pour violences sur Sandrine Dogi ctdouquel
failli dis Nichaises sen raporta au sercment de le dite San-
drine liquclc en le présence doudit Nichaisc, fu scrmentce
et prist par sen serement que li dis Nichaisc lavoit fait vio-
lence etmaugrctli {ma/iyré elle). Et avoech cognent que il
avoech pluiseurs autres siens parens fu à ochirc 1 homedales
[d'auprcs de) Cambray. Et III semaines a ou environ il
avoech Caisins li bastars de Baudrcghien Hanins, vallés
— 161 —
Mons. Destade, Mikius de la Horde, Noulcs Croissars, li
vallés Gilles de Baudreghicn de Flobierc ravirent une femc
h Escornay et Icut li dis Ilanins en se compaignie. Fait le
lundi XIIH* jour de jullct.
Le mercredi premier jour d'octobre 1365.
Wivc Piètre de Scrissc, fu justichiéc de enfouir toute vive
pour pluiseurs larenchins que elle avoit fais en le cyté les-
quels larencbins elle reeogneut avoir fait si corne une fou-
rure de vair pluiseurs warcoles {vêtement piqué], waissiaux
destain, touwailles (toiles), linchius (linges), et autres choses.
Fait le merquedi premier jour doctobre.
Le jeudi second jour d'octobre i 365.
Jehans Gardin dis Gardinet, tisserans, fu justichiés de
coper le ticste sur le markiet de Tournay et pour che que
il qui tcnoit prison au Bicffroit en issi hors et ala as halles
dou Bieffroit en criant (1) : sign laron soncs, sonés, et de-
puis se parti et en ala à se maison et prist espée, bouceler cl
wantcles et revint au Bicffroit en criant sign laron soncs
soncs on lue nos gens, » En vocllant faire comotion et conspi-
ration contre le signeur et de che reeogneut le plus grant
partie et li surplus fu provés contre lui. Fait le joedi second
jour de octobre.
Le mercredi 1 5<^ jour d'octobre 1 365 .
Copins Vanis de Brouxiclles , condewaniers cl paliniers
(1) Jean Gardin de la corporaiion des lisscrans cherche à ameulcr
ie peuple à Tournai.
— 462 —
(sabotiers), fu justichiés de traîner et de pendre et pour clie
que il qui arrestés estoit pour ochire I home en le ville de
Bruges et avoir esté à le darraine coraotion en le ville de
Bruges à rencontre dou signeur lesquels fais il nia et scn
raporta àlenqueste de le ville de Bruges (1). Si fu trouvés
par lenqueste de ledite ville de Bruges que li dis Copins fu
veus à le dite comotion uns des premiers et par espécial fu
veus a desreuber et waster [piller] en le maison Mons. Jehan
de Disque, chevalier, adont rechcveur de Flandres et avoec
recogneut avoir fait ledit homicide et de biel fait. Fait le
mierquedi XV« jour doctobre.
Le Lundi 20^ jour d'octobre 1565.
Pierars De le Fosse bastard , fu justichiés de traîner et de
pendre pour chc que il de fait appensé (propos délibéré) et
pour fait de loy avoit ochis et mis à mort Colars Nichusc et
fu avocch Hanekins Delefossc ses cousins et dist [en) oultre,
que che fait lui fisent faire Jehans Maille de Tongrcs-Notre-
Dame , Colins Delefossc et Ysaach 11 Bochens et se cil III ne
fuissent il neuist ja fait le fait. (Si ces trois n'eussent pas été
là ils n'eussent jamais fait ce crime). Le Lundi XX« jour
doctobre.
Le vendredi 28* jour de novembre 1565.
Willcmes Van Kats de Lescluse , fu justichiés de pendre
pour che que il avoit copet I couticl à II bircelés [bracelel)
d'argent et fu pris au présent meffait et avoech cogncut
(1) Emeute à Bruges. Pillage de la maison du receveur de Flandres
monseigneur De Dilf , chevalier
— 165 —
que il en avoit copct une à le fcnie Jak Hanouse et aussi
cogncut avoir pris une kauche {culoUe) à le maison Jehan
de Maudc, et aussi une parc de coutiaus au portai Notrc-
Dajne. Fait le venredi XXVIIP jour de novembre.
Gillckins Capars de Bruges , fu justichics de pendre pour
clic que il avoit copet des bourses et fu pris en prcsens
méfiait et avoech cogncut que il avoit copet II autres bour-
ses en Tournay et I nagrant et dist que Laurcs de Gand,
lui fist faire. Fait le venredi dessus dit.
Le lundi 0^ jour de février 1365. {Vieux stile.)
Piérars des 3Ioustiers , fu justichiés de pendre pour clie
que il recogneut que avoech Maigne Waye , il fu concevans
à embler chertaines some de florins que Ysabiaus li Car-
lonc perdi environs le Toussains darrain passé et dist que
li dite Magne, prist les deniers et depuis li dis Pierars reco-
gneut à le justice que il Piérars meismes les prist et em-
porta à Monstruel. Fait le lundi IX« jour de feurier.
Le mercredi 25« jour de février 1565.
Hanckins de le Sauch dis de Moussin {Mouchin) fius (fils)
bastard Jehan Sohier , fu justichiés de trainer et de pendre
pour che que il fu suivis par Lehuk que en fait lait et vil-
lain il avoit ochis et mis à mort et de trait darch et de
sayette {flèche) Mahiu le Iluk et Jehan Lehuk sen fil. Liquel
Haueq dist et proposa que che que il avoit fait il lavoit fait
de biel fait en contrcvengant le injure à lui fait en se per-
sonne par le dis défunt et quil avoech pluiseurs leurs com-
pliches lavoient aie querre (chercher) à le maison de sen
père et eshuiscnt y celi maison en disant que le dit Hanekin
questroit (qui éioil) bastard, ore (présentement) ou autres
— 164 —
fois sil le trouveroient et que se il le tcnoient il le déco-
proicnt aussi menut que ou dccopc car {chair) à maisiel
[charcutier) douquel fait li dis Hanekin, bastard sa (s'est) mis
en peine. Douquel fait li dis Hanekins falli de proeve. Fait
le mcrkedi XXV^ jour de feurier.
JEHINES de gens mis à mort depuis le loy renouvelée le
S1X« jour de march lan M CGC LXV.
Le lundi ^ô^ jour de mars 1363.
Hanekins dou Bos de Froimont , fu justichiés de pendre
pour pluiseurs larenchins que il recogneut avoir fais en
pluiseurs luis, si corne à Vallenchienes, à Mons, à Cam-
bray, et ailleurs. Et noma ses complices Hanin Rousselct
foulon, Pieres li Flamens, tisserans et Pieres Belles cordewa-
niers tout dcmorant à Vallenchienes. Fait le lundi XXIIP
jour de march.
Le 8« jour de mai l'an 1 566 .
Rolans de Utrestare de Gand, fu justichiés de trainer et
de pendre pour chou que il fu suivois {poursuivi) et sup-
çonnés davoirfait et mourdrit uncfeme et de nuit au dchuers
de Gant viers S'-Bavon sur Lescaut et que le fait avenu il
lavoit bouté (poussée) en l'Escaut et de Icqucle feme il avoit
eu II enfans et avoit nom Berthe. Et lequel fait il recogneut
avoir fait le VIl^ jour de may l'an LXVI.
Le 8* jour de janvier 1 567.
Willcmes Meilles de Popcringhcs , fu justichiés de pen-
dre pour che que il cogneut avoir emblet grant quentilé
— mu —
daoiaus {d'anneaux) do pluiscurs lires à le maison Jehan
Gabct Miercliiet. Kt dist que Ilanckins, Il patiniers lui con-
seilla à faire et y lu présens une lies. Fait le VII1« jour de
jcnvier.
Le vendredi 2'^ jour d'avril 1367.
Ilanins Paniaus de Rebais , lu justichics de traîner et de
pendre pour clie que il {lui) en le ticre {sur le teiritoire) de
Wodckc, qui est ticre de pais reuba et prist II chcvaus qui
esloient à Ernoul Lemort et aussi par une cnquestc ou {à
laquelle) li dis Hanins se {.s'«h) raporta liquelc fu faite à
llcbais et aussi cogneut que il fu à ochire I appelle Leniairc.
Fait le venrcdi second jour davril lan LXVII.
Le vendredi 9"^ jour de juillet 15G7.
Simoncs Papelars deSoissons, fu justiehiés de traîner et
de pendre potir jcuwer {jouer) de faus des et pluiscurs fiet
{fois), par lui avoech Jaquot de Liauwe. Et avoech cogneut
que il et Jaquos Del Yauwe, murdrirent entre St-Amand et
Mortagnclhomcappiellc Carpcntier et lui ostérent VI francs
et V fors et avoech rcubércnt I home à Baudour de IlII
cscus. Et avoech dist que Ilanekins Toukcs lui bailla les faus
dés. Fait le venrcdi IX* jour de jullct.
Jakes Del Yauwc de Cambray, fu justiehiés de ti-aincr et
de pendre pour les fais et causes dont Simones Papelars fu
justiehiés. Et avoech dist que il a vcscu de femcs IIII ans et
oultre que il cmbla à Ernoul Daubi I Lion dor (1) I couticl
et une kauche. Et aussi embla à Messirc Adam Lebrun
XXXIIII Royaus (2). Fait audit jour.
(I)et(2) Le lion d'or élaà ■.■ monnaie iur ".• la i'*îur..!iO ei le
>oyal également en or ^■3!rfr:j^é bb Fran^' ■
— ICG —
Le. samedi ii" jour d'août IôC7.
Hues lie le Court Daxclc dalcs Deusc, fu justichiés de Irai-
iicv et de pendre pour chc que il cogneut que environ deniy
an a il fu à dércubcr I home vicrs Orcliics et avoil chils boin
II livres de gros afiiqucs {parure) ctaniaus [anneaux, bagues)
et fu avocch lui \yillekins Ghillains et Robin de le Sauch,
dit Van den Ruque et partirent ensemble. Item dist que
environ lil semaines il fuà déreubcr Ihom vicrs Courtrai
et en eut XL gros et y fu Gillekins van vise de Rusbicke.
Item fust à déreuber I home vicrs Gant dont il eut en se
part XXXII gros. Et dist que il fu à desrcuber 1 home mer-
ehier viers le Mont S, Audebiert, douquel il eut XL gros et
y fu Gillekins Van de Russelede. Et que il y a environ VIII
jours quil fu à déreuber I home viers Orque et en eut X
gros, et y fu Monekins de Bruges, Gastcrcs et uns autres
vallcs nomes Willems. Fait lan LXVII, le samedi XIMI^
jour daoust.
Le lundi i\^ jour d'octobre 1367.
Jelians dou Markiet dit Willamc, fu justichié de pendre
pour chc que il cogneut que il avoil pris en I coffre XXXV
francs (1) liquel coffre cstoit Agnics li baigncrcssc femc
Jehan de Tcmplemarcli. Fait lan LXVII le lundi XI* jour
doctobre.
(l) On peut remarquer dans ces annales criminelles les cLange-
menls qui sopéraienl au sujet des dénominalions monétaires, Jean
du Marquiet est pendu pour avoir volé 55 francs, c'est la première
lois que nous voyons le mot employé dans nos registres de la loi pour
une désifîiiaiion de monnaie, celait probablement le FranC'à-cheval
en or (en 1507) valant environ la francs de notre monnaie actuelle.
— Ifi? —
Le samedi 20" jour de novembre I3G7.
Jclians des Croisicrs D'Escanaflc , foulons, fii juiUchics
île pcDilrc pour tlie que il cogncul que il csloil hérites
[hè relique) et tlislque frérc Jackes de Lers lui iniroduist à
chc faire.
Kalherine-ns-Enfans, lu juslicliic dardoir poui' elic que
elle cogneut (juc elle csloit hérite et pluiseursfemc si cum
Katherine li portières et Billehaut Gausieres et lesquelles
estoient hérites avoeeh le dite Ralherinc-as-Enfans. Fait le
venrcdi III"^ jour de décembre.
Le vendredi -2^ jour de décembre 13G7.
Pierars Gencviére, fu juslichiés de pendre pour pluiscurs
larcncliins que il cogneut avoir fais et dont il (ut poursuivis
de plusieurs personnes. Fait le venrcdi nuit dou Xocl,
XXIIII' jour de décembre.
Le vendredi 21'^ jour de jenvier iôG8. (.V. St.)
Ilanekins W'illokiaus dis Matons , lu juslichiés de pcndic
pour chc que il cogneut que environ le St-Chrisloflc dar-
rain passé, il meus de mauvaise volenté prist et embla I
cheval a le maison Thicbaul Dclc Haie et le vendit a Les-
kicUe IX escus. V.l il recogneut que il cl Hanckin Gonliers
qui demeure à Thumaide, VI ans a ou environ furent au
moulin à Basaides (Busècle) et prisent 11 rasiéres de bled.
Item adonl {alors) emblal 1 noir mouton à le maison Jehan
Gompiére à Dasaicles. Item It dis llanekin vint..,. (Gel
interrogatoire n'a pas clé achevé dans le registre.)
Le samedi ïiWjour de juillcl 13(i8.
Pierre de Pclbcpgiiien, fu juflichié- dr traîner n de
— 168 —
pendre pour chc que il cognent que il a este en le conipai-
gnie Ilanekin Bogart, I an ou environ cl fu à tuer Jehan de
Bfues dont li dis Pierres eut VI gros en se part et fu tués
pour che que il esloit riches homes et ne voloit doner don
sien audit Boghart. Et il fu présens à tuer Gillion d'Aude-
narde pour ce que il avoit accusé Willemin Copin et Arne-
kin Bogars liqucl fu justichics par Messircd'Escornay, Et
dist que il y a en leur compaignie une feme appellée Jehanc
Cabillau liquelle est amie à Hanekin Bogars et liquellc
cspie gens sur les kemins souvcnfcfois et demeure à Audo-
nardc, et dist que il sunt XVI et rcpairent souvcntcs fois à
Warnave ou environ le hailliu de Uesnais pour che que il
avoit fait justichic les trois frères Bogars. Fait samedi
XXIX"^ jour de jullct.
Le lundi li" jour iVaoul 13G8.
Jaquemins li Sage dis Cras-pour-?>ient, fu juslichiés de
cire enfouis tous vis à le Croisellc pour ochirc et mettre à
mort en nos justiche Andriu Romclin. Elle quel fait li dis
Jake cogncut avoir fait. Faille lundi XllIP jour daoust;
Jehan de Veson, foulons, fu juslichiés de pendre pour
pluis larcnchins que il cognent à avoir fait en Tournay. Et
dist que Jak li toilliers, le vint qucrre de nuit et en alérent à
le placctle as oignons et la Irouviérent I pourchiel et lescor-
chiérent et en eut chascun se part et y en cuwist VII livres.
Et dist que il et Jak Malars, Jak de Bruyclles et Jehan Four-
niers fiuls Jehan en une procession Ilil ans a ou cnviroii
emblérent au market as Vakes un pair de solcrs [souliers)
et aussi emblérent ailleurs ensemble basclar, tasses, froma-
ges et pluiscurs aulrcs choses dont Jak de Bruycllc en cul
une baselare quil porta bien demy an et aussi II paires de
solcrs et dist ouUrc que Juk Malars cl Jak de Bru}cl]c cm-
— 1()<) —
blcrcnl en ccli saison nioull de clioses ensemble. Et il di l
que llanckin rourniers, Al;irdins Dolanoil, Ihmekiu ses
frères, il cmblércnt à le maison diin tondeur devant S -
Ijrissc, drap ne scct (luantcs aiiesncs {combien d'aunes) il
valoit bien IX francs ou environ et en eut cbascun sej)f,
mais il rcnonsa se pari pour un priestrc, mes il ne scel des
autres que il en fiscnt. Item dist que le jour S^ Cbrislolle
darrain passé Boulogne et uns sien vallés dont il ne scct le
nom cstoient sur une maison qui fu Tassart Bcnoile et en
curent bien tant en tiulcs {liiilcs) que en bos (bois) le valeur
de III francs ou environ. liem dist que Jake Trudc, en
lance devant le tourble, cmbla viers les Pissoncbiaus une
sakic de lin qui valoit grans denier, et dist que li dis Tonde
est fort léres et que moult de choses avoient emblé cnsamblc
et que audit Tonde et llanckin Fournicr nescapoit riens.
Ilcm dist que avocch llanckin Fournicr aloicnt souvent
Jake-a-lc-Police et llanckin ses Ircrcs, et aloicnt de nuit
cnsamblc et ne leur cscaj)oit chose quil [)cuisscnt tenir fust
{soit) clokes, cotes touwcUcs et que il {(ni) Veson les a vcu
pluiseurs fois où il les porloicnt à usure et vendre as vies-
war. Et dist que il eut II caudrons qui furent Colars de lîic-
legnis et que au quarcsinc darrain passé il enîbla lin en une
maison à S'*^ Kalhrine lequel il vendi ù Jelian Boukaul cl
depuis en rendi largent et dist que li dis Boukaut et
se femc achatlcnl pluiscui's choses cmblces vaissiaus deslaiii
et autres choses et asses le pooit savoir car au vendre les
choses on leur disoit que il ne les vendesissent mie au point
quelles éloicnt. Et dist ([ue il fu jn-ésent as frères mineurs
ou li fossiers de S''^ Kalhrine, vint dire à Alardin de Ba-sai-
cles dit Doufour, que se il ne faisoit apoint dune cainturc et
dun hannp quil avoit pris à le maison dune lavieuse en le
rue de Wes, (juil eu aroil à faire. Ilcm dist (juc llil ans a ou
environ llanckin Eournicrs cmbla en une maison cnirc
— 170 —
S' Quentin et le pucli une cape (chape) un souplich {surplis)
et une aumuclie, et le mist à usure en le triperie à le maison
Colas de Bruicres. Fait merkedi nuit S' Bietrcmicus, XXIIl''
jour daoust.
Le mercredi ùO'^ jour d^aoïit 13G8.
Jaqmars Trude , fu justichiés de pendre à Ilavines pour
pluseurs larenchins que il cogneut avoir fais si cuni il dist
quil prist à Jehan Goûtais , une côte {veste) dont il eut XII
gros et fu à le Pentecouste darrain passé. Item prist à une
feme un double gris (1) et I bure (pièce d'éloffe de laine) dont
il eut XII gros et fu à le Penlccoustier. Item prist h une
feme de Gand, assez priés de Bruges, sur le chemin XV s.
de gros et cstoit ses vallés et li avoit kierkct à warder et
senfui à Tournay et cstcit largent en une côte et lors se
mucha en un bled. Et dist que pour che que Jehan de
Rcmueslarc ne lui volt faire avoir lettres de Mons. de Flan-
dres Descoreillc, que se jument avoit morse il li arderoit se
maison. Item dist que il tolli à Willem van Zelc de Gand ,
fournier se tasse {bourse) où il avoit VII escus de Bruges et
une cloko. Item à un home Vies St. Bavon (à Vive St. Bavon)
il esta IX escus pour che que il avoit peur que il ne le tuast
lavoit fcrut [frappé) d'un bâton et eut unes bcssaches
{besasse) ou il y avoit une livre de raisin. Et dist que il a
robe {volé) se suer {sa sœur) et ses cousins à Gavres, dun lit
et une côte. Item prist à le maison signcur Bauduin Poulin,
une côte et eut dun scyeur days de Gand par forchc sur le
kcmin XVI gros etli copa se coroie. Item cul il de III folles
fcuu's VIll gros. Audit jour.
(1) Double-Gris ce doii ôlrc une fourrure (liû'ércnlc du Pctit-Grix
oiR-ore rev;lierchcc do no? jours.
— 171 — .
Le mardi ^(j"^ jour lU janvier 1"08.
Cliiïs Liciers de Diqucmue, fii jusliclik's de toper ticslc
sur le market de Tourna\ , pour chc que ii cognent et con-
fessa que Jchans llyp de Bi'uges , qui est tisserans vint à le
maison doudil Clays à Estervorde en Englelerre, au mois
daoust darrain passe et lui dist quil aloit viers Londres, là
où il trouveroit Jehan Barait, Jehan de Lestuvc et Jaque de
Laeke qui lavoient mandé et estoit avoech lui Jehan Ilarde-
bove Dardemborg et aloient à II chevaux et dist que envi-
ron XV jours apries li dis Jchans revint et dist quil aroit
bon fianche de oir (entendre) boines nouvielles brisment car
Jchans Barait Jaequc de Lacquc et Jehan de Lescuve avoient
parle aus gens dou Roy Denglcterre, qui leur avoit promis
que se le mariaigc se fcist dou fds dou Roy Dcngleticres et
de Madame de Bourgogne, quil feroit tant au Roy quil
prieroit jjouryaus à Mons. de Flandres, pour grâce quils
pouissent ravoir le pais et se li mariage ne se fesist Jehan
Rix, dist quil feroit venir sire Gérard le Mocr en Engle-
lierre et sur che il kierka le dis Clay de revenir de cha le
mer pour parler as banis pour les faire aller viers Calais,
car il avoit bien consentement dou Roy de venir de Engle-
lerre sur le pays de Flandres. Et sur che vint li dis Clais à
Calais là où il trouva Piètre le Winke qui lui conseilla de
aler à Robiert de Huyssc, lequel il quist [chercha) à Valen-
ches et ne le trouva point. Apries il fist escrire un brief
audis Seigneur Robiert quil venist parler à lui, il lui dirait
chertaines choses qui lui porteroicnt honeur et profit et
dona le brief à le maison Jehan Arleboue à Tournay, et
dist que pour mille chose on ne laissast denvoyer le brief
audit Robiert, et quant Robiers eut le brief il prist cher-
taines journée de parler à lui lequclle journée Robiers ne
vint point. Api-ios il [)iisl une antre et assemblèrent à Cyellc.
Là fisl Clais so rcqneste audit Robieri et Robicrt rcspondis
(jue à tels clioses il ne voloit rien savoir ne de chose nulle
qui alast encontre Mons. de Flandres, apries il parla as
autres bonis qui furent à Tournay et trouva confort nul que
Andrin Makc, et Jehan dcle Daust, liquel disoient quil le
fcroicnt volontiers cl Wautier Masiérc et Jehan Arleboue le
volroient bien faire mais que le chose fust si avant venue
que on peust vcoir que elle peust alcr avant. Faille mardi
XV I^ jour de jcnvier.
Le ô^ jour de février iôCS.
Colins Clars, fiuls Watier dou Ghankicr Dclczielles , fu
juslichiés de pendre pour pluiseurs larenchins que il reco-
gneut avoir fais en Tournay. Cest assavoir. Al maison del
appariteur V linchius et une sarpilliere (</rosse /Oj7e.) Et
entra ens par les féniestres et fu avocch lui Gosses de Vezon,
Picrct Dogi et Willem Datre. Item embla au Beghinage
l linchocl et II worcoles {vêtements) et fut avocch Jak Du-
bus Willes Dalrc. Item embla à le maison dun cousturier à
le Magdelaine, I surcos {manteau de femme) de sanguine et
furent avocch Jak Dubus et Gosses de Veson. Et embla à li
maison Wautier V linchius et un couvcrtoire cl y fu avoech
Willes Datre, Jak Dubus. Et dist que Hanckin de Biethunc
avoit part à tous ses larenchins et prist à le maison Jake de
Lcuse en le cambre, une côte de feme , une plicc et un blan-
kel et y furent Ilanekin de Bicthune, et Willc Dacrc liquel
eurent le plicc et le blanket. Et que il cl Robin de Velly
emblèrent II paires de kauchcs {cidoltes), II caprons et imc
hupelandc et y a environ III ans. Item embla en le rue de
Blandcgnoise à le maison Lotars Glouton, une paire de lin-
cliius, II noirs caudrons et I kemisc de feme et y fu P'err
Dogi. Fait le III^ jour de février.
— 173 —
Le mercredi 28 mars l'an 1368.
Jehan Dele Dunch (1), lu justichés de copcr le ticblc sur
le market de Tournay , pour che que il cogneut et confessa
que Clais, le Clcrs de Diquemue vint I jour qui passés est à
lui et alérent boire à le maison Jehan Ilarlehouc, à St.-
Brixc, et là estoit Jchans Scadelin Erleboit , Jehans Laurens
de Diquemue, Liévin de Coustre de Gand et ledit Jehan
Arclebouc et liquel Clais Liciers dist audit Jehan Dele
Dunch : Jehan ne séries vous mie bien aise qui vous reme-
li'oit au pays de Flandres; liquel respondit que oyl (oui). Et
puis fîseut tout li dessus nomé une aliance telle il permis-
sent (promirent) audit Clais que au cas que il les mandcroit
à Calais, il iroient et pour venir et entrer au pays de Flan-
dres par forche avoech les fourbains de Flandres, et que il
avoient lettres de bien grand seigneur. Fait le mierkedi
XXVIIP de march lan LXVIII.
Audit jour , fu justichiés de pendre Hues, frères de
Hesdin, pour che que il cogneut que il avoit emblet à le
maison Jehan Blondiel, sen maistre à pluiseurs fois à la somc
de XV florins frans ou environ. Item cogneut que il embla
à le maison Piéres Dele Houssière IIII escus ou environ. Item
cogneut que il embla à Piéres Fiéret sen oncle jusque XilII
francs ou environ.
Avril l'an 1368.
Watiers Masiers de Courtray, fu justichié de coper le
lieste sur le market de Tournay, pour che que il fu suiwois
(1) Jean Del Donque, est condamné à avoir la tête tranchée pour
s'être ligué avec les ennemis de l'État.
22
— 174 —
et apprcliios que il avoit esté conspirateur contre sen droit
{véritable) signeur Mons. de Flandres et de che fait fii cn-
coupct (accMsé) par Clais le Clcrch, qui pour tel fait avoit esté
jiislichiés. Lequel fait li dis Watiers nya en sen raporta en
lesquestre(renç wcs^e) de le ville de Courtray .( 1 ) Si en cscriscnt
{ecrirent) li Eskicvins de le ville de Courtray en ceste ma-
nière : « Cliiers et Ames Sires, plaise vous savoir que nostre
trés-redoblet Signeur et Prince Nos Sires de Flandres
nous a envoyet une lettre mention faisant que nos vous
ilssimes envoyer en le cyté de Tournay, Il eskievins de nos
compaignons pour tesmoignier et reporter douquel fait
Watier Masicres vo prisonicrs, fu pourtrait [poursuivi par la
justice) et banis du pays de Flandres. Si est il Chier Signeur
que au eomandement de nos dis seigneur nous vous témoi-
gnions et certifions que li dis Watiers fu pourtrait et banis
par le loy de Courtray hors de pays de Flandres avoech plui-
seurs autres le IX^ jour de septembre lan M CGC LXI de che
quil avoient soustraict les banis et fugitifs de nos dit prince
en le contraire de lui et de ses boines gens et quil avoient
mandet en le ville de Courtray de le ville de Ypres les enne-
mis de nos dit prince et aussi quils avoient fait en le ville de
Courtray , aydianccs {aide) armages {armement) meutes
(é^neute) et pluiseurs aultres mauvais fais au contraire de nos
dit prince et des boines gens. Lesquels faits dessus écrits et
déclarés nous vous tesmoignions par ces présentes lettres et
par nos II compagnons eskievins adprésent en le ville de
Courtray, porteur de ces lettres, estre vraies, Chiers Sires,
Dieus vous ait en se sainte garde. Escript le V* jour dapvrii,
lan LXIX. .
(1) Lettre des Echevins de Courtraj à eeux de Tournai, au sujet de
Watier Mazières , accusé de conspirer contre son Seigneur le Comte
de Flandres.
— I7b —
Ilemscnsuitla leucur dune autrclcltrc de le ville de Coui-
tray. (l) « Clucrs et aînés Sires , plaise vous assavoir que
Jehan Maeliclconic souverain Bailliu en le ville el ehaslellenie.
(le Courtray , est venus pardevant nous en dénionstrant
que Waticr Masière vo prisonicr lui niainlient conie clerc
douquel li dis Baillius mainlienl le contraire. Et disl que
li dis Waticrs, prist en temps passé une lemc appelle Kathe-
rine Sinceux, valve (veuve) de Oston PiiJC et fdle de Félix
le Monc. Sour laquelle chose à la requeste doudit Baiiliu.
Nous avons pris information et tesmoignagc dou quel ,
ehiers Sire , nous vous ehcrlifions et tesmoignons que nous
somes informés souffisament par boines gens dignes de foy
que le dite Katherine femc adpréscnt doudit Watier, fu
fenie cspousée au temjjs passé dou dit Oston V\\)c, mais
quant elle cspousa ledit Oston, elle navoit que X ans et
demy ou environ et (juil furent en mariage 1 an ou enviion
et que il virent {vécurent) ensamble et avoeeh ce disoicnl
les dis tesmoins que oircnt dire li dis Félix corne père de le
dite Katherine que elle avoit XI ans quand elle cspousa le
dit Oston ki moru de che (piil avoit trop esté avocch ladiCc
Kathrinc adonc {potir lors) sa fenie. Dieus vous ail en bu
sainte garde. Escript le Viil'' jour davril. »
Le vendredi 28 sejdembre 15G9.
Thumas de Ilesdin , fu juslichiës de pendre pour che que
\\ malitieuscmcnt et de fait appensé avoit sur le nomë Thu-
(1) Seconde leilre des mômes Échevins de Courirai à ceux df;
Tournai, louchant le dit Watier qui se prétendait clerc, mais à lort.
puisqu'il était marié.
— 176 —
nias de Brabant, pris I pot destain une escalle dargenl a la
cavierne Picre Cent-mars le fil et lequel fait ilnya et depuis
fu prouve sonffisament à lencontre de lui et que celi escale
il avoit bouté en se sain et avoecli avoit une oreille copéepar
avant par fait de justice. Fait le venredi XXVIII^ jour de
septembre lan LXIX.
Jehans Maudois, fu justichiés de pendre pour pluiseurs
larenchins quil cogneut avoir fais à Bailloel et ailleurs. Fait
audit jour.
Rikais Hilais, fustichiés [sic) de traîner et de pendre pour
che que il estoit fourbanis {exilé) dou royaume de France,
si cum il appert par chertaines lettres li teneui'S sensuive. (1 ).
« A tous clieaus qui ces présentes lettres veront ou oront
y> Tristara dou Bos, sire de Faumechon, chevalier dou Roy ,
» nos gouvcrneres dou souverain baillage de Lille, de Doua y,
» de Tournesis et des appartenances salut. Sacent tout que
» nous avons fait estraire hors des papiers et registres des
it banis dou royaume de France, es assise de Lille, che que
» sensuit : Che sunt li nom et sournons des persones qui par
» nous Bauduin Sire Danckin, Chlr chambellcnt dou Roy,
» nos, gouverneur dou souverain baillage de Lille, Douay et
y des appcrtenances , furent fourbanis dou royaume de
» France , à tous jours et à toutes nuis sur le hart en lassisc
» de Lille , tenue par nous , qui comencha le XXI* jour de
" décembre lan M CGC et XL, dont li arrest furent rendu le
» XIII* jour de février lan dessus dit pour les fais qui chi
I apriès sensuivcnt : Ricquct Hilet appelée et somé par Jehan
(1) Lellrcdu gouverneur, du souverain baillage de Lille, Douai el
Tournesis, Trislam du Bos, qni affirme que Ricquet Hilet est four-
bani du royaume de France, lequel anOlé à Tournai est condamné à
être pendu.
— 177 —
» Julien, sergent dou Roy nostre, sour ce que de failappensc
» frauduleusement et par argent douant a laissiet alcr hors
11 des prisons de maire dont il estoit ceppiers {(jeolier), Guiart
V de Pest détenu prisonier dou Roy nostre, pour cas criminel.
)» En tesmoing des scellées dou scel de ladiltc souveraine
» baillie qui furent faites et escriptesie IIII"^ jour de may lan
» M CGC LXVII. » Fait audit jour.
Le 8* jour de janvier l'an 1370.
Willeras li Maires, fu justichiés de pendre pour chou liquel
recogneut de se boine volenté avoir embic et pris en le
maison Coppet, portier, Monseigneur Lesvesque de Tournay,
IIII hanaps {vases) dargent. Fait le VIII* jour de janvier lan
M CGC LIX. {An. style.
Le lundi II mars de l'an 1570.
Mikieuls Buichez dis dele Capellc, de Lille, fu justichiez
de pendre pour pluiseurs larechins quil congneut avoir fais
tant à Lille come à Toui-nay et par espécial à le maison
Jaqmart de Riqneîiem à Tournay, kieultez {matelas) cou-
vretons {couvertures) toyes de coussins de parges dœuvres
Darras {travaillés à Arras,) linchiuls , kiultez , pointes et
pluiseurs autres cozes , qui bien raontoient à le valeur et
estimation de LX frans ou environ. Fait le lundi XI* jour de^
march lan M GCG LXIX. {Vieux style).
Le 19* jour de mai l'an 1370.
Maigne, fcm Jeban Moysniel ditQuaresmiel, fujustichiéc
de enfouir toute vive pour ce que elle fu prise en présent
nicffait de avoir coppce le bourse de le feme de Jegan de
Onnd , liquel elle recogneut depuis avoir coppc et aussi
— 178 —
cogneut avoi, cmblé une piéche et une sustanc et autre
chose. Fait le XXIX^ jour de may lan M CCC LXX.
Le samedi lo* jour de juin 1370.
Hancquin van den Niden de Brouxielle , fu justicîiiés de
pendre pour chou quil fu pris en présent mcffait en la
maison de Jaquemart Boinenfant où il estoit entrés et avoit
aie [été] en le cambre de le mesquine , pris son coffi'e , em-
porté en une loge haute , romput et defonssiet oudit lieu et
pris en yceli la some de VIII florins dor francs en i franc en
paiement et laquelle chose il eongnent. Avoec quil avoit
cmblé une cotte Warabisée dhome et I aniel (anneau) dor
lequel cotte il avoit vendue à I home dont il ne savoit le
nom XXIIII gros et le dit aniel dor à I autre home es latrc
{parvis) Notre-Dame. Et cogneut li dis Hanckin, quil a esté
II ans en guierre avoec le prince de Gales et tenoit les che-
vaux endémontez quand ses maistrcs boutoit les feux. Le
Samedy XV* jour de juing.
Samedi 2ô« jour de septembre 1370.
Berte Redres de Gand, feme Wille de Long, thisscr
[tisserand) de toilles, fu justiehiés à mort de enfouir toute
vive pour ce que elle avoit heu (eu) VIII ans a ou environ
loreille coppée en la ville de Tournay , pour les larenchins
que elle avoit fait en la dittc ville si [ainsi) quil apport par
les registres de ycelle ville, fu au jour de huy prise en pré-
sent meffait de copper bourses de Maignc de Bury, en Ic-
({uelle bourse avoit XXIX gros ou environ et congneut ycelle
Berte la ditte bourse avoir coppée. Fait et instruit par
Tassart dou Puch , liutenant de Mons. le gouverneur c\
ses conseillers le samedi XXV^ jour de septembre lan mil
CCC LXX.
— 170 —
Le vendredi iS'^ jour d'Octobre 1570.
Gonleletdc Brie , fu jiistichics de pendre pour ee que il
rongneut avoir eniblé une piéclic dcscarlate à le maison
Thumas Auberon, une penne de menu vair (1) en le maison
Jchane mouiliards, revanderesse à le maison de Arnoul li
Marissal en le laisse [bourse) dou fil de le feme dudit Ernoul,
X gros avocc pluiseurs autres larenchins dont il estoit rcno-
més publiquement. Fait le venredi XVIII* jour doctobre lan
mil CCC LXX par Tassart dou Puch, liutenant de monsei-
gneur Enguerrant Dendin , gouverneur de Tournay , de
Tourncsis et des appartenances.
Le lundi \'t^ jour de juillet 1571.
Lotins de Lescluse de Chielle, fu justicbiés de pendre
pour chc que il cogneut avoir fais les larenchins qui sensui-
vent. Cest assavoir à Jehan Biernard de Bovielle, une cloke
puis se sangle (2). Item à Jake Darras, merchier une cloke
double grise et fource dun blanc camelin. A Leurent Dcle-
vcrgnc, une cloke viailaite sanglée. Item à Marie Kankaine,
une cloke senglée eskekelee, à Jake Witadeur , le fil une
cloke brune et se sangle , à Agnies Miellée , une cloke san-
(1) Le menu vair, le vair et le gros vair étaient des fourrures très-
recherchées au XIV' siècle.
(2) Une cloke pxiis se sangle, nous croyons que la dénominaiion de
sangle doit signifier ici la ceinture , dont les hommes à cette époque
se serraient la taille et l'expression que nous retrouvons plus loin
cloke sanglée signiûrait : Veste avec ceinture, cependant quoique le
Dictionnaire de l'ancien langage traduise les mots : Cloke ou Cloque
par veste, nous trouvons que celui peu usité de Casaquin rendrait
mieux le vêlement qu'on portait dans ce temps là.
— 180 —
guinaslre doublée de drap vermeil, à Arnoul Oslelare, une
noire cloke single , au vallet Jehan dou Gardin de Chelle
XLIIII gros. Item au fillastre {beau-fils) Jake Damiens, une
coroie, une paire de cauches {culottes), II aumiuches. Et fu
avoech lui Ilanekins Bousars et que il avoech le dis Bousars,
emblèrent pluiseurs auwes {oies) et poulais tant à le maison
Mauplaket cura ailleurs. Item dist que il et li dis Bousars,
emblèrent à Colart de Boussut, V aves de Blanket et I plan-
ton, lequel blanket lidis Bousars vendi XLV gros sen eut
li dis Lotins XV gros et li dis Brousars XXX et le planton.
Et il embla li dis Lotins en le maison Nichaise dou Frasnes
de Chielle , en un coffre quil brisa I aniel d'argent II vies
(vieux) gros et une affike {parure) dargent. Item embla au
clerch de Chielle de ses offrandes et autres choses jusques à
le valeur de VI gros. Et il embla à Adam le chervoisier de
Moriel-porle une paire blanques kauches , lesquels Bour-
ghielle, que na ne pris ne mis a pour VI gros quil emprunta
sus et embla à Lotin Bierte , en se caisse XXIIII gros. Item
embla à I vallet appellet Jonkoit, une aumuche , où il avoit
une affike dargent et embla à Willeme Vallet Mughelet ,
demorant à Chisoing, une paires de kauches sanguines et
dist que Margheritte dou Kesnoit, mcskine Mughelet est très-
maise {mauvaise) feme et a emblet pois, bled, car {viande),
vin, et pluiseurs autres coses à le maison dou dis Mighelct.
Fait lan M CGC LXXI lundi XIIII» jour de jullet.
Heyle Alars de Courtray, fu justichié de estre enfouie
toute vive , pour ce que elle cognent que par un joedi au
viespré elle en ala avoech Rogier dou Bos, liquel est adprc-
sent prisonier à le maison Léveskc et là demora jusques au
point dou jour ensi {alors) que li foulons vont à lœuvre et
adonc se leva celi Rogier et sen ala sour le pont de le Lys et
là trouva Martin Bloc , liquel estoit ses amis si quelle dist et
en ccl lieu (ce lieu) avoient pris heure dacort dès le jour
— 184 —
pardcvant et de là se partirent et en alérent ensamble jus-
ques à I cclier qui est à Ghiselin-Daint et là ouvrirent {ouvrit)
de force li dis Martins Blot luis doudit cclier dun raartiel en
manière de lauwiel {levier) et adont entrèrent ens ouquel
célier ils trouvicrcnt un eserinls lequel li dis Martins Bloc,
ouvrit dou dit Martiel, auquel cscrings avoit I corbisonciel
{petite corbeille) ouquil li dis Martins , prist IX escales
{êcuelles) dargent et II louches et entrues {au temps) que chc
fu fait par ledit Martin aile wardoit [elle faisait la garde)
a lentrce dou cclier que nuls nalast ne veinst sur eulx. Et
che fait et pris il sen alérent et sen ala ditte Heylc parmy
une ccnces en monstrant signe que elle sen aloit hors de le
ville mais tanlost elle retourna et revint kouchier dales celi
Rogier, dont elle sctoit partie et là demora jusques à le clokc
des ouvriers. Item dist que chicus Martins Bloc porta ces IX
hanas {coupes) el II louches dargent à le maison Martin de
Vos, usurier dcmorant dales le porte de piere à Courtray et
emprunta sus XVI s. de gros lequel argent ehius Martins
Bloc pcrdi as dés si que elle dist et asscs et est ychius Mar-
tins Bloc se parti et dist que en aloit ouvrer {travailler) de ma-
chonerie, à une ville de les {vers) Courtray à une liuwe pries
ou environ. Item dist que devant lespasse deXXIIII ans ou
environ, que elle est maintenue du métier amoureus elle a
pluiseurs homes dont elle ne scet le noms ne le nombre
emblc en leur caisses à le some dune livre de gros ou plus
dont elle en prist naguère en le caisse Stadelin Dromc
Coppe, II florins de LUI gros le piéchc, II heaumes à le
houppe (1) et I gros. Fait lan M CGC LXXI, le lundi XIIIP
jour de jullet.
(1) Heaume à la houppe , monnaie de Flandres ainsi que le
Gros.
23
— 18:> —
Le j* jour de janvier de l'année 1372.
Gisellns Palains de Gand, (1) fu juslicliiés de traincv et de
pendre pour che que il qui arrestés étoit prisonicrs et sou-
pechonés de pluiseurs fais se raporta en toute enquestes et
tant que on envoya à Gand, Jehan Plétars et Henri le Car-
licr, jurés et Jehan Balard, clerc et liquel se informèrent et
fu trouvé par lenquestre que li dis Ghiselins meus de se
maisc volenté de force et violence, bouta se main sur Bisse-
bcth Uteberken et le sang en saka (jaillit) el lequele chose
il cogneut avoir fait. Item cognent que IIII an a ou environ
il Ghiselins et Monin Beth de nuit tensèrent de force Mons.
de Flandres de le some de VI cscus dou conte. Item fu
trouvé par lenqueste que il est renomés de pluiseurs fais
villains et énormes de tenscr femes foliaus et par cspécial
une appeillée Héle amie Monin Beth, lequele il tuint VI se-
maines tant que tous ses drap et jujx-l {joxatix) furent tout
despendus [dépensés). Fait lan LXXl, le V jour de janvier.
Le samedi ù\'^jour de janvier 1572.
Rolans de le Bruyère de le tiére de Resnais (de la lerre
de Renaix), fu justichié de traîner et de pendre pour che
que arriestés cloit prisonicrs pour le soupechon de pluiseurs
desreubemens qui se faisoient dou bos de Breuze et environ
et aussi daulres pluiseurs fais, se reporta enenqucstepar li-
quelefu trouvé que à Resnais, à le maison dun appielé mais-
Ire Gille, il embla le moitier dun bacon {jambon) ou environ.
(I) Gisebin Palain de Garni est condamné k être irainé et pendu
pour avoir entr'aulies crimes arrôlc la nuit Monseigneur le comle de
Flandres el l'avoir rançonné de Yl ccus. Ghislain était accompngné de
Monin Beth.
— !8Ô —
Et aussi fu trouve que à pluiseurs personnes en le dite licic
avoit pris pluiseurs vivres oiiltrc (contre) le grès îles gens
et que pour se maise renomée il estoit banis de le tère de
Ucsnais et que se le baillius lui Icnoit il en feroit jnsticlic.
Ilcm fu trouvé que li dis Rolajis avoee un sien frère appellet
Ficrin , desreubércnt viers le Mont St-Audcbiert au liu cou
«list le Ronrdiel-Marait Jaqmart de Rosne , pelletier et scn
vallet liquel déreubemcnt, li dis Rolans eogneut et confessa.
Item eogneut que il déreuba une fènie quil ne seut nomer
de sen argent que elle avoit , liquele scn râlait {retournail)
de Tournay en Flainaut et avoit vendu fdlet. Item eongneut
que il avoech Ranicwavt don Mont, Ilanin Casse et plui-
seurs autres fu à ravir de forclie à Wocdeke une fenie. Item
dist et eogneut H dis Rolans que cornent quil euist dit et
proposé et euist esté requis come clerc sil estoit vrai que il
ncsloit mi clercs ne onques ne lavoit esté mes che quil en
avoit dit et fait clie avoit esté pour se vie sauver et alongier.
Fait ledarrain jour de janvier par samedi lan mil CGC LXXI.
Le mercredi ol" jours de mars de l'an 1572.
Ilancquins Bresins de Boussut, fu justichiés de pendri'
pour ce que il eogneut que à le maison Jehan le Cureur, il
entra en se cambre par derrière et monta par une eskielle et
brisa un coffre et dedans csloit environ VI francs. Item à le
maison de le Slake en le bourse dun des vallés I franc et
Vil gros ou environ. Item à le maison Biernard qui nient
ne glane en 1 coîTre qui estoit à des vallés de lostcl, le valeur
de II francs. Item en le bourse Mouton, moucheur d»;
vin (I) le valeur dun franc et VII blans. Item dist que à le
(1) Moucheur (Uni \p\i\r (le Moucliou, IxmicIkiii, pI s»' iratliiiiv |i;ir
tireur-de-viii, noin r|n'on cJonno vu!;; ircnient hh >-'>iin;lit'r fj'ii invi I«j,
\iii ddiis Ifs lioiilcillcs cl se clKir"f de les ItomlitT.
— 184 —
fiesle de Mons darrain passé il fut à Quaregnon et prist à
I compaignon avoec qui il gisoit, en se bourse I franc et à
Niviellc en Braibant, à sen hoslel il prist XV gros de Brai-
bant. Fait le mierkedi darrain jour de mardi en Paskes lan
LXXII.
Le samedi ]0^ jour d'avril l'an 1372.
Malhius de Mor de Thius dales Gramont. fu justichiés de
enfouir tous vis pour ochire et maittrc à mort en no justiche
Bernekin le Clcrch Daudenardc, Fait le samedi X* jour
davril lan M CGC. LXXII.
Le [G^ jour d'avril l'an 1372.
Lan rail trois cens soixante douze le XVP jour davril , fu
justichiés de traîner et de pendre Gillekins-li-Cranes, pour
ce que il en murdrc et en villain et mauvais fait en le ville
Dalli échist (pour occit : tuai) et mist à mort Gille Deuil de
Grantraond, et douquel fait li dis Gillekins-li-Cranc, fu
pussuiwis par Watelars Deuil et fu li fais pruvés cstre mau-
vais et murdriers par pluiseurs tesmoings esquels li dis Gil-
liaus-li-Crane scstoit rapportés.
Le 6* jour d'août 1372.
Lan mil trois cens soixante dcuse le VI« jour dou nioys
daoust, fu justichiée denfouir toute vive Jeliane fouie,
pour clie quelle avoit pris et embled à le maison Jehan
Bidau Brouwet, XX florins tant vies escus corae frans. La-
quele chose elle rccongneut avoir fait sans contrainte aucune.
Fait par lassons des Prcvos et Jurée.
— 18b —
Le S" jour (Vaout 137^.
Le VllI^ jour daoust hui mil trois cens soissanlc et tlouse,
furent justicic dardoir Willcs don Four, Henry Datrc et
Jehans Doupuch, bastars, fils de feu NikaiscDoupuch, si quil
disoitpour elie que il recongncurent de leur boii'.e volenlc
avoir comis crime contre nature.
Le l¥ jour du mois de janvier 1373.
Jossekin Dele Croix de sainct Génois , fu justichics de
pendre pour ce quil de se boinc volenlé congneurent quil
meti de lart de lanemis (1) avoit par III fois pris et ciublct
au coffre de Jehan se vallait [son valet) VllI Uorins dor frai s
huit gros et II blancs lesquels il dist que il avoit jeuwé
(joués) et perdu as des. Fait et régie par assemblée des Pré-
vos et Jurés le XIllI^ jour de jcnvier.
Ls premier jour d'avril lan 1373.
Le premier jour davril lan mil trois cent soissante dousc
fu Mikieux Foene, justicliiés de trayner et de pendre et
pour ce que il qui se.sloit mis à cnqucstc dcle ville Dyppre,
ce qui avoit nyet que il navoit fait aucun villain fait de
avoir occhi un home sur son corps delîendant appiellé Lau-
rin Lottin. Et il fu trouvé le contraire. Et aussi (jue il avoit
ochit Jehan Saintin et esté à murdrir Jaque Kicf, escuier
dou baillif Dyppre, et aussi que il avoit dércubé maitrc
(I) L'aiieniy pour l'ennemi bignitie ici ol dans rapports scaiblublt;?.
rcspiit ilialK.'li'|ue, lo dôiuoii.
— 180 —
Zaclie t't p!uis(!urs autres fcnies foliaus en le ville Dippre.
Lesquels reubes 11 dit Mikicus despuis son jugement cogneut
avoir lait et que il avoit été par longue espasse de temps
houriers et homes de maise vie, dist oïdtre que à rober
maître Zadre, fu Copins Scoutin de Ipre, foulons. Et Jehan
de Wittc a fait pluiseurs larenchins dont il est baiiis de
Flandres. Fait par assens des Px'évos et Jurés lan et jour
dessus dis.
Le deux du mois d'août l'an 1575.
Ilanaekin de Biausant Daumallc, fu justiciés de enfouir
tout vif pour cequil ochist et mistàmortGodefroit Debyhens
et lequel fait il congncut avoir fait en le présence des Prévos
et des Jurés, fait par lassons des Prévos et Jurés le I^ jour
daoust lan rail CGC LXXIII.
Le lô' jour de février 1574.
lîaiiin de Clingc de Courtray, fu justichiés de copcr le
kief et pour chou que il cstoit banis de Flandres oome rou-
tier et conspirateur et esmouveur de commune contre sen
Signeur Mons. de Flandres, lequel chose il recongncut estrc
vraie et aussi avoit il esté banis dclc ville de Tournay en
lan mil CGC LXVII dou temps ([ue Mons. Enguci-rant Dcndin
Cstoit gouverneur de Tournay. Fait par lassens des Prévus
tt Jurés le XIIP jour de février lan mil CCG LXXIII.
Le 12 de mai l'an ïôlï.
IIanc(iuin de Lestoe et Giliebinsde Weilcs, furent justi-
chiés de trainner et de pendre comme meurdreui' et i)our
cequil de nuit et de fait oppensé navrèrent et ochirciil en
— 187 —
liUlrc S' Brissc Ilanc Don Brucq dit Lintruco, etliqiiclc morii
sans jMirlci' cl lequel fuit lidis Hanrkin de Lcsioc et Gillekins
de Welles nyérent et depuis le recongneureni avoir fait.
Fait par lassens des Prévos et dos Jures le XI1« jour de niay
lan mil CGC LXIIII.
Le \l)^ jour de juin de l'an 1371.
Bavin de Casse, fu justichies de pendre et pour ce que il
de se boine volenté congncut quil avolt coppé le morgal
(agrafe) dargent sarckin et aussi congneut il, avoir fait plui-
seurs autres larenchins de coppcr bourses et morgans et
congneut de avoir fait ycclui méfiait passé le Icrmc de III
ans. Fait le XV' jour de juing par lassens des prévos et
jurés.
Pictrckin Benne, cousturier de Morscle,fu justichic de
pendre et pour ce quil congneut qui! avoit cojjpé XVIII
bourses despuis le terme de III ans et en avoit eu en se part
la some de VIII fi'ans et dist et recogncut que Ilanin de
Casse lui a apris à faire v celui larenchin et avoit eu se part
des dis larenchins ycius {cet} Hanins Casse deseus nommés.
Fait par Insscns des Prévos et Jures, le XV^ jour de juing.
Le 1" jour de juillet l'an 1574.
Thicssekin de Vos, fu justichies de pendre et pour ce que
il congneut et confessa de se volenté que il avoit coppé plui-
scurs bourses et par espécial il fut pris en présent mcffait
quil avoit coppé le bourse Willcmins , meskine [servante)
Jehan Pouchiel fait par lassens des prévos et jurés, le VII*
jour de juillet.
Jehan le Frayé, cousturier, fu justichies de traincr et de
[)rndro et pour chose quil congneul (|iio pour poursuiwir
— 188 —
loy et jiisUcc il avoit ochi et mis à mort Jehan Flaigont cl
avoeq ce congncut il quil avoit coppé pluiseurs bourses et
dcsrciibé à Brues le vallait dun bourgeois de Valenchienne.
le somc de lîl frans de Ilaynaut.
Fait par lassens des Pr évos et Jurez, le V1I« jour de juillet.
Le 28* jour de jinliet lan 1374.
Le XXVIIll" jour de jullet lan Mil CGC LXXIIII , furent
jusîicbiés de traincr et de pendre Audrues de Bruges et
Jchans Colcmadins et par ce que il {ils) en mauvais fait villain
et nnirdrier ochircnt et misent à mort, Jaque delà Haye,
baslard, et dist et cognent Jehan Colcmadin que Jaques de
Borgies et Lotins de Borgies , ses finis sestoient coraplaint h
lui disant que li dis Jaque de le Haie, leur avoit tant meffait
quil nen povoient plus souffrir et lui pryer quil les en volsist
vengicr et pour ce que il essoit de sang et de linage audit de
Borgies, il ala avoec ledit Audruet et navrèrent ledit Jaque
de le Haie, dont morssen ensuivist sans ee quil en e\iv>'it{eui)
maille ne denier pour faire ledit fait for pour cause de sanc
cl de linage.
Le 29 viars de l'an 1373. {IVouv. shjle)
Jour ce que le XV* jour de raarch lan mil CGC XXIHI,
Gilles Greniers dit Houbclins, Gillckins li Plains et Hanekin
Buisscs, tous trois chacung avoient esté pris et arreslc en la
ville de Valenchiénes pour pluiseurs murdrcs et larenchins
dont il esloil souspcchonnc, liqucl de leur boincs volenté,
cogncurcnt que an et demie avoit eaux III avoccq eaux Piere
de Kevy et Raisin le Prieslre, chavet (palfrenier), demorant
en le rue Dele Val, avoient par decha le mont St Audebicrt,
ochi et murdry II homes devant oultre que Maignc li Noire.
— 180 —
amie dou dit Kaisin , avoit espié yccux II homes et aussi
confessa li dis Gillcbins li Plains et acusa Jehane Violette
dittc Adc deraorantcn Bicqucricl, avoecq J. Soursicourtsous
lequelle accusation faicte le dis Kainsin li Priestre et Maignc
Le Noire, furent pris et arriesté en Tournay et congneurent
li dis Kinsin quil esloit vérité, quil avoit bien prist de lar-
gent, qui avoit esté trouvés sous yceux homes I!I florins
frans, et quil avoit un des ces yceux homes féru dun plan-
chon [épieu) entre II espaules et li ditte Maigne li nomé sen
amie en heut VII frans et aussi congneut li dite Maigne Le
Noire, quelle fu as dis murtre et les cspia entre li dis Jehane
Vielette dite Ade, amie dun chy-dessus només qui pour le
temps as {ou) li dit murdrc furent fait, estoit amie doudit
Gillebin Leflains et en heut I franc en se part et aussi en heut
il dite Vielette, un franc en se part. Lesquelles recognissance
li dis Raisins et li ditte Maigne Le Noire, congneurent de
leur bonne volenté. Présent: Jaque Dantoing, PiotLiMuisis,
Jaquemin Delmotte , Pierre de Rogre ^ Lcurent Grandin ,
Renant Le Noire, Jehan Lebiel^ Jehan Karaigne. Et pour ce
fait justichiés à mort. Fait le XXIX« jour de march, lan mil
CGC LXXIII.
Le 20* jour de mai Van 1575.
Jehane Violette con dist Ade, fu justichié dardoir pour
che que elle de se boine volenté, congneut que elle avoecq
Maignon Le Noire , amie Kaisin le Prestre Gillekin , furent
quinte ou syx homes par decha le Mont Sains Audebiert, à
murdrir, Kaisin le Prestre, Gillekin le Plains, et Pierre de
Kievy, et dist que ycil avont IX frans en blang monnoie
dont li dis Gillekins en heutïll francs en se part. Elle Jehane
Violette un franc, li dis Kaisins II frans, Maigne sa raie un
franc et Pierre de Kievy eut le rcmanaut. A ccsle congnis-
24
— 190 —
sance furent Guillebiert li Grcvis, Jehan Cardenier, Jaqmart
Monnois et Jaque-à-lc-Pliclie. Fait par lassens des Prévos le
XIX jour de may.
Le Tô^ jour de mai 1375.
Pierre Espaignart dit dele Flog Dissel dales Ath, fu jus-
tichié de pendre pour chou que il congneus quil avoit pris
et emblé à le maison Jehan Disiel à Wavres III cotes de feme
un mantiel dôme et pluiseurs autres choses et juiaus {bijoux)
fait li XXV* jour de may.
Le l^^ jour de juillet l'an 1575.
Le VII jour de Jullet lan mil CGC LXXV, furent pris et
arresté dalcs les Augustins, Climens Banace, Walebin Fie-
rien, cordewanier, Leurequin Cornielle de Morebecque,
Valentin Martin et Claiekin Seleure dit de Hazebrucq, pour
ce que eulx daghaits (1) et de propos appensé estoient aie à
le grand rue saint Jaque, en le maison Jaquemart Loupet,
févre et yccluy avoient lanchie {percé) dune espée desoubs
le mamielle au droit lés {coté droit) et fu de ycelle plaie
tenus en péril de mort si fu demandé aus dessus nommés
par devant les tesmoings chy apriés només pourquoi et à
quelle cause il avoient fait le dit fait, liquel Climens Banace
nya par devant les dis Prévos et Jurés que il navoit point
navret le dit Jaquemart, et despuis congneut et sans con-
trainte que il avoit fcrut le dit Louppet dune espée deux
cops et que Biertrans Leurin de son hiaume et Crestyens ses
frères à qui il estoit de sang et de linage siquel disoit, li
(1) Daghails, armés de daghes espèce d'épée qui se rapprochait
poar la taille du poignard.
p-^-^y* — 191 —
avoient dit et engoint que il avoecq les compaignons dessus
només alaissent battre ledit Luppet, liquelsà lerequestre des
dis frères ala faire le dit fait avoecq les dessus només disant
oultre que li dessus nomé ne li sont de sang ni de linage fors
tant seulement ledit Bicrtrant et sen frère. Et li dit Watekin,
Leurekin , Ciaiekin et Valcntin, dirent et congneurent que
ledit Bertrant et sen frérc les avoient mandés et avoient but,
mengiet et couchct en sa maison le nuyt précédente et leur
avoient dit au matin « biau signeur, Jaqraars Louppet nous
a meffait, si vous prions que vous lalés battre et nous van-
gier sans luy tuer et nous vous quictons {donno7is l'assurance)
que nous vous paierons vos despens de venir et de râler et
avoecq ce, quant le fais sera fait, nous vous furnirons et
emplirons vos bourses plaines dargent et feront assez pries
[auprès) de vous pour vous aider se mesoen (besoin) en aves,
et vos en acquiterais dou tout. » Et sur celles parolles et
promesse , ils alérent faire le dit ftiit et avoecq ce « quant
vous ares fait le dis fait nous vous menrons à Antoing,
auvecque nous. » Dist oultre, le dit Walekin Fierien, que il
entra en le maison dou dit Jean Louppet, avoecq le dit Cli-
mench et listequa (frappa) dune dagbe. Et le dit Valentin
Martin , dist que il nappartient à aucun des dessus només
fors tant seulement au dit Walekin Fierin , qui estoit ses
cousins. Toutes lesquelles recoggnissances li susdit nomé,
ont recongneut, présent : Jeban Florin, Jehan au Touppet,
fil Miquiel, Jehan de Leers, Jaqueniin le Cuvelier, Jaqmart
Blanchart , Jehan Horclore , Nycet de Morcourt , Jehan
Dorcque, Jehan au Touppet, fil Jehan Caron, Gringnart et
Biaulin.
Et depuis ces recognaissances ainsi faites li ditWalekins
Fierin, Leurekin Conniellé, Valcntin Martin et Clarekin, se
l'rére, dirent et congneurent de leur volonté que il nesloient
de saniî ne de linoce aux dis Elrans ne à sen frcrc. Il
— 192 —
avoient esté à villener (outrager) et navrer ledit Jaqmars
Louppet et à le requeste et pour les dis frères, a qui il nes-
toit de sang ne de linage, si quil recogneurent tout les III
dessus dis qui furent condemnés par jugement et assens des
jurés à morir de teil meur {mort) que de trainer et de pendre
tant que ils fussent mort. Lequel jugement fu mis à exécu-
tion et furent les III dessus només justichiet. Et recogneu-
rent li III dessus només avant leur mort le véritié. Présent :
Jaque le Cuvelier , Jehan au Touppet , fils Nicaise , Jake de
Sirau, Pierre de Velaine, Jehan Dorque, Jehan Bourdin,
Jacques dou Casteler , Pieraes Cauffet, Pierre le Nep veut,
Bete don Gardin et pluiseurs autres que les dits Biertrans
et ses frères, qui ne leur appartenaient et que il ny avoit
point de linage {qu'ils n'étaient pas parents) che fu fait le
XII« jour de juUet, lan mil CGC LXXV dessus dit.
Zc H* jour de juillet l'an 1573.
Le XI" jour de jullet lan rail CGC LXXV, fu justichiés de
trayner et de pendre Lamekin Beinoict dit de Best. Et pour
chou que il qui sestoit mis en toute emquestes fu trouvé
coulpables en le dite enqueste qui fu faite à Roulers à Rum-
becque et ailleurs, de pluiseurs énorraesfaits. Gest assavoir
que il meu de son movais corage par ce que le frère Piere
Hanis, qui par constrainte de loy et de justice, avoit esté
oys en tesmoingnage en une franque vérité , à Rombeque,
pour enquerre la vérité de chertains larcnchins, que li dit
Lanekins, avoit fait en laditte ville le suiwant viers maire,
et le navra lui et Fransekin, sen frère. Item fu trouvé que
il avoit desreubé Hanin de Kok, demorant à Rumbeque, de
pluiseurs draps et bourses et avoeck ce, fu trouvé en le dille
enqueste que pour ce que li dis Lamekins , poursuiwant le
feme Clais de Vinc, vint en le maison doudit Clais et de nuit
— 195 —
et le navra dun penichou et leuwist {l'eul) tué se ne fuissent
les boines gens qui y sourvindrent. Et ce recongneut li dis
Lainckins, avant sa mort , avoecq pluiseurs autres villains
fais dont il est renomés.
Le merquedi 48« jour de juillet l'an lô7u.
Cliraench Ranau , fu justicliiés de traîner et dépendre
pour pluiseurs fais que il congneust fais. Et premiers et
principalement que li dis Climens-dit-Dcubtes, lui disant
estre de sang et de linage , à Bierlran Leurin et Xhristyen
Leurindit Villain, sen fi'ére, à leur requestre avoit esté et
demeuré à leurs despens en leur maison lespace de VI sep-
maine ou plus sans payer maille ne denier. Et que à cer-
tain jour les dis frères leur avoientdit que il les alast vengier
de Jaqmart Louppet, févres, qui les avoient injuriés, liquels
Climens à le requeste des dis frères, accompagniés de Leu-
rekin , Cornielle de Molebeque , Valentin Martin , Claiekin
Seleure dit de Hazebruck et Walekin Piérien, cordcwanier,
qui en rien ne lui estoient de sang ni de linage , alérent à
le maison doudit Jaquemart Loppet et le navrèrent et mirent
en péril de mort et depuis fu sceu et pruvé souffisament que
li disClémens avoit congncutqui il nappartenait as dis frères
et aussi dirent li dis frères devant tabellion (1) que ce que
il avoit fait de le dite navrure, nestoit point leur fais ne pour
eaulx ne fu faicte et se désavouèrent du dist fait. Et avoecq
ce sestoit li dis Climens mis en toutes enquestes si fu trouvé
par lenqueste que li dis Climens avoil fait pluiseurs laren-
(1) Tabellion était le nom qu'on donnait jadis anx notaires dans les
justices subalternes et par exlention aux greffiers qui suppléaient aux
notaires. C'est la première fois que l'on rencon'.re cette dénomina-
tion dans les registres de la loi.
— 194 —
chins et autres villains fais, si comme de violenter femes
puis brisiex' et autres maléfices pour lesquels fais dessus dis
li dis Climens, fu justicié à mort, par lassens des Prévos et
des Jurés.
Le 31 août de Van 1573.
Le darrain jour dou mois daoust , lan mil CGC LXXV,
furent juslichiet de pendre Pieret de le Plancque, de Poltes
et Pietrekin de Hierleghe, de Courtray et pour ce que il de
leur volenté sans force et sans constrainte recogneurent
avoir pris et ambles à Toufflers, à le maison PiérartChokiel,
bastart, un jupon pasuiet, qui estoit [à] Gosselet dou Puch
et V frans francbe [de France) II florins de Bruges de XLIIII
gros le pièce , un essekin dor et XL gros de Flandres , une
espée et une pièce de toille. Et lesquelles eoses furent trou-
vées sour eaulx {sur eux.)
Le jeudi 14^ jour de décembre 1373.
Le joedy XIX* jour de décembre lan mil CGC LXXV, fu
justichiés de trainer et de pendre Hanekins Mahius et pour
chou que il qui estoit banis à tous jours de le ville et cité
de Tournay, estoit de nuyt revenu en la ditte ville et liquel
congneut que il avoit tué et ochis à Gambray et de nuyt
Ilanekin Rigaut dit Des Planqs, ménestrier et depuis nya
quil navoit point ochi ledit Ilanequin et depuis ce sans cons-
trainte recogneut avoir fait. Item recongneut que il avoit
ochi à Paris, et de nuit un compaignon quil ne congnissoit
pas et qui rien ne lui avoit meffait autre chose quil le voloit
faire widier (partir) diui vinage où il Ilanekin Mahieus ,
busquoit {cherchait forti ne). Item dist que les lellres de
— 19d —
coronne (1) quil avoit sur li, Jehan Bouclés prcstres, qui
cstoit SCS {son) cousins li avoit administrées et les avoit
rasées [effacées) et mis le nom dun autre cili doudit Hanekin
pour ce que il Hanekin , estoit en prison et par vertu des
dittes lettres il fu rendus à le maison Monseigneur lévesque
et non obstant quil fuist point clers. Pour lesquels fais
dessus dis avoecq ce quil estoit rcnomés de pluiseurs autres
mauvais fais Ychuis Hanekin , fu justichié par lassens des
Prévos et des Jurés.
Le i" jour de mars 1576 [noiiv. style).
Le samedi permier jour de mardi lan mil CGC LXXV,
justichics de traîner et de pendre Adias Misane de le Gau-
chie Notre-Dame dales {au delà de) Sougnies, pour ce que
il recongneut de se boine volentc que le jour précédent
entre el bot de lez Lens et Lénin {ffainin) il avoit navret
dun plancqon (pique en bois) au kief {tête) Jehan Saintron
de Ving, varlet Jake Grenut dit Rifflart baillius de Lenin,
Depuis lequelle navrure faite et que ledit Jehan de Saintron,
fu jettes par terre le dit Adin Misane , prist et roba II
kevaux que ledit varlet menoit à le kicrue {charue) lun gris
et lautre bay. Lesquels il amena toute nuit lun à Tournay et
lautre laissa au bos de Planart. Item recogneut qui il et
Gardins , ses frères , avoient sur boine paix en contreven-
geant le mort de leur père, dont il avoient receu lamende ,
ochis en le ville de Sougnies, Golin le Tordeur, Jehan Gou-
lon et Jehan Loriel. Pour lesquels fais le dis Grardin, fu
(1) Les lellres de couronne étaient des certiûcats de tonsure ou
de préirises qui renvoyaient <i la juridiction ecclésiastique, ceux qui
étaient incriminés de quelques méfaits.
— 196 —
juslichiés de copper le kicf , à Jcmbloux desous Jcnaples,
en Braibant.
Le 12 de juillet l'an 1576.
Le XII* jour de jullct, fu justichiés de trainer et de pendre
Lolins de Valenchiénes, pour ce que il recogneut de se boine
volonté , que environ un an a il et Xhristins de Tournay,
Pierre Kaisse, meurdrircnt un home et destika [frappa) les
gambes au eorps de IIII cops. Et eut en se part XXVIII
frans environ.
Item congneut que un pau apries } cel fait, il un varlet
Gheugon, appelle valles et un autre Gheugnon, jeuene
home, nomé Hanekin de Malines de Broussielle, mourdri-
rent es bot [au bois) de Baudour , un home qui avoit une
longhe barbe et heut en se part de largent que il avoit sour
lui VIII florins frans et féry li dis de Maline le premier cop.
Le 'premier jour d/aoust l'an 1576.
Gosses Van Acstre, fis Tassars Destrel-sous-Meuse , fu
justichié de trainer et de pendre pour chou que il congneut
que lundi darrain passé, il et Hanekin de Bruges, confurent
[allèrent oisemble) et desrobérent decha le bos dou liu
Gherardin dou Pot, à Wcrchin. Et congncurent il, que il et
li dis Jehan de Bruges, le XV jeuins amurdrirent au quemin
de St- Amant, Gilles Lambert , liquel avoit sur lui XII frans
et franc et demi de paies entre ceste [de cette so^nme) li dis
Gosses en heut IIII frans et demi pour se paiement.
Item recogneut il que il et li dis Jehan de Bruges IIII ans
a meurdrirent un home qui avoit IIII francs sur lui et que
il et Jchanins de Braibant, emblérent à Tret, une coroie
clnuwéc (garnie de doux) dargent au pris de VI frans.
— iWJ —
Le SG"" jour de septembre de l'an 1370.
Margherite dou Torgoir, fille Colart, fu justichic dcnfouir
toute vive pour chou que elle congneut avoir emblc à le
maison Gossart Campion , une pièce de toille de X aunes.
Item congneut li dittc Margheritte , quelle avoit cmblé à le
maison Jehan Musart , son raaistre les coses si sucuwant
[qui suivent) : Et premiers trois bourses et une Patreoostcr
etpluiseurs.... [Ily aici une déchirure).
Une cotte à chindre, une autre cotte de causebin à coudre
\jn blanquct à famé , une cotte hardie de famé, uneplice,
un capron de feme boutonet dargent , une pièce de soie
de deux paires de linccux, une nappe, un coffret, une
viestrine , un bon capron de famé et un mauvais cotron de
famé, unaneau qui valoit XIIII florins, en une petite boite.
Le 14« jour du mois d'octobre de l'an 1376.
Gilliars Papins, fu justichiés de pendre et pour chou que
il de se boine volenlé sans force ne constrainte dist et reco-
gneut que il meut de lart de lanemys de convoitise scn ala
de nuit à Portes (Potte), en le pasturc Pierre au Toupet et
là prist et embla deux boes {bœufs), lesquels il mena à Cour-
tray et là les vendit à lostel de la Flueur de lys (ô) Colas de
Luisiclle, la somme de XVIII cscus. Fait en lassens des
Prévos et des Jurés.
Le 2 décembre de fan 457G.
Le IP jour de décembre lan mil CGC LXXVI, fu justichic
de traîner et de pendre Hanekin Lesnut dit Reughier, pour
chou que il de se boine volentc congneut que il avoecq
— 198 —
Pierre Le Doins , marchandèrent (1) à Lautin du Hove , de
tuer Clais Loltin scn sérouge [chirurgien) contre qui il avoit
perdu I plait (procès) en laudience Mons. de Flandres, liquel
Hanequin et Pierre meu de lart del anemi alérenten le ville
de Bruges et là faintement se alérent acoulier [rapporter)
oudit Clais Lottin, disans que i! avoit à plaider en le court et
audience doudit l\!onseigneur de Flandres et quils iroient
avoecq lui, liquels Clais confians sur ces parolles et espérons
que ils deisset vérité, fu a-waitie [vu) par ledit Hanckin
et Pierre devant l'église Notre-Dame à Bruges, et de nuyt
le tuèrent et le meurdrirent et de clie rechurent la plus
grande partie des V livres de gros que par ledit Lautin du
Hove leur avoit esté promis pour le dis murdre faire. Les-
quelles choses dessus dites, li dis lîanins cognut. Présent :
Jehan de Malines, Jehan de Bru} elle , Jake-à-Ie-Pliche et
Jake Monoie , Jehan Daire , Jehan Cardcnier , Jaeque de
Bruyellc. Et congneut ledit Hanckin que il et Raout Siérans,
temps passé navrèrent Jehan Mesquin de pluiscurs plaies
quil ala de vie à trespassement. Fait par lassens des Prévos
et Jures lan et jour premiers dis.
Lan mil CCC LXXVI au moys de déccmhre', fu justichié
de trainier et de pendre Lolins Walés dis li Grans, pour ce
que il congneut de se boine volenté et sans constrainte avoir
tué et ocliis daguet à pense (2) avec Jehan le Gaige, qui en
rien ne lui cstoit de linagc, Jehan Blanquart dit le clerc
(1) Marchandèrent à Lautin de Hove de tuer Clais Lottin :
doit s'inlerpiéler que Haanelin Lesnul et Pierre Le Doiiis convinrent
avec Laiilin, moyennant certain prix de tuer Clais Lottin.
(2) Daguet à pense- La Dague était une courte épée ou poignard,
celui désigné ci-dessus avait probablement une forme particulière.
Nos annales criminelles font pl'jsieurs fois mention du Daguet-à-
pense.
— 199 —
lie Lambcrsart, pour chou que yehi.ius Jehan Blanquart
aitioit à le court de Mons. Lcves(juc, Pierre Desbons, maril
de la fille doudit Jehan Blancart à leneontre de Jehanettc,
amie doudit Lotlin. De quoy ychius Pierre Des bons avoit
hou I enfans et autre cause ne autre mouvement, navoit li
dis Loltars de faire ledit homicide en le personne doudit
Jehan Blanquart. Fait par lassons des Prévos et Jures lan et
au moys dessus dit.
Le 26^ jour de janvier l'an 1377. { IV oiiv. style).
Le XXVI= jour de janvier, lan mil CGC LXXVI , fu justi-
chié de pendre Hanokin Carbon de Tainlegnics, pour plui-
seurs lareehins que il de se boine volenté congneul avoir
fais es lieus et as personnes qui scnsuivcnt. Premiers cognent
quil cmbla à Jehan Randoul Plaqueur , une cloque grise
mclléc et I capron ample tout sainglé et y a environ sept
semaines et vendi tout à I vieswar vers saint Pierre et na
mie mémoire combien il le vendi. Item congneut quil
cmbla en le maison dun carlicr {charon) à Moriau porte I
hauviel {hache) de carlicr, une cauches [culottes) lequel îkmî-
wiel il vendi X gros et li dit caiiier le racata XI gros et les
cauches, il vendi I gros et racata li carlicr li haviel un frans,
dehors le porte Coqricl qui tient hostôlerie. Item congneut
que il avoit cmblé une cloque de drap de Warny qui estoit
le ballius Jake Croqucvillain et csîoit au pris de XVI sols de
gros. Item cmbla il à Salmcs-sour-Lescaut en le maison
Coppct dclc 7'ourt, porteur au sac, une cloque plissé. Item
congneut quil onibla as Estrues dccha Escault et ncst recors
coenl {comment) elles ont a nom, Icquelle cloque csîoit dun
drap de brunette et le vcndist à un viesllard ^^demornnt'j'i
Sl-Brissedcviantléglise elfu environ le pourchess (procession)
darain passé loquoHe cloque valoit le njoitié plus ({ue il ne le
— 200 —
vendist. Item congncut quil cmbla en une maison quil ne
sceiit nomcr environ le pourchcssion, II raenteaux de feme
dont il cust XL gros à une feme qui ne cognoissoit en une
taverne à Cherquc. Et li autre martiel nest recors à qui
(ne se souvienl pas à qui) il avoit cmblé si quil congneusl
deshueis [hors) le porte Dele Tieullet aie maison dune pau-
vre feme, un blanquet lequel il vendit X gros à une feme
demorant rue de Beuvres , chez Wicswars et aussi il erabla
en ce lieu une eaucliie quil vendi VI gros et y a environ VI
mois , il cogneut il embla en une maison dele porte Dau-
bégny, une cote hardi à feme lequel il vendist à un home de-
morant viers le puch Bauduin, lune XXX gros ou environ.
Item cogncust quil embla en le maison dun potier de gi'ès
viers le porte Coquiel II mantiel rouge qui valoient bien
XVIII gros liquel il bailla après quil leut portée, à I home.
Fait par lassens des Prévos et des Jurés lau et jour dessus dis.
Le 29* jour de jtiUlcl de l'an 1377.
Pour chou que contents {contestation) et débat de parolics
se fuist meus entre Tbas (Tliomas), le Liégeois et Henri
Lebroy, piochelier {piocJieur) et tant fuissent multiplyés que
le dit Henry navrât et mist en péril de mort le dit Thomas,
desquelles navrures mort scn ensuis asses tost apries et fu
ledit Henry pris et détenu prisonier pour ledit fait lequel il
rccogneut avoir fait sour son bon droit en rappellant (re-
poussant) force à force et proposant pluiseurs raisons ten-
dans adfin de signer (d'assigner) le prévôt de la ville de
Tournay , tendant adfin contraire et que pugnition et con-
verlion fuist faite dudit Henry, sclonc le cas sour Icsqueles
fais proposés dune part et dautrc ycelles parties fuissent
ordonnées et mises en fais contraire à lenqucslc faicle et
présentée en le présence des Prévos et Jurés en pleine halle
— 2UJ —
le ])ouvoii' de la ville ; et ledist Henry regnui^seiit noslie
droit. Sy fu dit et proniincliié vu les raisons dune partie et
dautres et les tcsraoings alrais et produis par ledis Henri,
sous le lait dou dit corps defiendans que ledit Henri Lebroi
avoit niains souflisamcnt prouvés son eorps defTcndant et
dou tout failli à prouvier le fait par lui proposé pour eoy le
dit Henri fu condemnc par jugement à mort teille que de
estre cnfouy tout vif laquelle sentence fu mise à exécution.
Fait par lasscns des Prévos et Jurés le XX1X'= jour de juillet
lan mil CCC LXXVH.
Ze 2 i"^ jour d'aoïit Van 1577.
Lan mil CCC LXXVIÎ jour dacust , fu juslichics de pendre
Jehuns li Maires nez de le terre de Cassel et naguère de-
mourant à Pruiees en Hayimau et pour ce que il congncul
que en revenant de la ville de Belhune, il avoit de nuyl
emblé un keval en le ville de Lorgics denccïte Le Bassée,
et une jument en un autre hamel (hameau) en dccha de
Lorgies , sur le kerain qui vient de Bélluine à Tournay, et
amena cieuls {ces) keval cl jument à Tournay. Là il fu pour-
suiwys par celi à qui le keval appartenait.
Le ^G* jour d'août 1377.
Lan mil CCC LXXVII le merquedi XXVP jour daousf ,
fu juslichiés de pendre Rogeles Limaire, devant justiche.
Et pour ce que li dis Rogeles confessa de se volentc et jugc-
mens que depuis environ demy an il avec sen dit pérc
avoicnt emblé XV quevaux. Cest assavoir noef à III fois eu
un prêt environ à une lieue de Brouxelle. Item II en un
prêt empries Halle et II en une cskaublc {écurie) dcncosté
Halle et les II en revenant de Béthune pour lesquels ses pérc
— 102 —
avoil esté justichic desquels XV kcvaux ledit Rogeles cl ses
père vendirent XI cest assavoir : les V à Aire les IIII à Ter-
rewane les II à Liîlers et les autres IIII furent rescous
{recouvrés) par les poursienvant et ceux à qui ils avoient
esté emblez. Et vendirent lun par lautre tant quil heurent
des XI qui furent vendus le somc de XXXVIII frans ou
environ.
Le 9 octobre de l'an 1377.
Lan mil CGC LXXVIl, le IX<= jour dou mois doctobre, fu
justicliiés de pendre Ilenckin Tacqs, bastars, pour ee que il
rccogneut avoir fait pluiseurs larecliins es maisons et lieux
clii après només. Premiers à le maison Simon Gahide III
frans, et certain nombre et quantité de blanques mailles (1)
et de gros de IIII escalins le pièce, dou quil accata un lit qui
cousta III frans et XX gros. Item cognut quil embla à le
maison Lot Dauconicz, un caperon descarlatte boutonné
dargent dont il eoppa les bouttos et les vendi : certaine
quantité de platians destain quil vendi, deux warcoles, IIII
louches de laiton, une patenostre dambre et un martiel de
fiers. Item cognent il avoir emblé à la maison Colart Chres-
tien uns fiers di wafficr (à faires des gaufres), une cramaillc
et un cotiel. Item eongneut qui il avoit emblé à le maison
Simon de ITanon VIII aniaus et pluiseurs afiques lesquels il
vendit XXI gros. Item une patenoste quil vendi XX gros.
Le 31 janvier 1378. (i>'. sf.)
Pour chou que conlcns {contestation) et dcbas fuist meus
(I) Blanqiie maille très-pelite monnaie d'argciil pouvant valloir
i2 conlimos do la monnaie :':uielle.
— i>05 —
entre Colart Don Blure dune part et Ghicrek Dierix, combu-
ronier dautre et tant fussent multipl) es ycelles partillcs que
le dit Ghierek navra et mist en péril de mort ledis Colart,
desquelles navrures mors sen ensuy asscs tost aprics et ledit
fait advenu ycel Ghierek , ait esté et fuist pris arrestés et
destenus prisonniers pour ledit fais lequel il cognut avoir
fait sour son bon droit et corps deffcndans en rappellant
{opposant) force contre force en proposant pluiseurs raisons
tendans adfin de sa délivrance, les proximes et amis carnels
dou dit Colart et lafcme diceli Colart tendant adfin que le dit
Ghicrek fuist pugnis criminellement de tel fait et pugnition
corne au cas appartcnans corne de fait raurdrier et villain et
que il ne fust à recevoir ou proposer corps deffendant pro-
posans pluiseurs raisons tendans adfin que justice fuist faite
dou dit Ghierek. Sour lesquelles raisons dites et proposées
dune partie et dautre ordoné, fu que le dit Ghierek admi-
nistrerait tous les tesraoings dont il se voloit aidier au)5rufit
de sa délivrance et sur chou la cour le ordenérent fuist à sa
délivrance ou à se condempnation. Sy fu dit et déterminé
veu les raisons dune partie et dautres veu les dépositions des
tesmoings produis par le dis Ghierek sour le fort dou dit
corps dcffendans que le die Ghierek avoit niains souflisa-
ment pruvé le fait du corps défendant par lui posé et pour
le dis fait fu li dis Ghierek, condcmpnez à mort telle que
estre pendus tant que il fusl mort. Laquelle sentence fu mise
à exécution par lassens des Prévos et Jurés le pénultième
jour de janvier, lan mil CCC LXXVII. {Vieux style).
Le \'2« jour du mois de février de l'an 1378. (iV, s?.)
Lan mil CCC LXXVIII le XII« jour de février, fu justichié
de trainer et de pendre Robcrs des Rocs. Et pour chou que
il congneut de se boine volenté que il sour boine paix faicte
— 204 —
par le loy <io Courtray et pour poursuivre loy cl justice avoit
navré et par derrière Pierre Ilazart, dcmorant à Ilarlebeq.
Ilcin fu imposé audit Robert que il avoit ochis et mis à mort
en le ville de Courtray, Jehan dou Mont de Rolenghien ,
liqucl fait il nya disans que onques il navoit navret ne fait
aucun mal au dit Jelian dou Mont et depuis li dis Robert
recognurent quil estoit vérité que ledit Jehan il avoit navré
et ochis pour certaines injures quil lui avoit fées et avoec
les fais dessus dis estoit li dis Robert des Roes renoraé davoir
fait et perpétré pluiscurs autres délits et maléfices et estoit
de raaise grâce famé et renomés. Lesquels fais dessus dis li
dis Robert, cognent par avant son jugement et depuis quil
fu jugiés à morir. Présent Jehan Riquart, Robert Quaret ,
Iluart Longhet, Jack Croqvillain, Jak dou Castclcr, Colart
de Ticqt et Pierre de Cottignies et pluiseurs autres.
Le 26* j'otn- d'avril de l'an 1378.
Gilles Bougctte, jueur de Casses-Cambrés, fu justichiés
de pendre et pour chou quil congneut avoir navré dun cou-
tiel en caudc colle [grande colère) en le rueTannon, Pierre
de Biaumont et lifiuel Pierre Moru sans parler et sans estre
conjuré par loy et dis ii dis Gilles quil estoit si conrchiés del
injures que ycelui Pierre de Biaumont lui faisoit que pour
chou le féry pluiseurs cops dun cotiel ou corps ou kief et
ou brach desquelles navrurcs mors scn ensuy dont il lui
desplaisoit et en estoit dolans et repentans. Fait par lasscns
des Prévos et Jurés le XXVP jour davril lan LXXVIII après
Pasqucs.
Le {G" jour d'octobre Van 1578.
ilancquin dclc Court , fu justichiés de trainer et de pen-
— 205 -
drc pour chou que il cogneul et eonfcssa avoir fait les fais
qui chy après sensuivcnt et aussi furent partie de yccux fais
pruvés par boins tesmoings si eome Katte Willcpot, Bette
Vandrelay, Kalrine Dcnghien, Katte Daudenarde et Chres-
ticnnette de Brouxielle, et premiers dist li dis Hanckin et
confessa que environ a III ans il et Ilanins Ilof de Brouxielle,
batteur al arkait et Ilanekin de Coremettre, mesureur de
bled, trouvèrent et rencontrèrent un home à demie lieue
près de Biauvais sous le tonquet dun chemin lequel il tollé-
rent et reubérent de le some de XV frans dont lidis Hanekin
heut V frans. Et dist et congneut que I an a ou environ il
Hanekin Doubos, Hanekin Vandcn Est et Hanekin de Vith,
robcrent et rompirent à une feme à Valcnchienne se bourse
et prendirent ce qui estoit en leditte bourse. Item dirent et
cogneurent que I an a ou environ, il et les trois dessus
nommes vinrent en dehors de le porte sainct Nicolay et
cnmcncrent par force Bettequine Vandelay, et Chrcstien-
nelte de Broussielle, et les menèrent au Sauchoir et en
firent leur volenté, et ostcrent à leditte Chrestiennette sen
capron boutonne de boutos dargent et deux agrapes sen
demytour cslofFct dargent et se bourse avoecq largent qui
estoit dedens. Et cogneut-il que estant en une ville entre
Amiens et Abeville avoecq Rosequin, valet de marchant de
kcvaux, liquel embla par nuyt II florins francs dont il eut
se part et les aida à despendre.
Le \0^' jour de janvier de l'an 1579.
Sour chou que à le complainte et dénonciation de Juillc
de Trivier , frère de feu Waflard de Trivier, Jake Lardcnois,
dit le laid fournicr, avoit esté pris et arreslès en la ville et
cité de Tournay, et lui fust imposé que il en mauvais fait
villain et murdricr sans cause raisonnable avoecq lui
20
— 2015 —
Loquin Mannier, avoit ochis et mis à mort en le ville Dallî,
ledit Wafflart de Triwier. et depuis que ledit fait fut im-
posé audit Jaqmin, il li fu imposé quil avoit este h Ardre en
le compagnie et au serviee de Mons. de Gomegnies qui esloit
de le partie du Roy Dengleterre, et ennemis au Roy nos.
Et aussi si fu imposé que en le ville de Gand, il meus de
lart de Icnnemy viunt en le maison Colartle Berquier, ccus-
turicr, et y buteî mangea par pluseurs foys et sour chou re-
questre au dit Colart que il volsist venir boire avoccq lui à
St-Bavon, lequel Colart ayant espancc {pensé) que ce fust
par bonne amour obbéy a ycelle rcquestrc et en ala avoecq
le dit Jacqmin Lardenois jusques à le Gauchie, si quon scn va
à St-Bavon et livra yceli en le main de ses anemis mortels
liquels murdrirent yceli Colart , auquel fait li dis Jaqmin,
fu aydans et onnsortant et en devoit avoir pour ycelui li-
vrance cent florins frans, si quon dist et ainsi lui fu impose
quil avoit murdri un povre home en le duché de Braibant,
dont se femequi gisoit dcnfans dedans lerch jour (/efrojs/èwe
jour) ala de vie à trespassement. Sour lesquels fais à lui im-
posé lidis Jaqmin de se boine volenté se submist en toute
cnquestc et furent deux jurés et lun des clercs de la ville
envoyé faire le dite enqueste et ycelle enquesle faite et par-
faite, fu trouvé ledis Jaqmin , estre coupable des fais à lui
imputés pour lesquels fais et pour la maise renomée dont li
dis Jaqmin esloit yccloi Jaqmin, fu condempné et justichié
à mort de telle mort que de Irainer et de pendre. Fait par
îasscns des Prévos et Juics, le X* jour de janvier, lan mil
CGC LXXVlIl.
Le 4^ jour de jni?i de l'an 1379.
Jaqucmins Duyelle dit Lehuq, quon dist Ilugt, fu jusli-
chics de enfouir tout vif et pour oîiou que il qui esloit bani;;
— 207 —
;i tous jours pour ses démérites esloit revenus en le ville et
iui pooir à lout art et sayellcs et en vocllunt ranchonncr les
boin gens de Rumegnies.
Fait le II II" jour de juing lan LXXIX.
Le mercredi 20« jour (Voclobre 1379.
Willcmsdc Cuvillcrs, bastarc, fu jusliebi(fs de pendre
par le jugement des Prévos et Jurt^s pour ce que de nuyt,
entre le dimcnchc et le lundi préccdens , ledit merquedi
ainsi que le dist Willems gisoit en une cambre en lostel du
Heaume, dehors le porte des Maux, en lequel cambre estoit
bcrbergbiés Thumas, Thumas des Campons de Valenchien-
nc, marchant de pourceaux, Jehan Baqués et Ilanins de
S*-Amant, ses deux varlet avoecq lesquels ledit Willes, avoit
soupe ycelui Willct se leva de scn lit et desreuba audit
Jehan JJaquet que il prist en se bourse qui pcndoit à se
cotte que il avoit sur sen lit YIII gros et aussi prist et embla
audit Ilanin de S^-Amant en se laisse une pièce dargent delc
valeur de demi gros ou environ et XXXIII florins que li dis
Willet mucha au pcsach du lit où il coukoit et largent mist
en se taissc et en yceux lieux furent retrouvés les florins et
gros dessus dis si comc il fu tcsmoignés et affermé contre
ledit Willct, en plaine Halle, par les sermcns et dépositions
de Jakc îlakart, hoote dou dit hostel, Andrieu Renier, le
jone de Lille, dcmorant en ycelle hostel et Icsdit Jehan
Baquet et Ilanin de S'-Amant qui avoient esté as XXXIII
florins et Vlll gios dessus décliircs et retrouvés puis les-
quels ledit Willes avoit rccogneu et confesse qu'il avoit fait
les dis larccliins et pareillement le recogncut et confessa
ledit Willet de se volenté sans contrainte par dcvcns les dis
Prcvos et Jurés avant son jugement et après fait et registre
lan et le morqncdi dessus dis.
— 208 —
Le 26^ jour de mai J380.
Willekin Speleman, foulons, nés de le ville de Gand, pour
chou que il de se boine volenté sans constrainte austre,
cognent et confessa présent pluiseurs personnes chi apriés
nomées que il cspris de lart de l'ennemy et tout embus
[ayant bu) et enyvrés le nuytié précédente avoil oehis et
mis à mort sans cause raisonnable Pierre Spelman, son
frère, douquel fait courchiés dolans et repentans pour
lequelle recognissance ainsi faite li dis Willekins fu par
lassens des Prévos et Jurés justiciés à mort denfouyr tout
vif corne dit est dessus.
A lequelle recognissance faire furent présent Jehan Car-
denier, Jehan Darras, Jehan Bertran, Jake de Halluin Jake
de Condet, Liévin de Bury, Dirlay Henri, varlet, sire Pierre
le Muysis, Jaqs Croquevillain, Jake Berre de Maquet.
Le 10 de juillet de Van 1380.
Clayekin de Vos, de Bruges, couvreur de blanq-cuir , fu
justichiés de trainer et de pendre pour ce que il cognent
avoir ochis et mis à mort en le ville de Lescluse, Outars de
Wier et avoecq ce cognent quil avoit aidiet à tuer et à mour-
drir sour les fossés à S'-Quintin en Vermendois, Monict
Skevre, avoecq et en compagnie de Nissekin de Zaircs et
Jossekin de Lot , qui en riens ne li estoicnt de sang ne de
linage et lequel fait il nya et depuis il le recogneut de se
boine volenté sans force et sa contrainte.
Le 3* jour d'octobre l'an 1380.
Hanekin dou Kesne, de Broussielle, fu justiciés de pendre
pour ce que il de se boine volenté sans force et sans cons-
trainte, cognent et confessa avoir pris et emblé en le ville
— 20'J —
de le Couchie Notre-Dame , III kevaux et fu avoecq lui à
faire le dit larechin , Hanekin Fiorin , Das, manouvrier ,
Jehan de la Fayelle, Bernard Blayert et furent ychii (cr)
queval, rendu à ceulx à qui il estoient est assavoir le IP en
Tournay et le tiercli à Gralmont. Item rccogneut li dis
Hanekin avoir pris et emblé au dehors de le ville de Lessinc,
un gris queval pumelct , lequel estoit à Jehan Ilazart de
Lessines, et fu à ycelui queval embler uns varlct només
Gillckins, ne scet parler dou sonoms (ne set dire son nom)
et fu le dit queval vendu au dit Jehan Hazart , parmi le
descove quil en fist.
Présens les Prévos et Jures en le jusliche de Tournay.
Ze 21^ jour de janvier lan 1580.
Jehans Sartiaux , fils de feu Jak Sartiel , fu justicié de
pendre pour ce que il de se boine volentc cognent et con-
fessa que par le maise et fausse incitation et maise compa-
gnie de Jake le Monier et Hanekin le Monier , son frère
ménestrel , il avoecq Jehan de Bruges, fiscnt et ont fait
pluseurs larrechins. Premiers dist et cogneut que les dis
Jake et Hanekin le Monier, Jehan de Bruges, le nuyt que li
filie Brisse de Bailli se maria , alérent à le maison Jake de
Cannays et prirent dorfaivrie et de mercherie , qui bien
valoient le some de XL frans lequel larechin ils partirent
entre yaux (eux) IIII et les acata li dis Jehans de Bruges
pour moins que le marchandise ne valoit et il y avoit se part
avec les autres. Item cogneut que li dis 3Ionicr et Jehan de
Bruges , emblcrent à le maison Jehan des camps en le rue
S'-Mai'tin, des merceries etorfcvrics, qui valoit bien III frans
et aussi prisoient un coffret où il avoit argent et un anici
dargent et estic {éloit) lors dcmoré li dis Sartiaux en le mai-
son Jehan de Bruges, avoecq lamie doudit de Bruges et là fu
— 210 —
apporte ledit îarccliin et fu \ celui vendus audit de Bruges et
en eu en se part li dit Sartiaux III aniaux dor au pris de IllI
frans, un franc de Hainaut et XII blans. Item il cognent que
il avoit érable en le lormerie deux paires de wantelet et un
hracheler. Item dist que li dit 3Ionier ont emblé à le van-
dercsse à le maison Jehan des Ilauron des hieres lesquels li
dis Sartiaux aida à mignier. Item dist que il ont emblé a le
maison Lausson en le chaingle. Item dist que li dessus dit
Monier et il emblérent à le maison Pippart, pluscurs drans
doinc et de famé et en eu en se part une cotte, un surcot
de famé et une cauches dôme. Et dist par fmier que il em-
blérent II hanaps de madrc en le maison Pierre de Cordes.
Le 14" jour de juin l'an 1580.
Fu justichiés de pendre Sandrins Delc Fosse de Moussin
[Mouchin) et pour chou que il recogneut que il avoit emblé
a le maison Jakmin Galliot à Nedonchiel, une reube de feme
longhe de sauwyne, un baisericl de feme fourct. et une
foururc de gros vair.
Le 25° jour d'avril Van 1380.
Fu justichiés de pendre lîcudequin Warc, tisscrant de
Roussclare, et pour chou que il cognut de se boinc voulenté
avoir pris et emblé en le maison Jehan Goudemacquc, son
maistrc, dcmourant au flok S'-Jacques. Une cloque doublée
et un coffre auquel coffre avoit une bourse, où il y avoit un
florin de XL gros XVI heaumes II blans et XII parisis le
])icce et XXIX gros de Flandres I hanap de madrc (éluin)
et un godet dargcnt. Item dist et cognent que il cstoit banis
de Flandres et come hourricrs vivans de feme et non obstant
te il nia à Cou; trai et prist cl cmbla en le maison Belle Van
— 241 —
lîcrlc Vil ausncs de draps, donl il eut en se part XXIIII gros
et fil iivocc lui jiarticipant Colins de Bouliers. TA lui nposla
yccltii Colins XXIIII gros ne sccl où il les prist.
Le 21" jour de juin Can 1582.
Fu justiclîics de traîner et de pendre Johans de Ilierlaing,
hastars Ghcngons, pour les fais quil congnctit de se boine
voulonlc avoir ftiit qui sont chy après només. Premiers il
congncut que il avoit eniblé à lîcm en Viermandois, une
paire de cauchcs. A saint Quentin en Vermandois une colle
que il viestc {dont il se vêtit). Ilem cognent il que XII an
ou environ a il prist et embla en I buffet, fretlin {bassin}.,
aniaux^ et certains wagcs qui bien valoit le vaîlcur de H
francs cl plus, item dist que il a fait pluiscurs larenchins ù
Laon, à Noyon, à Soissons et en pluiscurs autres lieux. Et
ne saroit mie dire le nombre des larenchins que il a fait.
Item dist et eogneut que V mois ou environ il et Florcqiiin,
meurdrirent un marchant de froumages, au dehors de le
ville de Valcnchienne, à le fonlainc quon dist a lefonlaine
Moulecon, pour lesquels dessus dis fais il fu justichiés comc
chi dessus est devisé [délibéré) pour {par) lassens des Prcvos
et des Jures.
Ilem le dit jour fu justiciés de pendre Ernoul Catel dit
Mégune, jiour les larenchins chi apris nomes, que il de se
boine volcntc cognent avoir fait. Premiers à Willaume
Carel de Uouay, une cloque qui fu vendue IIII francs. Ilem
à le maison Martin le Borgne , une cotte et I cappon quil
vendit III francs. Item a le maison Jaque Dele Cambe
I sceaux. Item il congneut que il eut franq et demi de III
francs (lue Hanekins Herbert avoit pris et cmblé au buffet
Jehan de Bourgongnc. Item emblat il un homme jeune à
Valenchicnne, en le maison Jehanne Dorchies, un manliel
(pli fu vendu IIII francs el en eut cescun II francs.
— 212 —
Item le dit jour fii justiciés de pendre Hanequin Herbert
dit Qiialre-Saulx, pour les larenchins que il de se boine
voulenlé cogneut avoir fait. Premiers dist et cogneut que il
avoit pris et emblé au buffet Jehan de Bourgogne, III francs
dont Ernoul Catcl avoit eu le moitier franc et demi. Item à
le maison Piérart, environ I franc et demi. Item à pluiseurs
tavernes et un pluiseurs lieux jusques à la valeur de XII ou
XIII francs. Item en le maison Jacques Danclare II francs.
Le 16" jour de juillet Van 1382.
Confession faite par Ilanin le Merchier de S'-Amand, le
XVI" jour de jullet lan mil CGC IIII" et II en le Halle à
Tournay. présens les Prévos et Jurés de ycelle. Sour ce que
il avoit esté accusés par Hanin Estaffiller et Hanequin
Leclercq de Tournay, liquel pour leurs déméi'ites ont esté
justichiés à Amiens.
Premiers il dist que de piécha il a esté espié de pluiseurs
reubcurs et meurdreurs et Bodwin de Lescaule qui a esté
justicié à Mortaigne. Ilanin le Vignon de S'-Amand, le fin
Dabcllc de Castiel , Willems Pésin qui est en prison en le
maison Mons. Levcsque, Hanequin Gourdin de Léchielle.
Item dist que environ a XV jours assez pries dou Pon-
chiel, lei'mite, il les deux Gourdins dessus noinés, Caisins
trois frères et les autres chi dessus nomes meurdrirent un
lioTne et nen eut en se part que I franc et fist le trayson, le
dis Caisins. Et desreubèrent le dessus nomé viers le maite-
rait {métairie) I carcton et avoit environ XX florins sour lui.
Et dist que le dessus nomé viers le marait desreubèrent un
home qui avoit un petit quevalet liquelc avoit III frans sur
lui et y a un mois ou environ que il la fot. Et dist^t cogneut
que II mois ou a environ il dereubércnt un home au pont
lermile, liquel navoit que environ dcmy franc. liera dcsrcu'
— 215 —
bcrcnt doi»uis II houics vicrs le manoir dont luu avoitjin
franc et huître III frans et se tenoit tous les ci-dessus només
en ces bos de saint Aniand et là environ et avoient leurs
(luapullcl cnlorillez sur leurs kies pour caulx dcsconnois-
trc (I) et li dis Ilanins aloit devant sour les quemins cspyer
les gens et lui faisaient li dessus noinés faire par force.
Pour lesquels fais dessus dits li dis Ilanins, fu cnfouys
tout vifs par lassens des Prévos et Jurés , le XXI jours de
jullet ensivant.
Le lundi 21" jour de juillet de l'an 1382.
Fu justichiés de treincr et de pendre Raisins Trois-frcrc.
Et pour chou quil avoit comis les fais quil de boine voulenlé
congneut avoir fais en le manière quil scnsuil :
Premiers disl et cognent que XX ans a ou environ , il
avoecq pluiscurs autres ses complices fu esmouveur de com-
mune en le ville Darras et y eut, au trouble qui par lui et
ses complices fu esmcus pluiseurs notables personnes occis
et mis à mort, dont pluiseurs de ses complices, furent justi-
chiés à mort. Item dist et cognent que il et VI compaignons
avoecq lui Xllll ans a ou environ, mourdrirent II homes
desous le mont Tournchcm , liquels deux homes navoient
que VI frans sour eaulx et en fu li uns justichiés à S'-
Qucntin en Vcrmandois. Item dist que viers Aire, il desrou-
bérent I home liquel avoit III frans sour lui et y a III
ans ou environ que ce fu fait et fu avoecq un Robin Robeil-
lon, demeurant à Cambray, valet de taverne. Et dist que il
(\) Et avoicnl leurs quapullct, etc., ce qui signifie : qu'ils ^voient
Itîurs capuchons ou couvrc-cliof, eiifoiicés sur leurs lôles |>our qo'oti
ne |Hii pas les rcconnaîire.
27
— 1>14 —
ombla ci\le coi;rl tic Gand, V ans a ou environ, I godet dar-
gcnt cl le vcndi XXîlI gros à Magne Perce de Valenchicnne,
et a cmWé pliiseurs pères (paires) de solers {souliers) et de
cauchcs en le ville de Tournay. Et dist et cognust avoir eni-
blé en le maison Martin Le Poulletier, une escauve [étoffe),
contenant XL ausncs , liquclle fu vendu I franc à Douay.
Item rccognciit que il fu à mourdrir un home es bos de saint
Amand, viers le pontLcrmitc, et furent avoeeqlui Ilcncquin
Gourdin de le Chiclle et Gourdinct, Hanequin Delccroix et
Willem Pcsins et en eu li dis Cousins en se partie XX frans
cl fu li fait fais V sepmaines à ou environ à heure de prime.
Et le frappa li dis Raisins de sen couticl en Icgargaite (gosier)
cl li dis Hanins Delccroix le fcry dun dolcquin (poignard)
cl depuis li copa le ncs. llcm fu il à desrcubcr un povre
home, qui mcnoit une carelte et en eut II frans en se part.
Item disî et cogncut que .\nsselet de Muscres est hourier
public à notoire et aussi est, un flamand qui porte un cor-
net et est Ilavctte Elance sa mie , Loyset le Jluscur , Hane-
quin fil de le fcme qui warde le femc qui dist saint Fremin
Damiens, et est sa mie Auquechon,le fcme de Jaquemin
bateur de laicon est hourrier, sest sa mie une grande Fran-
choise Jehanc Boulette, Willcmet le crctinier, est houries
et est Lucquine sa mie, Jaquemart mucrt de soit, cl Beillotlc
de Bonducs sa mie, Jaquemin Brctiel, .\udrues qui fu vallcs
dou Bielfroy, et le fil Hautbos sont de raaiscs ronomés et
larenchins. Et le petit Begbe et Caudrelier demourant à
Douay, mainent les compaignons des villes es tavernes et
jucnl à culs de faulx des et sont houricrs publiques.
Item dist que Mouton Gengon, est léres et se parti de
Tournay, pour le mort Mignue à Ilcrtaing. Et dist que
Jaquemin Bretiaus est Icrcs et quil emblc aumuches et cou-
linux et tout ce quil puet trouver es maisons des boincs gens
cl est de celte condicion et le fi! de le fcme qui warde celle
— 21o —
(]ui (list saint Frcmin Dainicns, et vont cj village emblcr ce
que il puoieiit trouver es maisons et est de leur conipaignie
Audrucs qui fu vallcs dou Bclfroy.
Item dist que il a emblé pluiscurs fies en le maison Jaque-
mart de Rausenecli, pluiseurs vaissiaux destain. Et dist que
uns appiellé Levaquier qui va au Follaix, wardcr les wacques
le lospital Nostre-Dame, embla en le maison Colin Moulle,
nappes coublcllées, une bouteille et une paire de linchius
que il embla et prist en scn lit à lospital Nostre-Dame et
demeure à Lille. Item dist que uns appiclles Esclameur,
porteur au sacq demourans à Lille, embla à sen hostel à
Lillch le Brouwctte, une escale dargent.
Le 22' jour de jullet 1582.
Lan de grâce mil CGC XX et II, le XXII= jour de jullet ,
fu justichié^ de traîner et de pendre Ilanckin Dclecroix, et
pour ce que il eogneut avoir fait les dis maléfices qui clii
apries sensu iwcnt.
Premiers dist et eogneut de se boine voulenté que il prist
en le bourse dun home viers Orchies, et le reuba de XXllII
gros. Item dist que il fu a un home qui fu murdris au bos
de S'-Amand, et fu avoccq luiGourdincseteneutensejiart
Il frans et y sourvint Kaisin Troyfrcre, Et dist que il fu à
déreuber audit bois I home qui alloit à î Bastonchiel, (meitu
huiSy fugol ?) et en eut en se part II frans et un autre home à
Mande dont il eut dclc main Gourdin de Leschielle II frans.
item dist que Lepagc Darras, embla à Arras en le maison
Crusin, vendeur de chiervcise, une escale dargent et en fu
banis dele ville. Et dist (jue au debast qui fa au raarquict,
des lisserans archiers contre Lievin de Buii, sergent Gon-
tier, Corbaut dist que on le navrast et mcist en péril de
mort et que cescun scroit quilc G. B. S. Et y fu Mortaignr
li Pcti>. Jehan Deleval, Jake Picrfont, et pluiseurs autres.
— i>lG —
Lu 15 septembre l'an 1582.
Fu justichiës de pendre Pôles Descamps , et pour les
larenchins que il de se boinc voulenté cognent avoir fait.
Premiers dist et cognent que il a demouré en le maison
Mahieu à Holaing, ouquel lieu il a pris et emblé III havos(l)
de bled lesquels il vendi à une femc nomée Lesouppc-en-
Botte, demourant à Ilollaing. Item dist que il en prist en le
maison doudit Mahieu qui estoit en un tonielrelloir (2).
Itéra dist que en le première semaine daoust il ala en le
maison Jehane Barette de Esplechin et prist audit lieu une
coroie estoffée dargent, une bourse et une patcnostre les-
quelles coses il vendi III francs et aussi il embîa et prist
XIIII francs quil trouva en une boiste. Item dist et cogncut
que le nuyt davant delc décollacion S'-Jehan, il vint de
nuyt en le maison dou dit Mahieu Caretle, dessus dit à
HoUaing et brisa une escaule de kevaux, prist un gris keval
et le vendi à Amiens, à un home Darras, appicllé Pierre de
RoUecourt, XII francs et quil en valoit bien XXX et plus.
Le 2S^ jour de décembre l'an 1582.
Fu justichiës par lassens des Prcvos et Jurés de trainer et
de pendre Hanequin Gadiffîer et pour ce que il de sa bonne
voulenté dist cogneut et confessa ce que chy après senvuit.
Premiers dist li dis Ilancquins , que vérités fu que le
(1) Le havol élait une ancienne mesure dont ou se servait le plus
ordinairement pour le grain ; on employa aussi quelquefois ce mot
pour désigner une certaine étendue de terre.
(2) Tonielrelloir. Ce mot signifie tonneau relié , cordé et s'em-
ployait pour les petits barils cercles de fer.
XXVI* jour de dcceiiibio laii dessus dis Cohirs (î.iiuliliioi's,
ses cousins gormaiiis , lui {)riast que ii veuist à le pnrlc
Daubégny et en ce lieu le atcndisl lii[uelsà sa rcquesto viiit
à le kanie (chaine) deics [dehorti) le dicte porte Daubigny et
atendist son dit cousin jusquaiî premier wignoron. Et puisscti
alércnt tous deux ensamblc en loi'de ruyel!e(l) et abuska
{frappa) li dis Colars al luiis (à la ]>orle) de A'.ips de Jfarli-
mont, la(iuel!c demanda et dist : « Q;ii este la? » Liquct
Colax's respondist « amis est » et sour celé dilte Aelipseouvry
son huis et entrèrent en leditîe maison et continent ychius
Colars dist que il avoit cune saquoy perdu au dehors de
cliuis de le ditte Aelipe, laquelle Aelips espérant que il deist
[disait) vérité prist un tison animé ou feu cl ouvry scn huis
arriére en lui abaissant pour veir se elle poroit trover ce q*.;e
le dit Colart disoit avoir perdu, et incontinent le dit {^Itdars
féry le ditte Aclii)s dune petite maquoicttc [uinssue) au kici
et le abati par terre et le cchist et puis ala en le cambre dclc
ditte Aelips et prist une grande kantitc de îiourins et de
paiement dont ledit Hancquin dcvoit avoir en se porte Ili
frans. Dist foultrc le dit Ilanequin , que ce fait, il se par-
tirent de le ditte maison ensamblc et en ala ledit liancquin.
en le rue Caudicl et li autre en ala ne scct où disant qiïc le
lendemain il donroit audit Hanequin, se part dou dit or et
argent ou au moins les III frans (jue il lui avoit promis et
sour'yecllc rccognaissance fu ledit Hr.nequin justicics et en
outre .congneut avoir fait et emporté le cloque de le ditto
feme quant le meurdre fu fait.
(I) L'orde rucUc était une petite rue de Tournai commençant à
l'angle de la rue du Dccqiicrcl oh l'on a dt-pois construit un bâtiment
en.lCOl, éiuKjuo on elle fut siipprimco, cl elle allait aboutir à h
croix (Je !a rue des J.irdiiis.
— ^218 —
L^ 2U= '}our de décembre de r«/< 1582.
Soiir ce que Jelianc Desclaron , fcrac Henri Dalemaignc,
[MV pluiscui's fois pour ordc vie de Ilourie et de Ribaudisc,
a eslé banie de le ville et cité de Tournay et depuis icelle
Jchanc, en continuant en sa mauvaise vie, sestoit intruise
on icelle ville de Tournay et en pluiseurs autres villes visincs
de faire pluiseurs fais touchant sortilège et aussi pluiseurs
machinacions et adevinemcns {le métier de devin) en faisant
abuser le peuple et par expérience de mettre un capiel
déveieque {cliapeaii d'évêqiie) sur le kicf {la tête) de le femc
Lotart Passentarte, qui est boin marchant, à ycclle boine
domisicUe et prcnde fcmc, maintenant {assurant) que par
ycclui cappicl mettre sur le kief dele ditte feme Jehans de
saint Génois, qui longuement avoit langhy cl lequel estoit
lors ensorsere {ensorcelé) si que elledisoitscroit waris {guéri)
et non obstant icelui fait le dit de saint Génois, aprics ledit
capiel, mis sur le kicf dclc dittc femc Lotart Passentaz'tc,
devant lierch jour ala de vie à Irespasscmcnt et dont plui-
seurs comptes et inconvcnicns se sont cnsivis et apparans de
venir en la ville de Tournay pour lesquels fais et mau-
vaises rcnomées dont ladite Jehane csloit et avoit este en
ladite ville de Tournay, et aussi au pays environ tant à acom-
pagnier les anemis et banis dcle ville de Tournay cl aussy
du royaume de France, 3 celle Jehane fu kuquiée {criée) et
appclléc soufTisament pour les fais dessus dis par llll jour-
nées cl par certaines inlervales et ycelle contumassyc par
llll deffaulx, fu banie à toujours de la dicte ville, sans raj»-
{)icl. Et depuis le dis ban qui est criminel selon la loy et
usage de la ville ycclle Jcbane en persévérant en sa mau-
vaisetie en complion {mépris) et vitupère de justice et de la
jurisdiclion dicellc revint sans licenssc do justice en ycclle
ville.
— :>1!» —
Pour losqucl\ fais et bans dessus dis iccHo Jehiinc, Ai
jugicc et justicié par assens de jurés de tel mort que de
enfouyr toute vive tant que elle fuisf morte. Fait le XXIX«=
jour de décembre lan mil CGC IIII" et deux.
Le 5'= jour de septembre de l'an 1583.
Fu justicbiés de le teste copper en plain marcliiet à Tour-
nay, Lievin dau Bos de Gbistielle (1) et pour ce que il de se
boinc voulcnté sans force ne conslrainle aucune cogucul et
confessa en jugement et présens Ernoul de Ilestes. >yillaumc
le Redois. Thiery Daubermont, Pierarl de Haynnau, Jnque-
min Lecarlier, Jelian Mauleu, Jeban dou Parcq de Surmont,
avoir fait et perpétré les fais qui chi ajiries scnsuivent :
Premiers il cogneut et confessa que il avoit emblé à Jehan
Lestrelin, févre {fabricant en mêlai), dcmourant à Tournay,
VII sous VI deniers de gros. Item cogneut que il fit avocc
Phelippe Dartevelte et de sa partie au jour de le bataille que
ledit Phelippe fu dcsconins par le Roy notre Syre. Et oultre
confessa que il avoit le croix vermaillc , corne avoit le dit
Phelippe et ses gens et que après le bataille il senfuit et vint
à Lille et saqua (/effa) sa croix jus et puis advint à Tournay.
Item il cogneut avoir emblé avoecq II bouviers de Wergnv
quil ne scet nomer en le ville Dyppre II escales (coupes)
dargcnt dont il heut en se part I florin de XLIIII gros et au
dehors Dyppres I mantiel et une cotte de drap. Item cogneut
avoir emblé en le ville Dyppre une cotte de fier. Item dist
(1) Lievin Doubos de GLislelle condamné à avoir la iCle coupée on
plein marché de Tournai, pour avoir combaUu le Roy sous PLilippe
Dartevelde cl commis plusieurs déprédations.
— 220 —
( l cognent II iiis Licvin , prcscnt Colart Moule cl Jehan
Poussid (juc il, lUnior de Duklc fcvrc Dyj)prc , Jehan
MoricI capitaine dos fcves Dypprc, Paucouque Foulon ,
Gérard de Brucr fcvrc Dyppre. Picrart le Fcvrc de Com-
mincs. Jehan De Smet févrc, demourant à Comincs, furent
avoecq PhclippcDarlevclde, au Pont àCoraminesà Icncontre
dou Roy nostre, quand il vvagna {gagna) ledit pont.
Pour lesquels fais dessus dis li dis Liévin, fu exécutée par
las.-cns des Prévos et Jures lan et III« jour de septembre
dessus dis.
Le 4'' jour de irovenibrc /'a« 13Sô.
Fu justichics de pendre Hancquin Delezielles de Bizics.
Et pour ce que il de se boine voulenlé sans ecnstraintc
cognent et confessa : Prcsens. Jehan de Solcnghion, Jehan
(le Biaulicu , Ghillebert Lcgront, Jehan de Lomé, Jehan
Lccomblc et Jakc-à-le-Plice que il meut de convoitise, cmbla
à le maison ledit Jehan de Lomé, I franc, une maille dor,
LX gi'os, XXVllî gros et XVI gros. Et aussi cognent que un
an a ou environ, il embîa en le maison Jehan Delcvaqucrie
(!c Lille, une grise ïluppelande fource daigncaux liquelle il
vcndi XXII gros et un diamant lequel il vendi et aussi
cogueut avoir cmblé par plulscurs fois à Pierre Li Muisis,
son maistrc, jusqu'à XL gros ou environ. Et fu faite l'exécu-
tion par asscns des Prcvos et Jures l'an et IIII^ jour de
novembre par dessus dis.
Le y jour de juin l'an iôS'i.
Fu justichics de j)cndrc Jehan des Prêts foulon, dele
ville de Audenardc. Et pour ce que il de se boinc voiilenlo
— 221 —
sans constraintc aucune, cognent avoir pris et emblc I far-
diel de toillc qui cstoit à Jehan Lcfévrc, dcniourant à Ma-
ricourt, et avoit audit fardiel LXX ausncs en une pièce, et
en une autre pièce XXVII ausncs, et en une autre pièce XX
ausnes.
Le i9*joiir de janvier 1584. {V. s. et 1585 n. slyle.)
Fut juslichics dardoir Lotrars Fiévcs, batcur al arket, né
dcle ville de Vczon, et pour ce que il de se boine volenté
sans constrainte, en jugement présent les Prévos et Jurés et
les tesmoings, chi apries només, cognent et confessa avoir
fait les fais chi après només, et en le manière qui sensuient :
« Lottart Fièvet, bateur à larket, né de Vczon en Haynaut,
vendeur de chiervoise [bicrre de l'époque) à cogncu et con-
fessé, présent les Jurés que il environ a X ans, lui estant
pour lors et demorans en la ville de Maubcuge par le temp-
tacion dcl anemy, commis crime contre nature et I enfant
laceusa par deviers justice, pour lequel meifait il fu pris et
mis à question et punis par le feu. comme il paroit en sen
corps. Item il cognent que environ a III ans, il continua sa
mauvaise vie et fu pour lesquels fais dessus dits li dit Lotars
exécutés dardoir par lasscns des Prévos et Jurés.
Et fu à la dicte recognaissance faire Jakues de Raucourt,
Ernoul de Hestes, Jaques de Crespin, Jakc Ajeule, Jake
Museur, Walter de Blandin, Jehan Delevingnc, Pierre dele
Motte et Lotars de Lausnoit.
28
— 222
COiNDAMNATIONS A MORT
DANS LA VILLE DE TOURNAI.
Exlraites du tome huitième des registres de la loi.
Personnes juslichiés pour leurs démérites depuis le premier
jour de juing lan iZSJ^t jusquau septième jour en octobre
1393.
Le XII« jour daoust lan mil CGC IIII XX et IV , fii jusli-
chiés de trainer et de pendre Hanckins Roussclet dit le
Béghe, dempries [d'auprès de) Béthume. Et pour ce que il
de se boine voulenté sans foi'ce et sans constrainte congneut
et confessa, présens les tcsmoings chy après només que il
avoit fait les fais (jui sensuient :
Premiers que il fu à murdrir un home II ans et demi à
ou environ entre Condet et Valenchienes, et fu avoecq luy
Ausseles li Musercs , de quoy il eut en se part IIII francs et
VII eswilleles.
Item dist que il fu à Compiengne III ans eut en quaresmc,
et là prist en le laisse [bourse) de un juys (juif) appiellé
Vivyen, et cmbla V francs.
Item dist que au temps dclors [qti'aloi's) il murdry un
home es bos de Compiengne , dont il eut en se part deux
francs et demy. Et fu avoecq luy , Malarc Tissier , monier
de Waille dit petit Mouner, dont chascun lui donna un cop
(coup) .
Item dist que trois sepmaines a ou environ , il murdry
un home vicrs Baisieu , dont il eut II mailles dor et VI
stoçtres (?) et le tua dun baselare. Lequel il traîna en uns
blés dencostre (prés) le fossé Marcrh.
— 223 —
Ilcm dist ([uc il dcsreuba une fcmc au Los de Breuse de
XVIII gros ou environ III scpmaincs a cl le laissa à raurdrir
parceque elle esloit enchainle. Item dist que Wiltequin
Pietrcquin qui fu prendre mestre Gossuin le Sauvage sont
audit bos.
Item dist que Hanequins de Monstruel , porteur au sacq ,
espioit audit bos avoccq ledit Ilanequin. Et furent à ces
recognissances faire, Bruiant Dcscauffours, Jehan Cabet,
J. Hancque, Jehan Darras, Dctticn, Martin Saussc, Jehan
Musart. Fait par lassens etc.
Le 4 janvier 1585. [Nouv. style).
Le III^ jour de janvier lan rail CGC II1I« XX et IIII ,
fu justichics de pendre Mahieux li Viaux, Daubegies, de pour
ce que , il de se boinc volcnté et sans constraintc cognent
et confessa , présens les Prëvos et Jures et par devant Jehan
le Brennier , canonnier, Willaume Leclercq, Colart de Tielt,
Colart de Sainthome , cordcwanier et Jehan Musart, que
devant un peu le Noël , ne scct du jour certainement Jaque-
mars li Viaux ses [son] cousin le vint querre [chercher) en se
maison abbaye et luy dist que il voloit aller al escrienc, et
sur ce partirent ensemble et en alérent à Willaupuch, et
sadi'cchicrcnt al église dycellc ville et dist li dist Jaquemavs
audit Maliicu le Viel, que il avoil mcstier [besoin) dargent pour
chevaux que il avoit acatcz et que il yroit querre aucuns
joyaux en le dittc église. Et sur ce li dis Mahieus li Viaux. à
le requestre et pryère doudil Jacquemart le Viel , fisl le
crupetre audis Jaquemart tant que il heut de une maque
[bâton) brisié une verrière deic ditte église et que il fust,
entrés en icclle église. En laquelle église ledit Jaquemars
prist et embla un calissc dargent , le plaline et le louchetlc
dargent et le saquelet de toile où ledit calissc, platine et
louchéle cstoicnt.
— 224 —
Le jour S. Thumas devant Nocl, ensivant li dis Jaque-
mars li vieux et li dis Mahicu li vieux , vinrent en le maison
Nicaise le Viel à Willaupuch, et délivra lidis Jacqucmars
audit Mahieu pour se part dou dit larcncliin le pied doudit
calisse, le tuyel et le sacq de toile lequel il aporta à Tornay,
etfu pris atout et li dis Jaqueraars eut le couppe d'argent le
platine et le loucliettc.
Pour lequelle recognaissance faicte par ledis Mahieu
avoecq ce que il estoit renomez davoir fait pluiscurs autres
larcnchins , li dis Mahieu fu justichiés par lassens des Pré-
vos et Jurés l'an et IV° jour de janvier dessusdit et lequel
piet, tuyel , punnel et le saquelct de toile fu délivrés à Syrc
Nicole Aignelet, prestre du Doyen de S'-Brixe.
Le 23 Juin de l'an 1384.
Coppin Laures fu justiciés de pendre par asscns de nous
Prcvos et Jurés pour ce que il eut este pris et arrcstés par
nos scrgens et amenés en jugement par devant nous. Co-
gnent et confessa de se bonne volenté que le XXII* jour de
Mardi lan mil CGC. IIIl XX et IIII temptc de lart dcl ancmy
rompy le coffre de le mesquine de ung sien maistre deraou-
rant à Lille, dou nom nest rescors {se souvenant) par ce que
petit temps avoit demouré en sa maison. Auquel coffre, il
prist et cmbla pluiscurs mailles dor et autres pièces de
monnaies avoecq pluiscurs aniaux {anneaux^ bagues) et
afliqucs [parure) dargcnt dont de partie d'iceluy argent il
accata deux nouviaux juppons de fustanc en la ville de Tour-
nay lendemain ensivant , et les avoit vcstis quant il fu pris
et arrestés de nos dis scrgens.
Et se confessa il par avant ledit jugement assis contre
lui, en la présence de Martin Saussc , Jehan Sausse, son fils,
Mahiu as Bues, Jehan Musart et pluiscurs autres. Et après
— 225 —
ledit jugement prononcliié, reeogncul de icchier ledit Copin
les C0ZC3 dessusdictes, par devant le peuple assistant audit
jugement prononchics. Fait le XXII1« jour dudit mois lan
dessusdit et furent les piéches dor et dargcnt telles est
assavoir : I noble dor, Ifranq, VllI mailles dor, deux ,
IIII cstrelins Dangletcrre, XXIII gros de Flandre, une dou-
zaine de boutonchiaus d'argent , VII aniaus dargent et III
frcmailles dargent.
Le 19 de janvier de l'an 1585.
Sour ce que Lottars Froumages, maistre bourgeois, sestoit
complains à nous Prévos et Jurés dcssusdis, le mardi 1X«
jour de janvier lan mil CGC IIII XX et chiunq. Lui avoit
este pris et emblé en sa caisse dedans sa chambre où il cou-
clioit de nuyt, certaine qucnlité de flourins et de blanques
monnois en lestiraation de VIII ou IX 1. 1. on environ, et en
un bourscl et qui lui fu esragiée hors delà dilte caisse, envi-
ron XXIII flourins dor de pluiseurs monnoies. Duquel
larenchin avoir fait il souspcchonnoit Ghille Burissielle , sa
mesquine, pour raison de ce que quant elle aloit couchier
toutes les nuys en sa chambre, elle passoit parmy la cham-
bre de son maistre. En lequel nuytié {niiil) il mist sa dicte
caisse sur son lit, cl lendemain au matin treuva ses dicts
flourins et argent ostés et emblcs hors de sa ditte caisse.
Pour lequel soupcchon la ditte Ghille eust esté prist et ame-
née en jugement par devant nous. Et contre elle eut le Pro-
cureur de la ditte ville , à cause doflicc ppose le larenchin
dessus dit être fait par elle, concluant adfin que se ce voloit
confesser ou au moins que elle Icust cogneu et confesse
avoir fait, et ledit or ou argent avoir aprins (prit) en un
drapclet et iceluy avoir baillé à un appicllé Jaquemart
Daudcmoriel, qui cstoil son amy et pour avoir pris leditte
— 226 —
caisse sur le lit de son dit maistre et porté en sa chambre et
lendemain au matin rapporté sur le lit de son dit maistre ,
elle cognisteroit (reconnaitrail) vérité et pour ce devrait
estre condamnée ce comme de estre cnfouye toute vive , et
se elle le nyoit le procureur en prouveroit tant que souflire
dcvroit. Et pour ce fu par nous requis et demandé à la dilte
Gliiiie : se le dit larencliin elle avoit fait, et ycelui recogneut
avoir fait par le manière que ledit procureur lui imposoit,
laquelle dist que par le temptacion dcl ancmy , elle avoit
pris certaine quentité de blanck argent en la caisse de son
dit maistre et mis en un drapelet et ycelui giété (jellé) , en
le nécessaire ou privée delà ditte maison, et plus ne volt
cognoistre lors et à celle cause a conviés ledit procureur à
monstrer ces faits par lui proposés (avctficés), sy faisant ad-
journer à sa requestre au venredi XIX* jour de janvier lan
dessusdit. Jan Danthoing, Martin Sausse, Katrine Haquette
sa feme , Jehan Jaussc , Jehan Musart, Mahieu as Buefs, Le
Gieret de Tournay et Katrine de Baudreghien. Par lesquels
ledit procureur entendit à monstrer ses fais et aussi comment
la dittc Ghille à laquelle il fu demandé se contre les dis tes-
moings elle voloit baillier aucune réponse : laquelle a
adjoulé que non et quelle les tenoit pour boincs personnes,
et bonn gens et contre eux ne savoit que dire ou reprochier.
Présens et appelles h ce par nous Andrin Bandes, pcletier,
Mikicl de Ilolaing, machon, Jehan Ilanoque fil de feu Jaque
cl Jehan Pinchon. Et après ce et axaminasion par serinens,
les dessus només tesmoings déposèrent que le XV* jour dou
dit mois de janvier il furent présent au conjuré où laditte
Ghille, qui lors estoit nostre prisonnière, cogneut et confessa
quelle avoit prise le caisse dudit Lotart, sen maistre, cl em-
porté en sa chambre et là prisl et csraga I boursselot et cer-
taine quantité de blank paiement, et le mist en son sain et
rapporta leditte caisse sur le lit de son dit maistre, et après
227
ce, son ala vicrs le porte de Camfain;;; et entre ycelle porte et
le maison Jehan de Monpinchon lèvre, bailla à Jaqucmiii
Daudemeriel le dis argent, mais ncdéclara mie quel nombre,
forstant (excepté) que elle dist que il en avoit eut une
grande puignié et que en tout avoit bien le valeur de deux
flourins au plus. Et après ce que nous eusracs oys (oui) et
examiné lesdits tesmoings corne dit est, la ditte Ghille pré-
sens, yceux tesmoings et présent Jaquemart Legruc et In-
glart Faugc, goudalier [cabaretier) lesquels avoient souppé
avoecq le dit Lottart en sa maison le dit lundi an soir , dont
le lendemain le dit argent fu perdu sen rapporta au serment
et en la concience du dit Lottart del cxtimacion et qucntité
de lor et argent que le dit Lotart avoit en sa caisse au temps
de la dicte perte, lequel Lotart affirma par son serment que
avait en se ditte caisse etc., et que ledit bourselet étoit plains
de florins et sa caisse si plaine de blanque monnaie que à
peine le pooit {pouvait) il clore Veu les confessions
faites par la ditte Ghille, nous le {la) condamnons par nostre
jugement à mort de tel mort que de estrc enfouye toute
vive. Lequel jugement fu fais et exécuté lan et jour dessus
dits.
Le 21 (le mars 158a.
Sour ce que le mardi XX» jour de march lan mil CGC
IIII XX et chiunq debas et comptens se fuist meus, en le
riez Camion au dehors de le porte Kokcriel , entre Hubin
Casteler de Valenchiennes , tisserant de toiles dune part et
Hanekin Seghart, potier de lierre de ladite ville de Valen-
ciennes dautre part. Et tant se multepliast que après ce que
ledit Hubin non comptant de ce , saqua {tirra) un coutiel de
se waine {g'aine) pour férir ycelui Seghart et leust lors féru
se ne fust Pierre Lclievre, dcmorant au markct as vaques
en ladite ville, qui y sourvint , lequel ne fu mie si fort que
— 228 —
pour tenir le dis Hubin, mais se hosla le dis Hubin de lui et
incontinent ycelui Hubin de son dit coutiel férv le dit
Scgart en le mamiclle dont il morut sur le place, et si corne
parle déposicion dudit Pierre Lclievre, Marie de Maziéres,
Maigne Renoulle , Jehanne de Dieppe , Malligne le Nor-
mande et Jehan Danvaing nous apparu. Lesquels nous Pré-
vos et Jurés dessus dis feismcs oyr et examiner après que
par la paine et labeur du dis Jehan Danvaing , le dis Hubin
fu pris et amenés en nos prisons. Et lendemain ensivant
XX" jour du dit mois feismes amener et convenir par de-
vant nous en jugement le dis Hubin, contre lequel le pro-
cureur de la ditte ville par office proposa le dit homicide
avoir esté fait par ycelui Hubin, en le personne du dit
Scghart ; et fust par nous condempné à mort de tel mort
que destre traîné et pendu tant que il fust mors parcequil
avoitle dit homicide fait. Après lequel jugement fait et assis,
le dit Hubin cogncut et confessa en la présence de maistre
Alexandre de Vezon , advocat , Robert Quarret, Jehan de le
Court laisné, Lollart Ghalet, Leurant Grandin , Jacques
Dantoing, Jehan Gardenier, Jehan Lemaire et pluisseurs
autres ; que le dit fait domichide il avoit fait en le per-
sonne du dit Seghart , csprins del art del anemy et que ce
quant il lavoit nyé ce avoit esté pour plus alongier sa vie.
Laquelle justice fu faicte et exécutiée selon nostrc dit juge-
ment lan etXXI^jour de march dessus dis.
Le 19' ji'o?/r de mai l'an 1586.
Sour ce que le Mierquedyc V'= jour de novembre lan mil
CGC et IIII XX et chiunq , à la clameur de pluiseurs mar-
chands ceryers , taisseteurs et autres, estoit venut à la cog-
naissance de nous , Prévos et Jurés dessusdis que en la ditte
ville avoit deux faux marchands . lesquclx avoienl à culx
— 229 —
accalc pkiiscurs de leurs denrées et payés de blancq mailles
de X d. fausses et contrefaictes à la monnoies du Roy nostre
Syre. Nous eussions ftiit prendre et emprisonner Thomas
le Carpcnlicr , né de la ville de Trésailly empris Angiers si
eome il disoit et de lostel au Mouton, sur le marchiet de
Tournay , fait amener en nos prisons et cetuy jour mcsme
euissions , fait prendre et mettre en nos dictes prisons
Janin Guillotiau dit le François, né de la ville de Jouardi
emprès Angers. Si comme il disoit. Et après ce quilx eurent
esté rais et tenux prisonniers , séparément nous les fcismes
appeler par devant nous pour savoir la vérité dont les dictes
blanques mailles leur venoient. Lesquelx nous disent ehas-
cun (ù) part soy que les dittcs blanques mailles il avoient
reçu en la ville de Noyon , contre toilles quil avoient ven-
dues (ce) qui estoit faux. Car pour ce que Syre Benediq Du
Gai , maistre général des monnoies du Roy disoit que au
Roy appartcnoit la cognoissance des dits faux marchands,
par ce quils avoient pris et mis ladite fausse monnoie qui
estoit contrefaicte à la monnoie du Roy. Lesdits Janin et
Thomassin furent amenés en Halle par devant le dis Bene-
diq , et pour ce que nous disions au contraire de son
propos que la cognoissance en appartcnoit à nous et sans
préjudice du Roy mesme né de la ville, ils furent interro-
ghiés à part. Et premièrement le dis Janin lequel cognent
et confessa en la présence du dis Benediq , Monseigneur
Cristramdu Bos, gouverneur des bailliages de Tournay et
de Tournésis, Jehan Bouteillicr, son lieutenant Jehan Despy,
procureur du Roy , mess, au dit gouverneur , Henri Lecar-
licr, maistre de la monnoye de Tournay, Colars Davesnes
son compagnon , Jehan le 3Iaunier Aubier de Hamestrel ,
garde de la ditte monnoie de Tournay, Pierre Crissembien,
tailleur (à la monnaie), Jehan de Rumes, assaieur {essayeur '
de la diltc monnoie et pluisscurs autres qui venu estoient
29
— 230 —
V environ. Sachant que le dit Thomassin avoit de largent
s'accompagnaient à iceluy Thomas. Apris au temps de la festc
de la S*-Denys darrain passé auquels Thomassin dist que se
il le voloit croire que il lui feroit ben gagnier de son argent
et que il savoit un liu [lieu] là où on fesoit monnoie auquel
liu il y avait grant prufïit, Liquels donc alérent ensemble à
Laon de Laon à Dignant {Diiiant), de Dignant à Liège, de
Liège à Trec [Maestricht ?) et de la Trec à un chastiel ap-
piellé Redquem qui est à un chevalier du nom duquel il
nest recors {se souvenant), mais il y avoit un home qui estoit
maistre de la monoie que on forgoit au dit chastel et se fesoit
appieller Jaques et disoit que il estoit de Tournay, auquel
il demanda se il avoit point de monnoie fauce pour (à) ven-
dre liquel dist quil en avoit et lui montra de pluiseurs
menues et autres; et lors li, dis Janins lui dist quil voloit
avoir des blancques mailles de X d. Et traita en marchan-
dise à lui h XXX dicelles mailles pour I franc et en autres eu
II francs. A tout le marchiet pour dues cauches. Requis
pour quaubien il en accata dist de L à LX francs ou environ,
et demora audis liu avoecq le dis Thomassin environ VII
jours. Et après en revinrent par Mons en Haynaut à Valen-
chiennes , de Valenchienncs à Arras et de Arras à Tournay.
Requis se es duez villes, il alouèrent [écliangèrenl) aucunes
des dictes blanques mailles dist que non fors tant seuUement
en la dicte ville Darras pour leur dépenses et pour une
brayc {haut de chausse) que le dit Janin y acata , requis se
les denrées que il avoit accatées à Tournay, il avoit payé
les dictes blankes mailles dist que oyl {oui). Dist oultrc
(de plus) que il en avoit aloué de XII à XIII francs et que
le chemin de aler audit chastel, lui enseigna uns homes
appiellé Colart de Hem , liquel se désespéra depuis en une
prison où il est en la ville de Paris. Pour lequel fait dessus
dit, et aussi pour ce que monseigneur le Gouverneur des bail-
— 231 —
lagcs de Tournay et de Tournesis se désista des commande-
mcns que il avoit fait à nous Prévos et Jurés que nous ne
cogneussions du dit Janin et que il leva le main du Roy
nostre Syre, assise à ycclui Janin Nous Prévos et
Jures dessus dis condaranasmes ledit Janin à mort de telle
mort que destre pendus tant que il fust étranglés, lequel
jugement fu fait et exécuté le sabmedi XIX« jour de may
lan rail CGC IIII XX et six.
[A la suite de cette condamnation , nous trouvons écrite
d'une autre écriture cette annotation : « Et cest assavoir que
le dit Thomassin fu rendu al Evesque pour ce quil estoit en
habit de clerc et en possession de tonssure. »)
Le 31^ jour de juillet de Van 138C.
Clayekin dele Wale , porteur au sacq, né de la ville de
Courlray, condamne détre enfouis tous vis {tout vif) le lundi
pénultième, jour de jullet lan rail CGC IIII XX et six, pour
ce que le jour précédent il et uns appiellés gardes porteres
(porteur) au saq , se débatirent ensemble le dit Claiekin ,
navra [blessa) de trois playes ledit Gardet, sur les fossés au
dehors de la porte Kokeriel dont mors sensivy tantôt {bientôt).
Et ce confessa ledit Claiekin, présent nous Prévos et Jurés
et le peuple assistant les huis {portes) de notre halle ouvcrs
audit jugement faire. (4)
Ze 19 d'août de l'an 1380.
Sour ce que Jehans de Ilaudion , maistre bourgeois se
(1) On remarquera par l'exposé qui termine celle condamnation ,
qu'à cette époque le peuple pouvait assister aux débats judiciaires.
C'est pour la première fois en cette année 1386, que l'on mentionne
que le jugement est rendu en présence du peuple. Nous pourrions en
induire que cet usage n'existait pas toujours antérieurement.
— 252 —
trait (se mit en cause) devers nous le XVII« jour daoust lan
mil CGC IIII XX et syx, disant que Maigne Le Fevre de
Liège , feme qui fu Symon Broussiel , couvreur descaille
(de tuilles), mesquine dicelui de Haudion lavoit desrobé de
un noble, II francs', I florin au lion , une maille dor avoecq
une croisette divoire et une affique dargent pour laquelle
chose nous Prévos et Jurés feismes la ditte Maigne prendre
et mettre en nos prisons et après ce le feismes amener en
halle par devers nous et en nostre présence et aussi en la
présence de Jehan Paret le fil, Olivier Dantoing, Lotart du
Loquet, Hanequin Dére, Lotart Bielechiere et Gilliart dou
Vielequin qui fu vales monseigneur Willaume de Forniaus ,
le VHP jour dou dit mois daoust la ditte Maigne cognent et
confessa que elle alla à le wardereube [garderobe) de son
maistre et en se caisse , si comme il estoit en lescuve de sa
maison pour lui escuver , elle prist un noble dor, I fi'anq,
avoecq une affique dargent et une croisette divoire et les
mist et envelopa en son sein avoecq IX pièces dor qui sien-
nes estoient , mais plus nen prist si comme elle dist. Et
oultre dist que se ne fuist venu à notre cognoissance que elle
euist rendu au dit de Haudion, sen maistre, son dit argent.
Et pour ce que le dit de Haudion affîrmoit que il avoit esté
de plus desrobés que ne confessoit la dite Maigne, pluseurs
gens pooient {poicvaient) savoir parler du nombre des flou-
rins que le dit de Haudion avoit lors en sa caisse.
Nous incontinent feismes faire informacion du dit cas et
feismes mener la ditte Maigne en prison en la porte des
Maulx au lès devens le Roque S'-Nicaise. Et environ
deux heures après miedy , Vincent de Comincs notre ser-
gent à verge , garde de ladite prison vint devers nous disant
que Migne sestoit désespérée, pendue et cstranlée de son
cuevreehief en la prison, à laquelle nous nous ti'ansportâmes
et vcismes laditte Maigne morte par la manière que dit nous
— 235 —
avoit notre sergent et scstoit pendue al entrée dcl allée de
le nécessaire {lieux d'aîsajice).
Et furent à ce présens maistre Gilles de le Joncquiérc ,
maistres Willaumes du Mont, chirurgyens, Ja(juemars de
Riquehcm , Jehan Lépureur , Pierars Grumiel , Willem de
Clermes , Piérars Févriel, Jehan Coflin, valet de Guillaume
Croqucvillain , Jehan de S'-Quentin , Raoul 31audeghiel ,
courtilleur, etc.
Et pour ce que nous Prévos et Jurés prenrent doubte dou
cas assavoir se jugement y eschcoir de ladite Maigne cnfouyr
ou d'ardoir. Nous le dit jour envoyâmes en la ville de Lille,
sire Henry Dare, prévos de la dite ville et maistre Denys de
S'-Marcel , conseillier par devers vénérable et discrés
messire Jehan Canart chancellier, monseigneur de Bour-
goigne, messire Amaury Dorgimont, conseiller du Roy
nostre Syre, maistre Pierre Blanchart, W Jehan du Dracq,
M« Guille Arnault, assesseur de Tournay, M° Jehan de S'-
Amand , conseiller de la ville de Lille et M« Jehan Martin ,
advocat du dit monseigneur de Bourgogne , ausquelx fu
exposé le cas dessusdit et sur ycelui requis à avoir leur
délibcracion. Lesquelx conseillèrent, considéré le cas pour
lequel la dite Maigne estoil prisonnière , sa confession chy
dessus exprimée et la manière comment elle fu trouvée en
la ditte maison estranglée et pendue morte désespérée, quil
réputoicnt pour murdre {meurtre). Nous sans jugement
déclarier ne prononchier le poyesmcs {pûmes) faire mener
as camps par lexëcutcur de justice et illec faire ardoir en
poudre et cnsi fu fait lendemain cnsivant XIX* jour dudit du
dist mois d'aoust l'an IIII XX et six (1586) (1).
(1) Le parti que prirent en cette circonstance les Prévôts et Jurés
de Tournai de consulter les autorités judiciaires de la ville de Lille,
sur le châtiment à inlliger à Maigne Lefebvre semble anormal ; mais
— 254 —
Le 18 de février 1586. (V. sixfle).
Sour ce que le XVIII° jour de février darrain passé ,
Hanequins Salmestrain de Franquefort en Alemaigne fu mis
en prison de nous Prévos et Jurés pour soupechon [soupçon)
de avoir fait pluiseurs larenchins, tant en la cour de nostre
trés-redoubté seigneur monseigneur de Bourgogne , corne
ailleurs pour lequel soupechon nous le feismes amener en
jugement pardevant nous et li fu imposé [mis à charge) par
le procureur de la ville à cause d'office que naguère il avoit
emblé en la court du dit seigneur à Arras, un grand plat
d'argent doret et un autre plat d'argent aussi auroit emblé
al hostel de monseigneur Rifflart de Flandres, son maistre,
deux grandes tasses d'argent et fait pluiseurs autres laren-
chins pour lesquels avoir fait se eust les confcssier avoir
fais , nous le devions condemner à mort et se il denyait
yceux fais le dit procureur en offroit tant à monstrer que
pour souffire à son intrucion [pour instruire la cause suffi-
samment). Apries lesquelles conclusions ainsi faictes nous
interrogames le dit Hanequin sur les fraudes dessusdittes et
autres pour ataindre la vérité.
Liquel de se bonne voillenté en notre présence et enle
présence du dit monseigneur Rifllart de Flandre et de Mons.
il faut se rappeler qu'à celte époque , Lille était comme Tournai sous
le gouvernement du Roi Philippe le Hardi et appartenait doDC à la
France. Cela nous prouve l'idenlilé qui existait dans les usages pra-
tiques de la justice dans ces deux villes, quoique Lille et Tournai
eussent alors chacune leurs coutumes distinctes. La décision qui fut
prise, nous montre encore qu'on faisait subir le supplice du feu aux
assassins, et que la femme Maigne qui s'était suicidée fut considérée
comme ayant commis un meurtre sur eile-môme.
— 235 —
Jehan de Poucqucs et Gilles Vcrlandes, maistre-d'hoslel de
Mons. de Bourgogne , Jacques d'Antoing et pluiscurs autres
recogneut et confessa que naghaire ledit mons. de Bour-
gogne estant à Arras et en sa court, prist et embla un grand
plat d'argent dorct et un grand plat d'argent à servir à
table , lesquelx il mist en son sain et vint al hostel du dit
mons. Rifllart, son maistre à Arras , ce jour mesme et prist
et embla une taisse (tasse) d'argent qui estoit [à) son mais-
tre et le mist corne dessus en son sain , et les dis plas et
tasse porta en la ville de Douay, au Vert hostel où il fu pris
et mis en une chambre, mais par petite gai^de doùil cscapa.
Item dist et cogneust (arowat) que naghaires paravant il
embla et pris a une sienne hostesse un gobelet d'argent
lequel il fist dépécher (dépecer) par piéches pour le vendre
et en avoit en sa bourse deux piécettes quant il fut pris.
Veu lesquelles confessions nous etc. , condamnons ledit
Hancquin à mort d'être traynié et pendu , lequel jugement
fu accompli et exécuté.
Le mercredi 8 mai 1387.
Sour ce qu'il estoit venu à notre cognoissance le merquedi
XVII* jour d'avril mil trois cent quatrevingt-sept , que
demisielle Jente de le Deulle , demorant aupriès l'église
S'-Brice en Tournay , avoit esté trouvée morte devant
son feu en se cambre (sa chambre) par terre où elle faisoit
continuelment (habituellemetit) le fait de sa quizinc et que il
apparaissoit par inspection que en l'un de ses yeux avoit esté
mis poche {poché, blessé) du doit ou baston dont elle moru,
et que asses près de ly (d'elle), avoit pluiseurs quemechies
(chemises) ensanglantiés et un flosq [flot) de sang sur lestre
(l'âtre) devant le queminée de le dicte cambre; et aussi que
après le Irespas dicclle demisielle Gente , grande partie de
— 25G —
SCS biens meubles avoient esté prins de nuyt par Jehan de
Namur dit Jcnson et Ernoul Quinteballe de Courtray, et
emportez en la maison du dis Jenson sans autorité de justice.
Nous Prcvos et Jurés feismes mettre et détenir prisonnier en
nos prisons les dis Jehan Jcnson et Ernoul Quintevalle lequel
Ernoul se dist lors estre clercq et tel fu trouvé deuement
par lettres testifîcatores (probatrices) de sa tonsure par quoy
nous ne pusmes procéder contre luy en justice, mais fu res-
titué à monseigneur l'Evèque de Tournay et d'ylloecq à
monseig. de Cambray pour ce que les dis maléGces avoient
esté fais au diocèse de Cambray; et pour ce que les dit Jenson
cstoit home lay et mie justicable, nous feismes par le paix
de la ville, procéder contre luy après ce que il ot faite infor-
niacion des cas dessus dits par laquelle informacion apparu
suffisamment par les dépositions de Jacques Sorcl, tisserant
de draps, Margarittc marcandc sa femc , Renault Sorcl leur
fil et aussi par la confession dudit Jenson faicte en jugement
par devant nous et pluiseurs tesmoins si corne Jaques Pié-
rart, Thumas delà Foy et autres que à le requeste dudit
Ernoul, il avoit prins et emporté de nuyt de la maison de la
dicte Jentc , pluiseurs des biens d'icelle , si come draps et
habis et vaissiclle de kieuvre [cuivre] et yceux biens empor-
tés en sa maison et avoit dit audit Ernoul par avant le prise
des diète biens que la dite Gente qui soi estoit se antc [sa
tante) cstoit morte et que se il le voloit croire il le fcroit
rice [riche] home et après ce cognent et confessa que yccllc
Gente avoit fais et ordonné par devant les échevins de S'-
Brice son testament et ordonnance de dairinc [der}iière)
voulonté en l'an mil trois cent quatre vingt et trois au mois
de février; par lequel testament clic avoit privé tous ses hoirs,
se comme parycelli testament pooit apprendre car il meismc
avoit esté lun des tcsraoings à pruver ledit testament avec
Sire Amant, lieutenant du curé de S'-Brice, maistre Jehan,
— 237 —
S'-Clémcnl; niaislrc clerc de la ditte paroisse, Sire Nicole
Aignclct et la feine du dit Jenson mcsmc pour lesquels
Inrcnchins dessus dis rccogncux et confessez le dis Jenson,
lu par nostrc jugement condemné h mort de estre pendu
tant qu'il fust eslranglez lequel jugement fu exécutez le
mcrqucdi VIII-^ jour de may, l'an mil CGC IIII" sept.
Le 14« iour~jlu mois iVaoùt 1587.
Sour ce que à la clameur de Piètre de Papegliien, demou-
rant à Elesiclle en la cour et maison de Madame l'abbessc
de Palmes (Pamèle), lès Audcnardo, Jossequins Sandrcwarde,
tisserans eust esté mis et détenus en nos prisons le samedi
X«jour d'aoust l'an mil CGC IIII" et sept, pour le soup-
pechon de avoir amené une vaque et après ce que le dit
Jossequin fu amenés en jugement par devant nous, et que
par le serment de la ville pour office ly fu imposé avoir
fait ledit larcnchin et pluiseurs autres Icsquclx cozes il nya.
Toutesvoycs en la présence dudit Piettrc , Rogier Bretiel ,
Jehan Fuyant , Jaque de Ramcourt , Colart Waye et Lottart
de Rumes, et en nostrc présence, en jugement le dit Josse-
quins cogneuit (reconnut) et confessa avoir emblé le dite
vaque le vcnrcdi précédent en nuit et amenée à Tournay, au
marquict et là le vendit V escus monnoie de Flandre, lequel
argent il rechut et pour plus plaincmcnt savoir de ses fais
nous envoyasmes Jehan de MaufTait et Jehan Ledoucq, jure
de la dicte ville à Flobcrt [Flobecq) et au pays susdit les-
quclx y firent certaines informacons par laquelle il appc-
roit ledit Jossequin estre de très mauvaise renomée, lequel
amené en jugement, cognut et confessa de sa libérallc vo-
lenté que par avant les daraines [dernières) ghcrrcs de Flan-
dres, il à la l'cqueslre de un appelle Jehan Lodcmart, il fu
avoecq Ronier Vrient et Ilancquin Vandcrcaste en la ville
— 238 —
d'Audenardc, à tuer et occlure Jehan de Crocq, pour lequel
fait il et une livre de gros par le main Lecat Pape.
Item cogneust que V scpmaines avoit lors ou environ, il
erabla avoecq Enoul CopcnoIIe, une vaijue de roux poile
laquelle fu vendue à Atli, VI livres XVI gros.
Item cogneult avoir emblé en le ville d'Escornay, une
paire de linchiux et VII ausncs de toille que vendi III gros
l'ausne avoecq pluiseurs autres menus larenchins. Et pour
raison des fais dessus dits et mesmeracnt du fait dômcchide
que ledit Josscquin fist pour argent avec ceux qui mesme ne
cognoissoit, il fust par nostre jugement codemnex à mort etc.
Le 11"^ jour de janvier 1587. {Vieux st.)
Le venredy X'= jour de janvier, lan mil CGC IIIIi, et
sept, fu Roland du Cos de Rosebecq, liquelx avoit esté
naghairc justichiés par nos jugcmens dune oreille copper,
pris et mis en nos prisons et lendemain cnsivant XI* jour
dudit mois fu amenez en jugement en le présence de nos
Prévos et Jurés dessusdis (I)et pluiseurs assistans, cogncut
et confessa avoir fait pluiseurs larenchins à Arlcbccq ,
une paire de lindras, à Werwy, un quioutil qui fu vendu à
Lille XVIII gros.
Item à Valenchicnnc, une paire de linchiux vendus à
Lille XX gr. et audit larencliin fu avoecq li Saudrelin de
Ilonc, demorant à Courtrai, Item il embla à Quesnoy sour
le Deulc, une hupelande qu'il vendit XXII gr. Item à Wa-
(1) « .. Prévôt el Jurés dessusdis. » Les noms de ces magislrals
ne figurenl pas dans le procès- verbal des condamnation*, mais on se
rappellera que chaque fois que le pouvoir était renouvelle, on ins-
crivait tous ceux qui en fesaieni parti dans le registre de la loi, en
iCte de tous les actes judiciaires et autres.
— 259 —
li'cloz une colle, une cloque et un blanquet qu'il vcndilà
Lille XLII gros. Item embla à Ilersiaux, en le maison Jehan
Isaack, un manliel de piers drap, une telle d'eslain, VllI
eskies de fdlet à tout. Lequel larcnchin fait il fut pris et
amenez en nos prizons.
Item confessa encore avoir cmblé une vaque à Ilcrine,
lequel il vendit à Courtray V escus. Item à Wambrcchics,
une cote de feme fouréc drap que vcndi à Lille XXVIII gr..
Pour lesquels larcnchins Rolant fa justicliié de pendre
et le jugement exécutez le XV jour dudil mois de janvier.
Le \7^ jour de novemhre 1388.
Jehan li Monies, bastars, fils Jaquemart Deleval baslars,
né de Watrclos, moniers, cognent et confessa de se boinc
volenté en jugement que le nuicté précédente environ leurc
de my nuit ilestoit venus à une kicrulke(c/mrrMe) qu'il trouva
émy les camps asses priés dou moulin de Timougies, et là
pris par manière de faire le contre dele dicte kicrulke et
l'emporta al huys dudit moulin et d'ycelui fiei's rompit
Ihuis doudit moulin et entra et fist yceli tourner tant que
il hcubt desviesti les IlII volans dou dit moulin et IIII draps
doy estoient noef, et aussi prins audit moulin II sacq dont
Tun cstoit noef et plain de blé lequel bled il espandit ou dit
moulin et en lui {au lieu) du dit sac mist l'autre et les IV
draps dudit moulin et les apporta de nuit jusques as gar-
dins qui sont au dehors de le porte de Marvis, et la fu trouvé
à tout lesdits larcnchins à laquelle cognaissance faire furent
présens Jehans Lardenois, Robiert Quarrct, Lottarsdc
Lannoit, Nichaisnc dou Frasnc cl pluiseurs autres. Lequel
Jehan Lemonier avoit viesti une hupelande et un capcron
partie de rayet contre un meslct. Oy laquelle confession et
rccosnoissancc, nous Prcvos et Jurés dcssusdis avons ledit
— 240 —
Jch. Lcmonié, condamné à mort de telcmorlque dccstrc
pendu et cslranglé etc.
Le mardi '20^ jour d'avril 4589.
Le mardi après Pasques, Miquiels de Meullenare, foulons,
nés de Bailleul en Flandres, cognent et confessa en nostrc
Halle pardevant nous et en le présence Jacques de Vaudri-
pont, Gillon de Lannoit, Jaques Fromages , Jehan Le Kien,
Pierre Petit, Pierre Dele Motte que environ le jour nostrc
Dame, chandeler darrain passé, il entra en le ville d'Yppre
et ouvrit d'un havet de fier (i) lait {la porte) d'un célier où
demisielle Marie Spuch vendoit grenache auquel cellier
avolt un coffre lequel il ouvrit et saqua {tirra) les clous dele
serrure d'une esturquoise et prinst ou dit coffre LXX liv.
parisis monnoie de Flandre et fu prins atout {tout) ledit
argent par le bailly de S'-Martin et le Prévôt d'Yppre, et
pour ce qu'il avoit ledit argent sur lui et que il ne l'avoit
mye emporté il fu pour ledit larenchin banis à VII ans.
Item dist et congneut ledit Miquielz, que environ le jour
S'-Remy darrain passé, il prinst et embla en Icdittc ville
d'Yppre, en le maison d'une demisielle appelléc 3Iarie ou
Katrine Sénestre, un mantiel, une chainture et une four-
rure, lesquelles choses il rendi à laditte damoisiellc par
liquelle il en avoit esté accusé. Item congneut que le jour
de Pasques commençans darrain passé au matin, il prins et
cmbla en le maizon Wattier Artus, demorant au Castclct en
le dittc ville de Tournay, un mantiel en se cambre et deux
pctis mantiaus au dehors de se cambre lesquels il mist en
(1) Havet on haviet. On nommait ainsi une sorte de crochet do
f^r ; ce mot pourrait se traduire par un croc.
— ^241 —
un fardclct loyct d'une cordicllc et le porta en le maison
Jehan de Blet, foulon d'Anniches.
Item dist et congncutli dis Miquiels , que le jour de hier
XlX'^jour doudit mois d'avril. Il de propos appensé {dêliljérè)
a!a à le maison Nichaise Lefcvrc, dcmorant en le Triperie à
Tournay, et de chcrtaines havcts de fier qu'il avoit tous
afaitiés (1) ouvri luys de le ditte maison Nichaises et prinst
et cmhla es dis coffres IX hlancs deniers du Roy et XXIII
heaumes et XI petits gros de Flandres, et aussi prist pluseurs
des biens dou dit Nichaise et les mist en un loursicl (2) et
en ce faisant fu prins et amené (în nos prisons et desqiicllcs
amené en lialle où il de rechief en publique recongneut
avoir fait les larcnchins dessusdits, etc. Il fut condamné à
être pendu et exécuté le 20 d'avril 138Î).
Le 21 du mois de mal 138D.
Sour ce que par présumplion véhémente Jehan Maupayez
fu arrestéz emprès la porte S'-Marlin de la dite ville , le
venrcdy XXI* jour de may, l'an mil CGC IIII" et IX , pour
soupchon de avoir prins et cmblé assez près de le ville de
Ilérc, éray {dans, parmi) les camps (champs) un coutrc de
fier et une boudiné de kiérue et menez en personne par
devant nous et avant que nous pouissions procéder au fait
de justice contre li , l'Onicial de Tournay l'eust fait rcquerre
comc elcreq par son appariteur, à quoi nous euissions con-
tredit et débatu par ce que le dit Maupayet estoit home
marié, et si n'avoit point de tonxure et pour celle cause
(1) Afaitiés préparés. M. Elienne dit que io mot Afferlié signifie
rendre convenable.
(2) Toursid, paqiici, venant du vicu mol toitrse, fardeau.
— 242 —
cust esté le dit Jehan Maupayet reracncz en la dicte prison.
Yceliii jour racismes environ I heure après mydy , se déses-
péra et se pendy et estrangla d'une cordielle par lequelle on
li baloit {(lontio'it) en un crétin (petit panier) à boire et à
raangier.
Après lequel fait ainsy advenu nous avons traisiraes de-
vers le dit Officiai , requérant que le carongne du dit Mau-
payet fuist visité par barbiers pour savoir se il estoit tonxu-
rez ou non , laquelle Visitation fu faicte , et fu trouvez estre
sans tonxure. Pourquoy nous [le] lendemain ensivant XXII'^
jour dudit mois , feismes le carongne dudit Maupayet,
trayner sur une esclaye {claie). Dudit belfroy jusqucs au
gibet et là fu pendu.
Le iO novembre 1589.
Sour ce que Gillebins Meurisse de Mousqron, avoit esté
prins et détenu prisonnier au belfroi de la ville de Tournay,
et après que il eust esté avancé que par certaines lettre du
Roy, on lui imposoit avoir esté condempné envers ledit
Roynostre Syre, à LX liv. parisis damende, et que pour
celle cause eust esté prêté obéissance aux dits scrgcns de le
mettre en nos dicte prison comme en prison empruntée. Et
depuis fu venu à nostrc eognoissancc que la dicte prinse
estoit faintement faicte, et que les dis sergens ou autres
officiers du Roy l'avoient prins pour cas criminel. Et pour
conçus Prévos et Jurés dessus dis pensant la dicte prinse
fainte , eussions fait traire (envoyer) devers le Roy nostrc
Syre, et de lui ou sa court obtenu chcrtnines lettres con-
cluans afin que le dit prisonnier nous fust et dcus estre
rendu et restitués pour y estre procédé du fait criminel
dont il avoit esté accusé en la cour du Roy à Mortagnc, et
tant eust sur ce cslc procédé que le dit Gillcbin Meurisse.
— 243 —
nous fust par honncstc et sage Jehan Bouleillcr, lieutenant
(lou bailly des dis baillage, rendus et restitués avoecq l'in-
lormacion qui sur ce avoit esté faite, telle que contre lui
avoit esté reconnu qu'il avoit comis pluiseurs larencins ,
tensserics et autres crisraes délis et maléfices ; tels que avoir
pris la bourse de Lizcbethe de Russelede dite Dilf , demo-
rant en la terre et juridiction de Quingbien , où il y avoit
obertains florins et menu argent. Et le dit Gillebin nyant
toutes ces cozes se rapporta de plain {entièrement) en toutes
cnquestres pour sur ycelles enquestcs atcndre son droit , et
pour ce cussons {avons) comis et député nos bien amés
Rogicr de Clermes et Jaques le Miquiel , jurés de la ditte
ville et avoecq eux nostrc clcrq , pour cnquerre la vérité sur
les criesmes dessus dis. Lcsquclx dis Jurés et Clcrcq eussent
esté audit lieu de Quingbien et autres lieux et cn(juis la
vérité et l'informacion sur ce faicts et nous raporta ; laquelle
ledit Gillebin tint pour valoir enqueste, et par après la ditte
informacion , il nous appris que à la ditte Lizcbethe, il avoit
pris de fait et par manière de tcnsse , rompu le pendant de
se bourse en laquelle avoit IIII mailles d'or avoecq cher-
taincs menue monnoye , montant à la somme de XXIII
gros et laquelle bourse avoecq le dit or et argent, il emporta
et pour ce que on le volt retenir et prendre fery [frappa) la
ditte Lizcbethe, sa mesquine [servante) et une autre femme
d'un planchon (pieu de bois) et après s'enfuy, afin qu'il ne
fust point pris et incontinent pcrdy ledit argent aux dés en
la ville d'Enncchin, à aucuns compagnons, dont il ne pot
dire les noms et avoecq ce confessa avoir maintenu pluiseurs
fillettes et dépendu du leur par folle et mauvaise vie.
Veu lesquelles confessions nous avons ledit Gbillebin
Meurisse, condamné à eslrc exécutés et justichiés de tray-
ncr et de pendre tant qu'il soit mort avec la visitacion de
l'informacion faictc i)nr lo dis Boutcillcr à nous imposée et
— 244 —
sur laquelle ledit Gillcbin prinst droit, corne dit est avoeeq
ce qu'il nous a paru par la ditle enqueste que il avoit vendu
à la dicte Lizebethe une colle de fer , qui pas n'estoit sienne
mais cstoit à mcssire Jaques dele Haye , la somme de XIV
escus, laquelle cotte il avoit pris sans son gré et fu ce dit
Ghilleblen cxéeutcz par nostre disl jugement, le XI de fébu-
ricr l'an dessusdit.
Le 12 (rai;nM590.
Sour ce que commune rcnomée labouroit contre Jaque-
mart dou Tronquoit, que il et pluiseurs autres avoient fait
pluiscurs larenchins de nuit en pluiseurs lieux et maisons
de nos subgés et habitans, nous eussions fait prendre et
mettre en nos prisons ledit Dou Tronquoit, et fait convenir
(rassembler) par devant nous en jugement et avoecq lui
imposés pluiseurs larenchins par lui fais avoecq Pierre et
Estievenars de Ilabourdin. Lesquels larenchins 11 congneut
et confessa de sa bonne volonté par la manière qui s'ensuit.
Et premiers eongnut ledit dou Tronquoit, que il et les deux
frères dessus dits prensent {prirent) et emblérent de nuit en
la grange de Jaquemin de Ghisegnies à Chercq, V rasiércs
de bîcd à vaner dont cascuns deux trois, eut sa part. Item
congneut le dit du Fronquoit, que lui et les deux frères em-
blérent au Petit Moulin dele Val de par nuit, certaine can-
tité de bled dont il eut environ VII seaux plains de bled en
sa part et cascuns des dis frères otant {autant) et tenoit cas-
cuns seaux environ VI hanot de bîcd. Item il rccongneut
qu'ils alérent en le maison Jehan d'Arras demorant emprès
eseorcheqval (i), la valeur de IIÏ rasiércs de bled lequel ils
(I) Eseorcheqval. On ne sait pas où était situé cet endroit. Le nom
toutefois indicjuo que c'était le lieu où on dépouillait les ciiovaux
morts.
— 245 —
bâtirent de nuit derrière les mais Dcleval et en ot cascun sa
part.
Item cogneut le dit du Tronquoit que le jour de Pasqucs
darain passe au vcspres, {le soir) il revenoit de souper de le
maison Loysct le Museur, à Barges, il rencontra le dit Pierre
de Habourdin portant ung fardiel à sen col, liquel li dis que
cestoit gaignage et qu'il veint partir (partager), si coïne il fist
et en ot en se part un pot de keuvre (cMture), un linchoel
nocf, un ferment, un capcron, le moitiet d'une houpelandc.
Item recongncut le dit du Tronquoit qu'ils emblérent une
brouette cmpriès Barges, dont il otle baston de Qcr qui fait
moyel [moyeu) en se part et li dis Pierre ot le roestre.
Item embla le dit du Tronquoit un martiel de fer ser-
vant à un car. Item recongneust que environ l'aoust darain
passé, il et les dits frères de Habourdin emblérent en le
maison le Baure Dele Motte , à Maire , une kaine dhome
{chaîne d'hoînmé) et pluiseurs pièces de vaissielle destain
dont il ot se part. Item recongneut à avoir emblé de nuit
au moulin St-Martin, avoecq les dits frères, IIII rasières de
bled, en deux saes de boulenghier et en ot se part et furent
les deux sacs portés à se maison, et adfîn que on ne les peust
poursuivre, il semoient dudit bled lonch au contraire de le
voye qu'il alèrent.
Lesquels larenchins dessusdits, du Tronquoit recongneut
et confessa en la présence de Jehan de le Pissclotte , Colart
Rolant, Jacques Maillefer, etc. Nous, Prévos et Jurés, avons
condamné et condamnons ledit du Tronquoit, à morir de
telle mort que de estre pendus, lequel jugement fu exécuté.
Le mercredi \ô^jour du mois d'avril 1590.
Sur ce que la feme Jehan le vieswaricr, revendeur de
chervoisc {bievre)j s'cstoit traite {Iransporlée) devers nous,
31
— 246 -
Prévos el Jurés, en se complaignant que en se cambre on lui
avoit emblé ung capcron labardet de noir camokas fouret
et ne le savoit à oui {qui) mettre sus , fors à l'un de trois
compaignons qui buvoicnt en se maison , lesquels nous
feismes prendi'c et racltre en notre prison et d'ycelle enmc-
ner par devant nous en jugement , et si corne on les amenoit
en notre halle , Marguerite Vandricotte, mesquine Jehan
de Ilaynau, cauchctcur {cordonnier), recogneut l'un d'iceux
trois prisonniers appelle Ilancquin de Bouccfort , de Brou-
xelles; et nous dist et affîrma par son serment , que au
caresme darrain passe , ledit Ilancquin aAoit emblé en le
maison dou dit Jehan de Ilaynau, son maistre, une pater-
nostresde noir gayct [de jais) qui estoient(à) sa maitressc
et dont on avoit à la ditle Margueritte fait rendre II francs.
Lequel Ilancquin, nous, le mequcdi Xlil® jour d'avril après
Pasques , l'an mil CGC IIII" et X, interrogasmes, présens
Gilles de Iloves , de Lessines et Jehan de Jeudogne, qui
avoient esté amené prisonniers avoccq lui. Liquel Ilanekins
dist et confessa que il avoit pris et emblé le dit caperon en
le cambre dudit Jehan le vieswarier et avoit emprunté à une
usurière, demorant en le Taintencrie , X gros de Flandres
sour le dis caperon.
Item congneust qu'il avoit emblé en le maison Salehart,
pissonier {poisso7inier), sen hoste, I bachin et I pot dekeuve,
pourquoi il avoit emprunté à un usurier XVI gros. Veu les-
quelles confessions et prcsumpcions , nous feismes ledit
Ilennckins mettre prisonnier en la ditte halle et lendemain
cnsivant XIV* jour dudit mois, nous interrogasmes à part et
au secré ledit Ilancquin.
Apriès lesquelles interrogatoires à lui faictes ycclui Ilanc-
quin , en nostre présence et en le présence de maistre
Estienne de Châalons, Jehan au Toupet , fils Piéron , Jehan
le Paret, le fil Colart, Petit maistre et pluscurs autres j
— 247 —
cogneul et confessa de so bonne volonté avoir fait pluiseurs
larenchins, ccst h savoir en le maison dou dit Jehan de
Ilaynau , une patrenostrc de jagct enseignées d'argent à
I bouton de perle , sour lesquelles il emprunta i Jehan de
Rozièrcs, usurier, XX gros de Flandres, item en le ville de
Louvaing, en le maison de Henri Van Milck, père de sa
femc, il embla en un coffre XXX mailles d'or par une clef
qu'il prist en le bourse de sa fcme et lesquelles mailles d'or
il ala alocr {alors) les dispenser à Paris.
Item embla en la dittc ville de Paris, II ans a ou environ,
en le maison Martin de Poissy , cauchcteur {cordonnier et
tailleur), en une alelle un francs et une paire de cauche de
Brunette, qui pendoient à une perche en le ditte maison.
Item en le bourse {de) Perin de Rocm qui couchoit avec lui,
le valeur de XIIII sous parisis en blance monoie et I piers
caperon. Item en la dicte ville de Louvain, en le maison
Jehan Van dcr Nay, VIII an a ou environ, II moutons de
Braibant (1). Item en le ville de Lessine , XII gros de Ilay-
nau et en le ville d'Enghien, à un sien cousin nommé Lam-
bequin, cordoanier, XX gros et une paire de sorlers.
Oyes lesquelles confessions faites par Ilanckin de Bouche-
fort, des larenchins dessus dits, Nous yceli Ilanequin con-
damnasmes h mourir de telc moi't que dcstre pendus tant
quil soit mors et cstranlés, etc.
Le G'^ jour de Septembre 1590.
Jehan Loublct , tixcrant de toilles, demorant à Hlalincs ,
(t) Moulon de Brabanl, c etail une pièce d'or de la valeur de 2a
francs environ. L'agniel. beaucoup plus pciitc monnaie, ne vaudrait
que IS francs de nos jours.
— 248 —
en le rue des Ardens , fu amenés par devant nous en juge-
ment, liquel avoit esté pris entre deux ponts au Bruille, pour
ce que il avoit aloué et acaté un quartier dauwe, un faux
vies [vieux) gros de Flandres et lequel chose il avoit denyé
audit sergent, et pour ce feismes prendre warde (garde) à le
laisse dudit Jehan , à laquelle nous trouvasmes certaines
quentité de fausse monoie, tant des dizclairquins come de
petis gros appeliez petits hayaumez, avec certaine quantité
de bonne monnoyc, laquelle fausse monoie il nya estre
sienne. Néanmoins nous feismes oyr certains tesmoings, si
come le dit sergent Henry Descornes et Simon de S'-Genois,
lesquelx déposèrent par serments que la dicte fausse mo-
noies ils avoient trouvée en la tasse du dit Jehan, en deux
lieux et un saquelet. Et pour plus enqucire la vérité , nous
cnvoyasmes nos lestres closes à lescoutètre et eschevins de
Malines ; lesquelx nous responses firent , par lettres , que
ledit Jehan estoit renomez de se entremettre de alocr la
dicte fausse monoie, et quil avoit loué sa maison à un home
qui la dicte monoie faisoit. Sur lesquelles choses, nous inter-
rogasmes à part le dit Jehan , liquelz cogneut et confessa
que, demy an a ou environ , il et Gille Vanclotins, né de
Gloutine, Lantremer et Soufleteur s'estoient mis en com-
pagnie et lui avoient prié qu'il veusist [voulut) leubver
[louer) sa maison pour faire sa besogne, il le paieroit très-
bien, liquelz Gille li paia par pluiseurs fois de la dicte fausse
monnoie et congneutquc par deux fois il en aleuwa, dont il
fu repris et canga [changea) la dicte faulce monoie, et que
ledit Gille se partit bien hastement de sa maison et à son
département li bailla une grant quantité de fausse monoie,
laquelle estoit faicte d'estain ou despiautre et n'estoit mie
noirchie : si li dist qu'il le noirchiroit ben à le candeille et
d'un pau (pew) de chire et y estoient présens syre
Pruvot Erraant, maire de la commune de Malines, Jehan le
— 249 —
Kicn, etc. Vcu laquelle confession , nous condanasmes ledit
Jehan à morir de tele mort que de estre pendus.
Le 17' jour de mars de Fan iS'Jl {Nouv. style.)
Jaqucmins deVelaine, fils Jehan de Velaine, raachon,
nez de Tournay, fu prins et amenez en nos prizons pour le
souppechon d'un mantiel à fcmc qu'on lui imposoit avoir
pris sur le Pont-à-Pont, et lequel mantiel estoit à la femme
Jake Ghillebert , et après son emprisonnement, comme
renomce lahouroit contre le dit Jaquemins quil avoit fait
pluiseurs larenchins environ la banlieue de la ville de Tour-
nay , et mesmcment de harnatz de quiérue {charve) pris as
camps. Et pour ce que aucuns se vinrent à doléance devers
nous sur ledit Jaquemins , nous , le XXII« jour du dit mois,
feismes lequel convenir par devant nous en jugement et il
de se bonne volonté, en nostre présence et en la présence de
Jehan du Plasnoit, de Jehan de S»-Amand , de J. de S'-
Genois, cangeur, etc., nos subgés , quil avoit emblé ledit
mantiel Item qu'il avoit emblé six lamettes et autres
fiérailles qu'il avoit vendues XIII gros et demy.
Item cogneut qu'il avoit emblé à la maison Jehan Aulier,
en Biecqueriel, une bouche de drap à home. Item en le
maison Piérars du Sart, en le laisse d'un varlet flamens
dont il ne set le nom, environ le Noël darain passé, XII gros.
Item cogneut que environ le feste de le Pourcession der-
nière, il embla en le ville Dorcq, à la maison Jehan Groult,
une escalle d'argent, laquelle il fondit et le vendit ung franc
et une maille d'or Item il embla en le maison d'un
poulaillier(uendeMrdepoM^C5) à Tournay, II capons {chapons)
et IIII oisicaux , lesquels il vendit et les deux cappons mcnga
avec ses père qui ne savoit dont ils vcnoient Item
cogneut que il embla sur un estai à pisson (poisson) à Tour-
— 250 —
nay un raanlicl senglé à home Item que à le ducasse du
Sauchoit dairain passé , il embla en une maison séant au
Sauchoit deux paiclles dairain , un pot de oeuvre et un
caudron qu'il vendit en la ville de Lille. Item dist que en-
viron le saint Jehan dairain passé , à le feste de le Pources-
siou de Valenchiennes , il estoit assez près du pourchelet
devant labbie [abbaye) de Vicongne et vit venir un home à
cheval de devers Hanon , auquel il prist de fait se taissc
après qu'il l'ot féru un cop d'un planchon pour les-
quels larenchins et maléfices nous condamnasmes ledit
Jaquemin de Velaine à estre pendu, etc.
Le 5« jour de juin \ 391 .
L'an mil CGC IIII" et XI, le III» jour de juing, rechumes
lettres closes par lesquelles Jehan Lespine, tixer de drap, né
de Terapleuve en Pcule , estoit accusez de Jehan Deleporte
et de Jehan Daudenarde, né de Tenreraonde, d'avoir fait
certain murdre (meurtre) es bos de Senlis , et se estoit sou-
pechonez d'avoir fait autres mauvais fais et larechins, sur ce
feismes ledit Jehan Lespine prendre en sa maison en la
rue Quaqucdinc [Claquedent) et amener en la halle par nos
sergens, auquel fu imposé d'avoir aidié à faire le dit mur-
dre, si congneut et confessa icclly Jehan, de sa boinevolentc,
que entre VII ou VIII ans a, il et deux compaignons fla-
mans dont il ne savoit les noms mourdrircnt un home à pié,
es bos de Senlis et en eut dix francs en sa part.
Item dist et confessa que environ XV jours après Pasques
dairain passées, il, Grardin Wales et Jehan Mcllois mour-
drircnt, entre Gand et Audcnardc, un marchant de Wcrvic,
monté à cheval et eurent les deux dessus només les florins
qu'il avoit ne set combien , et il eut en se part le cheval
dudit marchant, lequel il vendit à Audcnardc V francs. Et
— 251 —
vcu lesquelles confessions, nous condamnasmes ledit Jehan
Lcspinc à cstrc Ira} nés et pendus, etc.
Le ik'^ jour de juin 1591.
Ledit IIII« jour de juing, environ XII heures , fu prins
devant l'église S^-Jacques, Hannckindu Maisnil, de Lessiellc-
en-Haynaut [{Ellezelles) , tisseur de draps , en coppant une
boucle d'argent, avec lequcllc boucle il fu amenez en halle,
par devant nous et là, de sa boine volenté, cognutet confessa
avoir coppé le dicte boucle.
Item cogneut que, à le feste de le Trinité dairaîn passée,
il coppa un morgant d'argent à un home ne set qui il cstoit.
Item embla en le maison Jehan de Fretin, en le poste St-
Brixe, une estalle d'argent, qu'il vendit 11 francs moins VI
gros. Item cogneut que V ans a ou environ, accompagné de
XII compagnons, dont Grardin le potier de Braque estoit
l'un, les autres il ne cognoissoit et se tinrent es bos de le
Concambe Girard et là mourdrit VI hommes et en déreubè-
rent bien XL, et estoit li dis Hennekin leurespie, que quant
il les veoit venir, il cornoit d'un cornet vcstlilFort et avoit
sa part des dits murdres et desreubemens Veu lesquelles
confessions, nous le condamnâmes de telle mors que d'estrc
pendus et trainez tant qu'il fust mors et estranglés, lequelle
condamnation se fist ledit jour et fu exécutés en icelly jour.
Le 7* jour de novembre 1591.
Le VII de novembre fu Hannequin de Bersées, bas-
tars, nez d'Orchies, amenez par devant nous en halle, pour
lesoupechon d'avoir cmblé à Eurart d'Espierres, son mestrc,
demorantsur le Pont-à-Pont , pluiseurs sommes de deniers
d'argent , liquclz Ilennckins sur ce intcrroguiez dist et con-
— 252 —
fessa que par II fois , il avoit esté en le cambre son dit
raaistre et à le première fois , y avoit emblé de la menue
monoi, edont il acata une verte hupelande, et à le seconde
fois, pour ce qu'il vit je coffre à l'argent ouviert en la dicte
cambre , tant en or come en argent, il y prist la valeur de
XV à XVI frans.
Veu lesquels larenchins ainsi recognus avoir esté faits par
ledit Hennekins, nous icclly H. condamnasmes à morir de
tel mort que d'estre pendus et estranglez tant qu'il fust
mors. Lequel condamnacion fu exécutée ledit jour.
Le vendredi 51» jour de mai 1592.
Come par les privilèges promis à la ditte ville de Tour-
nay, en l'an mil CGC LXX par feu noble mémoire et boine
récordacion (soî^venmice) , le Roy Charle , messire darrain
trespassé, que Dieux pardonist, confirmé par le Roy mesme
à présent régnant, assavoir entre les autres choses, que qui-
conque, de quelque condition qu'il soit, brisera paix, seurelc
ou trieuwes faicts ou ordonnés , ou donnez par loy ou par
prcudhomes, se il est tenus, il sera justichiés à mort et se
il n'est tenu, il sera bannis à toujours de le ville sans rap-
pel. Et il soit censé que environ le mois de juing l'an mil
CGC LXXIX , pour certain contend [contestation) qui s'cstoit
meus entre Philippart de Flandres d'une part, et Jehan le
Monuier d'autre part , le paix de le ville euist esté faicte et
jurée par ledit Philippart et de sa volonté de lui et des siens
audit Jehan le Moinier et aux siens, en le main d'un
juré. Non obstant lequelle paix ainsy jurée par lesdictcs
parties, icclluy Philippart, esprit de l'art de l'enncray, non
doublant Dieu ne justichc, assez tost après le dicte paix jurée,
assailly et navra ledit Jehan le Monnier , très-inhumaine-
ment, de pluiscurs plaies dont il fu tenus en péril de mort et
— 255 —
d'afTolurc. Pour lequel fait, ledit Piiilippart, qui absentez
s'csloit et qui depuis avoit mandé le dit fait avoir fait, fu
appeliez aux droits de la dille ville, et lui conthumacié par
quatre defTaux, dcumeiit entretenus, bannis et enregistrez
d'avoir perdu l'habitacion delà ville, à toujours, sansrappiel.
Et pour ce que le dit Philippart chargés des choses dessus
dites et qu'il ne pooit ne debvoit ignorer, s'est embatus es
termes de nostre juridiction, nous l'avons fait prendre et
emprisonner.
Veu Icsquelz privilèges , le dittc paix jurée et le fait
advenu depuis icelle paix, comme dist est, le dis deffaux et
conthumasses, le registre dont dessus est touchié et consi-
déré le mandement et confession par lui fait. Nous, en usant
de nos dis privilèges, de nos anchicns usaigcs et cousthumes,
l'avons condamne et condamnons à mort, c'est assavoir
qu'il sera traynez et puis pendus, tant qu'il sera estranglez,
par assens de nous, Prévos et Jurés. Lequel jugement fu
exécutez lejour et an susdits.
Le samedi S." jour de juin de l'an 1392.
Le sab.Tiedy Vnî= jour de juing, l'an mil CGC IliP^et
douze , Jaquemin de Lannoit , fil Sire Jehan de Lannoit,
prcsti'C, curé de Stainquicrquc , fu justichiez de pendre,
tant qu'il fu mors, par assens de nous , Prévos et Jurez de
Tournay , pour ce que le dit jour , lui qui cstoit forains,
congneut à esfre venu en la dittc ville, avec et en la com-
pagnie de Rigault et Godefrin les fauconniers, frères, Thé-
rion Franchois dit Dusart, leur cousin, et Grardin Paumicr
dit le Vent, armés et abaslonnés d'armcures invasib'es
(cachées) et deffcndues , et avec iccux daguet et pi'opos à
pensé , estoit alez en le maison Martin de le Place , lequel en
contrcvcngement faisant et en francq [pleine] fcste, avoit
52
— 25'> —
aidic et conforté à navrer de pluiseurs et cruelles pUiies,
le dit Martin, dont il cstoit terminez {passé) de vie à
trespas, sans parler ne estrc conjurez par loys; lequel fuit
avoit este fait en le dicte franque feste, en venant contre
droltet raison, la coustume dont nous usons et avons acous-
turaé de user et contre les privilèges à nous promis et don-
nez par les Roys de France , de bonne mémoire et noble
recordation et confirmez par le Roy, mesrae à présent
régnant. Fait et justichié le dit jour.
Le O'^jout de juillet l'an 1592.
Sur ce que il esloit venu à la cognoissance de nous, Pré-
vos cl Jurés, que JaqueminYisart dit le grand Paged'Arras,
avoit esté accusez par pluiseurs personnes , qui avoient esté
exécutés par justice , d'avoir fait pluiseurs murdres, Icnce-
ries et larencliins, nous eussions fait prendre et emprison-
ner le dit Jaqucmin, et après ce Icuissions fait convenir en
jugement par devant nous , auquel eussent esté imposés les
dits maléfices, à quoy le dit Jaqucmin respondit déprimes
( première ) fâche, qu'il estoit preudhomc et boins var-
Ict, et depuis ce que nous eusmes parlé à luy, après qu'il
fu amenez en jugement par devant nous, est assavoir le
IX« jour de juillet et illec, en nostre présence et en la pré-
sence de Jehan Locquet , Jehan des Lunes, le fil , Pierre de
le Motte, corlier, Jacques Danetières, Jacques Martin, des-
lailleur de draps, ledit le Page d'Arras cognent et confessa
que deux ans avoit ou environ, il fu es bos de Raisse avec
Ilennekins Honnoret dit Pasdabbet , et Hennckin dit petit
Baudet, d'emprèsMortaignc, et en celli bos raourdrirent un
jociene homcvestu d'une houppelande de draps pcrs, d'Or-
chies, lequel fu abatu par terre d'un planchon par ledit
Hcnnekin-petit-Baudet et cmcnl d'icellv joucne home la
valeur de quatre frans , chacun des trois dessus nomcz
curent deux couronnes en blancs deniers du Roy et en bala-
cons {palagon) et le IV^ franc le burent ensemble de bon
accord.
Veu laquelle confession, pour ce qu'il estoit lors tard ,
nous lendemain ensemble, X« jour dudit mois à malin, feis-
mcs ledit Jaquerain amener par devant nous en jugement ,
lequel de requief confessa avoir fait ledit murdre,pour
lequel nous, par assens , le condamnasnies à morir de tel
mort que d'estre trayncz et pendus , tant qu'il fust mort ,
lequel jugement fu mis à exccucion le X= jour de juillet
dessus dit.
Le 29« jour de décembre 1 592.
Marie le Barbiressc, feme Jehan Thiébaut , boursier,
demorant en le rue Prévost , fu trouvée en se maison pendue
morte comme désespérée , le XXIX'^ jour de décembre, l'an
mil CGC IIII" et douze, entre VI et VII heures aprièsmidi,
et lendemain en sievant pénullicsme jour dudit mois , fu
prise et mise en un ban ici et de la dite maison fu, sans asscir
(asseoiV) jugement sur ce, menée as camps emprès le jus-
tice et là fu arse le dit jour par l'exécuteur de justice.
Le IT" jour de septembre 1392.
Sour ce que il veint à la cognoissance de nous, Prévo? et
Jures, que Jacos Agathe , nez de Roubaix, eraprès Lille,
estoit présumez de avoir fait et comis pluiseurs larenehins
et autres criesmes et maléfices, etmesmemcnt de avoir fait,
pris et emblé, Il ans avoit ou environ, en le ville de Cam-
bray, en la maison d'une feme noméc le Mère-as-cnfans,
llll anas d'argent, Icsquclz il avoit vendus en la ville de
Valcnchièncs, à un appelle Frcmin-lc-Rouge , la somme de
— 25G —
XIIII fians et 1 quart, compris cns le caritct, laquelle somc
il avoit eue et comptic à son profit, et aussi csloit présumez
de avoir cmblé un fardiel où il y avoit II sarges , une plichc
à feme, une cotte hardie fourrée de home, et un manlicl ,
lequel fardiel il avoit apporté et mis le nuyt des Roys darrain
passé au matin, en la maison de Âclips Pintrelîc, hosteien-
ghe et revenderesse de cervoise.
Nous , ledit Jacot feismcs prendre et amener au Ceffroy,
en la prison du moyen cstagc, en laquelle prison , présent
pluiseurs fgens si corne Mahieu as Boes, sergent, Henry
Frastrct, Jehan Potier, tourricr dudit Bcffroy et Jehan
Cardcvaque, il avoit congneu et confessé avoir emblé les
IIII hannpcs d'argent dessusdits et vendu et les deniers du
vendagc comptés à son proufit.
Et aussi eussons fait convenir par devant nous en juge-
ment^ ladicte Aclips Pintrclle et Jehanne, ferac Simon Days,
lesquelles avoient veu ledit fardiel apportier par ledit Jacot
c n la maison d'icelle. Lesquelles venues pardevant nous ,
nous feismcs amener ledit Jacot en nostrc halle, en le pré-
sence duquel , après ce quelles orent veu ledit fardiel et
ledit Jacot, elles dirent et tesmoignièrent par leurs sermons
que ycellui Jacot avoit il-mcsme apporté le susdit en la
maison Aelips, le dicte nuyt des Roys, au matin, et avoit
très-bien pleut et cstoit le dit Jacot tous mouUiez et emboez
{couvert de bouc) et ne savoient dont ledit fardiel lui venoit,
fors tant que quand la dicte Aclips lui demanda en sa mai-
son où il avoit pris le dit fardiel, il rcspondi que sa mère li
avoit querquié pour le vendre et que elle avoit nécessité
de avoir de l'argent. Apriès liquel Jacot dist que onques
n'avoit veu le dit fardiel, que il ne savoit que cestoit et que
oncques n'avoit fait tort à autruy. Et si comme nous entcn-
dicracs à procédera justice contre ledit Jacot, au cas {oit)
appartenroit, ycellui Jacot nous fa requis comc clerc par
— 257 —
Monseigneur l'Official de Tournay , et convint que par les
constrainlcs de ses monitions et pour double d'encourrc en
sentence d'esconununication, qu'il fust restituct au ditOfïi-
cial, par prestation de le répéter et ravoir au cas que il ne
scroit trouvez cîers, et sur ce se fist procès en la court du dit
Oflichd, et tant fu procédé sur ce que, le premier jour du
mois de juing l'an mil CGC IIII" et XII, ledit Jacot Aga-
chc nous fu restitué conie non clerc. Apres laquelle restitu-
tion ainsi faicte à nous , nous oisraes {entendîmes) de rcclicf
et cxaminasines les tcsmoings dessus dits et aussi Frcmin le
Rouge qui , les quatre lianapes d'argent dessusdits, avoit
accatcz, Magne de le Croix, fcme Jelian Ilacouict; par les
dépositions desquelz tcsmoings, nous apparu ledit Jacot
avoir confessé avoir emblé les quatre hanaps d'argent
dessus dit et les avoir vendus audit Frémin-le-Rouge , la
somme de deniers dessus déclarés, et pour ce fcismes ledit
Jacot couvenïi\{co)yi paraître) en jugement, leintcrrogames
sur les larencliins dessusdis, liquelz n'en volt aucune chose
congnoistre, mais disoit qu'il estoit pi'cudome et bon varlet
et que oncqucs n'avoit fait tort à autrui.
Nous, le XV'' jour du mois de juillet, le intérogames à
part pour savoir la vérité par sa bouche, liqucl n'en volt
aucune chose congnoistre et ainsi, come de rechef, ledit
jour au vespres (soir), nous feismes ledit Jacot amener par
devant nous , pour encore parler à lui une fois. Ycehii Jacot
appela de nous et de ce que nous entendiemes à faire con-
tre lui et pour la révérence de la court souveraine et pour
double d'atcmpter, ne proeédasmes plus avant contre
ledit Jacot, et après les huit jours passés, qui peust avoir
remiche à son dit appel, si bon lui eust semblé, ce qu'il ne
fist pas, nous feismes traire devers le Roy mesme et obtim-
mcs ses lettres adréchanlcs à Monseigneur le Bailly de
Tournay et de Tourncsis ou à son lieutenant . par lesquelles"
— 258 —
lui esloit mandé et comis, que se vcu les informacions et
procès par nous faits contre ledit Jacot et scu dudit per-
sonnage, ce dont il avoit appelle se [si) nous avons cause de
avoir précédé extraordinaireraent contre ledit Jacot, il
nous enjoinsist et nous convia devant de par le Roy nostrc
dit Seigneur , que nous proeédismes en oultre ctfeissions
audit Jacot raison et accomplissement de justice ; lequel
îilons. le Bailly, après ce quil ot veu les informations et pro-
cès par nous faits contre ledit Jacot, se traist [rendU) devers
ycellui, en la porte Fiérain où il cstoit prisonnier et le fit
traire {extraire) huers {dehors) de la dicte prison, en deman-
dant le cas et ce dont il auroit appelle , laquelle chose sceue,
ledit Mons. le Bailly, par vertu desdittcs lettres , nous dé-
clara que nous parfeissièmcs ledit procès que cncomenchié
aviesmes contre ledit Jacot et nous enjoignit que nous lui
fcissions raison et accomplissement de justice, selon le con-
tenu es dictes lettres royaux , et de ce nous baillia ses let-
tres scellées du scccl do la dittc Baillic où les dictes mcsnie
sont cncorporées.
Lesquelles lettres du dit Mons. le Bailly, avec ledit procès
criminel, sont mises en le trésoiTic de la dicte ville.
Et après ce nous, pour procéder au parfait {à term'iiier)
ledit procès et pour audit Jacot faire raison et accomplisse-
ment de justice , feismes ycellui amener pardevantnous,
en jugement, le XVI'= jour du mois de septembre ensivant,
lequel Jacot nous intcrrogamcs sur les choses dessus dittes,
comme autre fois aviesmes fait, lequel, en respondant aux
dictes interrogatoires , congneut et confessa de sa bonne
volcnté ce qui sensu it :
Et premier, que deux ans avoit ou environ, il avoit cmblé
en le ville de Cambray, en le maison d'une fcnic noniée le
Mcrc-as-enfans, llll hanaps d'argent, Icsqticlz il porta en la
ville de Valenchienncs et les vcndi à un mcrchicr illec
— 259 —
demorant, nome Frcmin-lc-Rougc, par le moyen de Ilcnne-
quin de Vanstoel, fil de la dicte Maigne de le Croix, se lios-
tesse, la somme de XIIII francs et un quart, dont il avoit
eu en payé deux aunes de draps vert et demie, et aussi avoit
acaté à un voisin dudit Frcmin l'cstoffe de une coroic d'ar-
gent, qui montoit (à) deux escus à le couronne ou environ,
et le dcmorantdudit argent jusqu'à lasommedes disXIIIIfr.
et I qt, il ot à son profit.
Item congncut ledit Jacot que, environ ledit temps, il en
ala en la ville de Dixmuc, par devers Henry de Coulongnc ,
taintenier (teinturier), et lui fist entendant contre le vérité
que le fomc de Jaquemart Cabucc , de Lille , vieswaricr
[frippier], sa maistresse, estoit alée en pcllcrinage à nostre
Damcd'Ardembourg,et en faisant ledit voyage, avoit rompu
une gambe et ne pooit revenir à pié, si prioit que, pour Dieu
et par amours, il lui volsist par lui Jacot, envoyer un che-
val, Finablcmcnt, il fist tant qu'il ot le cheval , lequel il
mena à Bruges et là le vendi VI francs , lesquels il ot à son
profit
Item dist et confessa que , ca un voyage d'Avignon , en
venant de par deçà, environ II ans avoit, il s'estoit accom-
pagniez avec trois compagnons , l'un nomé Frémyn , le
second Ilenncquin et le tiers Arnoulet, et se faisoient appel-
Icr par sournom : de Liège, et dist qu'ils avoicnt murdry
un home à une lieue de Valence ou environ, et lequel avoit
une blanque cauchc et une vermeille cauchie et avoit un
chapeau de boures, et eubt en sa part des deniers du dit
home murdry , IIII florins de chambre, nomcz florins du
Pape.
Item congneut ledit Jacot, avec les III compagnons chy
dessus nomcz, qu'il avoit erablé en une ville deçà Valence ,
à V licus près ou environ, à l'iiostel au rouge Mouton, une
code cl en rcdiut d'argent et ne [)nyèrcnt riens de leurcscof .
— 260 —
Item congricut ledit Jacol, que audit temps, il avoit esté
cmpriès Montélimars , où il avoit aidic à murdrir un home
cl que il cil avoit eu en se part LX gros et non plus. "
Item congneut que avecq ledit Fremin, qui se disoit du
surnom de Liège, en venant dudit chemin d'Avignon, ledit
Frémin tua, en un moulin, un home pour une poulie quil
avoienl prias et avoit ledit Hennequin pris un raantiel, lequel
il avoit fait recoper par un parmentier, auquel il n'avoit
mie esté bien d'accord pour les recoppes d'icelli mantiel, et
tant que ledit Hennequinle navra,jîontil moru, pour lequel
fait il avoient esté pris et emprisonnez, et advint que ledit
Jaeot sacqua dedens ladicte prison le gheolier et là fu mors
ctochis, si comc il tenoit. Et oultre confessa ledit Jacot avoir
fait pluiseurs autres menus larenchins. Et pour ce que plus
plainement nous peussions procéder pour ban de justice,
nous yccUui Jacot feismes amener en jugement et lui furent
leus les fais des murdres, homiciiides et larenchins dessus
dits, lesquels larenchins il congneut et confessa en jugement
pardcvaiit nous. Jaques de Rassecamp, Jaques Habart,hoste
du Heaumes, Jacquin de Ilerchowez, Thicbaut le Cler, wai-
nier , Gérard de TOIifrant , fournicr , etc. Veu lesquelles
confessions, nous, Prévos et Jurés, condamnasmcs ledit Jacot
Agache, par jugement, à morirdc tel mort que d'estre trai-
nez et pendus tant qu'il fust cstranglez, le XVII' jour du
mois de septembre, l'an dessusdit. Lequel jugement fu exé-
cutez le dit jour.
Le 0 juillet de l'an 1593.
Sour ce que noble home Gérars d'Escaussine , escuycrs,
prévos de Mons , en Ilaynaut , avoit escript par ses lettres
closes à nous, Prévost et Jurez de la ville de Tournay, que
le mercredi XXVjour dcjuing, l'an mil CGC IIH"ct XllI,
— 2G1 —
Hanequins li longs Craqucnicrs et Zoutc Van Utrcsq, sa mie,
avoicnt esté justichiés au dit lieu de Mons pour leur démé-
rites, ctmesmement pour ce qu'il avoit congncut et confessé
que il avoient, avec Jaqucmin de Ilardivier et Maignon le
Bidauwc , sa mie et Lotin Bongrant , mourdri , V mois et
demy avoit lors ou environ, en le forci de Mourmail [Mormal),
au liu qu'on dist à Gherlontrou, un home vestu d'une blan-
que jaquette et trouvé sur lui XXII sous, et que encore assez
tost après, il mourdrirent un autre home, vcsti d'une perse
houppelande en la dicte forest , sur le cauchie, assez près
d'un vivier, et ne trouvicrent sur lui que XX blancs du Roy.
Et que les dictes femes épyèrent les homes mourdris. Que li
diz Jaquemin féry le premier cop d'un planchon à l'home
premier -mourdrit, nous feismes enquerrc secrètement là où
la ditte Maignon Bidauweestoit citant feismes que, par nez
gens et officiers, ladicte Maignon fu prinse et amenée pri-
sonnière en nos prisons , le pénultiesmc jour dudit mois de
juing. Laquelle nous feismes amener pardevant nous, en ju-
gement, et le interrogasmes sur les ftiits dessusdis, dont rien
ne volt congnoistre. Et pour plus justement savoir la vérité
des faits et murdres dessusdis , nous envoyasraes ou dit lieu
de Mons , en Ilainaut , deux de nos jurés dessusdis et un
clerc, lesquelz retournez et revenuz d'icelly lieu nous rapor-
tèrent copie, mot après autre, de la confession faicte parlesdis
Hanequin-le-long ctZoude, sa mie. Et le V«jcur dudit mois
de juillet ensivant , feismes venir pardevant nous, en juge-
ment^ la dicte Magnon Bidauwe, à laquelle nous feismes lire
et exposer les dictes confessions, et après ycclle Magnon
sur ce interroghiée, congneut et confessa de sa bonne vo-
lenté que elle, avec la dicte Zoute Van Utrcsq , V mois et
demy avoit ou environ, elle ala avocc Jaquemin de Hardi-
viez, son amy et ratavisant en chemin cns au pays de Haynau
où Icsdis Hanequin-le-long et Zoute Van Utresque et aussi
55
— 262 —
Lolin Longueraat ils s'en alèrent tous V ensamble jusque
dedans le forest de Mourmail , au dehors de laquelle forcst,
elle et laditte Zoutc espyèrent un home vesti d'une blanque
jaquette et furent à lui mourdrir avecque lesdis Jaquemin
Lotin et Hanequin , et que l'argent qu'il prisent sur lui fu
partis {parlagé) entreaux ensamble, et eubt ladicte blanque
jaquette li dis Lotins et elle et Jaquemin eurent sa part.
Item congneut la ditte Maignon, que, un petit après ledit
murdre fait, elle et laditte Zoute espyèrent en le forest, sur
le cauchic près d'un vivier, un home vesti d'une perse hou-
pelande et eschiffla [siffla) ladicte Zoute, à quoi les III dessus
només vinrent et murdrirenl ledit home, et ad ee furent
les dictes Maignon et Zoute présentes, ne scet ladicte Mai-
gnon, se il fu gettez en lyauwe [l'eau) ou non, mais l'argent
qui fu trouvé sur lui, dont il ny ot mie foison, fu despensé
ensamble entreaux. Et laquelle confession ainsi faicte parde-
vant nous par icelle Maignon en jugement, furent présent et
appelle come tesmoing, Henry de BrafTe, Jehan Bouvignies,
Jaque d'Anglare, Jaques Fournier, navieur. Jaques le Loutre
et Jehan Dcsbleds.
Veu laquelle confession ainsi faicte par la dicte Maignon,
nous, Prévost et Jurez dessus dits, avons ycelle Maignon
condempné et condempnons à morir de tel mort que de
cstre arse tant qu'elle soit morte. Lequel jugement fu exé-
cutez ledit ¥■= jour de juillet après disner.
Le Sô*' jour d'août 4593.
Sur ce que le Bailli et Escoutète de la ville de Bruges
baillèrent à nous , Prévostz et Jurez , le premier jour du
mois de juillet l'an mil CCC IlII"et XIII, une cédulle en
papier de la confession faicle par Ghiencq Bacheler, naguère
justichié à Bruges, de se teste coper, lequel avoit congneu
— 263 —
et confessé avoir marchandé à Hanin Piclzenne, naguerre
exécuteur de justice en ladite ville, de ocliir et mettre à
mort Jehan le Darrc, bourcau de la dittc ville de Bruge, et
surquoy il s'en mist en paine et navra par II fois le dit
le Barre, dont il fu en très-grand péril de mort : Nous , le
second jour du dit mois de juillet, feismes prendre et em-
prisonner ledit Hanin Pietzenne en nos prisons, et depuis fu
accusez et intcrroghiez des choses dessusdictes en nostrc
halle, en la présence de Monseigneur de Lcntcghem , souve-
rain bailly de Flandres, ledit Escoutète et pluiseurs autres,
liquelz Pietzenne nya tous les faits à lui imposés. Et après
ce, nous furent présentées , de par les Bourghemaistres et
eschevins et conseil de la ville de Bruges, lettres closes par
lesquelles Icsdiz eschevins désiroicnt que, en leur présence,
ledit Ghicnequin avoit congneu et confessé avoir mar-
chandé tuer et murdrir ledit Le Barre et s'en cstoit mis en
paine, come dit est, et pour ce fu le dis Pietrezenne intéro-
ghicz sur toutes les choses contenues en la dicte céduUe et
es dictes lettres, ctcongneut et confessa de sa bonne volenté
que, avant que ledit Le Barre fuist navré, le première fois,
dudit Ghienekin Bacheler, il avoit donné à luy une perse
hupclandc et si lui avoit baillé chertaine quentité de gros
de Flandres, ne scet combien, mais il lui avoit vendu l'espéc
un franq, dont ycelui Ghicnequin l'en bailla XII blancs et
lui dist que le dcmorant il lui paieroil où il le déserviroit
devers lui. Il congncut et confessa ledit Pietrezenne que,
après ce que ledit le Batre eubt esté navrez la première fois,
il et Grielle, sa mie, baillèrent à un varlct appelle du The-
quin, IIII escus forte monnoic, pour faire mettre hors de
prison ledit Ghicnequin Bacheler, qui cstoit en prison en le
ville Dippre.
Item congncut et confessa que, après ce que ledit Ghicne-
quin fu délivré des dictes prisons de le ville d'Ipprcs, et
— 264 —
qu'il fu venu à Bruges, il lui envoya un coutiel par un varlet
appelle Tullcquin, à intention de ocliire ledit Le Barre et que
iccluy fu navré de pluiseurs playes. Item et sur ce que le
mesmes Pietrezenne fu requis qui le mouvoit ad ce faire,
il dist et confessa que cestoiî par la hayne que il avoit au dit
Lebarre, et dist oultre et confessa que combien que il et la
dicte Grielle , sa mie , accusé des choses dessus dictes, si
estoit ce sans cause et que il-meismes avoit fait le traitiet
audit Grienequin, par telle manière que ledit fait de Lebarre
être ochis étant ftiit il le paieroit très-bien, et que l'argent
qu'il avoit envoyé pour faire délivrer Gliienquin, il le avoit
meismes [lui-même] baillié et emprunté sur une siene cotte
de fier.
Veu lesquelles confessions faictes par ledit Pietrezenne
en jugement, pardevant nous et présent Arnoul de Waudri-
pont, Jaques de Ramcourt, Théry J'Aubermont, Tassart du
Puch, Willeme Cathine, Jaques Croquevillain, Jehan Wettin
de le Teste d'or, Gérard de Leuze et pluiseurs autres.
Nous ycelui Pietrezenne condemnames par assens, le
XXIIP jour d'aoust l'an dessusdit, à morir de tele mort que
de cstre trainé et pendu tant qu'il fust mort , lequel juge-
ment fu exécutez ledit jour.
Le C<= jour iVoclobre l'an 1595.
Ghicnequin Van der Beur, faiseur de lattes, né de emprès
la ville de Gand, fu justichicz de pendre corne Icrres, par le
jugement de nous, Prévostz et Jurez, le VIII^ jour d'octobre
l'an mil CCCIIII"et treize, pour ce que, de sa bonne et libé-
ralle volonté, il congneut et confessa en jugement pardevant
nous, avoir ft^itles larenchins qui scnsuient : C'est assavoir,
que le XXVI'= jour de septembre darrain passé , il prist et
cmbla, de nuyt, une grise jument en une pasture assez près
de Flobccquc, en Haynaut, cl laquelle jument estoit à Jehan
— 265 —
le Boutcillicr, de Flobicrc, et amena yccîlc jument de niiyl
à Tournay , al hostcl Jaquemart Descurins, lendemain en-
sivant et le mena au marquiet as chevaux pour le vendre ,
mais pour ce que nulz ne le barguigna (marchandât), il le
mena à une autre maison dehors le porte Sainte Fontaine,
devant les murs des nonains, et là fu ladicte jument prise et
ramenée en la ville et recongneuttc par ledit Bonteiller et à
lui rendue comme sienne, et avoit intencion ledit Ghicnc-
quin de le dicte jument mener à Courtray, au marquiet, au
lundi ensiwant, etfu ladictc jument prisiée, par les coure-
tiers sermenticz de laditte ville de Tournay, à X frans d'or.
Item congneut et confessa le diz Ghienequin que, I an a
ou environ, il embla en le maison Jehan Bloumart, faiseur
de lattes, demorant à Escornay, en se cambre, sur une roile
{ruelle) en un pochon de terre, IV oboles d'or, un à le cou-
ronne et un florin franq. Item congneut et confessa come
dessus que, environ la my-aoùt darain passé, il embla assez
priés en la dicte ville Dcscornay, en une pasture, un cheval
noir qui cstoit à Piètre Courtin et d'illec le mena à le feste à
Jabcque, là il le vendi à un home dont il ne scet le nom ,
la some de une livre de gros qui vault, à monnoye du Roy
nostre Syre, V et demy ou environ , et pourquoi fu ledit
Ghienequin justiehié, comme dict est , à ce jour.
^<ÎX5>d'»--
— 266 —
CONDAMNATIONS A MORT
DANS LA VILLE DE TOURNAI.
Le il avril 139S. [N. st.) — Hanin Brozet , natif du
pays de Hainaut , est traîné de ça l'Escaut et de là, puis
pendu et étranglé à mort , pour avoir trahi Sire Gilles
Franque , prêtre , en le livrant à quatre compagnons qui le
tuèrent près de la porte de Marvis ; il était en outre reconnu
coupable de plusieurs autres crimes, dont un commis en
l'évéché de Liège, du commandement de Messire Rasse de
Monligny. — Exécuté en la justice de la ville à Ilavines.
Le 20 mai 1394. — Lotin Moellet , caudrelier , natif
d'Arc en Hainaut, est pendu et étranglé , pour avoir emblé
de nuit cinq pièces de caudrelach à Ramecroix et sept sem-
blables pièces à Rumegnies.
Le 16 octobre 1594. — Ilennequin Fourment est con
damné à être traîné et pendu, pour deux meurtres commis
par lui et trois de ses complices au bois de Bi'cuze, près de
Tournai. Le 16 octobre 1594, le condamné ayant été re"
connu clerc, est rendue l'oflicial de Tournai qui le remet au
doyen de Cambrai , les méfaits ayant été perpétrés en
l'évéché de Cambrai.
Le 28 tiovembre 1594. — Colart de Biauwez, marchand
de fi'omagcs , natif de Tierrache , demeurant au roduit ,
convaincu de vol avec effraction , est pendu et étranglé par
devant les prévôts et jurés. (A la suite du jugement se trouve
t'cttc mention que ledit de Biauwez, condamné et exécuté,
n'a voulu aucune chose confesser.
— 267 —
Le S février 1595. [N. si.) — Ilcnncquin Bonncfoy, par-
racnticr , fils de Jehan , demeurant à S'-Omer près de la
tannerie, âge d'environ 23 ans, est pendu à la justice devers
France, pour avoir volé des objets d'étain et des manteaux
qu'il vendait à des vieuwariers, ou qu'il déposait chez des
usuriers pour garantie de l'argent qu'il empruntait.
Le l'ijuin 1393. — Ilennequin Cassant, natif de la pa-
roisse de S*-Jacques à Tournai, est traîné et pendu à la
justice au lez devers S'-Martin, pour vols de grands chemins
commis dans les environs d'Ypres, d'Audenarde, d'Anvers.
Il est en outre convaincu de meurtre sur la personne d'un
marchand, revenant de la fête d'Anvers.
Ce même jour. — Colin de Ilénau , dit petit Liégeois ,
natif de l'évêché de Liège, est pendu au même endroit, pour
un grand nombre de vols et trois meurtres, savoir : 1» un
homme de Soignies , tue dans les bois de Nimy, près de
Mons ; 2° un homme dans les bois de Samuscy, près de
Laon ; 3° un homme à une lieue près de Lens , en Artois.
Mahuct Dou four, natif de Douai , est pendu audit lieu ,
comme voleur et coupeur de bourses (même jour.)
Hcnncquin Rivelois dit Maquart, natif du Quesnoy le-
comte, est pendu au même endroit, pour semblables méfaits
(ledit jour).
te 14 juin 1595. — Bertrand Grignon , natif de Grain-
court lez-Cambrai et Ilennequin dcLombise dit Fafillart,
natif de Valenciennes, reconnus coupables de vols, de deux
meurtres commis dans les bois de S'-Amand et d'un autre
dans les bois de Raisse, près de Douai, sont pendus h. la jus-
tice vers Ilavines.
Dans son interrogatoire, ce dernier déclare et affirme que
— 268 —
si l'on voulait examiner séparément tous les geugons et
valets de taverne, on les trouverait comme lui larrons et
meurtriers.
Le \Q août 1595. — Micliaut de Namur, valet de taverne,
natif de Lille^ âgé de 50 ans , est pendu à la même justice,
pour vols, meurtres de plusieurs personnes et d'un enfant
nouveau-né.
On voit qu'à cette époque, les prévôts et jurés convoquaient
en la halle les principaux bourgeois de la ville , et en leur
présence, interrogeaient les prisonniers criminels.
Le 13 août 1595. — Hennequin de Werny ditdesaint-
Omer, cordonnier, âgé de 52 ans, est pendu à la dite justice,
pour deux meurtres et plusieurs vols.
Le 20 août 1595. — Jehan Lohiel dit Lebon, racnestriel
et batteur en grange, natif de Houtaing, âgé de 56 ans et
Régnier Mousquet , dit Rencchon , soyeur d'ais , natif de
Damerics en Hainaut, également de 36 ans, sont pendus à
la justice nouvellement rédifiée à 5 piliers à la planque
D'Angy, pour différents vols et les meurtres suivants : 1°
près du pont de Raisse et Bcrséc, ils tuèrent un berger qui
gardait des brebis et lui enlevèrent trois couronnes d'or;
2" deseure la pierre à Wault , ils tuèrent un homme sur
lequel ils prirent deux couronnes et un franc de Ilainaut ,
en or; 5° près d'Atrene en Ilainaut, ils tuèrent un homme
et lui enlevèrent 50 sols; 4° près de Maubcuge, un autre
homme; 5° près de S'-Amand, un autre homme.
Le 17 décembre 1595. — Jaquemart Roussicl , dit du
Castiel, peltier, natif de Valenciennes , coupable de viol sur
une jeune fille de 9 ans , est pendu à la flesquc de la grande
justice devers S'-Marlin, qui de nouvel cstoit réparée; ce fut
— 260 —
le premier homme justicic à ladite justice tout haut, au lez
senestre, en allant de Tournay à icelle justice.
Le 23 mars 139G. {N. st.) — Ilannequin Fierin, dit le
fier, natif de Moustrale près de Merquerque, est pendu à
ladite justice, pour avoir commis plusieurs vols dont un
entre Le Dam et Lescluse, sur un marchand auquel il coupa
la langue. Il fut constate « qu'il avoit été avec Jaquemart
» Leroux, naguères exécuté à Gand, et autres leurs compli-
» ces, sur la mer en certaines nefs en l'une desquelles
» estoient chincq marchans de Venise , lesquels marchans
)» furent par icellui Hennequin et ses dis complices loyés et
» ancrés en la mer et en icelle mer gettés et noyés, et leur
» avoir départy entre icellui Hanncquin et ses dis complices.»
Le 2 mai i396. — Jehan Gobellart, navieur, natif d'Ab-
beville , demeurant aux caufours , est pendu audit lieu ,
pour avoir, d'un couteau taillepain et de propos délibéré,
féry parderrière Hanequin le Bourgheugnon chcut mort
sans parler.
Le 18 septembre 1396. — Baudet le Conte et Jehan
Daneulin , caudrcliers, pour coups et blessures ayant occa-
sionné la mort instantanée de Jehan de Bouvines, sont traî-
nés pardcvant l'huis du défunt et ensuite pendus à la justice
hors de la porte S*-Martin.
Le 0 août 1597. — Guillemain Bazolle , varlet boulen-
ghier et manouvrier, natif de Meaux en Brie, est pendu à la
même justice, pour vol d'escalles d'argent chez son maître ;
il commit d'autres vols d'objets d'argent dans des hôtels et
cabarets à Meaux , à Mondidier , à Péronne, à Melle en Ver-
mandois, à Soissons, à Cambrai, à Compiègne,
— 270 —
Le 22 mars 4399. {N. si.) — Gillet Suzanne , hiigieret
soyeur d'ays , natif d'Auhervillcrs près de Mondidier , est
pendu à ladite justice, pour vols avec effraction et escalade
à Frasncs en Hainaut.
Le 26 mars 1399 {JV. st.) — Collin Doullet, varletgheu-
gon de taverne , natif de Walers, près de Hennin en Hai-
naut , est pendu à la même justice , comme complice de
Jaquemin Vaillant, naguère exécuté à Maire, pour meurtres
suivis de vol.
Le 6 mai 1599. — Colin Chrcstien , dit de Bouvincs ,
natif de Baisieux, autre complice de Jaquemin Vaillant, est
pendu audit lieu.
Le 25 mai 1400. — Jehan Bulleticl, fds de Colart, labou-
reur, est pendu à la justice dehors la porte S'-Martin, pour
vols avec escalade et effraction.
Ze 13 oclobi'e 1400. — Hennequin Vrcdiel, trouvé pendu
au râtelier d'une étable, est, sans aucun jugement, pendu à
la justice dehors la porte S'-Martin, par l'exécuteur des ju-
gements criminels.
Le 8 novembre 1 400. — Hennequin Varlet, dit le borgne,
varlet de taverne, est pendu à la même justice, pour meurtre
commis le soir sur la personne de Jaquemart Deletraison.
Le IG novembre 1400. — Gillet Leblancq, natif de
Carvin en Caraban, carpentier, prisonnier le 17 juin 1398
comme hourier pubUc, est traîné, pendu et étranglé à ladite
justice, pour avoir rançonné 4 des (illcttcs de vie en la rue
— 271 —
Cnmioi), les avoir forcées de lui donner chacune u/jc cloquelte
d'argent pour faire une esqucrpe , disant que c'estoit pour
cstre plus joli au voyage de Frise où il entendoit lors aller;
convaincu de plus d'ctrc tueur de gens, coupeur de pieds et
de membres pour argent , efforceur de femmes, tenseur et
larron.
Le jugement de Gillct Leblancq donna lieu à un conflit
de juridiction que le registre de la loi rapporte en ces terme :
« Le jocdi XX* jour du mois de juin (1598), ainsi comme
» nos prédécesseurs cstoicnt au matin en halle assemblez
» pour procéder en la délivrance ou encombrancc dudit
» Gillct, selon ses démérites, l'apariteur de Mons. l'Evesque
n de Tournay estoit venu par devers eux et leur avoit requis
» à ravoir et à li cstre rendu ledit Gillct, comme cicrcq qu'il
» disoit cstre. Toutcsvoies avant que ledit appariteur cust
i> plus avant procédé en sadite monition , nosdis prédéccs-
» scurs se traisent par devers Mons. l'Evesque de Tournay
)• et parlèrent à icelui dudit cas , liqucl leur rcspondi les
1» parollcs qui sont contenues en certaine instruction. Par
» Icquclle response faite par ledit cvesquc et pour sa rcvc-
» rencc, nosdis prédécesseurs avoient différé à procéder plus
» avant en ladite besongne. Et après aucune appellation
» faite dudit évesquc ou de son oflicial qui s'elforchoicnt,
» par Icsdites monitions et citations, à ravoir ledit Gillct,
)» nonobstant qu'il ne fust en abit ne en possession de ten-
» sure, nosdis prédécesseurs, pour cscliivcr le péril de sen-
i> lence d'cscomminicnt, firent impélrcrdu'Roy noslrc Sire
j> j mandement, par vertu duquel mandement fu fait audit
'» évesquc , son officiai , promoteur et appariteur dcffence
» (juc, à paine de V^ mars d'argent et de la prinse de son
» temporel, il rappcllasl Icsdites monitions et laissast nosdis
n prédécesseurs joïr de leur juridiciou et cognoistrc de leur
» dit prisonnier. Sur quoy opposition baillié par ledit éves-
— 272 —
» que et officiers, jours fu assignez aux parties en parlement,
» par lequelle les parties oyes dit fu par arrest queledit Gillet
» demoroit à nos dis prédécesseurs et en congnistcroient ,
» en leur faisant commandement que à icellui Gillet feissent
» brief accomplissement de justice. »
Le 29 aunV 4401. — Estievenet Dele Noncamp, tisserand
de toiles, natif de Frasnes, est pendu à la haute justice vers
S'-Martin, pour plusieurs vols commis avec escalade et
effraction.
« L'an de grâce mil quatre cens et un, le dimanche xvij*
» de jullet, environ le premier wigneron, Mengne, femme
» Haquinet de Haynnau dit par men arme, mesquine Symon
» dou Quesne, monnier demorant au molin condist de le
> Hamaide , en la parrochc Saint-Picre en Tournay , fu
» trouvée en le loge hault d'icelui molin morte désespérée,
» pendue et estrangléc par le col d'un lyecol de cheval. Et
» le lundi ensuiant, par assens de jurez, sans faire ne assir
» quelque jugement sur ladite Mengne , fu menée en un
M baniel par l'exécuteur de justiche au gibet de ladite ville,
» où elle fu arse. Fait ledit lundi, a
Le 'i^ janvier 1402. (Jl^. st.)— Jehan de Hollay est pendu à
la justice vers S*-Martin, comme coupable de deux homici-
des commis l'un sur la personne de Gillart Mouton , fils de
seigneur Michel, bourgeois de Tournai et maycur des échc-
vins de la cité, et l'autre sur la personne de Jehan Fachon.
Z?e 16 janvier 1402. {N. st.) — Piérart Garbert, varlet
de taintenicr, est pendu à la même justice, pour un grand
nombre de vols.
— 273 —
Ze 28 février 1402. {N. st.) — Gillcl Caigncl , natif
d'Obigies, est pendu à la basse justice dehors la porte
S'-Martin, pour un grand nombre de vols.
Le '2 juin 1402. — Willaumc le Barbier, raanouvricr,
natif de Ilauthem S'-Liévin, comte d'Alost, est pendu à ladite
justice, pour vol de deux juments.
Le 15 juillet 1402. — Jaquemart de Ribroeq, de Wanc-
brechics, est pendu à ladite justice, pour vols avec escalade
et effraction.
« Le venrcdy XXIX'= jour du mois de septembre l'an
» mil CCCC et deux, Conrart Certoul, merchier, fu, par ju-
» gcraent de nous, prevoslz et jurez , condempné à estre
» pendu et trainc tant que mort s'en ensuit, pour ce que
'» sur le paix de le ville jurée entre ledit Conrart , d'une
» paît et Jehan Dauchi le fil, d'autre part, en le main de
» sire Marq Villain , prevost, le XIX<= jour d'avril mil CGC
» IIIj" et XIX, ycclui Conrart, en enfraignant et violant
1» ycelle paix, avoit, le XXVIIj« jour de février ensuiant, fait
» batre , navrer et injurier ledit Dauchi , à l'entrée de l'uis
» de se maison et dcns ycelle, par Franchequin Platiel ,
» lequel fait ycelui Franchequin avoit fait à le rcqucste et
» du commandement dudit Conrart et pour argent , si
» comme par le depposition dudit Franchequin, en lequclle
)» ledit Conrart s'estoit rapporté entiremcnt, volu et accepte
» par ycelle prendre et oyr droit et par le procès sur ce fait
> est plus ad plain contenu. Et si furent confisquic au droit
» de ledite ville le moittic de tous les biens quelconques ,
» meubles et immeubles , que ledit Conrart avoit et ledit
« jugement exécute ledit jour, à le justice que ledite ville à
ï le planque d'Angy. "
— 274 —
Le iO janvier 4403. {N.st.) — Henncquin PoUet, natif
de Bcclers en Hainaut, hourier (1), qui avait eu précé-
demment une oreille coupée pour aucuns larcins par lui
commis, est pendu à la justice de le planque d'Angy, pour
un grand nombre de vols par escalade et sur les chemins
publics , ainsi que plusieurs meurtres commis à Frasnes , h
Béclers, à Quartes, à Maulde, h Havinnes, à S'-Sauveur, à
Rcnaix, à Audenarde, à Binche, etc.
Le ùl janvier iifOô. {JV. st.) — Chrestien Perche, fai-
seur de lattes, natif d'Arquenghehem sur la Lys, est pendu
à la justice de la haute flèche du hapart vers S'-Martin, pour
vols de chevaux.
Le 51 janvier 4404. {N. st.) — Colle Vandendalle,
dite de le Haghe, de Courtrai, ayant déjà eu l'oreille coupée,
est condamnée pour larcins nouveaux et enfouie toute vive
cmprcs de la haute justice, hors de la porte S*-Marlin.
le 49 mars 4404 . {IV. st.). — Jehan Charlicr , de Mons
en Hainaut , est pendu et étranglé à la justice dehors la
porte St-Martin , pour de nombreux vols.
Le ^^ juillet 1404. — Jaquot Courcl , fils de Mathieu , de
Tressin , prisonnier au beffroi en haut , en la prison du
Celicr , au-dessus du moyen étage , pour larcins , est trouve
pendu de se courroie et iVun couvrechicf. Son corps est mis,
sans jugement, en un baniel et mené as camps, puis pendu
par le bourreau hors de la porte S'-Marlin.
(I) Hourier, homme qui vil dans la débauche.
— 275 —
Sentence tirée du Registre de Cuir noir, {folio 104, ver") au
sujet de la condamtiation à ynort de Jean de Mideldoncq
de Louvaing, lequel, après avoir tué Henri de Broiissielle,
s'était réfugié dans l'église de S^-Jacques. Le doyen du cha-
pitre de Tournai et son conseil s'étant réunis , délibérèrent
sur le fait : puis déclarèrent que le criminel ne devait point
jouir des franchises de l'église. En conséquence, il fut em-
mené par deux cloquemans (bedeaux) jusqu'à la porte du
Beffroi et là livré entre les mains des sergents de l'autorité
municipale, qui eux-mêmes conduisirent leur prisonnier
par devant les Prévôts et Jurés de Tournai qui le jugèrent
et le condamnèrent, commemeurtrier, à être traîné et pendu
tant qu'il fut mort.
Le 9 du mois d'octobre de l'an 1405. — L'an de grâce mil
CCCC et V, le mardi XXIX° jour du mois de septembre ,
environ VII heures en le nuyt , Jehan Mideldonc , né de
Louvaing , cousturier , navra {blessa) Henry de Broussielle
dit de lïouscm , aussi cousturier, au hatriel {cou) dont mors
s'ensui incontinent en le personne dudit Henry, sans parler
ne eslre conjure par loy. Liquel fait venu à le eognissance
de sire Jehan Wettin , prévost de Tournay, il, accompagnic
d'aucuns ses scrgens et autres , vint au lieu où ledit Henry
gisoit sur cauchie {lepavé), contrelemaisonHuartde Quartes
et entre le rue des Corriers , sur le grant rue S'-Jacques et
l'église, lequel Henry avoit, ad ce qu'il apparu, le hatriel par
dcrière coppé plus que à moitiet. Et ce fait, ledit sire Jehan
Wettin, avec lui Jehan de Baissi, Pierre Centmars, Enguer-
ran de Sottenghien et Mahieu Destraielles, jurez, se trairent
(se rendirent) et approchicrent en ledite église S'-Jacqucs par
devers ledit Jehan de Mideldonq, en une nœfve cappielle où
il s'estoit mis à refuge, auquel fu demande par ledit prévost
quel cose il y faisoit ; lequel li rcspondi et dist que ainsi qu'il
— 276 —
passoil tous seulz devant l'ostel dudit Huart de Quartes , il
avoitcneontré ledit Henry, sonhyncux (ennemi), dontlesang
de son corps s'estoit meus et avoit tiré un grant couticl à
clau qu'il avoit , dit qu'il avoit l^ru ledit Henry deux cops
ou hatriel de costé, si qu'il l'avoit abatu et fait queir à terre
et si l'avoit après féru deux cops es gambes. Et oultre, co-
gnent, as demandes et interrogatores à lui faites par ledit
prévost, qu'il estoit bastard et qu'il y avoit paix de le ville
entre lui et ledit Henry, et que s'il y eust C paix entre eux,
si en eust-il fait autant et ne s'en repentoit point , mais avoit
ledit de Mideledonq, si comme il disoit, espié ledit Henry,
passé avoit trois jours et que se ledit fait estoit à faire il le
feroit encore, s'il pooit, pour ce que ledit Henry li avoit fait
villenie et rosté {oté) sen gaignage. Lesquelles confessions et
parollcs semblables, ledit de Mideledonc dist et réitéra assés
tost après, présent sire Marcq Villain, prévost de le commu-
gne, maistre Jaques Coure , conseiller général et Willaume
Cathine, procureur-général de ladite ville et autres officiers
et gens d'icelle, monstrant d'avoir ledit fait pour plaisant et
disant qu'il s'estoit vengié de son anemi, et à ce estoit aussi
présent maistre Raoul le Maire, canonne de l'église Nostrc-
Dame de Tournay, du consentement duquel ledit de Mide-
ledonq fu mis hors de ledite cappclle, église et atrc S'-Jaques
et mené par les sergens de le ville en ledite église et mous-
tier Nostre-Dame et de là mis et enfermé es prisons de
Brunnin, et là détenu jusques au venredilV* jour d'octobre
ensuivant, endedens lequel information et aprinse fu faite
et le vérité du cas enquise et sceu comment, sur le paix de le
ville ledit, de Mideledonq qui, grant temps paravant avoit
conchcu et porté hayne audit Henry , avoit de coragc pré-
cogité envoyé, un varlet esperonier, nommé Laurcquin de
Valinq , ne de Louvaing , qui couchoit en sa maison, par
devers ledit Henry et en sa maison tout estin aie cspcron-
— 277 —
ncrie portant en l'une de ses mains un coppon de torse
{torche) alumcc et une pièche de drap sur l'un de ses bras ,
dire et requcrre que il volsist alcr à l'ostcl au chierf, en Icdite
grant rue S'-Jaques, devers un chevalier du dehors qui là
esloil logié et que c'estoit pour li taillier une huppelande ;
lequel Henry, cuidant que il deist vérité , s'estoit parti et
cnalléaveclcdit Laurequin, sans mener avec lui fors un petit
valelon; liquel Laurequin, avoecq îedite torse et ledit drap
sur son brach, amena ledit Henry avec lui et le fist aler par
le rue Picquct et par le ruyclle qui est contre l'atrc de Icditc
église S*-Jaques et se retournoit aucune fois derrière lui,
dont ledit Henry se csmervcilla {s'étonna) et li demanda qu'il
quéroit (ce qu'il cherchoit]; lequel Laurequin, pour le appai-
sier, li disoit et dist qu'il devolt là trouver des gens de se
livrée 5 et quant ils furent venus devant le maison dudit
Huart , ledit de Midcledonq, qui estoit en arrêt audit altre
ou environ et près d'icelui où il avoit esté et fait son espi-
rcment, acouru devers ledit Henry et le féry plusieurs cops
d'un grant couticl à clau , si qu'il li coppa presque tout jus
le hatricl et l'abuti là mort en le plachc, et ledit Laurequin
vcant ledit de Midcledonq venir et férir sur ledit Henry,
fcry {frappa) Iedite Xorse contre terre ctl'estindi {l'étendiL)
Aussi est vérité que, près du lieu où ledit fait fu perpétré par
ledit de Midcledonq et pour lui en ce aidier et conforter, se
mestier {si besoin) en euist eu, cstoienl Gillet Crcl et Haynne
le palcfrinicr mons. l'évesque de Tournay, lesquelz il avoit
requis d'ostre avec lui et lesquelz avoient joquié {s'élaieni
arrêtés) et fait ledit espicmcnt sur le touquet {angle) de
Iedite rue des Coriers. Lesquelles informations et api-insc
faites avec les coses dessusdiles, l'cnormilé dudit cas, les
confessions dudit de Midcledonq et comment il avoit espié
oudit attre ou près et environ ycclui cl en ycclui rentré
depuis ledit fait par lui perpètre et qu'il avoit fait ledit fuit
55
— i:78 —
par insidc, furent rcmonstrées à Messieurs doyen et capitle
de l'église Nostrc-Dame de Touraay par lesdis prévostz,
Coure et auîrcs jurez et du conseil de le ville, en culz re-
quérant et tendant adnn que iceux doyen et capitle volussent
auxdis de le ville rendre ledit de Midcledonq ou le bouter
hors de leur église, dire et prononcliier qu'il ne deust point
joir de ledite immunité, considéré ce que dit est et que
ledit fait ledit de Midcledonq, malfaiteur, avoit fait daguct
propos et par inside , en alléghant par ledit Coure sur ce
plusieurs raisons, lois et décrélalles qu'il monstra de bou-
che et par livre auxdis de capitle entre Icsquclz avoit plu-
sieurs canonncs , clercs légistes. Et que finablemcnt lesdis
de capitle informés par eulx ou leurs baillifs et officiers
dudit cas et oye la confession dudit de Midcledonq , après
ce qu'ils se furent conselUiés à autres et qu'ils en eurent en-
voyé querre conseil à plusieurs clercs , tant à Audenardc
comme ailleurs , eu sur ce advis et meure délibération, dé-
terminèrent et firent prononcliier par ledit doien que ledit
de Midcledonq ne devoit point joir de ladite immunilé ne
avoir le franchise de l'église, et firent icclui malfaiteur
bouter hors de leur église et emmener par deux de leurs
cloquemans jusques devant le bclfroy et là le livrèrent, ledit
venredi ix'= jour d'octcmbre, es mains de certains scrgens de
ledite ville, liqucl le prinrcnt, saisirent et emmenèrent en
halle par devant les prévostz et jurez de ledilc ville, Icsquclz
incontinent , par assens, sur les confessions dudit Midcle-
donq qu'il avoit fait et fist lors et que dudit cas cl maléfice
leur estoil apparu, le condcnipnèrcnt à estre traîné et pendu
tant qu'il fust mort. Lequel jugement fut exécuté celui ix«
jour devant disner et menés tous atellés cl en le traînant
depuis les degrés de le halle pardevant le maison dudit feu
Henry et dudit de Medelcdonq mcsmcs, en le Lormcric cl
sur le lieu où ledit fait fu fait cl le dil Henry IrouVc gisanl
— 279 —
inoil cl de là jusqucs au dehors de le porte S'-Marlin où on
le fisl nionlcr sur un qucval cl puis fu pendus à le haulte
jusliebe et flesquc de le lour de ledile justice, dehors Icditc
porte S'-Martin, qu'en appelle le Happarl.
Le 20 Novembre 1404. — Pcrrinet le Sergent, mcnes-
trier, fils de lïcnri, parmcnlicr et wcttc (garde) de Gand,
est pendu à la justice des basses fourches hors de la porte
S'-Martin, pour larcins.
Le 9 Novembre Î40S. — Jehan de Medelcdoncq, couturier,
ne à Louvain, après avoir jure la paix de la ville avec Henri
de Ilouscm dit de Broussicllc, assaillit ce dernier et le tua,
aide de Gilles Creq et du palefrenier de l'cvêque de Tournai.
Après ses aveux, le meurtrier fut amené en l'église Notre-
Dame et mis prisonnier au Brunain jusqu'à ce que le
chapitre eût prononcé qu'il ne devait pas jouir de l'huma-
nité, ce qui eut lieu le 9 novembre 1403. Les Doyen et
chapitre firent alors expulser le meurtrier de l'église
N.-D. par deux de kurs cloqucmans qui, devant le beffroi,
le livrèrent entre les mains des sergents do la ville qui
l'amenèrent en la halle. Vu l'énormilé du cas, il est immé-
diatement jugé et condamné à être pendu. Ce jugement est
exécuté le même jour, avant midi, à la justice hors de la
porte Si-Martin.
Le 11 décembre iiOo. — lîcnnequin du Corrcit dit
Corrcttc, ouvrier de kieutils, natif de Wodccq en la ehâtel-
Icnic de Flobcrt et de Lessines, arrêté à cause de menaces
proférées contre un sergent, est, par suite d'enquêtes faites
par deux jurés dans diverses localités , reconnu coupable de
différents vols et pour ce motif pendu au happart.
Le iO juin 140G. — Pasquc Després ayant, après avoir
— 280 —
juré la paix de la ville avec Raoul Mandcgucrre, son ancien
amant , mis le feu à la maison de ce dernier et occasionné
par là la destruction totale de plusieurs maisons voisines ,
est condamnée à être liée à une estaque et à icelle arse tant
qu'elle soit morte , assez près de la tour de la haute justice.
Le 15 décembre 1406. — Rogier Poutrain, receleur
d'objets volés h Henri de Briach , doyen de l'église Notre-
Dame, est pendu à la justice dite les basses fourqucs hors
de la porte St-Martin et les biens qu'il possède dans la ville
sont déclarés confisqués. Le voleur Jean le Hacre , Keux
(cuisinier) du doyen , est rendu comme clerc à l'olïïcial.
(Le jugement parle de deux complices dont l'un était le
neveu du doyen et l'autre son palefrenier, mais on ne dit
pas s'ils ont été poursuivis).
Le 22 décembre 1406. — Hennequin le Sauvage, de
Quartes, incendiaire et voleur, est pendu et étranglé, pen-
danl à son hatriel un pochon à tout un tison en signification
dudilfeu.
Le 7 avril 1407. — Raoulet de Dînant , potici' d'étain,
de Compicgne , et Jehan Jolit , cloqueman de Notre-Dame ,
sont brûlés vifs pour crime de Sodomie.
Le 10 mai 1409. — Vinchent de Silly, fils de Henri ,
marié , demeurant à Montigny près de Lens en Hainaut,
voleur de chevaux, est pendu à la justice hors de la porte
St-Martin , emprés la tour du gibet, as basses fourgues là
estans.
Le I" juin 1409. — Jehan Hcdiart et Hennequin
Lichkerquc, voleurs, sont pendus.
— 281 —
Le même jour. — Jehan Dcshuuclz , foulon traumu-
ches , natif de Fretin en Mclcntois, coupable d'un grand
nombre de vols, cjt pendu à la justice près d'Havinncs.
Le 11 juin l'09. — Robert de Quartes, homme de
très-mauvaise vie, coupable de plusieurs crimes, tenserie^',
roberies, homicides et autres maléfices et énormes délits ,
est pendu à Injustice hors de la porte St-Martin.
Le \8 juin i^tOO. — Mariette Lebaye, de Lille, com-
plice d'un meurtre commis près de Valenciennes et l'une
des deux coupables d"un autre meurtre h Namur, est brûlée
"Vive près de la tour duHappart, hors de la porte St-Martin.
Ze 19 septembre 1-409. — Gilîct Doubos dit Taupin,
de Bouilli près de St-Quentin en Vermandois, homme de
très-mauvaise renommée , fréquentant les femmes folians
et coupable d'un grand nombre de vols par escalade et
effraction, est pendu aux basses fourques hors de la porte
St-Marlin.
Ze 18 mars 1409, (1410 n. st.) — Clais Diericqzcnnc,
fils de Thiéry , de Bois-Ie-duc , tisserand de toiles , coupeur
de bourses, est pendu à la justice près de la tour du Gibet,
hors de la porte St.-Martin.
Le 31 mars 1410. — Miquiel Ilaniel, brasseur de ccr-
voisc , natif de Térouanc , coupable de plusieurs vols, est
pendu h la même justice.
Le 20 juin 1411. — Jehan Moricl , fils de Picrart,
— 282 —
mal renommé , tenu pour larron , diffame et coupable de
plusieurs larcins, est pendu à la dite justice.
Le 2 janvier 1411 (1412, n. st.) — Piérart Mauvoisin,
tisserand, convaincu d'avoir, sur les conseils de Hennequin
Grise, blessé mortellement un sergent delà ville dans l'exer-
cice de ses fonctions , est condamné à être traîne et pendu
tant qu'il soit mort. Ce jugement est exécuté le même jour
et le patient est traîné devant la maison de sa victime,
puis mené et pendu à la justice de la ville, hors de la porte
St-Martin.
Quant à Hennequin Grise , réclame comme cîere , il est
rendu le 9 du même mois à l'official de Tournai qui le con-
damna incontinent à estre encartres sans rappel, et ainsi le
fu comme promis l'avoil et île ce donné lettres.
Le 21 janvier 1411 (1412, n. st.). — Gillcquin Scam-
blare, de Bruges, voleur, est pendu à la justice hors de la
porte St-Martin.
Le 30 mai 1412. — Gillcquin Lesagc dit le Cauche-
teur, natif d'Enghien , voleur de grands chemins, est
traîné , pendu et étranglé à ladite justice.
Le 15 juillet 1412. — Godefroid Forte espaulc , mcr-
chier, natif de Paris, coupable d'avoir recoppé des doubles
gros de Hainaut appelés Désirés, est pendu à ladite justice.
Le ^6 janvier 1412 (1415, n. st.). Beilion Puchct,
fille de Jehan , de Baillœul en lîainaut, coupable d'infanti-
cide, est brûlée vive à une cstaquc h la justice de Ilavincs.
— 285 —
Le 10" jour de »nars (1415 1414, n. st.) — Jaqucmin
IcMarissal dit Ficron, fils de Nicaisc, clerc de Mainvault,
est pendu et étranglé , pour un grand nombre de vols et
larcins commis à Tournai, à Mainvault, à Houtaing, à
Ostiches, etc.
Le ^2'' jour d'avril 1414. — Jehan Couppct dit Galopin,
tueqiiien, est pendu et étranglé, pour un gi'and nombre de
vols.
Le ù^ jour de mai 1415. — Jehan du Mares dit Iluppiot,
de Huppe en Vimeu, demeurant à Valencienncs , banni du
royaume de France pour divers crimes, homicides et malé-
fices , est arrêté à Tournai , sur la dénonciation de sa con-
cubine et après jugement condamné à être traîné , pendu et
étranglé. Cette sentence est mise à exécution à la basse jus-
tice, dehors la porte St-Martin.
Le 5^ jour de février 1415 (1416, n. st.) — Piérart
Dupret, appareillcur de draps , est, pour fait d'hérésie et
par condamnation de l'évêquc de Tournai et de Maître
Pierre Floure, maître des bougres et inquisiteur sur le
fait de la foi au royaume, rendu et livré aux prévôts et
jures qui le font pendre au gibet près de la tour du Hap-
part dehors la porte St-Marlin.
Le 21^ jour de inars 1415 (141 G, n. st.) — Isabelle Delc-
porte, veuve de Colart de la Desoubz, de Hcrscaux (bailliage
de Tournésis), convaincue d'avoir assassiné son mari pen-
dant que celui-ci dormait dans son lit, est condamnée à
être liée et brûlée à une estaque et ses biens confisqués.
Cette sentence est exécutée le dimanche 21 mars 1415
(141 G, n, st.)^ près de la tour du Ilappart.
— 284 —
Le &" d'avril 4413(1410, n. st.) — Jaquemart FIou-
rcnt , carlier , né à Lille et demeurant à Valcnciennes, est
pendu aux basses fourches de la justice dehors la porte St-
Martin. Il était faux monnayeur.
Le 24« jour d'octobre 1416. — Thomas Bélin, vieuwa-
rier, est pendu et étranglé aux basses fourches, pour vol
commis h Rassc près de Douai.
Le 10« jour de mars de Van 1416 (1417, 7î, st.) — Mar-
tin le Rogicr, tisserand de toiles, natif de Ficrin près de
Douai, est pendu et étranglé aux basses fourches, pour un
grand nombre de vols commis à Tournai, à Valcnciennes,
à Cambrai, etc.
Le 25« jour d^avril de Tan 1417. — Jaqucmin Dcle-
motte, tisserand de draps, natif de Velaines, est pendu aux
basses fourclies, pour vols, sommations et viol.
Le 28^ jour de juin de Van 1417. — Jaquemart Dcstri-
court est pendu aux basses fourches, pour avoir fait vio-
lence à deux filles.
Ze 10 août 1417. — Griffon Mottois est pendu ;\ la
justice dTIavinnes, pourvois.
Adrien Lcgrain, foulon, est pendu à la mcrae justice, éga-
lement pour vols.
Le 4 octobre 1417. — Jchanne Bochardc, femme de
Jehan Lesquareur et amie de Willot Goret, dit de Maubray,
bâtard d'Obigies , est enfouie vive auprès de la haute justice
dehors la porte St-Martin , pour un grand nombre de vols
commis à Tournai et à Douai.
— 285 —
Le ^i novembre 1417. — Gonticr Agachc est pendu à
la justice dehors la porte St-Martin , pour vols et larcins.
Le 2 septembre 1418. — Waticr Vandenwalle , natif de
Zocn près de Bois-le-Duc , est pendu aux basses fourches ,
pour vols de chevaux.
Ze 19 décembre 1418. — Jehanne Placquet, veuve de
Jehan Dupret, cordonnier , native de Nivelles , est enfouie
vive près de la tour du Happart, dehors la porte St-
Martin , pour un grand nombre de vols.
Le 20 mai 1419. — Hennequin Willemot dit Dalen-
ncs , natif de Wavrin , âgé de 20 ans , est pendu à la jus-
tice dehors la porte St-Martin , pour un grand nombre de
vols.
Le 29 mai 1419. — Mahieu le Procureur, estuveur ,
est pendu à la même justice , également pour vols.
Le 8 juin 1419. — Gillct le Rutre dit le lait est pendu
à la justice de le Planque d'Angy, pour vols et meurtre.
Jehan Meynard, natif de Marcq , tondeur de grandes for-
ches , est pendu à la même justice, pour vols.
Le 23 août 1419. — Willcmine de Vriesc, native de
Virescq en Hollande , coupeuse de bourses, est enfouie vive
près de la tour du Ilappart.
Ee 26 avril 1420. — Gontier Thorcl, banni du royaume
de France , pour meurtre, est pendu aux basses fourches,
pour rupture de ban.
Le 3 mai 1420. — Agnès Dupret, femme Gillart Robert,
36
— 286 —
concubine de Jehan Leblond , est enfouie vive hors h» porte
de St-Martin , pour un grand nombre de vols commis à
Tournai , à Lille et à Mons.
Le 29 octobre 1420. — Pierre Delccroix , fils de feu
Jehan, Jaeot Mahieu et Huct Deleplanque dit Caulet, sont
pendus aux basses fourches , pour meurtre.
Le \6 septembre 1421. — Sandrart Lebrun, bosquillon,
natif de Nomaing près d'Orchies et demeurant à Valcn-
ciennes, est pendu près de la tour du Happart, pour vols.
Ze H février 1 422 {JV. style). — Jehan Delemotte ,
scieur de long, natif de Cisoing, est pendu à la même jus-
tice, également pour vols.
Le S août 1422. — Alfart et Pierre de Bourc , frères,
natifs de Montefort en Hollande, sont pendus à la même
justice , pour avoir forgé des faux lingots et les avoir mis en
circulation.
Le IG décembre 1422. — Jaquemart Mortier, fils d'Iîcnri,
natif de Douai , est pendu à la même justice , convaincu
d'êlre tenseur , robenr et épîeur de chemins.
Le 26 décembre 1422. — Guillaume Chenevaille et Guil-
laume Du noyer sont pendus à la même justice, pour un
grand nombre de vols.
Ze 18 janvier 1423 [JV. style). — Picrart Tliéry est
pendu aux basses fourches, pour meurtre.
Le ^Ojuin 1425. — George Moque, natif de Strasbourg,
— 287 —
est pendu à la justice d'IIavinncs , pour vols avec escalade
et effraction.
Le 29 juin U23. — Jaquemart Faulqucnier, cordier,
natif de Mons et Pierre Lcfèvrc, natif de Ncufmaisons, sont
pendus à la même justice, pour vols de grands chemins.
Le ^^2 juillet 1423. — Gilles Mcrsault, hérétique et
séditieux, est livre, par l'autorité ecclésiastique , entre les
mains des prévôts et jurés qui font exécuter la sentence, en
brûlant ledit Mersault aux près as nonnains.
Le l*"" octobre 1423. — Gonticr Hacque, tisserand de
draps, natif de Casscl, est pendu à la justice d'Ilavinnes,
pour meurtre et vol.
Le même jour. — Jehan Chariot, fils de Quentin , est
pendu à la même justice , pour viol , rébellion à justice et
conspiration.
Andruct Ledecain, brasseur, natif du Ray près de lïes-
din , est pendu à la même justice, pour vols.
Le 16 novembre 1423- — Jehan Delehame , tisserand
de draps, aelucllcmcnt demeurant à Tournai, est pendu
à la justice dehors lu porte S'-Marlin. Il était accusé « d'a-
> voir esté aux trcs-orribles et crueux mulres [meurtres)
» faits et perpétrez en la ville de Paris, sur les bons et
» loyaulx Franchois tenans le party du Roy de France ,
» lors vivant et nostrc trés-rcdoubtc souverain et naturel
» seigneur, que Dieu absoille , et de son fils lors mons. le
» Daulphin et ad présent Roy de France, nostrc souverain
» et naturel seigneur, à le dcsolahlc traïson qui y fu faite,
i> et que plusieurs en avoit lucz, dcslruis et ocîiis. »
— 288 —
11 avoua ensuite : « Que lorsque ladite traïson de Paris fu,
» il demouroit avec le seigneur de Chevrcuse audit lieu de
> Chevrcuse, et tantost qu'il scut et entendi que les Bour-
» guignons estoient entrez à Paris , il y vint et se loga en
j» lostel de Jehan Turenne, que ledit seigneur de Chevrcuse
» occupoit, et à certain jour ensuiant se parti dudit ostel,
» lui iij«, et en vinrent vers Chastclet où il avoit bien deux
» ou iij raille hommes de communaultc, si qu'il lui pooit
» sembler, et trouvèrent que jà y avoit plusieurs occhis et
» despouillés en ladite rue. Ce véant, eulx iij firent tant
» qu'ilz entrèrent et îà virent que l'on tuoit les prisonniers
» qui y estoient que on disoit estrc Armignas et
» devant les yeux sans pité avoir des corps humains que là
« il véoit en dangier nombre d'hommes qui avoient rien
» mcffait. D'un martel de fer qu'il avoit servant à cachicr
» tampons, il assommoit cculx dont il s'entrcmcttoit, et en
» féri et abati plusieurs par terre, dont il ne scet le nombre,
» et quant abatus et par lui tuez et ochis ne
» quels gens ce estoient, car aultre chose ncvisoitqu'à
» férir et abattre à destre et à sencstre. Pour laquelle cause
« et les erueulx et détestables murtres dessusdis avons ledit
» Jehan Delehamc, condempnc.... etc.
Ze 16 novembre 1423. — Colart Louvian, cordonnier,
demeurant au Pumcrœl en Ilainaut, est pendu au dehors la
porte S'-Martin , à la haute flèche qui lors cstoit toute nou-
velle faite, pour vols d'cscallcs {écuelles) dans les tavernes,
lesquelles il allait vendre à Mons.
Le IG novembre ii^ô. — Sclcvais Ghierbode, parmcn-
tier, natif de Seclin, demeurant à Tournai, d'abord prison-
nier en la cour spirituelle sur sa déclaration qu'il était clerc,
puis remis entre les mains de la justice laïque, cette déda-
— 289 —
ration ayant été reconnue mensongère, est pendu îi la même
justice, pour un grand nombre de vols.
Le 23 novembre 1423. — François Lecreton, brasseur,
est pendu à ladite justice , pour assassinat suivi de vol et de
plus pour bigamie.
Liscbctte Fourchielle, native de Voct en Allemagne, est
enfouie vive près de la justice de la ville, pour différents
vols.
le 17 mars 1424 (iV. stylé). — Ilennequin Delccroix
dit Cottc-dc-fier, maréchal, natif de Cisoing, est pendu à la
justice dehors la porte S'-Martin, pour meurtre et vol.
Le 8 juin 1424. — Piérart Dupret, fils de feu Piérarf,
est traîné de chà Escaut et de là , puis pendu et étrangle ,
pour fratricide.
Le l" août 142S. — Jaquemin de Pipaix est exécuté à
mort, c'est-à-dire a le hatriel (col) coupé sur le grand mar-
ché, pour menaces envers les doyens et sous-doyens des
métiers et excitation à la révolte.
Le 7 mars 1426 (N.st.). — Janin Dubueq, de Pon-
toise, auteur de plusieurs vols, est pendu cl étranglé à la
justice dehors la porte S'-Martin , auprès de la tour du
Ilappart.
Le 13 mars 1426. — Pcrrotin de Lommicl, natif d'Ab-
bcvillc, laboureur, faisant partie d'une bande de voleurs
de grands chemins , est pendu et étranglé à la même jus-
tice. Entr'autres méfaits, nous citerons le suivant :
« Le jour S'-Mahicu , luy Pcrrotin et ses compaignons
— 290 —
(au nombre de sept) eslans en le forest Deu cmprès Gama-
chcs , 'csplans et agaitans ceulx qui par là cmprès passe-
roycnt pour icculx destrousser et desrober , sachans entre
les autres que là endroit [qu'à cet endroit) devoit passer
Jehan Goraare, mayeur de Garaaches , qui estoit très-riche
homme, luy et sesdis compaignons se misent au plus près
du lieu où il devoit passer, et en passant son chemin le prin-
rcnt et menèrent prisonnier audit bos, et là le détinrent
tout prisonnier, en ung cep qu'ilz avoycnt fait de deux
pièces de bos, XV jours ou environ , et pour avoir et exiger
de luy le plus de ranchon qu'il poient, luy lyèrent plusieurs
fois de cordelles les deux pos ensemble et entre deux mct-
toyent ung baston fendu et puis tapoyent ung quignet
{coi7i de bois) entre deux et tellement que, par ceste manière
de faire, il se composa à eulx et mist à finance [rançonné) à
la somme de deux cens escus et vij tasses d'argent pesans
chacune dcmy marcq. Et ce fait, fîsrent savoir, par le moyen
de femmes, la prinse dudit mayeur et tant que, au bout
dcsdis XV jours , la femme dudit mayeur apporta sa finance
et le rechupt Fcrmault le Vasscur qui estoit leur capitaine,
lequel raenchon fut départy (partagé) entre eulx , autant à
l'un comme à l'autre, et en eubt, luy de Lommiel, en sa
part, l'une desdites tasses d'argent, avccq sa portion dcsdis
i/ escus d'or , et parray ce (par ce moyen) ledit maire fut
mis au délivre. « — Deux jours après , un laboureur de
Gamaches fut également rançonne à 100 écus d'or, après
avoir subi les mêmes tortures que le maire, lis rançonnéi'cnt
également, dans la même forêt, un fermier de Guiguies
nommé Colart Vinacourt.
Le iO avril 1426. — Bernard Sanslcrre, natif d'Ane-
chin , est pendu et étranglé aux basses fourches dehors la
porte S'-Martin, pour un grand nombre de vols commis de
force et par effraction.
— 291 -
Le \^ octobre H26. — Jaquemart Lcspccier et Jehan
Fachon sont décapités et les hatriaux coupes en public sur
le marché; ils sont ensuite démembrés, le corps mis et
pendu en sacs au gibet et les membres par pièces, comme
traîtres, à chaque porte delà ville, pour avoir aide les
bannis et ennemis de la ville dans la tentative faite par ecs
derniers pour s'emparer des portes de la ville, tentative qui
a avorté.
Z,elG octobre 1426. — Allard de Touwart, tanneur, fils
de feu Jehan, complice des précédents, est décapité et le
hatriel coppé tant qu'il soit mort et après esquartelés et des-
membrés par piècheSy le corps mis en un sacq et pendu au
gibet et les membres mis et pendus as portes de la ville,
Ze 21 mai 1426. — Jacquemart le Sauvage, natif de
Thiclt et Monnet de Vascnic, brasseur, sont pendus et
étranglés à la planque d'Angy, pour avoir commis un grand
nombre de vols.
Le 21 juin 1426. — Jacot Espiergat dit Aubin , fils de
Jean . natif de Basècles , est pendu et étranglé à la justice
d'Havinnes , également pour vols.
Le 5 août 1427. — Grigolct Hacquct est pendu et
étranglé, pour vols de reliques dans les églises de S'-Piat, du
Bruillc, de S'- Jacques et de S'-Quentin.
Le 25 septembre 1427. — Gillart Planchon est décapité,
le hatriel coppé , le corps mis et pendu au gibet et le chef à
la porte de Marvis, comme traître , pour conspiration con-
tinuelle avec les ennemis de la ville.
— 292 —
Le 28 février 1428 [N. si). — Jehan du Maisnil dit
de Nivelle, né au Pont-à-Bouvinnes, mendiant, est lié et
attaché à une estaque [ètau) et puis brûlé vif, convaincu du
crime de Sodomie et d'autres infamies.
Ze 10 mars 1428 {N. st.) — Jehan de Noefmez dit
Aletruye est pendu et étranglé à la haute flèche sur la tour
du Happart, dehors la porte S'-Martin, pour meurtre.
Le 30 avril 1428. — Piérart d'Anstaing, drapier, natif
de Lille, est décapité (comme Planchon), pour conspiration
avec les ennemis de la ville.
Le 3 juHlel 1428. — Jehan Honguart, se disant bâtard
de Chin, est pendu et étranglé à la justice d'Havinnes, el en
signe de boute-feu deux pots de terre ont été attachés sur lui,
Vun devant et l'autre derrière et des tisons brûlés dedans ,
1<» pour s'être échappé des prisons du beffroi par violence;
2° pour avoir défié et menacé les sujets de Tournai ; 5° pour
avoir exigé des laboureurs des sommes d'argent j 4° pour
avoir mis le feu à plusieurs maisons et édifices.
Le ^ septembre l^ijtS. — Jaquemart Ysac , orfèvre, est
pendu à la haute flèche de la porte S'-Martin, d'abord pour
avoir volé des joyaux d'or et d'argent, et ensuite pour avoir
conspiré avec les ennemis de la ville.
Le ^i septembre ii^S. — Jehan de Morta igné , doyen
des tisserands et grand doyen des métiers;
Jehan Ventrut, sous-doyen des tisserands ;
Willoume de le Basséc dit Ilonnouré et Robin Benoit dit
Escambourg, sont condamnes à avoir le hatriel tranché tant
qu'ils soient morts, comme auteurs d'une conspiration armée
onlrc le gouvernement de la ville.
— 293 —
Le 27 septembre 4428. — Jehan de Brouxelles , cspcn-
nicr;
Haquinct Potentier , corrier ;
Jaquemart Lemaire dit du Haubregon et Lottart Ghillain
dit Friolet, subissent la même peine le 27 dudit mois, pour
avoir fait partie de la même conspiration.
Le 28 septembre 1428. — Jehan de Bruyelle dit Sans-
terre et Piérart Malet, hautelisseur , sont également mis à
mort, pour les mêmes motifs.
Jehan Blarye , parmeutier , est condamné à avoir le
hatriel tranché sur le grand marché, pour avoir été cause de
plusieurs troubles, séditions et divisions dans la ville.
Le 29 septembre 1428. — Jehan deQuarmont, jadis
Prévôt de la commune et Grand Doyen des métiers, est
pendu et étranglé à la haute justice dehors la porte S'-Mar-
tin et ses biens déclarés confisqués au droit de la ville,
« pour avoir fait et commis plusieurs raspines , cxtortions,
ï déti'aclions , larrechins et autres cas criminelz contraires
» et préjudiciables à tout le corps et communité de ladite
» ville, en honneur, chevance, estât et justice et par sa
» convoitise avoir commis plusieurs corruptions, dissimu-
j> lations et aullres faultes es dis offices de justice, faisant et
j> cxersant par tel rigueur que homme de la loy ne aultres
» n'en osoit parler pour le péril de sa vie et esté cause,
» promouveur et conduiseur de plusieurs inconvéniens
» sourvenus en ladite ville par aucuns séditieux et esmou-
» veurs de peuple qui ne crcnnoyent Dieu ne justice, dont
« icelle ville a esté en péril de désolation, désertion et per-
> dition »
37
— 294 —
Le 2 octobre 1428. — Jehan Lescamc et Andricu Doublet
sont condamnés à avoir les halriaux Iranclics, « pour avoir
;> de piéça, pour eu!x cclcvcr et avoir domination et sci-
» gnouric sur le peuple de la ville, promcu plusieurs tour-
» blés, commotions et séditions par effrois en ladite ville,
» en blasraant et vitupérant justice et ceulx qui en icelle
» ville en avoyent et ont le gouverne et administration, et
»t contcndu de tout leur povoir à séduire le peuple et le
» eslcver et esmouvoir contre justice et ceulx qui y vou-
» loyent tenir la main à l'honneur du Roy et au bien cl
» prouffit de ladite ville, et en ce persévéré et conthinué
» jusques à présent, nonobstant que, par plusieurs fois, ilz
» en ayent esté blasraez et reprins. »
Le 8 octobre 1428. — Henri de Vriese, doyen des fèvres;
Baudart Driclincq, doyen des pcneurs ;
Regnault Ilacquct, sous-doyen desvairicrs et Piérart le
Marissal, foulon et cwardcur, sont condamnés à avoir les
/iairmMx tranchés sur le grand marché, pour avoir été les
auteurs et instigateurs de la commotion et sédition qui eut
icu au Becquerel, le 23 septembre précédent.
Le ^ juin 1429. — Jehan Duhem , natif de Clarsy près
de Laon, demeurant à Tournai, est pendu pour avoir assas-
siné son maître dans le but de recevoir dix couronnes que
lui avait promises la femme de ce dernier pour se débarras-
ser de son mari.
Le 21 juillel 1429. — Baudoin Maraet, tisserand de
draps, natif d'Yprcs , est condamné à avoir le hatriel coupé
et son corps pendu à la justice de la ville, pour complicité
dans la conspiration qui eut lieu à Yprcs , six mois aupara-
vant, dans le but de détruire, par inhumaine occision, des
plus notables et principaux de la loy de ladite ville d'Jppre.
— 29a —
Piclre Dornart, natif de Mouscron, est pendu et étranglé,
comme coupable de plusieurs vols et larcins dans les bois
et sur les cbcmins.
Hennc(îain Dclcdiesme dit Leportre, briqucteur et cureur
de toiles, natif d'Iseghcra, est pendu et étranglé pour diffé-
rents vols.
Le 21 décembre 1429. — « Le xxj» jour de décembre
» l'an rail cccc vingt et neuf, Jaquemart de Blaharies, fils
» Brissc, qui par loing temps avoit esté prisonnier es pri-
» sons de le court espirituelle de Tournay comme héré-
» tique et mal sentant de la foy crestienne, fut, par Tor-
11 donnance et sentence de l'inquisiteur de la foy , de
« l'évcsque de Soissons, comme lieutenant de mons"" l'éves-
1) que de Tournay et les vicaires dudit mons»" l'évesque,
» cscalTaudé (*»/s) sur ung hourt ordonné sur un échafaud
» fait de claies sur le gPant marchié devant la halle as
» draps, et iliec publiquement preschié par ledit inquisiteur
» et en après délaissié comme hérétique fourmel { en-
» durci) , relaps et rencheu délaissié à la justice laye de
i> ladite ville, selon l'ordonnance, protestations et requcstes
» dcclairées en ladite sentence. Et prestement fut ledit
» Jaqucment de Blaharies par nous prins et saisi et, par noz
» sergens qui l'avoient tenu sur ledit hourt durant ledit
■» cscaffaudement, amené jus et mis sur une carcttectd'illec,
» par l'exécuteur de justice, mené en le place des près
" estant ouHrc le porte Saincte-Fontaine à l'abcye des Prés
)> as nonnains, et par nostrc ordonnance loyé [lié) à une
)• cstaque et par feu ars et exécuté à mort, sans son de clo-
» que. Et Icipicl Blaharies pour advcrtisscmens, prières et
« rcqucslcs qui lui lurent faites jusqucs à son darrain sup-
1» plicc par plusieurs s'* d'église, tant d'ordcnc («rorf/rw)
— 296 —
» mcndians comme aultres , ne se volt confesser ne messes
» requérir , mais demoura en son erreur , si qu'il povoit
» apparoir par ses parolles et maintieng. »
Le 16 de février 1430 {N. slyl.). — «■ Le xvj« jour de fé-
> vrier l'an mil cccc vingt et neuf, plusieurs hommes et fem-
» mes de la chastellenie de Lille et d'Orchies furent, par ledit
» inquisiteur et aultres s" d'église dessus nommez, escalTau-
» dez sur ung hourd fait au dehors de le porte de le court
» espirituelle de Tournay, contre le mur en allant vers
11 l'atre et par ledit inquisiteur preschicz , ad ce prcsens
» nous prévostz, jurez et aultres de la loy, et avec ce par la
•1 sentence dudit inquisiteur et dudit évesque de Soissons ,
Il les deux d'iceux hérétiques nommez Willemme Dubos,
» demorant à Landas et Olivier DeledeuUe , chavelier ,
1» d'Avelin , comme hérétiques fourmclz et membres de
» Satan, délaissiés à nous prévostz et jurez, comme à la loy
» laye. Et sur ce, combien qu'ilz n'avoicnt point esté prins
» en la juridicion de Tournay ne parla loy d'icelle, furent
» par nous prévostz et jurez , pour la conservation de noslre
» justice et juridicion, saisis et par notre main menez sur
» une carette es prés dehors le porte Sainte-Fontaine, et
» illec à deux estaques loyés, ars (bridés) et exécutez par
» feu à mort , sans son de cloque. Et lequel Willemme
» Dubos monstra signe de repcnlance et se confessa, et ledit
» Olivier n'en volt faire aucune chose pour rcqucste qui
» l'en fust faite par prestres et aultres, mais mouru en son
» erreur, comme il démonstra. •
Le 20 décembre 1430. — Laukin Hanis, natif d'Avcl-
ghem;
Mathis Van Maest, natif de Gand cl Danin Broukcracz ,
natif de Gand , sont pendus et étrangles à la haute justice
hors la porte S*-Martin, pour les vols suivants :
l" En l'église Notre-Dame, au dehors de Courtrai, sur le
chemin allant à Yprcs, une croix d'argent et le contenu
d'un tronc ;
2" En l'église de Merkerke , à dcmi-lieuc de Gand , un
vaisseau d'ivoire où se trouvaient plusieurs hosties sacrées
qu'ils mangèrent ;
3° En l'église du Mont St-Aubert trois reliques, l'une de
cuivre doré avec plusieurs pierres enchâssées et les deux
autres d'argent et de cristal, « esquclles reliques avoit plu-
» sieurs csîcnients de saints , le chibolle de ladite église
» estant sur le grant autel où on met le corps nostre Sei-
« gncur rompirent et brisièrent en pièches et le vassicl
» d'ivoire bordé d'argent où rcposcit le corps de Dieu sacré
» prinrent et emportèrent et l'oiste dedens menga ledit
» Danin. » Ils rompirent ensuite les trônes et en enlevèrent
l'argent. «Et quant aux ossemcns des sains, ilz les avoient
» mis en l'estrain de leurs lis en leur hostel à Tournay et
» qui èsdites litières ont esté trouvées et rapportées à la
)» justice. >
Le ^7 juin 1431. — Haquinet Brugois dit Midaine est
pendu et étranglé, pour rupture de ban et voleur obstiné.
Le ii juillet ii'Zi . — Jehan le Carlier, serrurier, natif de
Villcrs Nicole, est pendu et étranglé, pour un grand nombre
de vols et rupture d'un ban de trois ans auquel il avait été
condamné comme larron. Il avait eu aussi l'oreille coupée,
pour un vol commis dans la chapelle S'-Jacques de l'église
Noire-Dame de Tournai.
Le 8 oclobrc 14Ô1. — Haquinet Olivier, brasseur, se
— 298 —
disant fils bâtard de Mahieu Olivier , natif de Solieure, est
pendu hors la porte St-Martin, pour différents vols. 11 avait
eu l'oreille coupée à Phalempin, pour vols de cinq vaches
commis à Bcrnicourt.
Mahieu Daghechin dit Motois, natif de Boucquemaison
près de Dourlcns, est pendu et étranglé, pour dilîércnts
vols et larcins.
Le 50 janvier 1452 [N. st.) — Piéret Mughié, natif
de Condé, est pendu et étranglé, pour les mêmes causes.
Le 12 novembre 1452, — Jehan Carlier , parmentier,
fils de Jaquemart, natif de Jcmraapes, est pendu et étranglé,
comme voleur de grand chemin.
Le 18 décembre 1435. — Joffroy Mauchon, natif de
S'-Picrre-le-Viel , à dix lieues de Rouen , est pendu et
étranglé, pour avoir fait de fausses lettres et cédulcs, en con-
trefaisant l'écriture et le signe manuel de quelques chan-
geurs.
Le 3 lévrier 1454 (^V. style). — Jehan le Mirelier,
fils de Jean , natif de Baissy , est pondu et étranglé, pour
rupture de ban et pour différents vols et larcins.
Le 14 juillet 1434. — Willemet Denghicn dit le Lié-
gois est traîné et pendu tant qu'il soit mort , pour avoir,
trois ans auparavant, assassiné, à Arras , une femme de vie
qui l'avait dénoncé comme Armagnac et été cause d'un long
emprisonnement qu'il avait subi en la cité lez- Arras.
Le 5 novembre 1454. — Gniycn de Vlccschauwcrc,
— 299 —
natif de Bruges, sodomistc, est condamné à cire lié et atta-
ché à une eslacque et là ars et brûlé tant qu'il soit mort.
Le 23 mai 1435. — Jacques Tacquct , corrier, est
condamné à avoir le hatriel trenché tant qu'il soit mort ,
« pour avoir, lui qui est natif de cesle ville, estant armé et
» garny de trait , compaigné et esté aidant, complice et
» confortant à Jaques de BruieUe, escuyer, enncmy et ad-
» versairc de ladite ville et qui, pour le fait de bien de
1) justice, sans quelque couleur ou titre raisonnable, a
» dcffié cestc ville et cité en loy, corps et communité par
» ses lettres missiblcs, à aghettier {guetter) et espier sur les
» chemins d'environ ladite ville, es mettes du royaume, les
n bonnes gens de Tournay, pour les villener et destrousser. »
Le même jour , par une publication faite aux bretèqucs,
une somme de 400 couronnes d'or est promise à celui qui
pourra prendre, amener ou envoyer à justice le susdit
Jacques de BruieUe.
Le même jour encore, Willaume Moriel, accusé de com-
plicité avec Jacques de BruieUe, est arrêté par le lieutenant
du bailli de Tournai et Tournaisis, à rayde d'aucuns de
ceulx de Tournay, en la ville de Brm'elle, sur le royaitlme.
Le prisonnier est exécuté à mort le soir même, à la justice
de Maire, par ledit lieutenant.
Le 30 mai 1423. — Un nommé Jehan Delefosse est
trouvé pendu dans sa cuisine. Les prévôts et jurés le
font, le lendemain, traîner hors de sa maison, mener
à la justice hors la porte S'-Martin et pendre par la
tête à une estaque de bois à fourchon, sans le mettre à la
justice où l'on exécute à mort ceulx qui y sont condamnés
par justice. Le suicidé étant marié, la moitié de ses biens
teulemcnt est confisquée au profit de la ville.
— 500 —
Le 16 aoid 4456. — Willequin duBucq, de Gand et
demeurant actuellemeut en la paroisse de S'-Nicolas, est
pondu à la haute flèche hors la porte S'-Martin , pour un
grand nombre de vols, dont plusieurs faits dans les églises
et notamment à Lessines.
Le G octobre 1436. — Hennequin Boullet, maréchal,
natif de Fiers , chàtellenie de Lille , est pendu ^et étranglé,
pour avoir commis plusieurs viols avec l'aide de plusieurs
de SCS complices.
Willaume Ellin, pelletier, natif de Mons et demeurant à
Maubeuge, est condamné à être pendu , « pour ce que lui,
» estant forain et demeurant en ladite ville de Maubuege
» où il estoit marié à bonne preude femme, sachant que
» Jehennc Dorbiseur dite la sourde, sa concubine, de
« laquelle il, qui estoit marié audit lieu de Maubuege ,
» disoit avoir eu deux enffans et le tenue ix ans ou envi-
)< ron , icclle depuis deux mois ou environ amenée dcmorer
« en icelle ville de Tournai, s'estoit abandonnée à Henne-
» quin Wyet, monnier demeurant en Tournay, vint le jour
» dhier de ladite ville de Mons où on ly avoit raporlé en
ï ceste dite ville et tant fist et enquist qu'il sceut que ledit
> monnier avoit sadite concubine atraité avecq lui, dont il
» estoit en grant desplaisir, et pour ce fist traictier par
» aucuns audit monnier d'icelle ravoir, disant qu'il ne
» feroit riens à icellui monnier et ne lui demandoit riens,
» en le asseurant, et ainsi que ce jourd'uy au malin ceulx
» qui estoient chargié de parler dudit traictié estoient entré
« en le maison du maistre dudit monnier, ledit Willaume
» Ellin, qui estoit assés priés d'illecq, véant ledit Ilenne-
« quin widier de le maison de son maistre en menant ung
» cheval chargié en main, s'adrécha à lui et lui demanda
» pourqnoy il lui avoit osté sadite amie et fait ce dcsplaisir.
— 501 —
« lequel ly rcsjîondy que ce avoit esté par elle et par ly, et
u prestement en ce disant lui , W^illaurae Ellin, comme es-
ï pris de l'art de l'anemy et sur ce qu'il l'avoit asseuré ,
» comme dit est, estiqua d'un coutiel taillcpain ledit
» monnier qui n'avoit baston ne armure et l'ataindy ou
» hatriel, si qu'il ly percha tout oultre et coppa le gorge,
)> par tel manière que icellui moimicr chey mort sans par-
» 1er ne pooir estre conjuré par loy »
Le 6 novembre 1436. — (Willairme Ellin , après avoir
commis son crime, se réfugia dans l'église de S'-Nicolas du
Bruille, mais en vertu des franchises et coutumes de la ville
de toute ancienneté maintenues et observées, les étrangers
ne peuvent, pour assauts ou invasions faits à Tournai sur
les bourgeois et manants d'icelle, jouir d'immumité d'église.
En conséquence, les prévôts et jurés, pour la conservation
de ces franchises et vu l'énormité du cas, firent extraire
le meurtrier de ladite église, après qu'il y eût connu et con-
fessé avoir commis le crime; le prisonnier fut ensuite mené
en la halle où il fit les mêmes aveux.)
Le 27 Mars 1437 {Noiiv. sty.) — Colart Noquiel dit
sans arme, charpentier et manœuvrier, est pendu à la haute
flèche, comme coupable de meurtres.
Ze 19 Décembre 1457. — Waticr Petit, lelier, filsde
Jacques, né près d'Audenardc, est pendu et étranglé, pour
un grand nombre de vols par escalade et à main armée.
Le il 4i;n7 1458. — On transporte à la justice de
S'-Martin le cadavre d'un pauvre vieillard qui s'était pendu
dans sa chambre , et l'on remplit les formalités d'usage ù
l'égard les suicidés.
58
— 502 —
Piètre RobauU, machon, est, à la demande du magistrat
de Gand, arrêté à Tournai, sous la prévention d'avoir été
l'un des principaux auteurs des émeutes qui eurent lieu à
Gand, notamment à eelle du mois de novembre 1457. Il est
réclamé comme clerc par l'official de Tournai et le magistrat
fait droit à cette demande, à condition que si l'inculpé est
par la suite reconnu non clerc, il sera rendu à la justice
laïque. L'official ayant reconnu que les lettres de tonsure
présentées par Robault étaient fausses etsubreptices, celui-ci
fut ramené dans les prisons de la ville et son procès ins-
truit par les prévôts et jurés. Reconnu coupable, il est con-
damné à avoir « le hatriel trencbié tant qu'il soit mort et
» son corps mis et pendu à le justice de ladite ville et la
« teste mise au deseure. e Prononcé le mardi 51 mars 1458
(1439, n. st.) et exécuté le même jour après-midi.
Le 18 avril 1439. — Amandin Delepierre, natif de
Baillœul en Tournaisis, est condamné à être pendu, pour
avoir commis un grand nombre de vols.
Le S Juin 1439. — Jehan Refius dit de Frisque, natif
de Ghislelle, demeurant à Thouroult, est condamné à être
pendu, pour un grand nombre de vols commis à Thouroult,
à Cocquelaere, à Ichteghem, à Tournai , etc. Exécuté à la
planque d'Angy.
Le 10 Juillet 1439. — Jehan Dumont, du Mont S'-Au-
bert, prisonnier accusé de meurtre, est trouvé pendu dans
sa prison. Son corps est mené as champs et pendu à une
fourque de bois estequié en terre lez le tour de k justice, au
dehors de le porte Saint-Martin, par iexécuteur des juge-
mens criminels, ad ce prcsens plusieurs sergens bastonniers,
sans pour ce sonner le bancloquc.
— 305 —
Leiï MailUO. — Piérart Blancart, natif de Loyau-
court, est pendu et étrangle , pour plusieurs vols et
meurtres.
Le 12 Août 1440. — Jehan Lefcvrc, natif de Grau près
de Dinant, est pendu à la haute llèchc hors la porte S' Mar-
tin, pour un grand nombre de vols d'argenteries commis à
Dinant, à Tournai et ailleurs.
LeS JUars U40 (1441, n. si.) — Ostelet Moulebaix dit
de le Briardrie, taintenier, natif de Velaincs, est pendu et
étranglé, pour un grand nombre de vols commis à Tournai
et ses environs.
Le 14 Octobre 1441. — Ilcnncqr.in Uttenhovc, natif de
Bruges, est pendu et étranglé, aussi pour avoir commis un
grand nombre de vols.
Denis Cartier, natif de Paris, est pendu et étranglé, pour
larcins (6 mars 1441, 1442, n. st.) Exécuté à la haute flèche
dehors la porte S' Martin.
Gilles Chuquet, natif d'Ath, est pendu pour larcins (8 juin
1448). Exécuté à la basse justice de la ville, hors la porte
S'-Martin.
Le 16 juin 1442. — [Jehcnne^Brouslin, fille de Jean ,
pigneresse de laine, est loyée et arse à une estaque, pour
deux infanticides et plusieurs vols.
Le ^2 juin 1442, un homme est trouvé pendu à un arbre
hors la porte S'-Martin ; le cadavre est transporté près de
la tour de la haute justice et pendu à une fourche de bois
entassée en terre, près de la dite tour.
— 304 —
Le i" septembre 1442. — Alexandre de Scaprc, natif
de Bruges, est pendu et étranglé pour vols d'églises et autres
commis à Alost, à Courtrai, à Isengliien, etc.
Estienne Descauffours dit Lignaige , foulon, déjà banni à
perpétuité, est condamné à être traîné, pendu et étranglé,
pour rupture de ban , viols et vols (14 février 1442, 1443,
n. st.). Exécuté à la haute flèclie.
Clare Spikincx, veuve de Jehan Inglebrant, native d'Isen-
gliien, est condamnée à être liée à une estaque et à icelle
arse tant qu'elle soit morte, pour meurtre commis sur la
personne de son mari. D'après ses aveux , elle préméditait
la mort de son mari depuis plus de 20 ans et elle ne réussit
qu'à la troisième tentative. La première fois, elle lui fit ava-
ler du vif argent qui n'occasionna qu'une maladie grave dont
il guérit; la seconde fois, elle le poussa dans un grand fossé
au moment qu'il y puisait de l'eau, et la troisième fois, elle
l'assomma dans son lit. Cette sentence fut mise à exécution
le 2 mars 1442 (1-545, n. st.), à la justice de la ville hors la
porte S'-Martin.
£e 15 «lai 1443. — Ilaquinct Delcrue dit de Gand est
pendu et étranglé, pour avoir commis un grand nombre de
vols.
Le 25 Mai 1443. — Jehan Lotemer, cordewanier, natif
de Valenciennes, est pendu et étranglé à la justice de le
planque d'Angy, pour avoir commis également un grand
nombre de vols.
Le 18 Septembre 14-43. — Willcquin Delchcutc est
pendu et étranglé à la haute flèche de la justice dehors la
porte S»-Martin, pour un grand nombre de vols commis à
Bruges, Gand, Yprcs, Courtrai, Bruxelles, etc.
— 305 —
Fcrnaghutdc le Broukc, natif de Bcllcnghcn en Flandre,
banni du royaume de France pour homicide, est arrêté le
18 janvier 14i5 (1444, n. st.) sur le territoire de Tournai
et par les prévôts et jurés auxquels, comme hauts justiciers,
appartient la connaissance et exécution dudit bannissement,
il est condamné à être pendu, ce qui est exécuté le 21 du
même mois, dehors la porte S*-Martin.
£e22 Octobre 144a. — Thomas de Boulogne, polisseur,
banni à toujours et sans rappel de la ville et banlieue de
Tournai, comme infracteur d'une paix jurée par lui et
prononcée par arbitres, est arrêté sur le territoire de la
ville et amené en la halle des prévôts et jures pendant que
ces derniers siégeaient. Le procès est immédiatement ins-
truit et le prisonnier, convaincu d cire venu plusieurs fois
converser dans la banlieue et d'avoir môme usé de menaces
envers plusieurs habitants de Tournai, est condamné à être
pendu. Celte sentence est exécutée le même jour à la haute
flèche, hors la porte de S'-iMartin.
Jchenne de Malles est condammécà être brûlée vive, pour
avoir, en enfreignant la paix de la ville, fait des blessures à
la femme de son amant, à la suite desquelles cette dernière
est décédée. Ce jugement, pi'ononcé le 51 mai 1446, est mis
à exécution le même jour.
Le 3 mai i'i-'p7. — Henri le Monnoyer, natif de V^il-
vorde, sergent des bois en liainaut, est pendu et étranglé,
pour avoir, aidé de deux autres individus déjà exécutés à
Ath et à Trazcgnics , fabriqué de fausses lettres et en avoir
fait usage pour extorquer de l'argent à un grand nombre de
personnes.
Le i"^ décembre 1 *47. — Guérardin de Villcrs est pendu
— 306 —
et clrangié pour avoir , étant banni à {3crpétuité , commis
un viol sur le territoire cîc la ville et s'être rendu coupable
d'autres délits.
Le 2G février 4447 (1448, n. st.) — Un jeune homme
de 17 ans est trouvé pendu dans le grenier de son maître et
son corps est, comme d'usage, transporte à la justice hors la
porte de St-Marlin.
Le 29 mai 1448. — Willeraet le Sauvaigc, natif de
près de Bîicquy , est pendu et étranglé , pour avoir commis
un grand nombre de vols.
Le o octobre 1449. — Robin Bcrnuit, natif d'Antoing,
est pendu, pour avoir volé des pièces de vaisselle d'argent
et des objets d-habillcment appartenant à l'hôpital de Marvis.
Le 28 avril 1450. — Colin Calot dit Falesquc, natif de
Vaîenciennes, banni à perpétuité, est pendu et étranglé,
pour violences commises sur des femmes dans la ville de
Tournai et à St-Maur.
Le 8 décembre 1450, sur la plainte de quelques habi-
tants de la ville , l'un des prévois se transporta à l'hôtel
à la Cloche sur les salines et y opéra l'arrestation de plu-
sieurs jeunes gens étrangers en compagnie de femmes
folians (femmes débauchées). Parmi ces jeunes gens se trou-
vait un nommé Karle Deqiic!:cre, foulon, natif de Noeféglise
en Flandre, accusé de maléfices. Pendant que le prévenu
était en prison, un nommé Chrétien Belle se rendit parde-
vant les prévôts et jurés pour réclamer justice contre le
prisonnier qui avait, un an auparavant, assassiné Gillcquin
Belle, son fils, en enfreignant certaine ghissèlc ou assuran-
- 307 —
CCS faites et jurëcs panlcvant la loi de la ville d'Yprcs. De
plus Hcnncquin Belle, frère de la victime, se rendit prison-
nier en se faisant partie formée contre l'accuse. Celui-ci
avoua son crime et les prévôts et jurés le condamnèrent à
être traîné et pendu. Ce jugement fut prononcé le 19 jan-
vier 1450 {1451 , n. st.) et le môme jour après-midi, le con-
damné fut traîné, en commençant aux degrés de la halle ,
et puis pendu à la haute flèche, hors la porte de St-Martin.
Le 5 ^vrier 1450 (14bl, «. st.) — Piètre Vandenmœrc,
natif de Baillœul, banni de la ville d'Ypres comme larron,
est pendu pour meurtre.
Le 3 juin 1431. — Jehan Kee et Gillequin Poilus
sont pendus et étranglés, pour meurtre et vols.
Le 7 juillet 1451. — Henncquin Moous, tisserand de
draps, natif d'Evelghera près de Gand, est pendu et étran-
glé, pour avoir commis un grand nombre de vols.
Le 19 décembre 1451. — Jehan de Tourmcgnies, fils
de Jehan, natif de Lille, est pendu et étranglé, pour assassi-
nat avec préméditation.
Thorin de Groue dit Botebecque , natif de Cologne et
Dancart Bcghe, demeurant à Gand, sont pendus et étranglés.
Ils attiraient, dans des auberges à eux connues, des indi-
vidus qu'ils savaient posséder quelque somme d'argent et
les cxcitaientà jouer aux cartes et aux dés, pendant la nuit,
avec des cartes qu'ils retiraient d'une cachette placée sous
le lit. Ils parvenaient toujours à soutirer l'argent de leurs
adversaires, soit par compéragc, soit par des manœuvres
déloyales, soit quelquefois de vive force ou par menaces.
L'exécution eut lieu le 0 janvier 1451 (1452, n. st.).
— 508 —
La 24 janvier i4;>l (1452, n. st.) — Gossart Deblois
dit Dcsprcs, natif de St-Sauveur, sergent de la chàtcllenic
d'Alh, est traîne et pendu , comme coupable de plusieurs
meurtres, violences sur des femmes, abus d'autorité, etc.
Le 6 avril 1451 (1432, n. si.) — i" Miquelet Deleure,
maréchal , natif de Quarmont en Flandre et demorant à
Lille;
2° Mahieuet de Gavres, parmenticr, natif de Frasnes-lez-
Buissenal et demeurant à Renaix, sont traînés et pendus ,
comme coupables de meurtre. (Exécutés à la basse justi^ce
hors la porte St-Martin.
Gucrard Balstcrghe, orfèvre, natif d'Arnefberg en Alle-
magne, est condamne à être bouilli dans l'eau chaude, tant
que mort s'ensuive, comme faux monnayeur (19 août
lÂo2). Ce jugement est mis à exécution le même jour, après-
midi, sur les prés as nonnains , en une chaudière apparte-
nant à la ville.
Il résulte des aveux réitérés du prévenu « que environ
» à dcmv an qu'il estoit demorant à Dieppe, avec un homme
>i de guerre nommé Colin qui n'a que faire, il fut averti
Il par ledit Colin que, en ladite ville de Dieppe, estoit demo-
1) rant un coutelier nommé Willamme et estoit boisteux ,
it qui bien savoit tailler et contrefaire coings de monnoyes,
1. et délibérèrent ledit Colin et lui que s'ils pooicnt finer
51 d'avoir acointance audit boisteux et recouvrer desdis
1) coings contrefais pour forgier faux florins, ilz seroient
» rices gens. Et sur ce, bien brief après, avoit ledit Gucrard
» trouvé manière de s'aborder dudit boisteux, et tant fait
i qu'ils avoient esté boire ensemble cl heu plusieurs devises
» l'un à l'autre, entre lesquelles il avoit dit audit boisteux
» qu'il estoit povre compaiguon et en grand dangicr de recou-
» vj'cr argent pour paicr ses debtes, ne savoit où en gaignicr,
— 509 —
» prctcndans par Icsdiles parollcs ledit boisteux et pai*^e-
)> nir à ce que dessus ; finableraent avoicnt ensemble esté si
« privez que ledit boisteux ly avoit dit s'il voloit estre secrez,
» il ly diroit une chose dont tous deux ils aroicnt de l'ar-
1» gcnt assez. Et ledit Guérard avoit respondu et promis que
n oïl, en faisant serment ensemble de non racuser l'un
» l'autre, et tellement que ledit boisteux ly avoit confessé et
» dit que bien savoit faire lesdis coings et que autrcffoix il
" avoit fait et forgié nobles et autres florins pour le sei-
1) gneur d'Arminacq, disant audit Guérard que s'il se voloit
a employer à tailler et dorer les florins, il les taperoit en
» coings et gaigneroient une grande cevance. (1) A laquelle
» chose faire, ledit Guérard s'estoit accordé et avoit mené
B disncr ledit boisteux en le maison dudit Colin, qui n'a
» que faire, lequel avoit offert prester cincq cens escus pour
« y employer, promettant de tout faire à part ensemble et
" prenant conclusion d'y besongnier. En ensieuvant laquelle
» conclusion, lesdis Guérart et boisteux, assés brief après, se
> départirent dudit lieu de Dieppe et pour miculx et plus
» plus secrètement acomplir leur fait, s'en allèrent en divers
» villages oii ledit boisteux , qui est coutelier , list forgier
» et graver plusieurs coings de diverses fâchons, tant no-
» blés que escus , mailles de Rin et postulat. Item dist que
* après lesdis coings ainsi forgiés , ilz retournèrent en
» ladite ville de Dieppe, en laquelle ledit Guérart accata du
» laiton dont il fist, tailla et dora plusieurs pièces en fourme
» de mailles postulat , et pour les emprienter et tapper sur
n lesdis coings s'en allèrent, lui et ledit boisteux, soubz une
» roce au-dehors d'icelle ville de Dieppe, où ledit boisteux
» les fist et tappa en coing, et ledit Guérard en dcmentiers
(1) CevancBf chevanche, richesse.
39
— 510 —
» faisoit le ghct, regardant que personne ne vcnist, mais à
» cause que ledit laiton estoit trop dur, lesdis coings s'es-
3> toient rompus, et n'y ot que six mailles faites qui furent
» délivrées audit qui n'a que faire, et à tant separty ledit
» bûistcux dudit lieu de Dieppe et s'en alla en autres villes
» doubtans que lui , qui estoit renommé de savoir faire telz
» ouvrages , ne fuist trouvé et recongneu. — Item dist
» oultre et confessa ledit Guérard que, depuis le partcraent
> dudit boisteux, lui désirant cncorcs avoir dcsdis coings
» pour faire lesdis faux florins , is'acompaigna de Cornilles
» Bieze, natif de Bruges et d'un nommé Denis de Game-
« chines dit Chariot, natif d'cmprès Lille, et eulx trois allc-
» rent après ledit boisteux qu'ils trouvèrent à Honncfleu en
» Normendie , l'amenèrent en la ville de Kcm audit païs et
» se logèrent en la maison d'un armoycur nommé Albrecq,
i> auquel lieu, en une cstablc dcrière, ledit boisteux leur
» fist et forga plusieurs coings, est assavoir ung pour for-
» gicr nobles, ung pour escus, ung autre pour demy-eseus,
> deux pour mailles de Rin et ung pour mailles postulat. Et
» à iceux faire estoit ledit Guérard présent qui les emprien-
ï toit en cire pour savoir s'aucunedéfaulte y avoit. Et après
j» qu'ils furent tous fais et acomplis et ledit boisteux con-
« tenté de sa paine , auquel pour son salaire ils délivrèrent
« ung florin d'or pour chacun coing, fu par eulx conclu
!i de venir en Tournay et y apporter lesdis coings pour
» faire et forgicr lesdis florins, sy comme ils firent et y
« arrivèrent hier et viij jours et se logèrent en l'ostel et
» cabaret de le Roze , en le rue de Coulogne. Et dimence
» darain passé, l'un d'eux, est assavoir ledit Chariot, se party
5» et s'en alla en la ville de Bruges pour avoir argent, mais
« avant son parlement délibérèrent l'un avec l'autre que
» que, durant son absence, ils labouroicnt toudis à faire les-
« dis florins, et fut devisé que les nobles et escus ilz fcroicnt
— 311 —
I) moitié d'or et moitié d'argent, et les mailles ilz feroienl
n de kcuvre doret. Et à co propos, pour à ce commonchier,
» Icsdis Guérard et Cornillcs accatèrent h ung fondeur sur
> le marchié as vaques trois livres de laiton, et sy accatèrent
n unes chisoires et du vif argent et autres hoslicux dont ilz
)» avoicnt besoing , duquel laiton, ledit Guérard fist et
» copi)a xj** (220) pièces, lesquelles il ordonnoit et appoin-
it toit pour dorer et faire mailles postulat pour alouer à
M l'eure que par justice il avoit esté trouvé et pris. Et pour
1» faire la dorure estoit ledit Cornilles allés accater de l'or
» et avoient intention, après ledite dorure faite, les tappcr
» en coing en ung bos ou cnmy les champs, aflin qu'ilz ne
Il fussent aperclieus, se justice n'y feust sy tost venue, di-
» sant oultrc que de sa prinsc il estoit bien joyeux, pour le
» grand mal qu'ilz eussent fait et paraconiply. -»
Des deux complices de Guérard Balsterghe, l'un s'échappa
et l'autre (Denis de Gamechines) qui était revenu de Bruges,
apprenant l'arrestation de Guérard, chercha à fuire, mais
poursuivi par les sergents du bailliage, il fut arrêté à Mar-
quain, dans une grange où il était couché. Il fut ramené le
lendemain à Tournai et rc(juis par le bailli de Toiunai et
Tournaisis auquel il fut délivré, attendu qu'il avait été pris
sur le territoire du bailliage. Finalement il fut bouilli à
Maire, en vertu de sentence du bailli. Pour mettre cette
sentence à exécution, le bailli emprunta la chaudière de la
ville.
1" Arncquin Dclehieddc, tisserand ;
2o Louis Duprct, faiseur de fer d'alloyères ;
3" Ilennequin Dassonnevillc, tclier, sont pendus et étran-
glés pour vols. (24 janvier 141)2(1453, n. st.)
« Comme ja piéça par le fait et insligation d'aucuns
>' pcr\'ers et séditieux do présent bannis de ccstc ville et du
— 512 —
1) royaulme de Finance, pour les troubles et divisions qu'ilz
» avoient fait et de long temps nourry en ceste ville et
n cité, aucuns de bas estât et petite faculté se soient eslevez
» et avancbiez , de leur propre auctorité et sans povoir
n légitiesme, de emprendre et avoir la domination et gou-
» vernement de ladite ville, soubz umbre que faintement
I) donnoient à entendre au peuple vouloir garder le bien
» cemmun de ladicte ville, s'estoient et sont ingérez de
» porter leurs mauvaises oppinion, en contempnant les
ï juges et la justice anchienne et ordinaire de ladite ville et
« les foulant en plusieurs manières par menaches , haul-
» tcurs et terreurs qu'ilz leur faisoient de jour en jour, en
)) séduisant et commovant ledit peuple alencontre des con-
» saulx d'icelle ville, adfm que, par doubte et crainte d'iccllui
» peuple, justice n'osast faire chose qui ne leur fuist agréable.
> Et pour auxquelles choses obvier et pourvoir, le Roy
» nostrc s"", de ce deucment adverly, eust envoyé pardeça ses
rt ambaxadeurs solennelz et leur donné pouoir de pourvoir
« ausdiz dangiers et inconvénicns «t aussi au bien publi-
» que de ladite ville, comme ilz verroient estre nécessaire
n et expédient; Icsquelz ambaxadeurs, pour à ce parvenir,
n eussent fait et publié certaines ordonnances concernans
i> le bien de paix, et par lesquelles toutes matières de dis-
» cors et voyes de fait estoioHtostées et réprimées. Et com-
1) bien que le Roy nostre s"", de sa certaine science , ait
)» voulu et ordonné que d'iccUcs ordonnances feust et soit usé
> en ceste dite ville, soubi certaines modifications et décla-
j» rations par lui faictes tant que autrement en soit par lui
» ordonné, comme de ce tant par lettres closes signées de sa
» propre main , comme par lettres patentes scellées de son
» grand seel à nous envoyées, nous est deucment apparu, et
» aussi que depuis Bertran De le Cambc, grand doyen des
» mcsticrs de ladite ville el autres de sa compaignic, ayent
— 313 —
» esté devers le Roy, nostre dit seigneur, et par le moyen de
» certaines mauvaises et injurieuses instructions à eulx
» baillics à Paris par ung cnnomy et registre de ladite ville,
» contre l'onneur et bonne renommcc des natifs d'iccUe
» dite ville, et au grand vitupère, blasme et infamie d'icellc,
» eussent contcndu à la revocation d'icclles ordonnances.
)> Sur quoy le Roy nostre s', pour les grans charges et occu-
» pations qu'il avoit à cause de sa guerre, et pour aultres
» causes ad ce le raouvans, cust dit qu'il n'estoit pas dcli-
» béré de donner aultre appointement que cellui dessusdit,
Il jusques ad ce qu'il seroit retourné de sadittc armée et
1» qu'il seroit acompaigné de son grand conseil en plus
1) grand nombre, en déclarant seconde fois et ylérativement
i> qu'il vouloit que desdites ordonnances, soubz les raodifi-
)» cations dessusdites, fust usé comme paravant.
» Néanmoins ledit Certran Dclc Cambe , grand doyen ,
n avec Jehan de Carnins, doyen des fcvres et Jehan le
» Pesqueur, doyen des foulons et aucuns aultres leurs
» adhérens, non vœillans obtempérer ni obéir auxdites
» ordonnances , mais en icclles en fraingnant voluntaire-
» ment et de fait, mardi darrain passé, xxviij® jour de ce
)» présent mois d'aoust que les quaii^e consaulx estoient
!> assamblez en la halle du conseil de ceste dite ville, avoient
n contcnda à faire lire à huis ouvers, présent le peuple,
T. leurs dites mauvaises et injurieuses escriptures, laquelle
» chose lesdis consaulx n'avoient voulu consentir, mais
» leur blasmé tant par ce qu'il estoit venu à leur congnois-
» sance que, de par le Roy nostre dit seigneur, leur avoit
)> esté expressémcHt defîcndu que de quelque chose dite ou
» cscripte devers ledit seigneur, riens ne fuist relevé ne
» déclairé par deçà , comme aussy pour ce (ju'il n'apparte-
» noit pas lesditcs matières devulghier ne dcclairer, ainsi
î» que rcquéroicqi^ lesdis doyens, à cause que division s'en
— 514 —
rt eust peu ensuir en cesle dite ville , dont cust peu estre en
» inconvénient et dangicr irréparable. Ce nonobstant, Icsdiz
» Bcrtran Dele Cambe , Jehan de Garni ns et Jehan le Pes-
n queur et leurs complices , en la fin de certain disner par
« eulx fait ledit jour au cabaret du Dieu d'amour, sans le
Il sceu des autres doyens et soubzdoyens de ladite ville,
» avoient, en continuant leur mauvaise voulcntc, prins
» concl'ision formelle de à lendemain , qui fut le jour saint
» Jehan de Colasse, convoquier tous lesdis doyens et soubz-
I» doyens pour, en leur halle, faire lire et publier, à huis
« ouvers et devant le peuple , leurs dites mauvaises et inju-
« rieuses escriptures , et en exécutant et mettant à effet
)• îeur dite conclusion, eussent dès lors fait la semonce et
)• convocation desdis doyens et soubzdoyens; et ledit jour
» saint Jehan au matin , avoient fait ouvrir leur dite halle
« et tenir leurs dis huis et fenestres ouvertes pour convo-
0 quicr le peuple, et tant avoient fait par leurs manières et
» scmblanclies, qu'ils avoient advisé et précogité cnsamblc
j) paravant que certaine grande quantité de menu peuple,
» ilec assamblé à la provocation d'aucuns d'iceulx, monta
» en leur dite halle, et par cestc manière firent assemblée
j) illicite dudit peuple alencontre desdis consaulx et gou-
» verneurs de ladite ville , qui fu en allant directement con-
» tre lesditcs deffcnccs et ordonnances royaulx, dont le Roy
)> nostre dit seigneur avoit voulu et vouloit estre usé, si que
» dit est, en ladite ville, par lesquelles estoit et est deffcndu
» faire quelconques assemblées de peuple ne mettre devant
11 iccllui quelque chose, fors par l'ordonnance et consenle-
5» ment de tous les quatre consaulx, ou au moins des trois
» d'acord ensamble. Et que pis est, en abusant et faisant
» errer ledit peuple, avoient demandé l'adveu d'icelui pcu-
B pie et requis que se, pour ceste cause, ilz cstoient approu"
I» chiez de justice, que Icdil peuple les voulsi^t aidicr et con-
— 545 —
» fortcr. Desquelles voycs et manières de faire, qui esloicnt
» et sont mauvaises et séditieuses, faites de fait apcnscct
» délibéré, contre le gré de justice et à mauvaise fin, aucuns
)» des plus saigcs et notables d'iceulx doyens avoient esté
» maloontcns et s cstoient mis en tout devoir de empeichier
» leur dite emprinse , mais ilz n'en avoient peu venir à
» cliief, par le fait et coulpe dcsdis malfaiteurs qui estoient
!) les chiefz et principaulx conducteurs de ladite besogne et
i> de leurs adbérens , et par le tumulte dudil peuple ilcc
» assamblé. Et avec ce, ainsi que depuis, par l'ordonnance
)» de nous prévostz et jurez , sire Guérard Pippart, prévost
)> de ladite ville, cust appréhendé et fait prisonnier ledit
« de Gamins, pour ce que ledit jour de mardy, présent les-
» dis quatre consaulx, avoit dit que en Tournay y avoit mil
> et mil hommes qui ameroient autant que ceste ville fuist
" en l'obéissance de mons"" de Bourgogne que du Roy nostre
11 s^, lesdis Bertran Dcle Cambe et Jehan le Pesqucur avoient
» poursuy ledit prévost et se rais en peine de commovoir
» le peuple sur ledit prévost et ses sergens et assistans,
« adfin de rescourre ledit de Gamins et le osier hors des
» mains de justice, en cryant trcs-dcsordonnement et haul-
» tementqucon ne leur faisoit raison ne justice, 'et qu'ilz ne
» le pourroient ne voulroient souffrir ne laisser emmener,
)i et qu'ils vouloient savoir les causes de son emprisonne-
» ment , en eulx efforchant de fait le rescourre et tellement
» que, à l'occasion de leurs dites paroles, aucuns du peuple
« avoient grandement oppresse ledit prévost et ses sergens
» et mis main à leurs daghes et couteaulx, frappé aucuns
» des sergens et fait telle forche et violence que à très-grand
» paine ledit Carnins pot estre mis prisonnier. Pour les-
■ quelles causes et aultres tumultes, rumeurs et séditions,
n et aussy pour plusieurs armées et assemblées illicites par
" eulx faictcs en coutempt de justice, tant de jour que de
— 316 —
n nuit, en ladite ville, et aultres plusieurs offenses et rebcl-
» lions par eulx commises en grand escandele et eontemp-
» ncmcnt de justice, qui sont si notoires en ceste dite ville,
» que nul n'en peut prétendre ingnorance , esquelles ilz
5> ont de Irès-long temps continué et persévéré, ne pour
« quelconques prières , amonitions ou remonstrances qui
11 leur avoient esté faictes par lesdis consaulx, ne se sont
» voulu depportcr; mais comme obstinez en leur sédition,
)• sont demourez jusques à présent en leurs dampnables
31 propos et mauvaise intention, dont ladite ville a esté
3> plusieurs fois en grand péril de désolation, se n'eust esté
» par la grâce de Dieu et la prudente tolérance desdis
» consaulx, si comme de tout ce est plainemcnt apparu,
» tant par la notoriété desdis cas dont la pluspart ont esté
» commis en plaine halle et à huis ouvers , comme aussi par
" leurs propres confessions et plusieurs grandes informa-
ji tions sur ce faictes, esquelles ils se sont rapportez, etcon-
3) sidéré ce qui y faisoit et fait à veir et considérer , nous,
» lesdiz Bertran Dde Cambe, Jehan de Carnins et Jehan le
1» Pesqueur, avons condempné et condempnons à mort telle
» que d'avoir les hattéreaux trenchiez sur le marchié tant
1) qu'ilz soycnt mors et leurs biens confisquez au droit de
» ladite ville. Ce fut fait et prononchié en nostre halle,
3) publiquement, à huis ouvers et ledit jugement misa
» exécution incontinent sur le grand marchié de ladite
j) ville , le samedi premier jour du mois de septembre l'an
» mil eccc cinquante et trois. «
Sur ce que le samedy, premier jour du mois de septembre
en ce présent an mil cccc cinquante et trois, environ nœuf
heures du matin , ainsi que nous prévostz et jurez estions
en nostre halle bcsongnant à l'expédition et parfait d'un
procès criminel touchant aucuns qui , ledit jour, comme
I
— 517 —
séditieux, comraovcui's dépeuple et pcrlurbalears de paix,
furent, par nostre condempnation, justicliiez et exécutez ii
mort, estoit venu à nostre congnoissancc, par le rapport et
advertisscment d'aucuns de noz ofiîciers et autres bons sub-
gés et bienvœillansde ladite ville, amans le bien de justice ,
que, au lieu etplache du Becquerel en la dite ville^ plusieurs,
tant foulons comme aultres , non créniens Dieu ne justice ,
esmeus et espris de l'art de Fennemy , de leur dampnable
et oultrageuse voulentc, comme adhérons ausdis exécutez ,
s'estoient eslcvcz et mcttoient sus à puissance et à main
armée , par manière de commotion , pour venir à force et
par effroy contre nous et nous rester, par violence et défait,
Dosdis prisonniers et empcicbier nostre jugement et exécu-
tion de justice, qui estoit en venant contre les deffences
royaulx elle cry que, nagaires paravant, avions fait faire par
justice aux bretesques de ladite ville, si solennellement
qu'ilz ne le povoient ingnorer , que nulz , à l'occa^on de
la prinse desdis prisonniers ne aultrement , ne s'esmeust ne
feist aultrui esmouvoir , par armes ne par aultre manière ,
de jour ne de nuit , sur paine de mort. Nous , prévostz et
jurez, incontinent, pour résister et remédier à ladite com-
motion et mauvaise entrcprinse , eussions envoyé le prc-
ost de la commune de ccsle dite ville , acompaigné de plu- '
ieurs nos sergens, gens de scrmeut et certain nombre d'au-
res babitans d'icellc ville, armez et habillez comme il appar-
.enoil, audit lieu du Becquerel, où il avoit trouvé et appercheu
plusieurs desdis foulons et autres séditieux estans en armes
qui , en faisant rébellion formelle contre justice, s'estoient
mis en ordonnance et rengicz au piet du nœuf pont, par où
ledit prévost venoit, en levant leurs basions et monstrant
manière d'asti ves ctenvayssemens et dont les aucuns d'eulx,
pour empeicher la venue dudit prévost, s'estoient mis en
paine de oster et deffaire les assellcs dudit pont, Ce ncncb
— 318 —
stant^ ledit prcvost s'estoit hasté et les prévenus tèlement
que, à l'aide de Dieu et de ceulx de sa compaignie, il avoit
fait désarmer et retraire ceulx qui ainsy s'estoient cslevez
et rompu leur dit fait et entreprinse et les aucuns d'iceulx
avoit fait appréhender et amener prisonniers par dessoubz
nous. Et depuis nous, désirans de savoir et atteindre les
vrais coulpabics et conducteurs de ladite entreprinse et
assamblée, pour en faire ce que à bonne justice estoit loisible
et appartenant , eussions sur ce fait faire et tenir plusieurs
grandes enqucstes et informations. Et pour ce que par icclles
nous estoit apparu Jaquemart Dorlot , foulon et Jehan
Favrel, tixeran , cstoient entre autres plainement chargiez
et souppechonnez dcsdis cas et maléfices , nous iceulx, qui
furent trouvez en nostre juridicion, eussions fait appréhen-
der et amener tous prisonniers en jugement par devant
nous; lesquclz sur ce, par nous interroghiez chacun à part,
par plusieurs fois et à diverses journées , ont dit, congneu
et confessé de froit sang et plusieurs fois réytéré, ce qui s'en-
sieut, c'est assavoir ledit Jaquemart Dorlot, que lui, qui
estoit desplaisant de l'emprisonnement desdis exécutez,
désirans iceulx estre rescoulx et estez de noz mains par for-
che, trouble etassamblée de peuple, sachans que autrement
que par mal faisant ne les povoit aidier, s'estoit mis avec
le frère de l'un desdis exécutez, dès le jour de la prinsc
d'iceulx, approuchiez de l'un des doyens de ladite ville et
le induit, requis et incité à ftiire assembler les gens de son
raestier et banière pour rcscoure et osier de noz mains
lesdis prisonniers. Et depuis, pour tousjours à ce parvenir,
s'estoit aussy transporté devers homme de son mestier, qu'il
savoit estre parent et favorable à l'un desdis exécutez, et
icellui pareillement requis et enorté de s'armer et venir de
nuit, avec lui et aultres, faire ladite rescousse, en lui donnant
à entendre que, sur le Becquerel, y aurait en le nuifye, pour
— 519 —
ce faire, bien deux cens hommes armez, en liiy demandant
s'H venroit point avec culx et s'il laivoit Icsdiz exécutez en
dangier, avecaultres parollcs pour à ce l'induire et amener.
Et avec ce, en ensuivant ladite emprinsc, avoit lui mcismcs
dit et promis à aultrcs de s'armer et estrc prcst à l'heure de
xj heures de nuit, pour alcr osier de prison et délivrer lesdis
exécutez. Et si a, en oultre, dit et confessé que, à l'assamblcc
faite audit Becquerel, ledit jour de samedy, il estoit aie et
comparu avec les aultres, armé et embastonnc et conclu
avec ses alycz de aler sur le marchié, ià l'eure qu'il oroit
sonmcr la cloche pour justichier lesdis exécutez et contendre
de les reprendre de fait, violenteraent et par puissance, et
tant faire que de les rescourre et mettre au délivre, et se on
leur eust empeichic, de férir sur nous et aultres qui y eus-
sent voulu résister , et avec ce esté à faire et esîire d'entre
culx une capitaine pour finir et conduire leur dite emprinse,
et aussy avoir déclairé et enseigné où estoit le pignon de
leur mesticr, pour l'emporter et avoir avec euîx en forme de
banière. Et en oultre, se estrc arrenghié audit Becquerel,
contre la personne dudit prévost, contcndans à se tenir et
résister contre lui par voye de fait et le rebouter s'il cust
peu, disant et confessant oultre que se n'eust esté la venue
dudit prevost, ilz fussent partis et mis à exécution et effcct
leur dite emprinse. Et avec ce est aussy apparu par ladite
information, que depuis lesdiz cas advenus, ledit Dorlot, lui
cstans retrais, pour double de justice, au dehors de ladite
ville, avoit, cncontinuantcomme obstiné en sa dite emprinse,
dit et proféré , présent plusieurs, que sans cause on avoit
fait morir Icsdilz exécutez et que à ladite emprinse du Bec-
querel, il avoit tousjours esté prcst et heu plusieurs compai-
gnons dcsoubz lui et que s'aucuns foulons eussent voulu ,
leur doyen nefuist jà mort, avec plusieurs aultres parollcs
séditieuses et démonslrans son danipnablc coraigc cl l'afTcc-
— 3'iO —
•
tion qu'il avoit audit fait de sédition. Item et ledit Jehan
Favrcl a aussi congneu et confesse que dès, le premier jour
que lesdis exécutez furent emprisonnez, lui avec aultrcs
s'estoit comprins, consentis et accordez de soy armer et
venir à xij heures en la nuit, en la plache du Becquerel, où
plusieurs se dévoient assembler, pour d'ilec venir à forme et
à main armée oster des prisons et emmener lesdis exécutez
lors prisonniers. Et pour ce que ladite conclusion n'avoit
peu lors estrc acoraplie , ledit samedy environ sept heures
du matin, qu'il avoit oy dire que on devoit faire ladite jus-
tice, avoit délaissié son ouvrage et s'estoit transporte de so
maison au marchié de ladite ville, pour veir en quelle dis-
position la chose estoit et s'on feroit ladite justice ou non ,
et incontinent qu'il avoit veu ung hourt sur ledit marchic,
estoit retourné audit Becquerel et aie en diverses rues et
maisons et à plusieurs personnes les seraoure, induire et
inciter à culx, armer et venir audit Becquerel, en armes,
comme les plusieurs firent. Et finablementy estoit aussy venu
ledit Favrcl, armé et habille, et avoit avec les autres aidié à
faire et cslire ladite capitaine et esté présent à la délibération
sur ce pi'inse d'entre culx, qui telle estoit que quand ung
homme qu'il avoient envoyé sur lEscauId au Bruilîc, savoir
se une armée de foulons, qui se devoit faire ilecq, estoit preste
pour en venir, leur auroit raporté responce, ilz se dévoient
ensamble partir et en aler sur ledit marchié et eulx mettre et
renghier du costé de l'église saint Quentin, adiln que on ne
peust venir sur eulx que d'un costé scullcment, et illec se
dévoient tenir et aîcndre tant que on aracnroit Icsdiz exécu-
tez, que lors tous à une fois dévoient courre vers iceulx et,
par force et puissance, les prendre , rescourre et emmener h
leur plaisir et voulenté, disant et confessant ledit Favrcl que,
en parlant et concluant de ce que dit est , ledit prévost
estoit venu audit Becquerel , contre lequel lui et aultrcs
— 521 —
9
s'estoicnt rcnghicz audevantdudit pont, par la niauicrc que
dit est. — Vcu lesquelles confessions et que, par icellcs ci
lesdites informations csquelîes ilz se sont rapportez, nous est
apparu et appert lesdiz Jaquemart Dorlot et Jehan FavrcI
cstre vrays séditieux , commovcurs de peuple et aucteurs de
sédition , lesquçlz se sont eslcvcz et de leur povoir pour-
caeliié et eulx mis en paine et dilligcncc d'avoir et altrairc
avec eulx gens à puissance, pour venir à force audit marchié,
pour accomplir leur dit mauvais et terrible proppos , vou-
lenté et intention, combien qu'ilz ne l'eussent peu faire ne
conduire sans grand tuison et effucion de sang humain, ef
autres grans dangiers et inconvéniens, en la désolation et
dommaige inrcparabîe de ceste ville et des habitans d'icelle,
qui sont crismes tant cruclz, orriblesetoulîraigcux, que, en
bonne justice, ne doivent dcmourer impugnis , mais telle
pugnition en estrc faite que ce soit exemple à tous, et con-
sidéré tout ce qui y faisoit et fuit à veyr, heu sur ce conseil
et advis, à plusieurs sages, clercs de droit el au! très , nous
lesdis Jaquemart Dorlot et Jehan Favrel et chacun d'eulx
avons condempaé et condempnons à mort , telle que d'avoir
les hattriaux trenchiez sur le marchié, tant qu'ilz soient
mors et leurs .biens confisquez au droit de ladite ville. Ce fu
fait et pronunchié en nostre halle, publiquement, à huis
ouvers et ledit jugement mis à exécution incontinent, sur le
grand marchié de ladite ville, le quatrième jour d'octobre
Fan mil quatre cens cinquante trois.
Xe 23 mai 1434. — Guillebin Muher, fils de feu Jehan,
charpentier, est pendu et étrangle, pour un grand nombre
de vols.
Le 20 juin 14o4. — Caisin Gibran, bancleur, fils di
feu Jehan, natif de Losquegnoal, est pcnJu et étranglé, pour
avoir commis des vols el violences.
— 522 —
Le ^juillet 1454. — Noulin Quevich , fils d'Etienne,
demeurant à Orcq, âgé de 14 à 15 ans , trouvé pendu à un
arbre dans le jardin de son père, est transporté près de la
tour de la haute flèche, hors la porte S'-3Iartin, et pendu à
une fourche de bois attachée en terre.
Le 8 septembre i4o4. — Roland Bernard, fils illégi-
time de feu Simon, est pendu et étranglé, à la basse justice,
hors la porte S'-Martin, pour avoir, sans cause ni raison,
fait des blessures graves à plusieurs personnes et en outre
commis des larcins.
Le 2Q juillet 14oo. — Hanekin Delebruyère ditDelehaye,
deticr, fils de Guillebert, natif de Bernes, est pendu et
étranglé, à la basse justice , pour rupture d'un ban à per-
pétuité auquel il avoit élé condamné pour viols.
Le 4 janvier 1433 (14SG, n. st.) — Anthonin le Ber-
nard, cordewanier, natif d'Arras, est pendu et étranglé
pour meurtre.
Le i\ mars 44î)o (1450, n. st.) — Anncchon Lehouf,
fille illégitime de Jehan , native de Boussut en Flandre ,
servante, est brûlée vive, hors la porte S'-Martin , pour
crime d'infanticide.
Le 12 avril 1456. — Mclcior Dcsmarés, laboureur , de-
meurant au faubourg de sainte Fontaine, est pendu et étran-
glé, à la basse justice, pour un grand nombre de vols avec
effraction et escalade.
Le 29 juillet 1450. — Leurin Damicns est pendu et
étranglé, à la justice près d'ilavincs, pour avoir cnfraint la
— 523 —
paix de la ville, jurée solcnnellomcnt et publiée aux carre-
fours, d'entre Mahicu Damiens, son frère et sire Toussaint
Varlct, prêtre. Le supplicie avait, par plusieurs fois, fait des
blessures graves à cet ecclésiastique; il était réputé querel-
leur, ivrogne, joueur aux des et aux billes, reniant con-
stamment Dieu, faisant de vilains et détestables serments, etc.
Le 24 janvier 145G (1437, n. st.) — Arnoul Barma-
crc, natif d'Audenarde, mendiant, est brûlé vif, hors la
porte S*-Martin, comme coupable du crime de sodomie.
Le 8 février 14SG (1457, n, st.). — Ilcnriet de Cocque-
riaumont, valet de ferme, est brûlé vif, pour les mêmes
causes que le précédent.
Ze 15 octobre 1487. — Guérard Dupret, telier, demeu-
rant à Kain , est pendu et étranglé, à la basse justice, pour
volSj à main armée, sur les chemins et dans les maisons.
Le \^ juillet 1458. — Georges Deroneq , tisserand,
natif de Werny , est pendu et étranglé, comme coupeur de
bourses. Il exerçait cette coupable industrie depuis plus de
30 ans. Son dernier méfait eut lieu 8 jours auparavant, sur
le pont du Château, où il coupa deux bourses à deux femmes
qui étaient occupées à regarder les joules sur l'eau.
Le 2^ juillet 1458. — Marquet Noiret, natif de Lalaing,
est pendu et étranglé, pour homicide, vols, compositions,
conspirations, violences publiques, etc.
Le 2 août 1458. — Jehan Jacot, natif de Piérucz en
Ilainaut, est pendu et étranglé, pour un grand nombre de
vols, commis avec effraction et escalade.
— 524 —
Le, 10 septembre 14o8. — Gillequin Pionnier, parmen-
er et Hcnnequin Nachtegalle, manouvrier, natif de Ghehve
a Flandre, sont pendus et étranglés, également pour vols-
Le 21 septembre 14d8. — Guérard Baudart dit Stoque-
feuv, , est pendu et étranglé, pour les mêmes motifs.
Le 16 décembre 1458. — Jacot Lejosnc dit Arguotte,
Us de Tassart, demeurant à Celles en Hainaut , est pendu et
tranglé, pour vols.
Le 12 février 1438 (1439, n, st.) — Haquinet NifTe dit
Pinchon (1) et Haquinet Delattre, telier, fils de feu Wil-
laume, natif du Maisnil, sont pendus et étranglés, pour vols
commis avec violences sur les chemins et dans les bois.
Ze 16 juillet 1459. — Joffroy Dorléans , varlct de
taverne, est pendu et étranglé, pour rapt, vagabondage,
conspiration, etc.
Le 23 septembre 1459. — Estevenet Rat , chapelier,
banni de Tournai, est pendu et étranglé, pour violences
commises sur une femme.
Le 4 janvier 1459 {1460, n. st.) — Ilenriet Delefou-
taine dit Leroux, cordewanier, est pendu et étranglé, pour
viol.
(1) On voit dans les comptes que, peu de temps après l'exécution,
les grands vents firent tomber de la justice le cadavre de Haquinet
Nifle qui fut relevé et rependu par plusieurs personnes, auxq'.ielles
la ville alloua pour cet objet 23 sols tournois.
— 325 —
Le 28 mai 14C0. —- Haquinct Lamer est exécute à la
justice d'Havincs.
Le 4 juillet 14G0. — Coppin Vandcncnde et Oslclct
Boyart dit Crabctte sont pendus à la justice de le {'planque
d'Angy.
Le 9 aoîit 1460. — Andrieu Puillois est pendu à la
justice, hors la porte S'-Martin.
Le 5 février 1460 (1461, n. st.) — Jehan Jolit est pendu
à la même justice.
Le 18 avril 1461. — Rogequin Pottin est pendu à la
même justice.
Le 4 mai 1461. — Colin Lepcr dit Bruniel , mercier,
est pendu à la justice de Havines.
Georget Mettcnayc , sodomite , est brûle vif à la justice,
hors la porte S«-Martin, le 50 mai 1461. (Le bourreau reçut
40 sols pour son salaire.)
Le 21 août 1461. — Picrart Mulet est pendu à la jus-
tice, hors la porte S'-Martin.
Le 4 février 1461 (1462, n. st.) —Gilles Pottef est
pendu à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le iO novembre 1462. — Richardin Aulet est pendu
à la même justice.
Le 16 avril 1464. — Jehan Marchant est pendu à la
même justice.
41
— 520 —
Ze 15 mai 14G4. — lïaquinct Glisoul est pendu à la
même justice.
Pierre de Rassoncamp et Massct Dclebarc sont pendus à
la même justice, le 51 juillet 1464. — En rompant un ban
de toujours , ils étaient venus à Tournai , s'étaient réfugiés
dans le cimetière de S'-Nicaise, d'où ils se ruèrent sur des
sergents bâtonniers en les frappant de leurs couteaux, après
quoi ils se retirèrent dans ledit cimetière, espérant d'y jouir
de l'immunité de l'église ; mais selon le cri de l'ascension et
l'accord fait entre le chapitre et la ville , les prénommés
furent extraits du cimetière par le bailli et amenés en prison
de Brunin à la cathédrale, jusqu'à ce que l'instruction de
cette affaire fût terminée. Trois chanoines, députés par le
chapitre, furent deux jours employés à faire les informations
nécessaires ; ils entendirent 58 témoins. Le procès-verbal de
cette instruction fut rédigé par le clerc du chapitre, auquel
la ville alloua de ce chef 10 s. tournois. Quatre clercs nota-
bles visitèrent la procédure et donnèrent par écrit leur avis;
ils reçurent 40 s. Les députés du chapitre prononcèrent leur
sentence, en vertu de laquelle les prévenus furent condam-
nés à ne point devoir jouir de l'immunité d'église; en consé-
quence, ils furent extraits du cimetière par les cloquemans
et sergents de l'église , menés et conduits au monchiel où les
sergents et officiers de l'église N.-D. les attendaient, et remis
ensuite entre les mains de la justice de la ville.
Le 28 aoîit 14G4. — Copin de Welghe dit de Craque
et Willemet Delehaye sont pendus à la justice de Ilavines.
Le 3 décembre 14G4. — Rcgnault Riquicr est pendu à
la justice, hors la porte S'-Martin.
— 327 —
Lo 7 avril 1407. — Ilaquinct le PicarUlit le clcrcq de
joie est pendu à la même justice.
Le S décembre 14G7. — Willaume Noël est pendu à la
même justice.
Le 23 avril 1 iG8. — Ilcnncquin Quercof, tisserand de
draps , est brûlé vif à une estaque, auprès de ladite justice.
Le 50jMi7/eH4G8. — Lambin de Pil est brûlé vif, auprès
de ladite justice.
Le 2i! septembre 14G8. — Willot Roze est pendu à la
même justice.
Ze 13 mars 1468 (1469, n. si.) — Ilanin de Lescault
dit Wante est pendu à la même justice.
le 17 octobre 1469. — Chrétien Bclvallct est pendu à
la même justice.
Le 14 janvier 1469 (1470, n. st.) — Antoine Lambrccht
est pendu à la même justice.
Le !««• mars 1469 (1470, n. sf.) — Mchault de Frclin
est pendu à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le 21 Octobre 1470. — La femme d'un foulon est trou-
vée pendue dans une maison située à Lableau (rue des
Campcaux). Le cadavre est, par ordre des prévôts et jurés,
transporté auprès de la justice, hors la porte S'-Marlin, et
pendu à une fourche , comme d'usage.
— 328 —
Le 19 novembre 1470. — Jacot Honnorc dit Frabiau,
banni du royaume, est pendu à la justice, hors la porte
S'-Martin.
le 11 mai 1471. — Gillart le Jolit dit Tribout est
pendu h la même justice.
Robin du Joncquoit dit le Gascon est pendu à ladite jus-
tice, le 24 mai 1471. Il faisait partie de la bande de malfai-
teurs (le bâtard Fortuné, Grardin le double et autres), qui
détroussaient les passants à l'extrémité du territoire de la
ville, et les empêchaient d'apporter à Tournai leurs biens et
vivres. Ari'ivé le matin en ville, le malfaiteur fut exécuté le
même jour après-midi. L'exécuteur reçut un supplément de
salaire pour les peines qu'il eut à mettre à exécution la
sentence des prévôts et jurés, « à cause que ledit Robin
» estoit tout de playe et décoppé, par quoy, le convin ttircr
" à mont par cngien et, pour ce faire, avoir deux personnes
» pour lui aidier. »
Le 0 janvier ii7l (1472, n, st.) — Jehan de Ilabart,
bâtard et Guillebin Lcbacre sont pendus à la haute flèche
de la justice, hors la porte St-Martin.
Le 25 du même mois, — Haquinet Spellcbien est pendu
à la même justice.
Le l" juillet iifl^. — Piètre Clincquart, banni du
royaume, est pendu.
Le 21 Juin 1473. — Ilcnncquin Tornis dit Ilorncmakèrc,
natif de Tcnremonde, fils de feu Jehan, fut condamné à
— 529 —
être pendu et étranglé tant qu'il soit mort, et tous ses biens
situés dans la ville de Tournai conGsqués , pour avoir ,
la veille , vers G heures du soir , au pourpris de la
taverne du canteur, en la rue de le Val, hors la porte Coque
rel, en compagnie d'autres, occis et mis à mort Liévin Van
Strasscle. — Ce jugement a éfé mis à exécution le même
jour après-midi, à la justice de la ville vers Ilavines. — Avant
d'être exécute, ledit Henncquin Tornis confessa avoir, à la
S'-Jcan-B'* 1470, occis au dehors de la ville de Bruxelles,
le nommé Ilanin de Brimes, natif de Vos, près de Bruxelles.
Le 7 Janvier 1473 (1474, n. st.) — La nommée Thomasse
Delemotte, veuve de feu Martin Leleu dit le Hut, s'étant, le
même jour au matin, pendue au grenier de sa maison, située
sur les poissonsccaulx, est condamnée par les prévôts et
jurés à être menée aux champs auprès de la justice de la
ville, hors la porte S' Martin, et là mise et liée à une four-
che mise en terre , sans asseoir jugement ni sonner
cloche.
Le 22 Janvier 1475 (1474 n. st.)— Guillebin deLannoy,
barbieur, fils de feu Jaquemart, natif de Baisieu , près de
S'-Pol, est condamné à être pendu et étranglé tant qu'il soit
mort, pour larcins, recels d'objets volés et de plus pour être
de légière vie et mauvaise couversation. — Exécuté le
même jour après-midi.
Le 26 février 1475 (1474 n. st.) — Haquinet de le Ma-
sure dit Belle, soyeur d'ais, natif de Ilem, près de Lille, fils
de Willemme, est condamné à être traîné, pendu et étran-
glé, tant qu'il soit mort et tous ses biens étant en la juridic-
tion de la ville confisqués au droit d'icellc, pour plusieurs
larcins, sacrilèges, meurtres, entre autres, 1° volé en l'église
— 350 —
de Gruison, une relique de cuivre doré, pensant qu'elle était
de grande valeur, laquelle il a vendue à Tournai ; 2" en
l'église de Tressin volé un calice d'argent doré a,vcc les pla-
tine, loucettc et corporal servant audit calice, le tout aussi
vendu à Tournai pour o écus;5°pris les gourdines d'un
autel et deux nappes, desquelles gourdines, lui et un sien
complice firent des chemises ; i^ volé l'argent d'un tronc
dans une chapelle près d'Anchin ; 5° tué et mis à mort,
assisté de deux complices, sur le chemin public de Waren-
geville, outre les bois d'Ardenne, un pèlerin qu'ils dépouil-
lèrent. — Ce jugement a été exécuté le même jour après-
midi , à la justice de la ville, hors la porte S'-Martin.
Le 13 mai 1474. — Jaquemin Pierequin, fils de Pol,
natif de Tieulain , est condamné à être pendu et étranglé
tant qu'il soit mort et à avoir ses biens confisqués, pour
avoir fait violence à Jchenne Lcclercq, veuve Nicaise Tir-
loucl, femme franche , et à Jchenne Lehcltre , femme de
Jehan Leconte, toutes deux demeurant à Tieulain. — Ce
jugement a été mis à exécution le même jour après-midi , à
la justice vers Havines.
Le o décembre 1474. — Hcnnequin Van Mifïle dit
Royart, cordewanier, fils d'Olivier, natif d'Audenardc, est
condamné à être pendu et étranglé tant qu'il soit mort, pour
plusieurs crimes, entr'autrcs pour avoir occis inhumaine-
ment un sergent et officier de justice, qui l'avait voulu appré-
hender; pareillement occit, assisté de 5 complices, un
homme qui était receveur des religieux de Corbie, auquel
ils enlevèrent 20 écus qu'ils partageront entr'eux quatre.
Ledit Ilcnnc(iuin est de plus convaincu d'être de mauvaise
vie et renommée , homme cruel , homicide cl inhumain ,
— 531 —
tenseur et tenant gens en grande crainte, dont il est grand
bruit et esclande par tout le pays. — Exécuté le même jour,
à la basse justice, hors la porte S'-Martin.
Le 20 mars 1474 (1475, n. st.) — Jcnnin deCrenensy,
bastard, natif d'Auvergne, est condamné à être ars et brûlé
en cendres, tant qu'il soit mort et ses biens confisqués, pour
avoir pris, 1° chez le receveur de l'artillerie du duc de Bour-
gogne, à Bruges, une boîte renfermant plus de douze cents
lions d'or et plusieurs bagues et anneaux de grande valeur;
2" chez un archidiacre de Nantes , une autre boîte où se
trouvaient deux chaînes d'or et plusieurs anneaux , estimés
loO écus. Ledit Jennin a de plus confessé avoir commis le
très-vil péché de bestialité contre nature.
Le 27 aoi'it 1476. — Martin Selloye, espennier, fils de
Jehan, natif de Marquain , est condamné à mort, telle que
d'être lié à une estaque, et illec ars et brûlé tant que mort
s'ensuive et ses biens déclarés confisqués, pour s'être plu-
sieurs fois rendu coupable du vil péché de sodomie.
Le H avril 1476, avant Pâques (1477, n. st.) — Cathe-
rine de Cordes , femme Arnoul Pryer , s'étant, le même
jour au matin , dans sa maison située rue des Escachiés
(Cachets), pendue par désespoir, est, par l'ordonnance des
prévôts et jurés, menée aux champs, auprès de la justice,
hors la porte St-Martin et illec liée à une fourclie plantée en
terre et ses biens confisqués.
Le 19 mai \^11. — Colin Vanin, boulanger, fils de feu
Richard, est condamné à être pendu tant que mort s'ensuive
et ses biens confisqués , pour avoir, d'un coûte! taillcpain,
tue un nommé llobin Pluquin.
— 552 —
Le i3 février 1477 (4478, 7t. st.) — Roland Coroyer,
sergent bâtonnier de la ville de Tournai , 'est condamne
d'avoirjc hattriel tranché sur le marché de la ville, tant
que mort s'ensuive , pour vol en chemin public, et de plus
convaincu d'être homme de mauvaise vie, ayant par long-
temps vécu en adultère, en tenant continuellement autre
femme que la sienne, et autrement vivant avantageusement
et dissolument.
Comme nous prevostz et jurez, avec les chiefz et autres
des consaulx et grand quantité du peuple de ceste ville et
cité de Tournay, assemblez sur le marchié de ladite ville, le
mcrquedy premier jour de ce présent mois de jullet, environ
mynuit, à cause du feu bouté en aucunes maisons à faux-
bours, hors la porte sainte Fontaine , par aucuns adversaires
dcsquelz on ne savoit bonnement le nombre, et estions en
doupte de grans entreprinses estre faictes et maulx advenir
es autres fauxbours et autres lieux environ icelle ville. Estans
en celle perplexité et à nostre pouvoir, voullans pourveoir
aux dis maulx et inconvéniens apparans, eust esté rapporté
à nous, prevostz et autres de la loy de ladite ville, que en au-
cuns lieux en icelle, pluiseurs compaignons avoient fait
grant noise en criant vive Bourgogne. Et à celle occasion
l'un de nous, prevostz, accompaignié de plusieurs sergensct
autres dudit peuple, se feust transporté en aucuns lieux où
l'on disoit lesdis cris et noise avoir esté fais. Et depuis en
avoit esté fait tant et telle dilligence , que, par information
deucment faictc, Arnoulet de le Venne , coroyer , Haquinct
Riez, bastard, filletier et Piérot du Hem dit Gy, cauche-
teur et autres, estoient chargiez d'avoir fait lesdis cry et
noise et pour ce avoient esté, par nostre ordonnance, appré-
hendez et constituez prisonniers. Par les deppositions et
confessions dcsquelz, après pluisicurs leurs dénégations et
— ODD —
aussi par ladite information , nous est apparu que ledit
mcrquedy au soir, lesdis prisonniers et autres, en nombre
de huit, estoicnt allez soupper ensemble en la taverne, où
pend l'enseigne des trois bourses , emprès la porte sainte
Catherine, pour y dispenser ce qu'ilz avoient heu d'argent
et de ehar à hcller ledit soir, au dehors de la porte saint
Martin, durant lequel soupperfcut, entre autres choses, de-
visé d'entre eulx, qu'ilz n'cstoient point esleus ne receus aux
gaiges et sauldées de la ville, comme estoicnt pluisieurs
autres et que ilx se renderoient bourghignons, et tellement
se mainlenroient qu'ilz feroient chacun jour ceulx de ladite
ville venir aux cresteaulx , et en eulx parlant de ceste dite
ville , fei'oient une bonne cœilloité et levée ilz vauldroient
mieulx. Et après ledit soupper, se partirent de ladite taverne
et s'en allèrent , environ xj heures en la nuyt, en le maison
d'estuvcs du pan , hurtèrent à l'huis et pour ce qu'il ne leur
feut ouvert, frappèrent de leurs grans basions à une fencs-
tre de le chambre, emprès ledit huis , tellement qu'ilz en
firent ouverture, et par icclle firent entrée en ladite maison,
en faisant illec grans cris, noises et desrisions , et mcisme-
menl crians vive Bourgogne , tuons tout , boulons cy le feu
c'est tout ung, nous nous rendcrons tous demain bourghi-
ghnons, constraindirent l'olesse à eulx baillier ses clefz, des-
quelles ilz le bâtirent et blcschèrcnt sans quelque cause ne
motif, elle estont dedans sa dite maison, en laquelle elle
dcvoit estre en toute sceurté, et allèrent en pluiseurs cham-
bres desd. estuves continuans lad. noise. Et ad ce que ladite
ostesse leur parla du feu qui estoit hors de ladite porte
sainte Fontaine , dirent qu'elle y allast et que quant à eulx
ilz n'y enteroient ja. Et le lendemain, ^les aucuns d'eulx
advertis que ladite ostesse avoit este oye en ladite informa-
tion, s'estoient transportez vers clic et après aucunes parollcs,
ledit Arnoiilct avoit haulcié l'anse d'une javeline pour îe
42
— 534 —
férir. Et pour ce que une autre femme lui empcscha, iccllui
Arnoulct le fcry et baty. Lcsquelz cas, crismes, cris, noises
et maléfices ont esté et sont de grant esclandc et de très-
mauvais exemple et apparant notoirement procéder de
très-mauvais, parvers et desléal corraige, et dont nous et
ledit peuple estans à ladite heure, en la perplexité dessus
touchée, poyons chcoir en plus grand trouble, dolleur et
affliction. Pourquoy nous , ces choses considérées , joint
avec la mauvaise vie, renommée et gouvernement des trois
dessus nommez qui, passé longtemps, ont esté oyseulx,
vacabonds, noyseulx, ruyneux et très-enclins à noises et
débas, fréquentans tavernes et lieux illicites et vivant avan-
tageusement en eulx, partant de pluisieurs lieux et tavernes,
où ilz avoicnt beu et mengié, sans paier leurs escos, contre
le gré et voulenté des ostes et ostesses, et à leur partement
par desrision disoient : je le tcpompe. Avons iceulx Arnou-
let Delevenne, Haquinet Riez et Pierot Duhem et chacun
d'eulx , condempnez et condempnons à mort , telle que
d'avoir les testes trenchiées tant qu'ilz soient mors et tous
leurs biens, estans en notre juridicion, confisquez et con-
fiscons au droit d'icelle ville. Ce fut fait en jugement par
assens, en notre halle, à huys ouvers et ledit jugement misa
exécution sur le grand marchié de ladite ville, le mardi
xij'jour de jullctl'an mil cccc Ixxviij.
Le 22 septembre '1478. — Piérot de Mortaigne dit
d'Espières" est condamné à être pendu et étranglé', tant que
mort s'ensuive et ses biens confisqués , pour homicide com-
mis sur la personne de Haquinet Morcau. foulon. — Exé-
cuté le même jour, à la justice, hors la porte S'-Martiiif
Le 26 septembre 1478. — Piérart Dclchaye, faiseur de
cordes d'arcs , est condamné à être pendu et étranglé, tant
— 53S —
que mort s'ensuive, pour avoir frappé d'un coutcl taille
pain et mis en péril de mort, la nommée Sainte Bruncl, fille
de feu Mahieu, son ancienne concubine, malgré la paix de
la villcjqui avait été jurée, entre les mains de l'un des jurés,
entre Jacques Dclcliaye, frère du condamné , d'une part,
cl ladite Sainte Bruncl , d'autre part- — Exécuté le même
jour, à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le 29 octobre 1478. — Le nommé Haqiiin le Kandere,
laboureur , natif de Wanebrechics, fils de feu Jeban , est
condamné à être pendu et étranglé, tant que mort s'ensuive
et ses biens confisqués, pour plusieurs vols de vaches et
autres larcins. — Exécuté le môme jour, h la justice, hors
la porte de S'-Martin.
Le a avril 4479. — Haquinct Glissoul, tisserand de
toiles, fils de Gossart ; Druet Macquelin, baneleur , fils de
feu Chrétien elJacot Senet dit Iloghoman, bosquillon, natif
de Melle, sont condamnes à être pendus et étranglés et leurs
biens confisqués, pour grand nombre de vols, commis en che-
mins publics, par force et violence, de nuit et de jour, par
ronture et effraction des maisons, etc. — Exécutés le même
jour après-midi, à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le iO novembre 1478. — Jehane le Herîit, femme de
Jehan de Lespierrc , parraentier , s'étant pendue par dé-
sespoir , en sa maison rue des Corroycrs , les prévôts et
jurés font transporter son cadavre à la justice , hors la
porte S'-Martin et là l'ont fait attachera une fourche de
bois plantée en terre.
Le 18 août 1479. — Lyon Joveuel, cordewanier, fils
dcGillart, natif de Tournai, est condamné à avoir la tête
— 336 —
tranchée sur le marché de cette ville, pour avoir rançonné
plusieurs habitants de la ville. — Exécuté le même jour. —
Avant son exécution, il a avoué avoir commis plusieurs vols
à Warchin et ailleurs.
Le 24 Décembre 1470. — Haquin Hazart, bosquillon, fils
de feu Jehan, natif de Wez, est condamné à être pendu et
étranglé tant qu'il soit mort, pour plusieurs vols commis
dans les environs de Tournai, dont un à l'église de Jollain.
— Exécuté le même jour à la justice, hors la porte S'-
Martin.
Le 4 Juin 1480. — Estievenet SacquelàM le grand fîeu,
tondeur de draps, fils de feu Henri, natif d'Arras ; Colinet
Paloul, barbieur, fils de Eaudart, natif de Daadificr en
Artois et Guillaume Hazart sont condamnés à avoir la tête
tranchée sur le grand marché de Tournai, pour avoir en-"
fraint le traité de sûreté et communication fait entre les duc
et duchesse d'Autriche, d'une part et les habitants de Tour-
nai et du Tournaisis , d'autre part. Le jugement porte
qu'étant logés à l'hôtel du cherf, sur le grand marché de
Tournai, ils avaient fait chanter aux fenêtres dudit hôtel un
oublieur qui à euh avoitjoué et perdu ouhhjes et panier;
à laquelle chanson dudit oublieur s'assemblèrent plusieurs
enfants au devant de l'hôtel, auxquels ledit Estievelet avait
jeté plusieurs pièces de pain, ce qui fut cause que ces en-
fants crièrent vive le roi ; ce ayant, Estievenet incita les
enfants, par plusieurs fois, à crier vive Bourgogne, en disant
que s'ils le voulaient crier, il donnerait à chacun d'eux un
pain entier; néanmoins les enfants continuèrent à crier
vive le Roi, dont aucuns « de la d": compagnie, culx mons-
« trans desplaisans, ruèrent violentemenl après Icsdis en-
« fants aucuns voirres et pain, en cryaat vive Bour-
— 537 —
c gognc, proférant autres paroles malsonnans, scntans
« menaches. A laquelle occasion et des manières que
u tindrent les dessusdits, se assembla grand nombre et
»i multitude de peuple fort esmcu et trouble, dont appa-
«i rant feut de venir grand trouble, commotion et inconvé-
nient en la d« ville. »
Ce jugement a été mis à exécution le même jour , après-
midi.
Le 9 Juin 1480. — Anthonîn Duhot dit Lekeux, bar-
bicur , fils de feu Jehan , natif de Baillœul en Flandres, et
Haqiiin Bresiiel dit le franc archier, fils de feu Florent,
natif de Lcuze, sont condamnes à être pendus et estranglcs
tant que mort s'ensuive, pour plusieurs crimes et maléfi-
ces, commis contre le traité de sûreté existant entre la
ville et les duc et duchesse d'Autriche. — Exécutes le même
jour après-midi, à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le l" mars 1480 (1-481, 7t. st.), Ifaquinel le Flameng,
bougonnier , fils de feu Aimcry , est condamné à être pendu
et étranglé, tant que mort s'ensuive, pour homicide com-
mis sur la personne de Haquinet Larde dit Barbazan. —
Exécuté le même jour, à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le 27 juin 1481. — Jehan de JVoirœil dit bon pas, bos-
quillon , natif de Cisoing , demeurant à Louvy, en la châ-
tclîenic de Lille , est condamné à être pendu et étranglé,
tant qu'il soit mort, pour homicide commis sur la personne
de Jaspin Parisis. — Il est de plus convaincu de menaces et
de coups sur plusieurs autres personnes. — Exécuté le
même jour, à Injustice, hors la porte S'-Martin.
— 358 —
Le IC janvier 1481 (1482, n. st.) — HaquinieRoy,
briqueteur , fils de Piërart , est condamné à être pendu et
étranglé, tant que mort s'ensuive , et ses biens confisqués,
pour plusieurs larcins , crimes et maléfices, la plupart com-
mis de nuit, au moyen d'écbelles et autres voies subtiles et
l'un d'eux par force et violence en chemin public ; il est de
plus repris de justice et de mauvaise renommée. — Exé-
cuté le même jour, à la justice de la ville à Havines.
Le ï" septembre 1482. — Arnoulet de Zeelandes est
condamné à être pendu et étranglé tant que mort s'en-
suive , et ses biens confisqués , pour homicide commis sur
la personne de Jehan de Raisse , earbonnier. — Exécuté le
même jour après-midi, à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le 2 octobre 1482. — Balthazar de Sailltj, manouvrier,
fils de feu Noël, natif du faubourg S'-Martin, est condamné
à être pendu et étranglé tant qu'il soit moi^t, pour plusieurs
larcins, crimes et maléfices commis de nuit, par force et
violence et en chemin pubhc. — Exécuté le même jour, à la
justice près d'Havines.
Ze 12 Octobre 1482. — Piérot Ghislain, manouvrier,
fils de Pasquier, natif de Bourghielle ; Pierre Doise, labou-
reur, fils de feu Colart, natif de Foucaucourt en Santers et
Colin Soiron, couvreur de tieulles, natif de Prêt de fain
près de Thérouanc, sont condamnés : le l""" à être traîné et
tous trois à être pendus et étranglés, tant qu'ils soient morts
et tous leurs biens confisqués, pour meurtres, maléfices et
compositions commis par aghais, par force et violence es
bois et chemins publics. — Ce jugement a été mis à exécu-
tion le même jour à la justice; hors la porte S'-Martin.
— 339 -
Le 27 Octobre 4482. — Arnould LecouUre, fils de feu
Jacques, est condamne à avoir la tctc tranchée , pour
infraction de la paix de la ville qui avait été jurée entre
Arnoul Croquevilain, son parent et son maître, et
Jacques Destrayelles, fils de Sire Caron, en frappant
ce dernier de plusieurs coups de bâton sur la tète h
effusion de sang, de telle sorte qu'il a été tenu en péril de
mort. Il est de plus convaincu de plusieurs vols en chemin
public. — Exécuté le même jour, sur le grand marché.
Le 4" Décembre 1482. — ffeylot Mêlez dit le laquay est
condamné à avoir la tête tranchée, pour avoir fait diverses
prises et rançonne plusieurs personnes, en cnfraignant le
traité de sûreté et communication fait entre la ville et les
pays voisins. — Exécuté le même jour après midi, sur le
grand marché.
Le 10 Décembre 1482. •— Gillot Colin, manouvrier, fils
de feu Jaquemart, natif de Chclle en Hainaut, demeurant
entre les portes S'-Martin et Coqueriel, est condamné à
avoir la tête tranchée, pour avoir pris et rançonné, par plu-
sieurs fois, des habitants des pays voisins voyageant sous la
foi du traité fait avec les due et duchesse d'Autriche. —
Exécuté le même jour après midi, sur un hourt au grand
marché de la ville.
Le 9 février 1482 (1483, n. st.). — Jaquemart DescauU^
tisserand de draps, fils de Jehan, est condamné à être pendu
et étranglé, tant qu'il soit mort , pour rupture de ban et
pour avoir usé de paroles sentant menaces, en disant que
les juges ou conseillers et officiers de la ville qu'ils pour-
raient rencontrer , il les despccheroit et rueroit jus. Il est
de plus convaincu d'avoir enfraint le traité de sûreté fait
avec les duc et duchesse d'Autriche, en arrêtant cl rançon-
— 540 —
nant plusieurs marchands, — Exécuté le même jour après-
midi, à la justice, hors la porte S'-Martin.
Le 16 ,/Mî7/eH482. — Ysabel Bruyant, époMseàc Sehàn
de Cassel , graveur de signets , s'étant jetée dans l'Escaut
par désespoir, pour ce que son mari ne pouvait payer une
certaine somme de deniers qu'il devait, et y ayant trouvé la
mort, les prévôts et jurés font charger son cadavre sur un
banel et le font mener et pendre à une fourche , auprès de
la justice de la porte S*-Martin.
Le 1" janvier 4485 (1484, n. st.) — Haqxiin de Moren-
ghes, manouvrier, fils de feu Jehan, natif deBIandain;
Jehan hecocq, parmcntier, fils de feu Piérard, natif de Lille,
et Jacot de Melin, faiseur de laites, fils de feu Jehan, natif
de Leuze, sont condamnés à être pendus et étranglés, tant
que mort s'ensuive, pour avoir commis grand nombre de
vols et larcins en divers endroits, notamment en la chapelle
du village de Villers où ils entrèrent de force, ouvrirent
huit à neuf coiTrcs et y prirent autant de bagues qu'ils pu-
rent emporter. — Exécutes le même jour après-midi, à la
haute flèche, hors la porte St-Martin.
Le 6 Mars 1485 (1484 n. st.) — ffennekin Vandermersch,
tapissier, fils de Piérart, natif de Peteghem, est condamné
à être pendu et étranglé, tant que mort s'ensuive, pour
avoir commis homicide sur la personne de Piétrekin Van-
derzorghe et pour avoir en outre commis plusieurs vols en
chemins publics. — Exécuté le même jour, ù la justice,
hors la porte S'-Martin.
Le 7 du même mois. — Henry Lcfrize dit le flamcng.
— 341 —
parmcnlicr, fils de Simon, natif de la terre d'Alost, est
condamné à être pendu et étranglé tant qu'il soit mort, pour
divers vols, crimes et maléfices commis par force et vio-
lence, sur les champs et en chemins publics. — Exécuté le
même jour, à la justice hors la porte S'-Martin.
Le !«'' avril 148G, après Pâques. — Rasset Ansquîer, fils
de Thomas, natif de Douai, est condamné à être pendu et
étranglé tant que mort s'ensuive et ses biens confisqués,
pour grand nombre de vols et larcins qu'il a commis en
divers endroits, et de plus convaincu d'estre homme oiseulx,
vacabond, non faisant œuvre ne mestier et très-mal famé et
renommé au pays. — Exécuté le même jour, à la basse jus-
tice hors la porte S'-Martin.
Ze 19 août 1487. — Colart Vryman et Jehan Dumonchel
sont condamnés à avoir la tête tranchée, pour homicide
commis sur la personne de Jennin Du Bus. — Exécuté le
même jour, sur le grand marché.
Le 9 avril 1488, après Pâques. — Grardin Vannieunorpei
fils dcLiévin, natif de Boulart, près de Grammont, est con-
damné à être pendu et étranglé tant que mort s'ensuive ,
pour plusieurs larcins par lui commis par violence et effrac-
tion. — Exécuté le même jour, à la basse justice hors la
porte S'-Martin.
Le 9 juillet 1488, un nommé grand Jehan de Douai dit
Franchois, manouvrier, fils de Jehan, natif de Prouvay, est
condamne à avoir la tête tranchée et séparée de son corps,
pour plusieurs crimes et énormes maléfices commis contre
le bien de paix et contre le traité de sûreté existant entre la
43.
— 3i2 —
ville et les pays voisins. — Exécuté le même jour, après
raidi, sur le grand marché.
Le 8 novembre 1488, Haquinet Diitriez dit rouge gheux,
varlet de taverne, fils de feu Jaquemart; Gossart Duquesne,
retordeur de fillet, fils de feu Jehan, et Piérot Deffrennes,
caudrelier, fils de Michel, sont condamnés à avoir la tête
tranchée et séparée du corps et leurs biens déclarés con-
fisqués, pour avoir navré de leurs dagues et couteaux un
habitant du bailliage, lui pris son argent, ceinture et cou-
teaux et voulu l'emmener avec eux; de plus, avoir fait
résistance et avoir fait usage de leurs couteaux contre ceux
du guet de la porte Sainte-Fontaine qui étaient venus au
secours du battu. — Exécutés le même jour après-midi, sur
le grand marché de la ville.
A\ant d'être exécuté, Ilaquinct Dutriez avoua d'avoir
commis plusieurs vols, avec l'assistance d'un nommé Grar-
din Carbonnier.
Le 4 décembre 1488, Jaquet Sqiieppe dit Rousselet, natif
de Tournai, fils de feu sire Jacques et Haquinet Minet,
bouvier, natif de Wcz, fils de Roland, sont condamnés à
avoir la tête tranclu'c et séparée du corps et leurs biens
déclarés confisqués, pour un grand nombre de vols et lar-
cins commis à Tournai et ailleurs ; de plus, réputés gens
oiseux, très-mal renommés, notamment ledit Jaquet être
trouvé détestable, jureur et blasphémateur du nom de Dieu
et ses saints. — Ce jugement a été mis à exécution sur un
hourt au grand marché de la ville.
Le ù janvier ilkSS (1489, n. sf.)— Jehan de Lannoy, fils
de feu Tircclct, natif de Nuéchin ; Mahieuet Delecotirt ,
soyeur d'ais, fils de feu Mahicu, natif de Billy en Vcrtois cl
— 343 —
Pierchon Leqnesne, fils de feu George, natif de Douvrin,
près de Labassée, sont condamnés à avoir la léle tranchée
et séparée du corps, pour avoir, sous ombre de la guerre
régnant es pays circonvoisins et en contrevenant au traité
de sûreté fait entre la ville et lesdits pays, fait courses et
roberies au bailliage de Tournaisis, emmenant avec eux
plusieurs habitants dudit bailliage, s'cmparant de leurs
biens, les rançonnant h leurs volontés, ce qui fut cause que
plusieurs labourcui-s abandonnèrent leurs maisons. — Exé-
cutés le même jour sur un hourt au grand marché de la ville.
Le 22 j«îM 1489, Iluartde Mainivautt, hautelisseur, fils
de feu Jaquemart, natif de Tournai, est condamné à avoir
la tête tranchée et séparée du corps, pour les mêmes motifs
que ci-dessus. — Exécute le même jour sur le grand mar-
ché.
Le 2i juillet i489, Faquin de Pirewez et Martin Dupont
sont condamnés à avoir la tête tranchée et séparée du
corps, pour courses et pillerics, notamment, il y a quelques
jours, pour avoir pris à Orcq cinq personnes, les avoir
emmenées en un fossé à Maire et les avoir détroussées et
pris l'argent qu'ils avaient sur eux. -— Le 1" était déjà
banni à toujours delà ville pour pareils forfaits. — Exécutés
le même jour sur le grand marché.
Le pénultième jour de novembre 1489, un nommé Fie-
rin Studemacq, natif d'Audenarde, âge d'environ 18 ans,
serviteur de Jehan Lccrich, prêtre, chapelain de hautes
formes en l'église cathédrale, s'étant pendu en la maison de
son maître, les prévôts et jurés font transporter son cadavre
aux champs, auprès de la justice hors la porte S'-Martin et
— 344 —
illec l'ont fait lier à une fourche plantée en terre ; ils décla-
rent en outre tous ses biens confisqués.
Le \o Janvier d489 (1490, n. st.) — Un nommé Henri
van nie, tapissier , natif d'Enghien, s'étant pendu par dé-
sespoir en une des tours de la vieille forteresse de la ville
située au réduit, les prévôts et jurés font attacher son
cadavre à une fourche plantée en terre, hors la porte S'-Mar-
tin, et déclarent ses biens confisqués.
Le 0 mars 4489 (1490, n. st.) — Pierchon de Baîssy,
foulon de bonnes^ dit le petit Pierchon , natif de Lille, fils
de feu Jehan , est condamné à avoir la tête tranchée et sépa-
rée du corps 5 pour avoir, en compagnie de plusieurs autres,
arrêté divers marchands qui apportaient en ville des denrées
et marchandises sur leurs chevaux, les avoir emmenés dans
une maison et avoir pris tout leur argent. Ils en firent au-
tant à un frère mineur dont ils prirent la bourse et une
chemise , à une femme de Flandres une pièce de drap et
de l'argent, à un homme de Courtrai, de l'argent, etc., etc.
— Exécuté le même jour, sur un hourt au grand marché.
Le 8 avril 1491, Jacques Z>KWO?m, fils de feu Christo-
phe, natif de Naples près de Fiers, est condamné à avoir la
tête tranchée et séparée du corps, pour avoir pris aux halles
de cette ville, de nuit et en escaladant une fenêtre d'une des
échoppes, vingt 'pièces de drap de soie et de satin , une
botte de paternostres de cristalin et un chapelet de pater-
nostres aussi de cristalin , ayant une croisctte d'argent et
plusieurs enseignes dorées; une autre fois, au même endroit,
il a encore volé plusieurs objets. — Exécuté le même jour,
sur le grand marché.
— 345 —
Le 2 maX liOl, Rogier Lecocq, tondeur de drnps, natif
de Denain, près de Valcncienncs , est condamné à avoir la
tête tranchée et séparée du corps, comme faux monnayeur
et pour avoir fait faire de fausses lettres dont il s'était servi
en justice à Valencienncs. — Exécuté le même jour, sur le
grand marché de la ville.
Le 18 juiniiOl, Robinet Coquide dit Duqucsnoit, clau-
weteur, fds de feu Jehan, natif de scrnin lez-Saint-Lazare,
est condamné à avoir la tète tranchée et séparée du corps,
pour avoir, accompagné de plusieurs autres, arrêté diverses
personnes, avoir pris leur argent et les avoir menées vers
Arras; déplus, pour avoir volé plusieurs chevaux qu'ils
vendirent à Bouvegnies. — Exécuté le même jour après-
midi, sur un hourt au grand marché.
Le 26 cm'it 1491, Noidlet de Bleharies, cordewnnicr,
fds de feu Jacques, est condamné à avoir la tête tranchée et
séparée du corps, pour rapt, force et violence commis sur la
personne de Margotine Duqucsne, jeune fdle âgée d'environ
14 ans. — Exécuté le même jour, sur le grand marché.
Le 4 novembre \^9l, Alizon Trachet, fille de feu Mi-
quiel, native d'Orchies, demeurant au lieu de le poterie en
cette ville, est condamnée à être arse par feu tant qu'elle soit
morte et son corps converti en cendres, pour divers infan-
ticides. Le dernier des cinq enfants qu'elle mit au monde
fut enfoui dans un jardin, et elle avoua qu'il vivait et re-
muait encore lorsqu'elle l'enterra. — Ce jugement fut exé-
cuté auprès de la justice de la ville, hors la porte S'-Martin.
Le 28 du même moiSf Mathieu Van dm Inde, soi disanl
— 346 —
laboureur, fils de feu Lucas , natif de Goorle, près de Bois-
le-Duc (Brabant), est condamné à avoir la tète tranchée et
séparée du corps, pour avoir, avec plusieurs autres, pris le
château d'Helchin , l'avoir retenu en leur pouvoir durant
plusieurs jours, pendant lesquels ils avaient fait des courses
et pilleries dans les pays voisins et pris moutons, pain et
autres vivres; ayant été délogés du château, ils prirent deux
chevaux de labour qu'ils emmenèrent à Pottes , etc. —
Exécuté le même jour, sur un hourt au grand marché.
Le l*"" décembre 1491 , Gillet Dupryer, tellier, fds de
feu Simon, et Jehan Ledrut dit Muisy, autrement appelé
courte oreille, sont condamnés à être pendus et étranglés
tant qu'ils soient morts, pour grand nombre de vols et lar-
cins, commis tant dans les églises que dans d'autres en-
droits. — Exécutés le même jour, après-midi, à la basse
justice de la porte S'-Martin.
Le 28 janvier 1491 (1492, n. st.) — Chariot Hocquel,
se disant brasseur , demeurant à Valenciennes , est con-
damné à avoir la tête tranchée et séparée du corps , pour
avoir, en compagnie de quelques autres , fait plusieurs
courses et prises de biens et personnes de la ville de Tour-
nai, tant sur le pouvoir et juridiction d'icclle que sur le
bailliage et ailleurs, en contrevenant au traité de sûreté
existant entre cette ville et les pays voisins (ils avaient enle-
vé, entr'autres, deux chars chargés de marchandises venant
de Tournai et que des habitants de cette ville conduisaient
en France ; ceux-ci rachetèrent leurs biens pour 400 écus
marchands.) — Exécuté le même jour, sur le grand marché.
Le dernier juin 1492, Mahieu Coltrel, couvreur de
wcddCj fils de feu Jehan, natif de Camphin, est condamné
— 547 —
h être pendu et étrangle tant qu'il soit mort, pour grand
nombres de vols commis dans les églises et ailleurs. —
Exécuté le même jour après-midi, à la basse justice hors la
porte S'-Martin.
Le {^^ mars 1492 (1495, n. st.) — Chrestlen Warneivkq,
fils de feu Olivier, natif de Gand, et Piètreqinn Zouielut, fils
de Jehan, natif de Bruges, sont condamnés h avoir la tcte
coupée et séparée du corps, pour vols commis en chemin
public et dans un bois. — Exécutés le même jour, sur le
grand marché.
Le d juin 1^90, Estienne des ^«/fans, changeur, fils de
feu Jehan, natif du pays de Bourgogne, est condamné à
avoir la tête tranchée et séparée du corps, pour avoir mis
en circulation grand nombre de pièces d'or et d'argent
qu'il avait auparavant rognées. -^ Exécuté le même jour,
sur le grand marche.
Le \2 décembre i^dà, Zègre Vandedamme, manouwicr,
fils de feu Miquiel, natif de Hulz près d'Audenardc, est
condamné à être pendu et étranglé tant qu'il soit mort ,
pour plusieurs vols par lui commis par effraction et pour
violence commise sur une jeune fille. — Exécuté le même
jour après-midi, à la basse justice hors la porte S'-Martin.
Le^ janvier 1495 (1494, n. st,) — Cornîlle Vandeporte, fils
de feu Colart, est condamné à avoir la tcte tranchée et sépa-
rée du corps, sur un échafaud au grand marché de la ville,
et après son corps estre mis et pendu au gibet de ladite ville
et sa tête affichée au banch dudit gibet, pour libelles diffa-
matoires et lettres séditieuses par lui écrites et semées
— 348 —
contre plusieurs de la ville de Bruges, en les chargeant du
crime de Sodomie, et une autre lettre écrite au capitaine de
Bruges, lui faisant connaître qu'il y avait sur lui et autres
seigneurs y dénommés grandes clameurs de ce qu'ils man-
geaient le peuple et que les cricurs étaient aucuns des mé-
tiers de la ville avec le commun et plusieurs bourgeois qui
murmuraient les assommer en l'église ou dehors; enfin
pour avoir écrit une autre lettre à une veuve ehez laquelle
il avait demeuré, menaçant de couper le nez aux mesquines
de ladite veuve avant de quitter Bruges, pour ce que celles-ci
l'avoient fait emprisonner pour vol de plusieurs objets. —
Après sa condamnation et avant d'être exécuté, Vandeporte
avoua avoir commis, étant à Rome, le crime de Sodomie et
d'être l'auteur de plusieurs vols.
Le 29 avril 4494, George Van Naycquebroîicq, raanou-
vrier et wantier, fils de feu Jehan , natif d'Eesque, près de
Grammont, est condamné à être pendu et étranglé tant
qu'il soit mort, pour grand nombre de vols par lui commis,
tant de nuit que de jour, notamment de vaches, juments,
etc. — Exécuté le même jour, à la justice près d'Havines.
Le 30 ornV 1494, iJ/arfm yar/a?/e, espissier, fils de feu
Josse, natif de Nazareth lez-Gand , et Jehan de Lattre dit
Tahier, plaqueur, sont condamnés à être pendus et étran-
glés tant qu'ils soient morts, pour grand nombre de vols
par eux commis. — Exécutés le même jour à la justice de la
ville, au lieu de le planque d'Angy.
Le ùf décembre 1494, Jehan Braquenier, dit le Rade, est
condamne à être pendu et étranglé tant qu'il soit mort,
pour ravissement de femmes, sommations et vols divers. —
~ 349 —
Exécute le même jour à la basse justice, hors la porte S'-
Martin-
Le 5 du même mois , le nommé Bernacq Boucq dit Soen,
chaussetier, fils de feu Jehan , natif de Douchlieu, paroisse
d'Esterres en Flandres, est condamné à être pendu et étran-
glé tant qu'il soit mort, pour vols de vaches et d'objets divers,
ravissements de femmes et de filles et pour certain homicide
commis au pays de Flandres. — Exécuté ledit jour , à la
justice près d'Havines.
Le li janvier 1494 (4495, n, st.) — Noël le Tourier
dit Grenut, bonnetier, natif de Tournai , homme fort en-
clin à noises et débats , est condamné à avoir la tête tran-
chée et séparée du corps, pour tentative de viol et pour avoir
commis plusieurs vols. — Exécuté le même jour sur le
grand marché.
Le 12 du même mois, Gosset Foellet dit le Jazereau ,
espennier, est condamné à la même peine, pour avoir aidé
et assisté Noël le Tourier, exécuté la veille.
Le 20 avriH^9^i 3Iarguerite dîi Donjon, femme Tas-
sart Lefebvrc, bonnetier, Hacquinet Clément et Martin de
Rosne, scsvarlets, convaincus d'avoir, à trois reprises diffé-
rentes, voulu empoisonner leurs mari et maître, et en
outre , voyant que le poison ne portait pas l'effet qu'ils en
attendaient, d'avoir comploté de l'assommer , sont condam-
nés, savoir : la 1'° à être liée à une estaque emprès le gibet
et illecq arse et brullée par feu et son corps converty en
cendre; le 5% à être pendu et étranglé tant qu'il soit mort;
ils sont de plus condamnés à être traînés au sortir de la
halle. Quant à Clément, il a été remis, comme clerc , entre
les mains de rofficial de la cour spirituelle.
44
— 550 —
Ze 15 mai 1496, Jehan Mathieu, tellier de toiles, fils de
Jehan , natif de S'-Quentin en Vermandois, est condamné à
être pendu et étranglé tant qu'il soit mort, pour grand
nombre de vols commis de nuit et de jour , par effraction
et autrement. — Exécuté ledit jour, après-midi, à la basse
justice hors la porte S'-Martin.
Le 28 avril 1497, Colart Braquenier dit du Quesnoy et
Jehan Braquenier surnommé long dos, son fils, sont con-
damnés à être pendus et étranglés tant qu'ils soient morts ,
pour avoir tué et occis un étranger et avoir pris tout l'ar-
gent qu'il avait sur lui. — Exécutés le même jour, à la
justice vers Havines.
Le 50 ociohre 1497 , Philippot Gruyer, fils de feu Jaspar,
natif de Genappes en Brabant, manouvrier, est condamné à
être pendu et étranglé tant qu'il soit mort , pour plusieurs
vols de moutons, brebis, pourceaux, etc. — Exécuté le
même jour, après-midi , à la basse justice hors la porte
St-Martin.
Le \7 février 1497 (1498, n. si). — Lolset Caudrelier\
caucheteur, est condamné à avoir la tète tranchée et séparée
du corps, pour ce qu'étant banni à toujours pour homicide
commis sur la personne de feu Hottinet Desmons, varlet de
taverne, il s'est hasardé de venir plusieurs fois sur le pou-
voir et banlieue de la ville, accompagné d'autres bannis,
jusqu'au jour d'hier qu'il fut pris et arrêté au faubourg d c
Sainte-Fontaine par les officiers et sergents du Roi. — Exé-
cuté le même jour sur le grand marché.
Le 6 mars 1^99 (laOO, «. si). — Loys Heeman dit
Prentout, natif de Marque près d'Audenarde, fils de feu
Louis, est condamné à être pendu et étranglé tant qu'il soit
— 551 —
mort, pour grand nombre de vols commis par effraction et
autrement.
Le 8 avril 1499 (1500, «. ««.) — Jaquzï De le Maladrie
dit Leurin , manouvrier, fils de feu Jehan, natif du Mont
S'-Audebert, est condamné àîétre pendu et étranglé tant qu'il
soit mort , pour trois ou quatre tentatives de viol et pour
plusieurs vols qu'il a commis. — Exécuté le même jour,
à la justice d'Havines.
L9 29 avril 1500. — Jehan Bothu dit Mughet, espen-
nier, fils de feu Jehan, natif de Pecq, est condamné à être
pendu et étranglé tant qu'il soit mort, pour divers vols,
rebellions et désobéissances.
Le 6 juin 1500. — Franchois de Bleckere, âgé de 24
ans, tapissier^ natif d'Audcnarde et Loys Caiiche, natif de
Tournai , ayant le premier tué deux hommes et le second
tué sa femme, sont condamnés «à estre traynnés jusques
» aux grandes portes de ceste halle et au pillory copper
« oudit Gauche le poing du droit brach, pour ledit poing
> mettre audit pillory, pour illccq durer tant qu'il polra, et
» d'illecq menez tous deux à la justice et illecq estre mis
» à mort, en déclarant leurs biens confisquez au prouffit de
» la ville, se aucuns en ont. » — Exécutés le même jour,
à la basse justice hors la porte S»-Martin.
Le ^octobre 1500, Willaume Harnicq, homme marié,
fils de Liévin, natif de Cand, retiré à Tournai pour homicide
par lui commis audit Gand, pour avoir cnfraint la paix de la
ville qui avait été jurée entre lui et Jennon de Nieppe , sa
concubine, en la battant jusqu'à effusion de sang, est con-
— 352 —
damné à mort et exécuté le même jour après-midi , à la
justice d'Havines.
Le 6 novembre ibOO , Oste de Semepart, dit Poliart ,
brasseur, fils de feu Jehan, demeurant à Hussegnies, pays
de Ilainauî, pour avoir, accompagné de plusieurs autres,
fait une tentative de meurtre sur la personne de sire
Mahieu le Menut , prêtre , demeurant en la gailleterie, est
condamné à être pendu et étranglé tant que mort s'ensuive
et ses biens déclarés confisqués. — Exécuté le même jour,
hors la porte St-Martin.
Le 10 décembre 1500, Piérot Chevalier, fils de Blanchart,
est condamné à avoir la tête [tranchée et séparée du corps,
pour violence commise sur une femme et pour avoir com-
mis plusieurs vols. — Exécuté le même jour.
Le 4 mai 1501, Russe Risselincq, fils de France, marche-
teur, natif d'AudenarcIe , est condamné à être pendu et
étranglé tant que mort s'ensuive , pour avoir commis homi-
cide hors la porte Sainte-Fontaine. — Exécuté le même
jour après-midi, au gibet de le planque d'Angy.
ie 17 décembre 1501, Piérart Leroy ^ fils de feu Leurens,
manouvrier, natif de St-Rignier en Ponthieu, et Meslin
Ilanon, fils de feu Loys, parmentier, natif de Blechy près
d'Aire en Artois , sont condamnés à être pendus et étran-
glés tant que mort s'ensuive, pour grand nombre de vols
commis la nuit et par effraction. — Exécutés le même jour
après-midi, à la justice hors la porte St-Martin.
Le 2S octobre 1502, Gérommet du Fourmanoir, dit me
Ghongnc, parmentier, fils de feu Colart , natif de Tonghes
en Hainaut, est condamné à avoir la lêtc tranchée sur le
grand marche, pour divers vols commis par escalade et avec
effraction. — Exécuté le même jour après-midi.
Le \Q novembre 1502, ffiickon Fauscon, soyeur d'hais,
fils de feu Colart, natif de Gccchart, Icz-Abbcville, retiré à
Tournai après avoir commis un homicide à Lille, est con-
damné à être pendu et étranglé, pour avoir tue un nommé
Simon Deffontaines, tavernier. — Exécuté le même jour
après-midi.
Le 2'J mai 1303, Adryen Laurens, faiseur de satins,
natif de Bruges, fils de Jacques, est condamné à être pendu
et étranglé tant que mort s'ensuive, pour homicide commis
sur la personne d'un nommé Gillequin Bidon, cordewanier.
— Adrien Laurens demeurait à Tournai et il était banni de
Bruges où il avait eu le poing coupé pour avoir navré un
officier de cette ville. — Exécuté le même jour après-midi,
à la justice d'Havines.
Le 9 septembre 1505, Mîquelot Descault, tisserand de
draps, fils de feu Jaquemart, est condamné à avoir la tête
tranchée et séparée du corps , pour homicide commis sur la
personne de Huart De le Ilecque, tapissier. — Exécuté le
même jour après-midi, sur un hourt au grand marché.
Xe 18 mai 1504 , Jehan de le Royère est condamné à
avoir la tête tranchée, pour ce qu'ayant été souverain re-
getteur de la ville pendant quatre années consécutives , il
avait mis en compte de son administration plusieurs mar-
chés et grosses sommes de deniers dont jamais rien n'avait
été payé et compté plusieurs autres marchés à plus haut
prix qu'ils avaient coûté, savoir : la l'« année, d'avoir fraude
— 554 —
il 70 livres 16 sols 9 deniers tournois ; la 2« année, 971
livres, 14 sols, 11 d.; la 3« année, 4157 livres 18 sols dix
deniers; la 4« année, 5149 livres, 5 sols 10 deniers tour-
nois. Ledit de Royère avait tellement fraudé la ville que,
durant les quatre années de son administration , il avait
acheté sur la ville quarante -quatre livres de gros de rente
par an, etc. — Exécuté le même jour après-midi , sur un
échafaud au grand marché.
Ze 20 mai 1505, Guillebert Dumarès, manouvrier, natif
de Senghin en la châtellenie de Lille, fils de feu Jehan, de-
meurant à Ilavines, est condamné à être pendu et étranglé
tant que mort s'ensuive , pour avoir commis grand nombre
de vols. — Exécuté le même jour, à la justice hors la porte
St-Martin.
Le 28 mai 1505, Jehan Spînart, manouvrier, natif du
Sartdorle, à deux lieues d'Avesnes, est condamné à avoir la
tète tranchée et séparée du corps, pour avoir traîtreuse-
ment tué dans un bois le nommé Jehan Désir. — Exécuté
le même jour, après-midi, sur un échafaud au grand marché.
Zel9 aoKi 1505, une nommée Anne , demeurant
rue des Corriers, s'étant pendue par désespoir, les prévôts
et jurés font transporter son cadavre auprès de la justice
hors la porte S'-Martin, et là le font lier à une fourche plan-
tée en terre.
Le 16avn7 1507, après Pâques, Jaspar de Clarentals,
parmentier, natif de Gand, fils de Louis, est condamnée
être pendu et étranglé tant que la mort s'ensuive, pour
homicide par lui commis sur la personne de Picrrcquin
Heurycx et pour avoir frappé et navré inhumainement
— 5bb —
Glaudc Jonart, sergent bâtonnier. 11 est de plus condamne
à être traîné sur une cloyc, depuis le pied de la montée de
la halle jusqu'à la porte prime. — Exécuté le même jour,
après-midi, à la basse justice hors la porte S'-Martin.
Ze 1 1 octobre VÔOl, Haquin Florin, hautelisseur et Pas-
quier De le Rue, aussi hautclisscur, sont condamnés à avoir
la tcte tranchée et séparée du corps , pour avoir, après être
entrés de force dans sa maison, battue et mise en péril de
mort la nommée Jchenne Deleuse , fileuse. — Exécutés le
même jour, après-midi, sur un çchafaud au grand marché.
Le 12 novembre 1507, Jaquet du Gardin, maçon, natif
de Douai, fils de Gilles, est condamné à être pendu et
étranglé tant que la mort s'ensuive , pour grand nombre de
vols par lui commis, dont plusieurs par escalade et avec
effraction. — Exécute le même jour, à la justice vers
Havines.
Le 1" janvier 1507 (4 SOS, n. st. ) — Haquînet Meuk-
nairc dit Hennin, poissonnier de douce eau, fils de feu
Melcior, est condamné à être pendu et étranglé tant que la
mort s'ensuive , pour avoir commis 'un grand nombre de
vols. — Exécuté le même jour, après-midi, à lahaulte fles-
che à la justice hors la porte S*-Martin.
Le 18 mars 1507 (loOS, n. st.) — Haquinol Dumorlter^
sayctcur, natif de Lille, fils de feu Jehan, est condamné à
être traîné jusques à la halle des doyens et ensuite pendu et
étranglé tant que la mort s'ensuive , pour avoir, dans un
cabaret d'Esqucrmcs, tué le nommé Jaquet Barbaquennc,
auquel il prit diverses pièces d'argent. Exécuté le même
jour, à la liaultc fleschc, à la juslicc hors la porte S'-Martin,
— 5o6 —
Le 6 juin 1 509, Bertrand Leblin, soyeur d'ais , natif de
Baisieux, est condamné à être pendu et étranglé tant que
mort s'ensuive , pour avoir commis deux homicides , le
premier à Willem en la châtellenie de Lille, et le second au
pays de Ilainaut , et pour avoir de plus commis plusieurs
vols. — Exécuté le même jour, à la justice vers Havines.
Jl<e Ib juin 1509, WHlem Lecocq , vigneron, fils de feu
Jehan, est condamné à être pendu et étranglé tant qu'il
soit mort, pour avoir commis plusieurs vols et pour avoir
de plus, malgré la paix de la ville qu'il avait jurée à Bar-
hctte de le Forge, fille de Grard, battu cette dernière et
l'aurait tuée s'il n'en avait été empêché. — Exécuté le même
jour, à la justice au lieu de le planque d'Angy.
Le 22 juin 4509, Ghislain Broustin^ soyeur d'ais etma-
nouvrier, natif de Nommain, est condamné à être traîné sur
une cloye jusques à la halle des doyens et ensuite pendu et
étranglé tant que mort s'ensuive, pour homicide par lui
commis sur la personne de Jaquct Buscaille et pour avoir
donné des coups à sang coulant à diverses personnes. —
Exécuté le même jour, à la justice de la haulte flèche hors la
porte S'-Martin.
Le 21 y«î7(eH509, Henry Hovart, telier et revendeur
de biens meubles, fils de Jehan, est condamné à estre ars et
brûlé à une estacque tant qu'il soit mort et son corps con-
verti en cendres, pour crimes contre nature. — Exécu'c
le même jour, après-midi, auprès de la justice hors la porte
»-Martin.
Le 8 septembre 1509, Jehan Delehaye, sayelcur , nalif
de Valcncicnncs , fils de feu Loys, domicilié à Tournai
— 357 —
depuis environ 9 mois , est condamné à avoir la tête tran-
chée et séparée du corps, pour homicide commis sur la per-
sonne de Colart Nutin, tavernier. — Exécuté le même jour^
sur un échafaud au grand marché.
Le 28 Septembre 1509, Jehan Cornette dit Hottin , ma-
nouvrier, fils de feu Simon, natif de Bersées en Pevèle, est
condamné à être traîné sur une cloye jusqucs à la halle des
doyens, et ensuite pendu et étranglé tant qu'il soit mort,
pour avoir commis homicide sur la personne d'un compa-
gnon à cheval , avoir pris tout l'argent qui se trouvait sur
ledit compagnon et être l'auteur de grand nombre de vols.
— Exécuté le même jour, à la basse justice hors la porte
S*-Martin.
Le 9 février 1509 (iolO, n. st.). — Géromme L argentier ,
caucheteur , natif de Tournai , est condamné à être pendu
et étranglé tant que mort s'ensuive, pour grand nombre de
vols commis dans les églises. — Exécuté le même jour,
après-midi, à la justice de la haute flèche hors la porte
S'-Martin.
ZeSS wiarsl509 (1510, n. st.). Arnoul FiVam , hautelis-
seur, fils de feu Jehan, est condamné à être ars et brûlé à
une estacque et consumé en cendres tant que mort s'ensuive,
pour crime de sodomie. — Exécuté le même jour , après-
midi, à Injustice hors la porte S'-Martin.
Le 29 (fw même mois, Nicaisc Lcgrant, fils de feu Nicaise;
Colart Lebrun, fils de feu Colart ctJehan Delebée dit Grant
Jehan, tous trois bonnetiers, sont condamnés à être ars et
brûlés à une estacque tant qu'ils soient morts et leurs corps
45
— 558 —
convertis en cendres , pour le même crime de sodomie. —
Exécutés le même jour, à la justice hors la porte S'-Martin.
Le 21 juin 1 310 , Ifaquinot Dubus, manouvrier et bou-
vier, fils de feu Jehan, est condamné à être ars et brûlé,
comme les précédents, pour ledit crime. — Exécuté le même
jour, à la justice du happart hors la porte S'-Martin.
Le iô nove^nbre liilO, Jehan Sohier, sayetcur et retor-
deur de fil, natif de Valenciennes, est condamné à être pendu
et étranglé tant qu'il soit mort et ses biens déclarés conQs-
qués, pour grand nombre de vols commis, tant dans les égli-
ses que dehors , joint sa mauvaise vie et renommée. — Exé-
cuté le même jour, après-midi, à la justice hors la porte
S'-Martin.
Le {"juillet 1511, Henry Dumolin, caucheteur , natif
de Saint Florent de Roye, fils de feu Colinet, est condamné
à être pendu et étranglé tant que mort s'ensuive, pour
divers vols commis par effraction. Dumolin avait déjà été
battu de verges en la ville d'Arras et banni du royaume de
France. — Exécuté le même jour, à la justice lez-Havines.
Le 26 mars Ibll (1512, «. st.) — Simon Biecquereau dit
petit paiuj sayeteur, natif de Mons en Hainaut, fils de feu
Arnoul, est condamné h être pendu et étranglé tant que
mort s'ensuive, pour plusieurs homicides par lui commis,
entr'autres sur la personne de Jaquemart Cousin, par ma-
nière de meurtre et trahison. — Exécuté le même jour,
après-midi, à la justice près d'Havines.
Le 21 mai 1513, Martin Taverne, brasseur, fils de feu
Antoine, demeurant es faubourgs de la ville de Condé en
— 5S9 —
Ilainaut, est condamné à avoir la lète tranchée et séparée du
corps, pour avoir, étant étranger, navré traîtreusement et
sans motif raisonnable, Henri Vallois, sujet de cette ville.
Exécuté le même jour, sur un échafaud au grand marché.
Ze 4 novembre llilô, Jehati Deleplanque, sergent royal
des bailliages de Tournai et Tournaisis, est condamné à
avoir la tète tranchée et séparée du corps, pour homicide
commis sur la personne de llaquinot Leclcrc, varlet, —
Exécuté ledit jour, sur un échafaud au grand marché.
Le 12 du même mois, Adrien Leroy, savetier, natif de
Tournai, fils de feu Jaquemart; Oste Carpentier, clauweteur,
natif du Sauchoy lez-Tournai, elJosse Troes, cachcmarée,
demeurant à Chuchotte à une lieue de Blanquenberg, sont
condamnés à avoir la tctc tranchée, les deux premiers pour
avoir, le 18 Sept, dernier, que lors le siège était devant cette
ville, voulu émouvoir le peuple en accusant les gens de loi de
traîtres, notamment ledit Leroy en criant quand on les
menait prisonniers : « Messieurs, esmouvez-vous, c'est pour
« vous que je vay morir, nous sommes tous trahis, le
«: grand prevost est trahitrc, je les nommeray tous, vous
<i estes tous trahitrez, se vous ne me aydicz. « Le troisième,
pour avoir commis homicide volontaire sur la personne de
Coppin Noppe. — Exécutes le même jour, après-midi, sur
un hourt au grand marché.
Le ôl juillet 1514, Marie Tavernier, femme d'Adrien
Schietas, tapissier, demeurant hors la porte DeleVingne, est
condamné à être traînée depuis la halle des prévôts et jurés
jusqu'à celle des doyens, et de là, sur une charrette, menée
à la justice hors la porte S'-Martin et illcc liée à une eslaque
et arse et brûlée tant qu'elle soit morte, pour crime d'in-
— 560 —
fanticide. — Ce jugement est mis à exécution le même
jour après-midi.
Le 12 abùt 1514, Olivier le Blayeur dit Coulette, manou-
Trier, est condamné à être pendu et étranglé tant que mort
s'ensuive, pour grand nombre de vols par lui commis en
compagnie de Wallerand Blayeur, son fils, exécuté à mort
par la justice de Wasnon. — Exécuté le même jour, après-
midi, à la justice lez-Havinnes.
Le 20 novembre lbl4, France Brunel dit Lanerj-e, fou-
lon de draps, natif dcBaillœul en Flandres, est condamné à
être pendu et étranglé tant que la mort s'ensuive, pour grand
nombre de vols commis de nuit et par effraction. —
Exécuté le même jour, après-midi, à la justice hors la porte
S'-Martin.
Ze31 décembre 1514, Jehan Lion, bonnetier etJehenne
Gabry, sa femme, ayant été trouvés noyés dans un puits et
les chirurgiens ayant constaté, par l'inspection des cada-
\Tes, qu'ils s'y étaient jetés volontairement, les prévôts et
jurés font mettre les corps morts sur un bancl, les mener
aux champs auprès de la justice hors la porte S'-Martin et
les lier à une fourche plantée en terre.
Le 23 mai loi S, Jehan de Tierpont dit Rose, tapissier,
natif des faubourgs de la ville d'Audenarde, fils de feu
Michel, demeurant à Tournai depuis plus de 20 ans, est
condamné à avoir la tête tranchée et séparée du corps, pour
avoir commis homicide sur la personne de Jehan Delepicrre,
aussi tapissier. — Exécuté le même jour, après-midi, sur un
échafaud au grand marché.
— 361 —
Le 19 scpkmbre l^il5, Florent. Claîs, homme marié,
tapissier, natif de Bruxelles, est condamne à avoir la tctc
tranchée et séparée du corps, pour avoir commis homicide
sur la personne de Catlicrinc Lecocq, sa concubine. —
Exécuté le même jour, après-midi, sur un échafaud au grand
marché.
Le\o mars lîilb (1516, n. st.) — Jehan Lejosmàit Petit
Jean, se mêlant de médecine, natif de Paris, est condamné
à être pendu et étranglé tant que la mort s'ensuive, pour
grand nombre de vols commis dans les églises et ailleurs. —
Exécuté le même jour, après-midi, à la justice hors la porte
S'-Martin.
Le 29 mars loi 6, après Pâques, Jehan Leblancq,^ foulon
de bonnets, natif de Blandain , fils de feu Russe, est con-
damné à avoir la tête tranchée et séparée du corps, pour
avoir, d'un coup de couteau, tuéHaquinot de la Derière, sur
la place S*-Pierre. — Exécuté le même jour, après-midi,
sur un échafaud au grand marché.
Le 8 mai 1516, Iluchon du Rieu , brasseur, natif de S'-
Adricn de Grantmont, fils de Gilles, est condamne h avoir
la tête tranchée et séparée du corps, pour homicide commis
sur la personne de Willaume Bourgois, taillandier. — Exé-
cuté comme le précédent.
Le 2 octobre , Piètre le Cacheur , savetier , natif d'Aude-
narde, est condamné à avoir la tête tranchée et séparée du
corps , pour homicide commis sur la personne de Jaquet
Goulan. — Exécute comme le précédent , le même jour ,
après-midi.
— 562 —
Le 24 octobre 1d16, Jehan Diiprel dit Pioleur , manou-
vrier , natif d'Escanaflles , fils de Bauduin , est condamné à
être pendu et étranglé tant qu'il soit mort, pour grand nom-
bre de vols et tentative 'de viol. — Exécuté le même jour,
après-midi, à la justice lez-Havinnes.
Le 6 février 1316 (1317, n. st.). — Jaquet Blondel, bou-
cher, natif de Cambrai , fils de feu Jehan ^ est condamné à
avoir la tête tranchée et séparée du corps, pour homicide
sur la personne de Loys Ghienin. — Exécuté le même
jour, après-midi, sur un échafaud au grand marché.
Le 10 septembre Ibll ^ Jehan Thiébault , manouvrier ,
fils de Melchior, est condamné à être pendu et étranglé tant
qu'il soit mort, pour grand nombre de vols par lui commis
à l'aide d'escalade et par effraction , notamment plusieurs
chez un nommé Jehan de le Rue , demeurant à Baisieu ,
son parent. — Exécuté le même jour, après-midi, à la jus-
tice Icz-Havinnes.
Le ôO septembre \o\7, Guillaume i^rres^we/, brasseur, dit
le Picart ramonnier ou Ghuighcrlot, natif de Morantwault ,
lez-Compiègne, est condamné à être pendu et étranglé tant
qu'il soit mort, pour grand nombre de vols par lui commis
de nuit , par effraction et rompture. — Exécuté le même
jour, après-midi, à la justice hors la porte S'-Martin.
le 18 novembre 1517 , Henry Barbelen dit Goethertc ,
tapissier, natif de Bruxelles , fils de feu Jehan , qui s'était
réfugié à Tournai pour cause de deux homicides qu'il avait
commis à Bruxelles, est condamné à être traîne depuis les
pieds des montées de la halle du conseil de cette ville jus-
ques à la halle des doyens, et de là mené à la justice de la
— 363 —
ville, pour y être pendu et étranglé tant que mort s'ensuive,
parce qu'il a été convaincu que l'un des deux homicides
commis à Bruxelles a été perpétré traîtreusement et de vilain
fait, etqu'il a été reconnu être l'auteur de plusieurs vols. —
Exécuté le même jour, après-midi, hors la porte S*-Martin.
Le 27 mai 1518, Colart Delepîache dit le Magre, reven-
deur de boire , natif de Wazemmes lez-Lille et Haqiiinot
Katoire dit Vcrlye, fils de feu Jehan, sont condamnés à être
pendus et étranglés tant qu'ils soient morts, pour avoir mis
volontairement le feu à une maison, par haine qu'il portait
au propriétaire, de manière que cette maison et plusieurs
voisines furent entièrement consumées. — Exécutés le
même jour, après-midi, à la justice Deleplanque d'Angy.
Le^Sjuin, Cornilk Swoecks, machon, fils de Gilles, natif
de Grantmont, est condamné à avoir la tête tranchée et sé-
parée du corps, pour homicide commis sur la personne de
Haquinot Lesur. Swoecks était réfugié à Tournai pour un
autre homicide qu'il avait commis à Hardoye lez-Courtrai. —
Exécuté le même jour, après-midi , sur un échafaud au
grand marché.
Le 21 octohreiMS, un nommé Bastien Hermez, cuisinier,
natif de Marchiennes, s'étant, par désespoir, pendu en une
maison de la rue Dame Odile Aletacque, les prévôts et jurés
font transporter son cadavre aux champs près de la justice
d'IIavinnes et là le font lier à une fourche plantée en terre.
Ze23 mai 1519, Jehan Delepierre, wagnier, demeurant
aux froides parois (1), natif de Bruxelles, fils de feu Piètre,
(\J Froides parois, hôpital des lépreux situé au faubourg du Châ-
teau, aujourd'hui le cabaret enseigné le Crampon,
— 364 —
ayant par haine, à cause d'une femme qu'ils fréquentaient
tous deux, frappé d'un couteau Piètre Delepierre, son cou-
sin sous-germain, de laquelle blessure il était mort, est
condamné à être pendu et étranglé tant qu'il soit mort. —
Exécuté le même jour, après-midi, à la justice de le planque
d'Angy.
Le 28 mars 1519, avant Pâques, Jehan Pisson dit Petit
Jan, peigneur de sayclte, natif de Roucourt lez-Péronne,
fils de feu Jehan, est condamné à avoir la tète tranchée et
séparée du corps, pour avoir commis homicide sur la per-
sonne de Jehan Fauvarque. — Exécuté le même jour, après-
midi, sur un hourt au grand marché.
Le 8 mars 1520 (1S21, n. st.), Vaspasieii de le Slarlière,
corbilleur, natif de Saulsoit lez-Haspre, est condamné à
être pendu et étranglé tant qu'il soit mort, pour grand
nombre de vols commis de nuit, tant par rompture de
maisons qu'autrement, en menaçant de mort. — Exécuté
le même jour, après-midi, à la justice hors la porte S'-Mar-
tin, au lieu nommé le happart, à la haulte flesche.
Le 18 septembre 1521, Haquin Wantier, bouvier, fils de
feu Jehan, natif de Gibecq lez-Ghilenghien en Hainaut, est
condamné à être attaché à une estacquc et y être ars, brûlé
et consumé en cendres tant qu'il soit mort, pour crime de
sodomie. — Exécuté le même jour, après-midi, aux prés
porchins, hors la porte S'«-Fontaine.
Le 7 mai 1 524, Piérart Dufief, sayeteur, natif et demeu-
rant en la ville de Lille, est condamné à avoir la tête tran-
chée sur un hourt au grand marché de Tournai, pour avoir
tué sa femme, nommée Catherine Willant, dont il était se-
— 365 —
paré depuis sept ans et qu'il avait épousée il y a treize ans.
Ce meurtre a été commis hors la porte S*«-Fontaine. —
Exécuté le même jour, après-midi.
Ze 4 avril 1524 (1S25, n. st.) — Pierre de Qtiarmont,
wantier, natif de Renty en Artois; Henry de Lesduse, dit
Hennequin, navieur, natif de le Gorghc lez-Lille; Quintin
de Larbre dit Malfoutant, manouvrier, natif de Noefville
Saint-Vaast lez-Arras; Haquinol Bertran, natif de Flincs
lez-Douai ; Eslienne Bourlet dit le Bcude , retordeur de
sayette, natif de Buvry lez-Orcliies et Colart La ffineu)^ dit
le Camus , sont condamnés à être pendus et étrangles tant
qu'ils soient morts, pour grand nombre de vols commis de
nuit, tant dans les églises qu'autrement. — Exécutés le
même jour, après-midi, hors la porte S*-Martin.
Le 7 septembre 1525, Benoît Churle dit le Curet, natif de
Montrœil, au pays de Bresse, à 5 lieues de Lyon, est con-
damné à avoir la tête tranchée et séparée du corps, pour
avoir mis en cours, par grand nombre de fois, en compli-
cité de sa ferarae^ différentes pièces de fausse monnaie,
entr'autres des patars blanchis. — Exécuté le même jour,
après-midi, sur un hourt au grand marché.
LeSiMors 1525 (1520, n. st.) Mkhiel Falourdel, natif de
Rouen, fds de Nicolas, est condamné à avoir la tète tran-
chée et séparée du corps, pour homicide commis sur la
personne de Jehan Dupont. — Exécuté le même jour, après-
midi, sur un hourt au grand marché.
Le 27 mai 1528, Qiienot Ctiquelier, laboureur, natif de
Kain, fils bâtard de Cornilles, est condamné à être pendu et
46
— 3C6 —
étranglé tant qu'il soit mort, pour violence faite sur une
fille et pour avoir commis plusieurs vols de nuit et par
effraction , chez son père et chez sa tante.
Le même jour, Pierre Barbier, dit Lcclerc, fils de feu
Jacques, maçon , natif de Louvegnies près de Bavai en Hai-
naut, est aussi condamné à être pendu et étrangle, pour
grand nombre de vols commis de nuit et par effraction. —
Exécutés ledit jour, après-midi, à la basse justice hors la
porte S*-Martin.
» Veu le teneur et contenu de le sentence, le jourd'hui
:> pronunchée à la court espiritueîle de ceste ville et cité de
> Tournav, par les oflîcicrs de Révérend père en Dieu Mons^
» l'évcsque de ceste dite ville et cité et les inquisiteurs de
» nostre foy calholicque, déléguiez par nostre saint Père le
« Pape, à rencontre de frère Henri de Westphalia alias
» Henricy, prebtre , natif de Cîeves, par cydevant de l'or-
» dre de mons'" Saint-Augustin et de la religion de sainte
■» Croix et depuis maryé, de longtemps détenu prisonnier
)» en iceilc court espiritueîle, et comment, par ladite sen-
)) tence, il est déclaré héréticque, scimaticquc et apostat et
» comme tel il a esté mis sur ung hourt ou grand marchié de
» ceste ville, devant Ichallcdcs draps, où il a estépreschié
» et dégradé de son honneur sacerdotal et de tout ordre ec-
» clésiasticque et clérical, commeil appartient, etledélaissié
)> es mains de la justice laye pour en faire ce qu'il appar-
» tiendra. Et ce fait, nous bailly, lieutenant général, con-
« seillers et officiers de l'empereur nostre sire es bailliages
)i de Tournay et Tournésiz, et nous prévostz, jurez et con-
» seil de ladite ville, par traitlié et accord entre nous fait
» ensemble, pour le cas présent seulement et sans préjudice
« d'aucunes des dites parties ne de leurs jurisdictions,
— 5G7 —
» avons, par main commune, fait saisir ledit frère Henry de
1» Wcsiphalia, le fait amener par devant nous et lui déclaré
» que, veu qu'il est pronunchié licréticquect comme tel il a
i> esté cschaffauldé, preschié et dégradé, qu'il est encourru
» en la peine de mort. Parquoy avons ordonné qu'il sera mis
)» sur une carrelle, mené aux prez porcliins au dehors de
j) le porte Sainte-Fontaine de cesle dicte ville, où il sera
» loyé h une cstacque et illecq ars et bruîé tant qu'il soit
» mort et consummé en cendres et tous ses biens avoir esté
)i confisquiez. Et sera ladite sentence mise à exécution le
» jourd'huy, à deux heures de l'après-disner, au lieu dessus-
'• dit. Laquelle sentence fut passée par lesdits officiers de
i> l'empereur nostre sire et lesdils prévostz et jurez en
1» asscns, lelundyxuj*^ jour de jullet Tan mil cincq cens
i> vingt-huit. Et prestement, par leur ordonnance, ladite
» sentence fut publyée aux bretesques de ladite ville, en le
» dénunchant au peuple d'icelle ville. Et ce fait, ledit jour
;> dcl après diiner, lesdis prévostz et jurez, es présences des
» dis officiers de l'empereur, firent mener ledit frère Henry,
)» en leurs présences, audit lieu des prez porchins, où ladite
1) ordonnance et sentence fut mise à exécution selon sa
)» forme et teneur. Lequel frère Henry, pour advertissc-
» ments, pryères et requestes qui lui furent faicles jusquos
» à son derrenier supplice par pluiseurs seigneurs d'église,
» tant de l'ordre mendiant que autres, ne se volt confesser
a ne messes requérir, mais demoura en son erreur, sy qu'il
)i pooit apparroir par ses parolles et maintieng. Et ce fait,
)> toutes les cendres venans de tout son corps furent portez
» et jetiez en la rivière d'Escault. »
Le 7 odobre \l)'-2S, Pierchon de Raincheval OAt Larme,
monnier, filsde Claude, natif de Sailly près de Cambrai, est
condamné h être pendu et étranglé tant qu'il soit mort,
— 368 —
pour grand nombre de vols commis de nuit et par effrac-
tion, avec menaces de mort. — Exécuté le même jour,
après-midi, à la justice hors la porte S'-Martin.
Le io octobre 1328, Haquinot Bouchard, manouvriev,
dit noire bende, natif de Bouvignies lez-Orchies, fils de
Pasquier, est condamné à être pendu et étranglé tant qu'il
soit mort, pour grand nombre de vols par lui commis avec
menaces de mort. — Exécuté le même jour, après-midi, à
la justice lez-Havines.
(Les registres ne mentionnent aucune condamnation de
1528 à 1541.)
Le 11 mai 1541, Michel Mallel dit Noël, alias Laveugle,
merchier, demeurant à Boyaval lez-Perué, et Jehan de Fluy,
aussi merchier, natif du Bacq à Dours lez-Amiens , sont
condamnés à être pendus et étranglés tant qu'ils soient
morts, pour grand nombre de vols commis de nuit et de
jour, par escalade et effraction. — Exécutés le môme jour,
après-midi, à la justice d'Havines.
Le 18 moi 1541, Gillechon Dubon dit Menytalle, fils de
feu Pierre, natif de S'-Fiacre en Brye, est condamné à être
pendu et étranglé tant que la mort s'ensuive, pour rupture
d'un ban de tous jours. — Exécuté le même jour, à la jus-
tice du Happart hors la porte S*-Martin.
Le 16 juillet 1541, Jehan Desprez dit Hacquelet, haute-
lisseur, natif de Péruwelz (Hainaut), est condamné à avoir
la tête tranchée, pour hérésie, notamment pour avoir dit
«t que ce n'estoit riens de la messe et que ce n'estoit que
» habusion et que Dieu ne l'avoit ordonné, ains que les
> prebtres les avoient ordonné pour avoir argent, qu'on
— 3G9 —
'« ne faisoit gucres de bien de aller à la messe et qu'il valloit
i> autant de aller aux champs contre une hayc prycr Dieu
» que de aller à la messe, et (jue quand le prebtrc célébroit
» la messe que ce n'estoit que ung peu de patte en ses
» mains. » Il avait aussi dit « qu'il n'estoit point de pur-
» gatoirc et que l'âme estoit tout en ung cop saulvée ou
)» dampncc, que quand on scrvoit les saincts, que Dieu en
)» estoit jaloux et qu'il valloit autant de demourcr en sa
» maison que de faire des pelrinaigcs; que ce n'estoit riens
» de l'eauwe bénite, non plus que de bouter son doy en une
D quesne. n — Exécuté le même jour, sur un échaffaud au
t grand marché.
Le IS septembre 1341, Edouard Carro7i dit cauchonnette,
natif de S'-Omer, fils de Jehan, vendeur de fruits, demeu-
rant à Warneton, est condamné à être pendu et étranglé
tant que mort s'ensuive, pour grand nombre de vols
commis avec circonstances aggravantes. — Exécuté le
même jour, à la justice de le planque d'Angy.
Le 17 octobre l^ii , Grégoire Vienne dit GhoUc, fils de
feu Willot dit le mauvais carlier, natif de Roncq, est con-
damné à être pendu et étranglé au gibet d'Havines, tant que
mort s'ensuive, pour les mêmes motifs que le précédent.
Le 18 novembre 1341, Simon Delebarre dit le Roux, fils
d'Antoine, est condamné à avoir la tête tranchée sur un
échafaud au grand marché, pour viol et larcins. — Exé-
cuté le même jour.
Le 8 mars 1541 avant Pâques (15i2, n. st.). — Jehan
Duques7ie, sayeteur, fils de feu Philippart, natif de Tour-
nai, est condamné à être pendu et étranglé à la justice du
— 370 —
happart, tant que mort s'ensuive, pour grand nombre de
vols par lui commis. — Exécuté ledit jour.
Le 9 mars 1341 (loi2, n. si.) — Jacques 3Iouchon, ta-
vernier de Keute et cordewanier, convaincu du crime de
sodomie, « est condamné à être mis et attaché à une estac-
I» que et illec bruslé et consumraé en cendres aux prêts
j> porchains, et ses biens déclarés confisqués » — Exécuté
ledit jour.
Le \d mars 1541 (lo42, n. st.) — Magdelaine de Rocque,
femme de Jacques Ducroq, bonnetier, est condamnée à
être pendue et étranglée par la gorge tant que mort s'en-
suive, pour avoir commis grand nombre de vols. Elle avait
précédemment été fustigée â Lille, ensuite à Armentières,
puis l'oreille dexlre coupée. — Exécutée le même jour, à la
justice du happart.
Ze 14 juin 1342, Dominique le Gillon, peigneur de
sayctte, natif de Magnuy lez S'-Pol, est condamné à avoir la
tête tranchée sur un échafaud au grand marché de la ville,
et ensuite sa tête mise sur une estacque à la justice du hap-
part, pour II avoir erré cl habusé en la sainte foy catho-
« lique, ensemble contre les constitutions de l'église en
M communiquant, a dit et déclaré publiquement, présent
» plusieurs, que la messe n'estoit riens et que la saincte
» hostie sacrée que tient le prebtrc entre ses mains après
» la parlation des mots sacramcntez, n'estoit qu'une pièchc
1» de pain ou riens ; aussy auroil proféré aultres parolles
» contre l'intègreté et pureté de la bcnoitc vierge Marie et
» contre les saincts et sainctes de paradis, en blasphémant
» énormément contre l'honneur et révérence d'iceulx, et aul-
» très cas plus ou moins contenus en son procès criminel. n
— 371 —
Le 22 novembre 1542, Marguerite Noël, fcmmo de Henri
Rcgnart, est condamnée à être attachée à une estacquc et
par après arse par feu, auprès de la justice du happart, pour
avoir empoisonné Aliénor Regnart, sa belIc-sœur. — Exé-
cutée ledit jour après-midi.
Le 50 mars loiô, Colin Lepoitlre dit le filz de le cler-
gcssc, est condamné à être pendu et étranglé tant que mort
s'ensuive, pour rupture de ban accompagnée de plusieurs
vols. — Exécuté le même jour, à la justice d'Havines.
Le 5 décembre 1545, Jacques Delehaye, hautelisseur,
natif de Mous en Barroy Icz-Lille, dit le dent de Lille, et
Guillaume Walivois, escrigner, natif de Haspre, sont con-
damnés à avoir la tête tranchée sur un échafaud au grand
marché, pour rapt et violence commise sur une jeune fille.
— Exécutés le même jour.
Le 3 avril l'J45 avant Pâques (11)44, n, st.) — Pierre de
Lanoj, manouvrier et berger, natif de Ilabar lez-Arras, est
condamne à être pendu et étranglé à la justice d'Havines,
pour avoir commis grand nombre de vols. ( On voit
qu'avant sa condamnation et durant son emprisonnement, il
a tenté deux fois de se donner la mort par strangulation,
mais la première fois, le poids de son corps fit casser le
loxjen d'estrain qu^il avoit misàson haterel, et la seconde fois,
il en fut empêché par un compagnon de captivité. ) —
Exécuté le même jour.
Le \0 du même mois, Martin Lyon, sayeteur, natif de
Hesdin, et Jehan du Maisny, aussi sayelcur, natif de Mons,
sont condamnés à être pendus et étranglés à une potence
— 372 —
sur les folais, pour divers vols, vagabondage, blasphè-
mes, etc. — Exécutés le même jour.
Le 15 septembre 1S44, Philippe Hermès, hautclisseur,
fds de feu Josué, est condamné à avoir la tète tranchée et
séparée du corps, sur un échafaud, au grandmarché, pour
rupture d'un ban de toujours auquel il avait été condamné
pour avoir commis un meurtre sur la personne de Nicolas
Picquoy. — Exécuté le même jour.
Le oO janvier 1544 (1345, n. st.) Arnoult Estalluffret dit
Myoche, hautclisseur, est condamné à être brûlé et consumé
en cendres sur le grand marché de la ville, pour hérésie et
avoir « soustenu en sa maison conventicuUcs, en y souflfrant
ï preschier certain personnaige, à présent prisonnier, cstanj
j> de la secte héréticque et réprouvée, en ayant par plui-
51 sieurs fois oys ses prédications et exhortations en plui-
n seurs lieux de ladite vilîe, et d'un maulvais et héréticqne
)t coraige et demeurant pertinach en icclluy, erré et habusé
)) contre le S* Sacrement de l'hostcl, ayant soustenu exé-
5» érables, détestables, erronnées et faulses proppositions,
» aussy en la S'« foy calholicque, ensemble contre les cons-
» lilutions et commandemens de nostrc mère S'" église et
î) la puissance d'icelle, etc. » — Exécuté le même jour après-
midi.
Le dO ja7îvîer 1544 (1545, n. st.) — Jehan de Bargihant,
hautclisseur, est condamne à être exécuté par l'épée tant
que mort s'ensuive, sur le grand marché de la ville, et ses
biens déclarés confisqués, pour hérésie. — Exécuté le même
jour, après-midi.
leô jmivier 1544 (1445, ??. st.) — Roland de Grimau-
— 375 —
ponty sayctcur, est condamné à être exécuté par l'épée, en lui
séparant la tête du corps, sur le grand marché de la ville,
également pour hérésie. —Exécuté le même jour, après-midi.
Le 19 /euncr 1544 (1545, 7». st.] — Pierre Bruslay^ natif
deMarsil-Haul-Terre, commune à six lieues de Luxembourg,
naguères demeurant à Strasbourg , marié pour la seconde
fois, est condamné à « estre atachié à une estacque sur le
» grand marchié et illecq estre bruslé et consummé en
» cendres, pour estre venu, de propos délibéré, de ladite
■ ville de Strasbourg es pays de par decha, à intention de
» suborner et séduire les bons, povres et simples chres-
» tiens, à perverse doctrine, et sievant ce auroit preschié,
» traictié et disputlé de ses mauldites et perverses doctrines
)> et réprouvées, tant en pluiseurs maisons de ceste dite ville
» et cité que es villes de Lille, Valenchiennes et ailleurs, et
» d'un mauvaix et hérétique coraige et demorant pertinach
n en icelluy, erré et habusé contre le S' Sacrement de l'au-
» tel et de la messe, ayant aussy soustenu exécrables, détes-
» tables, erronnécs etfaulses proppositions, etc. — Exécuté
le même jour, après-midi, sur un hourt.
Le 23 février même année, Jacques Deletombe, coustu-
rier, natif de Roubaix, est condamné à être exécuté par
l'épée, en lui séparant la tête du corps, sur le grand marché
de la ville, pour avoir tenu chez lui certaine assemblée de
gens qui y venaient entendre les prédications de certain
personnage de la secte hérétique. — Exécuté le même jour,
après-midi.
Le même jour, Marie Delepierre, femme dudit Jacques
Deletombe, est condamnée à être exécutée par la fosse tant
que mort s'en ensuive, sur le grand marché de la ville, pour
le même cas. — Exéculcc le même jour, après-midi.
47
— 374 —
le 25 mars 1544 (1545, n. st.) — Jehan Martin, fiis de
Tassart, bonnetier, demeurant en la rue de Paris, ayant été
trouvé pendu dans son grenier, les prévôts et jurés délais-
sent le corps du défunt es mains de son père pour le mettre
en terre sainte, attendu qu'il a été reconnu que ledit Jehan
Martin était insensé et débile d'entendement.
Le 7 avril 1543 aroMÏ Pâques (lo4G, n. si.) — Simon
Bryet, natif de S'-Ghislain, tondeur de grand forches et
Philippo Desmaistres, aussi tondeur de grand forches,
ayant été trouvés morts sur le pouvoir de la cité, les pré-
vôts et jurés déclarent les biens des défunts conCsqués au
profit de la ville, attendu qu'il a été constaté qu'après une
dispute, ils s'étaient frappés de leurs couteaux de telle sorte
qu'ils seraient morts sur le champ, sans pouvoir être conju-
jurés par loi.
Le oO juin \ 546, Quintin Fleurait le flameng, alias Lollin,
nalif de Chielle en Ilaynaut, est condamné à être pendu et
étranglé à la justice de le planque d'Angy, pour divers vols
commis avec circonstances aggravantes. — Exécuté le
même jour, après-midi.
Le ^i décembre 1546, Quintin Thièry, natif d'Ath, est
condamné « à estrc atachié à une estaque sur ung hourt ,
» sur le grand marchié de la ville et illecq estre bruslé et
» consummé en cendres, pour hérésie, n — Exécuté ledit
jour, après-midi.
Le niêmejour^ Jehan Lecomte, sayelcur , natif d'Arras,
est condamné à être exécuté par l'cpée en lui séparant la
tète du corps, aussi pour hérésie. — Exécuté ledit jour,
après-midi.
— d7l) —
Le 8 janvier 1546 (1547, n. si.) — Jacques Delemotlc,
dit Pottcau, hautclisscur, natif de Tournai, est condamné à
avoir la tête tranchée sur un échafaud, pour hérésie. —
Exécuté le même jour, après-midi.
Le i9 janvier 1546 (1547, n. si.). — Jehan Hughot, cor-
dewanier, natif d'Arras, est condamné à être exécuté par
l'épée en lui séparant la tctc du corps, aussi pour hérésie.
— Exécuté ledit jour, après-midi.
Le mêinejour^ même condamnation à charge de Nicolas
Scrabe dit Magret, escrignier, natif de Tournai.
Le IG septembre 1547, Gèromme Donnel, bonnetier, fils
de feu Libcrt, est condamné à être étranglé et bruslé à une
estacque sur le grand marché, pour avoir empoisonné sa
première femme et tenté d'empoisonner sa femme ac-
tuelle. — Exécuté le même jour, après-midi.
Le 25 avril 1548, Cornille Delerue, corbilleur, dit le Roy
des fussys, est condamné à être pendu et étranglé à la
justice du happart hors la porte S*-Martin, pour grand
nombre de vols. Il avait précédemment eu la langue percée
d'un fer chaud, pour jurements exécrables, et condamné à
un bannissement de dix ans. — Exécuté le même jour,
après-midi.
Le 2\ juin IMS, Jacques Desplancques, filletier, natif
de Melle en Ilainaut et Jennin dele Caulchie, sayeteur,
natif d'.\miens, sont condamnés à être pendus et étranglés
à une potence aux folais et leurs biens déclarés confisqués,
pour divers crimes et larcins commis de jour et de nuit. —
Exécutés le même jour, après-midi.
— 376 —
Le 19 Septembre IbiS, Drixet Daigremont, sayeteur, natif
de Melle, est condamné à avoir la tête tranchée et séparée
du corps sur un échafaud, pour meurtre commis en la per-
sonne de Jehan Dubois, sergent bâtonnier. — Exécuté le
même jour, après-midi.
Le 9 janvier lSi8 (1S49, n. st.) — Jehan de Courchelles
dit Darras, natif d'Arras, est condamné à avoir la tête
tranchée sur un échafaud, pour viol et pour divers larcins.
— Exécuté le même jour, après-midi, sur le grand marché.
Le 2S j Min 1549, Jacques Robette, hautelisseur, fils de
Jacques, âgé d'environ 20 ans, s'étant pendu dans le gre-
nier de la maison de son père, les prévôts et jurés font
transporter son cadavre aux champs, auprès de la justice de
le planque d'Angy et là le font lier à une fourche plantée
en terre.
Le 50 sept. 1549, Hubert Désirée dit l'enffant de le
grange, alias Jehan Ponchain, natif de Seclin, est condamné
à avoir la tête tranchée et séparée du corps sur un écha-
faud au grand marché, pour rupture d'un ban de tousjours
auquel il avait été condamné le 24 août 1 547, pour homi-
cide. — Exécuté le même jour, après-midi.
Le ^6 octobre 1549, Michiel Destoubequin, couturier,
natif de Froyasne lez-Tournai, est condamné à être brûlé
vif et consumé en cendres sur un échafaud au grand mar-
ché, pour hérésie et pour avoir écrit plusieurs livres dé-
fendus qui ont été saisis dans sa chambre. — Exécuté le
même jour, après-midi.
Le 17 mars 1549 (1550, n. st.) — Petit Jehan Cocquel
le josne, foulon de bonnets, natif de Lille, est condamné à
— 377 —
avoir la tèle tranchée et séparée du corps sur un éehafaud
au grand marché de la ville, pour rupture d'un ban de
tousjours auquel il avait été condamné le 7 mars 1546
(1547 n. st.), pour homicide commis sur la personne d'An-
drien de Buyre, cordewanier. — Exécuté le même jour,
après-midi.
Le \i septembre \M0, Janin Lelong dit le Roux, bou-
lengier, natif de Henny le Bassée, est condamné à avoir la
tète tranchée et séparée du corps, pour plusieurs vols et un
homicide commis sur la personne d'un nommé David de
Lcscluse. — Exécuté le même jour, après-midi.
Ze 19 août 1531, Jehan Brebart, pigneur de sayette,
natif de Ilerquisics, est condamné à avoir la tête tranchée
et séparée du corps, pour homicide sur Thomas de Villers
dit le fluicquent. — Exécuté le même jour , après-midi.
Le 7 octobre 1!)51, Artus Dridckart, faiseur de harnas à
prendre poissons, natif d'Âbbeville, est condamné à être
pendu et étranglé à une potence sur le marché de la ville,
comme destrousseur de grands chemins. — Exécuté ledit
jour, après-midi.
Le iO octobre 1551, Thonin Bosqueaii, cousturicr, natif
de Mons, est condamné à être pendu et étranglé à une
potence sur le marché de la ville, pour plusieurs vols dont
quelques-uns commis dans les églises. — Exécuté le même
jour, après-midi.
Ze 22 juin! 552, Godefroy de Hamal, faiseur de lames
de tisserans, natif de Nivelles en Brabant, ayant été décla-
ré hérétique par sentence des officiers de 1 cvêquc et des
— 578 —
inquisiteurs de la foi catholique délégués par notre saint
Père le Pape, les prévôts et jurés et les officiers du bailliage
le condamnent à être lié à une estacque sur le grand mar-
ché de la ville, etillec ars et bruslé vif tant qu'il soit mort
et consume en cendres.
Le Xô février 1532 (1535, n. st.] — Jehan Lecompte, fils
de Jehan, hautelisseur, homme de guerre de la garnison
d'Arras, est condamné à être pendu et étranglé à la potence
sur le marché de la ville, pour avoir mis le feu à une mai-
son et commis plusieurs vols.
Le 19 juin ISod, Simon des Rozières, laboureur, est
condamné à avoir la tête tranchée et séparée du corps sur
un échafaud au grand marché, pour rupture d'un ban de
tousjours auquel il avait été condamné le 18 mars 1531,
pour homicide. — Exécuté le même jour, après-midi.
Le 21 juillet loSô, Adam dele Moelle, tisserant de draps,
natif de S'-Sauveur en Hainaut, et Martin Lepot dit dele
Caulchie, sayeteur, natif de Valenciennes, sont condamnés
à être pendus et étranglés tant que mort s'ensuive, pour
divers crimes et larcins.
TABLE DES MATIÈRES
ET
DES PRINCIPAUX NOMS CITÉS DANS L'OUVRAGE.
Àbbeville, ville de Picardie, dépariemcnl de la Somme, faisait partie,
au 15' siècle, de l'alliance dite ds la Hanse, page 54.
Administration communale de Tournai, changée en 1586, p. 95.
Agatqias, auteur ancien, ce qu'il nousapprend desmœurs des Francs,
page 10.
Allain, hameau dans la banlieue et du ressort de Tournai, p. 55.
Aaierin (Johanel d') dit Yaletf compagnon et complice de Jeban
Gosse, voleur de grand chemin, p. 70.
Amiens, ville capitale de la Picardie, était dans la grande alliance de
la Hanse, p. 5i.
Anstaing (Piérart d), natif de Lille, est condamné à être décapité
pour avoir conspiré en 1428 avec les ennemis de la ville, p. 292.
Antoing (Jacques d') accompagne Mgr le duc de Bourgogne, à Arras,
en 1587, et il est témoin dans un procès criminel fait à ce sujet à
Tournai, p. 255.
Appelhan, pendeur à Tournai, est destitué de ses fondions pour ses
démérites, p. 40.
Are ou Ère (Henri d") , Prévôt de Tournai, est envoyé vers Jeban
Canart, cbanccllicr du duc de Bourgogne, pourUii soumettre le cas
criminel de Maigne Lefebvre qui s'était pendue. Le corps de cette
dernière est réduit en cendres, p. 255.
Archives {les] de la ville, conservées au milieu de la destruction de
celles de beaucoup de localités pendant la révolution du 18' siè-
cle, page 5.
Arnaclt, maître Gilles, assesseur à Tournai, en 158G, p. 255.
— 380 —
Arras, ville capitale de l'ancienne province d'Artois, faisait partie da
l'alliance de la Hanse, p. 34.
Aisissis de Jérusalem, charte à l'usage des Croisés en 1283. C'est
une vaste compilation des lois et usages de cette époque en France,
pp. 12-13.
AcBERMONT (Thiérv d'), juré de Tournai, témoin au procès de Hanin
Piélrezenne. naguère exécuteur des hautes-œuvres, p. 264.
ÂDDBNARDE (Baudcs d'), Condamné à être enfoui tout vif, pour avoir
assassiné Jacques du Croquet, à l'hôtel du Ponchel, p. 142.
AcDENARDE (Gillion d'), assassiné à Tournai par Pierre de Péthen-
ghien, pour avoir accuséWillemin Copin et Arnekin Rogars, p. 168.
ÂCDENABDE (Malhis, Plat d') est justicié d'être traîné et pendu, pour
vol et meurtre, p. 132.
Atesnes (Jean d'), tisserand de drap, est condamné à être enfoui
tout vif, pour être rentré à Tournai, après en avoir été banni pour
assassinat sur une sienne fille appelée Piéronelle, p. 138.
Sailleul, ville de Flandres, qui fît partie de l'alliance appelée de la
Hanse, p. 34.
Bancloque, cloche dont le linlcment se faisait entendre pendant le
le supplice des malfaiteurs et la lecture des condamnations à la
Brelèque, p. 42.
Bannières , la ville de Tournai était divisée par quartiers qui avaient
chacan sa bannière : en 1424, il y en avait 36, p. 14.
Bannissement (le) était autrefois une des peines les plus ordinaires à
Tournai. Les criminels, qui étant ajournés, n'avaient pas comparu,
étaient bannis à toujours. — Le bannissement à perpétuité était
le plus fort châtiment après la peine de mort, p. 25.
Bargîbant (Jehan de) est condamné à ôlre exécuté par l'épée sur le
grand marché et ses biens confisqués, pour avoir propagé la nou-
velle hérésie, p. 372.
Bavât (le bâtard de) est incriminé d'avoir participé à un assassinat
page 157.
BEArsiANoiR (Philippe de), bailli de Clermont, rédige les Assisses de
Jérusalem, p, 12,
— 381 —
Beatimont (Pierre de) est assassiné rue Tannon, par Gille Bougeiie,
p. 204.
Beauvais, ville capitale d'une petite province appelée le Beauvaisis,
était dans l'alliance de la Hanse, p.oi.
Becquerel (le) était le principal quartier de Tournai, où habitaient
les foulons, qui plus d'une fois s'ameutèrent. Grande effervescence
en 1453, pp. 516 et suiv.
Bernard Roland, fils bâtard du seigneur Simon R. ,esi pendu pour
avoir battu et blessé plusieurs personnes, sans causes ni raisons, et
avoir en outre commis des larcins, p. 322,
Bertocl, Conrard, est mis à mort pour avoir violé la paix qu'il avait
jurée, dans la main de sire Marc Villain, avec Jehan Daucby,p. 275,
Béthomez, hameau faisant partie du nouveau circuit de Tournai, se
trouvait dans la juridiction criminelle du magistrat de la ville, p. 33.
Béthune (Jacques de) et sa femme sont accusés par Calaye de Beau-
vais de faire de la fausse monnaie, p. 63.
Bbthdne (Hanequin de), accusé par le fils de Walier Délezielles de
participer à ses vols, p. :172.
Bierne (Colas de) , accusé par Gillot Verbos d'aller avec faux
visage au bois de Breuze pour dévaliser les passants, p, 64.
Bieslinghe (Thomas de) fut condamné, par la justice de Tournai, à
être bouilli , le 6 avril 1547, pour avoir été surpris avec deux sacs
de fausses monnaies, p. 147.
Btsancourt, village de l'ancienne banlieue de Tournai, p. 33.
Blanqhart (Jehan), dit le clerc de Lambersart, aide à la court de
monseigneur l'Évêquc, est assassiné par le nommé Lottin son chi-
rurgien, pour un motif de jalousie, pp. 198 et suiv.
Bleharie (Jaquemart de) est condamné à périr par le feu sans son
de cloche. Après avoir été longtemps enfermé dans les prisons
conrimc hérétique, il meurt sans vouloir abjurer ses erreurs, p. 29î>.
Blois (Gossart de), sergent de la châtellenie d'Ath, est pendu pour
avoir commis plusieurs meurtres; il est en outre, convaincud'abus
d'autorité, p. 308.
Bossuit, un des neuf villages de la seigneurie de Mgr l'Évoque de
Tournai, p. 54.
48
— 582 —
BoccEFORT (Hanequin de), de Bruxelles, convaincu de vol à 1 hôlcl de
Jcban de Hainaut, est condamné à mort, p. 245.
DociLtoN (Godefroy de) accorde des lois au royaume de Jérusalem
dont il est nommé roi, et qu'on appelle Assisses ou lois du St-
Sepulcre, p. io.
BouJlhV. C'était un supplice auquel on condamnait les criminels à
Tournai comme ailleurs, dans les temps anciens, p. 48.
Boulogne (Jehan de) est mis à mort à Tournai par Thiéracle de Vies-
rain, de Soubrechies, qui fut condammé à mort pour ce fait, p. 129.
Boulogne (Tbomas de) aj-ant été banni à toujours de Tournai rompit
son ban, ce pourquoi il fut condamné à être pendu, p. 503.
Bourgogne (le duc de), étant allébArrasen 1587, eut une partie de sa
vaisselle volée par un nomméSalmestrain de Francfort, pp. 234, 233.
BocRNEL (Pierre de) , gouverneur de Clermont, en 1379. La Thau-
massière lui dédie les Assisses de Jérusalem, p. 12.
BoussARS de Roubaix fut bouilli le 7 janvier 1522, pour avoir émis de
la fausse monnaie, p. C8.
BocTELiER (Jehan), lieutenant du gouverneur de Tournai, p. 229. —
Il restitue h la justice de la ville Gillebins de Mouscron qui avait
été fait prisonnier en la cour de Mortagne, p. 242.
Brébart (Jacques) est condamné à avoir la lêle séparée du corps,
pour le meurtre qu'il avait commis sur la personne de David de
Lescluse, p. 577.
Vreièque, tribune extérieure qui se trouvait au-dessus de la porte de
la halle des Consaux, p. 25.
Eriffoeul (Jehan-as-Gambes de) est pendu pour homicide sur Jehan
de Berge, p. 148.
Brizetête (Godefroy) est condamné h ôtre pendu, pour avoir enlevé de
l'église N.-D. oli il s'éfait réfugié Willem Maissient et l'avoir assas-
siné devant le jioiUiil, p. 73.
Broutin (Ghishin) condamné à être t.-alné sur la claie el pendu pour
avoir assassiné Jacquet Buscaille, p. 536.
Brouxelles (Jehan) est condamné à mort pour machiner conspiration,
p. 292.
Brozet (ilanio) est traîné, pendu et étranglé, pour avoir trahi sire
Gilles Franquc, p. 226.
— 383 —
Bruges, grande ville de la Flandre, faisait partie de la Hanse, p- 34.
BncGEs (Jehan de) est accusé par Gosse Van Aeslre de plusieurs
crimes, p. 196.
Bruisle, village de la banlieue de Tournai, il resBortissait du tribunal
de Tourna!, p. 33.
BacYANT (Isabelle) épouse de Jehan de Cassel, graveur de signet,
s elant jetée dans l'Escaut à Tournai, sur le refus de son mari de
payer ses dettes; son corps est pendu à la justice de la porte St-
Marlin, p. 3iO.
Brcyelles (Jacques de), écuyer, est déclaré ennemi et adversaire de
la ville de Tournai, le 23 mai 1435, une publication faite aux bré-
tèques promet 400 couronnes d'or à celui qui pourra le prendre et
l'amener à la justice de la ville, p. 299.
Bhdyelles (Jehan de), dit Sans-Terre, est mis à mort avec Piérart
Malet, pour avoir conspiré, p. 293-
Brtasou Briacq (Henri de), doyen de l'église de Notre-Dame, est
volé par son cuisinisr Jehan le Haere ; le neveu et le palefrenier du
doyen semblent être complices du voleur, p. 280.
BuiMONT (Jehan de) est condamné à être pendu, pour avoir trompé au
jeu, p. 73.
BcisANCOURT (Catherine de) est assassinée la 10 novembre 1346, au
bois de Breuze, par H. de Houdekins qui est pendu pour ce fait,
p. 145.
BuRT (Liévin de) commandait les archers de Tournoi, dans des trou-
bles qui eurent lieu eu 1382, p. 213.
Caîn, tour qui se voyait au pied du Mont St-Auberl, b Fiinos, sur la
route d'A.udenarde, il y avait près de là une potence, p. 46.
Calate, le barbieresse de Beauvaisis, fut pendue en 1319, pour plu-
sieurs vols qu'elle avoua avoir commis, p, 62.
Calenne, village ressortissant de la justice de Tournai, p. 33. — H y
avait une justice à Galonné, p. 46.
Galonné (Bernard de), chevalier, homme du roi, est cité en témoi-
gnage dans le procès en condamnation de Huars DeU'porte, en
1357. p. 117.
— 584 —
Camdes (Lotlin) est juslicié (pendu), pour avoir délivré des prisons
son frère et blessé Lesage. — li dit de dures vérités aux magis-
trats de Tournai, p. 71.
Cambrai, ville de France, qui faisait partie de l'alliance de la Hanse,
page 3-i.
Camphin (Guillaume de), sergent du roi Philippe VI, p. 97.
Canart (Jeban), chancelier du duc de Bourgogne, est consulté par
les Consaiix au sujet d'un cas criminel, p. 233.
Carnins (Jehan de), doyen des Fèvres, est arrêté avec le doyen des
Foulons pour leur refus d'obéir aux ordres du roi; il y eut une
émeute à Tournai à ce sujet pour les délivrer, mais sans succès, et
ils furent condamnés à avoir la tête tranchée sur le grand marché,
le 1" septembre 14S3, p. 513 et suiv.
Castagne (Rogeles), ayant été convaincu d'avoir volé les nonains de
l'abbaye du Saulchois, est condamné et exécuté, p. ^70.
Casteler (Jehan de), chevalier, conseiller du Roi. est nommé gouver-
neur de Tournai en 1332, p. 93.
Castiatj (Jehan) est condamné à mort, comme voleur, p. 6G.
Catins (Jacques), de Douai, est pendu à Tournai, pour avoir pris une
jument, p. 71.
CAVANEs(Arthus), d'Arras, accusé de vols, dénonce plusieurs habitants
d'Arras de faire le môme métier que lui; ii est condamné à mort,
le 14 novembre 1521, pp. 6i, 63.
Châlons sur Marne, ville du comté de Champagne, était dans l'alliaDce
de la Hanse, p. 54.
Charlier (Jehan), deMons, est condamné à être pendu, pour ses dé-
mérites, p. 274.
Charles vu, roi de France, change les lois de la ville de Tournai, en
l'année 1424, p. 59.
Charlesiagne, empereur d'Occident, propage les lois romaines dans
son empire, p. 9.
CnARLEs-LE-CnAcvE, peiit-ûls de Charlemagne, publie des capitulai-
res, p. 9.
Charte (la) donnée en 1355, à Tournai, fut très-importante pour cette
ville, p. 30.
Charnault (Jehan) tue Jacques de Pons, seigneur de la Foice, qui
l'avait attaqué, néanmoins il est condamné à mort, p. 5,
— 585 —
Chercq. village ressorlissant et dépendaiu do la jusiice de Tournai,
page 33.
CaEVREL'SE (le seigneur de) conspire avec les Bourguignons contre les
Armagnacs, p, 288.
Cbérizv (Michaud de) est condamné à mort et pendu, comme assas'
sin, p. 72.
Chin, village dépendant de Tournai, p, 53.
CnoiSEUL (Renard de), chevalier, député par le Roi Philippe VI pour
recevoir les serments des échevins de Tournai , p. 29. 11 était gou-
verneur de Tournai, en 1535, p. 30.
Cléon, chef des magistrats à Athènes, porte à trois oboles'«rj"Jem-
nilé qu'on accordait aux jurés dans l'ancienne Grèce, p. 9.
Clercs (les) étaient jugés par TofScial de l'évique, p. 2i.
Clermes {Rogier de) est chargé par la ville de Tournai d'une ei.quéle
sur le fait de MeurisseGillebin, p. 245.
Collèges. Le pouvoir à Tournai était représenté par trois collèges ,
page 16.
Condamnations à mort dans la ville de Tournai, 59. — E\irailes du
tome Ides registres de la loi, depuis 1513 jusqu'à 1323, p. 29. — Du
t. II desmêmes registres, de 1326 à 1351, p. 76.— Du 1. 111, de 1352
à 1333, p. 96. — Du t. IV, de 1Ô36 à 1340. p. 111. — Du t.V, de 1342
à 1334, p. 129,- Du t. Vil, de 1364 à 1583, p. 153.- Du t. VllI, de
1384 à 1592, p. 222. — Du t. IX, de 1393 à 1400, p. 266 — Du t. X»
de 1401 à 1412, p. 272. — Du t. XI, de 1415 à 1424, p. 282. — Du
t. XII, de 1425 à 1441, p. 289.— Dut. Xlll, de 1442 à 1438, p. 503.
— Du t. XV, de 1472 à 1489, p. 528. — Du t. XVI, de 1490 à 1309,
p. 344. — Du t. XVII. de 1310 h 1339, p. 557. — Du t. XVIII, de
1340 à 1333, p. 368.
CoNCHiELLEs (Jehan de) est condamné h mort, pour plusieurs crimes,
page 376.
Consaux, on appelait ainsi la réunion des conseils de la ville, pp.
IX, XIV.
Consistoires (des quatre) de Tournai, p. 14.
Constantin, hameau du nouveau circuit de Tournai, p. 33.
CoPET, portier de monseigneur l'évoque, est dévalisé par Lemaire,
page 17.
I
I
— 586 —
Coqueriel.. hameau de la banlieue de Tournai , ressortissail de sa
justice, p. 35.
Cordes (Calbef ine de) est condamnée à être liée à une fourche, et
ses biens confisqués; elle s'était désespérée et pendue, p. 531.
Cosse (Hanin) est condamné à mort, pour avoir volé 6 muids de bled
et 4 paires de couteaux, le 24 juin 1523, p. 71.
Crènency (Jennin de), bâtard d'Auvergne, est condamné à être brûlé
et tous ses biens confisqués, pour avoir dérobé chez le receveur de
l'artillerie du duc de Bourgogne une boite renfermant plus de
120Û lions d'or, p. 551.
Cré-jV.'oecr (Frémin de) est condamné à mort, pour meurtre commis
à Tournai, p. 120.
CaoQCEViLLAiN (Jacqucs), bourgeois, juré de Tournrii, figure comme
tcriioin dans le procès de Pitrezenne, p. 264.
CocsiN (Maître Jean), chanoine de la cathédrale de Tournai, auteur
9!« l'histoire de Tournai, 1619, pp. 53, 36.
Cauctumes, styles et usaiges de l'Eschevinaige de la ville et cité de
Tournai, pouvoir et banlieue d'icelle, etc-, 1355, p. 21.
D
Dadicy (Pieron de), lieutenanl du baiily du seigneur de Waziers,
page 97.
Daigremont (Drixe), de Melle, est condamné à avoir la tête tranchée,
pour homicide sur Jehan Dubois, sergent bâtonnier, p. 37G.
Décapitation, supplice autrefois rarement en usage à Tournai, mais
devenu plus commun au 16' siècle, pp. 46, 47.
Delcampe (Bertrand), grand-dojeu des métiers de Tournai, ayant
fait au loi de France un rapport injurieux contre l'honneur et
bonne renommée des Tournaisiecs et refusé d'obtempérer aux or-
donnances de ce souverain, le 28' jour d'août 1433, est condamné
à être décapité avec Jehan de Carnin, doyen des fovres et Jehan le
Pesqueur, doyen des foulons, le 1" septembre 1433, p. 311 et suiv.
DELDCNcn (Jehan) reconnaît et confesse qu'il a conspiré dans la
maison Harlebouc, à St-Brixe, avec Laurent do Dicqucmue, Liévin
de Coustre, etc. Ils devaient se réunir avec les fourbains de Flan-
dres, 11 est condamné ii avoir la tête coupée sur lo marché, p. 173-
— 387 —
Delefosse (Sandrain) est condamné à ûire pendu, pour avoir volé
Jakmin Galliol, à Nedonchiel, p. 210.
Delefosse iHanins). accusé de brigandage et d'avoir bouté le feu en
la maison Slievcnarl Slievenoch, p. 14G,
Delefosse (Jeban) s'élant suicidé, la moitié de ses biens est confis-
quée au profit de la ville de Tournai, p. 299.
Delefosse (Piviard), bâtard et Cohin Delefosse sont pendus pour
meurtres, p. 162.
De le Hame (Jehan) est mis 5 mort à la justice de St-Martin , pour
avoir été, à Paris, à la détestable trahison contre le Roi et le Dau-
phin, p. 287.
Deleiiole (Pierre), de la compagnie des Quatre-Mesliers, est con-
damné, avec Jehan Panekoucke, à perdre la tête en plein marché,
parce qu'ils avaient été pris avec les ennemis du Roi, comme ils
boutaient le feu au royaume, p. 128.
Delille (Bonne) fut justiciée le jour de St-Mathieu 1522, pour émis-
sion de fausse monnaie, p. C8.
Dëlplanque (Jehan), sergent royal des bailliages de Tournai et Tour-
nésis, est condamné à avoir la tête tranchée, pour homicide sur
H. Leclerc, varlet, p. 539.
Delrue (Cornille), corbilleur, dit le roy-des-fussis , nul la langue
percée d'un fer chaud, fut banni pour dix ans et enfin condamné à
Cire pendu et étranglé à la justice du ITapparf, pour jurements
exécrables et un grand nombre de vols, p. 575.
DÉNisv (Ferry de), gouverneur de Tournai, p. 116.
Descornes (Jehan), sergent, dépose, après serment, dans une accu-
sation d'émission de fausses monnaies, p. 248,
Desenfans (Eliennc), changeur, est condamné à perdre la lêle, pour
avoir émis beaucoup de fausses monnaies, p . 547.
Desmaze, auteur du livre : Des supplices, cité pp. 10, 11.
Despyès (Jehan), procureur du roi à Tournai, en 1586, p. 229.
Deule (Jenne de le), demoiselle, demeurant pré» de Si-Brixe, à
Tournai, en 1587, est trouvée assassinée; son neveu, Jcau de Namur
dit Jenson, est déclaré coupable, p. 255 et suiv.
Z)ta;mude, ville de Flandres, est une de celles qui font partie de
l'alliance de la Hanse, p. 5i.
Donnet (Jérôme) est condamné à être étranglé, puis brûlé sur une
— 588 —
estaque au grand marobé pour avoirempoisonné sa première femme
et lenlé d'empoisonner la seconde, p. 37a.
DoRLOT (Jaquemart), chef des foulons, ameute le peuple de Tournai
au Becquerel, au Bruille et ailleurs dans la paroisse de St-Quentin,
il est condamné à perdre la tête, p. 321.
Douai, ville de France, faisant autrefois partie de la Hanse, p. 34.
DouDiN, sergent d'armes du Roi de France, est condamné à un pèle-
rinage, p. 50.
Drac (Jehan du), conseiller du Roi à Lille en 1386, p. 233.
DcBOSDE GnisTELLE (Liévin), participa à la rébellion de Philippe
d'Artevelde et porta la croix vermeille comme ledit Philippe il se
livra en outre au brigandage, et fut condamné à mort, p. 219.
DuBOs(Grard), châtelain d'Havre, tint la campagne auprès de Tour-
nai, p. 159.
DuHEM (Jehan) est condamné à être pendu, pour avoir reçu 10 cou-
ronnes de sa maîtresse pour assassiner son maître, ce qu'il exé-
cuta, p. 294.
DuMONT (Jehan) est condamné à mort comme houricr, p, 66.
DuMORTiER (Haquinot) est condamné à être traîné jusqu'à la halle des
doyens, puis pendu, p»ur avoir tué Jacquinot Leclerc, p. 339.
DcPRET (Pierard) est condamné à mort à Tournai, pour fratricide,
page 289.
Di:sART(5Ie5sire Jean), accusé de molester les gens aux environs de
Tournai, p. 138.
Élections. Mode employé à Tournai lorsqu'on renouvelait les magis-
trats de la ville par voie d'élection, p. 14 et suiv.
Ellezelles, village de la cour de madame l'abbcsse de Pamèle qui y
avait une maison en 1387, p. 257.
Emparleurs, nom qu'on donnait autrefois aux avocats, ils ne défen-
daient pas les accusés h Touruai, p. 41.
Ennequin (Messire Dubos, sire d'), gouverneur de Lille, Tournai, etc.
déclare que Riquet est banni de France, p. 173.
Enquête des échevins de Courtrai au sujet de Wattier Mazières et
de Jehan Arlebouc, conspirateurs en 15G8 (v, s.), p. 174.
— 589 —
Epreuve judiciaire (1') n'était pas en usage ik Tournai, p. 22.
Eroi village du ressort de Tournai, p. 33.
EscArssiNEs (Colart et Gilles d') molestent les bonnes gens des envi-
rons de Tournai et de Courlrai, p. 138.
EscAiJssiNE (Gérard d'), écuyer, prévôt de Mons, fait connaître une
cause criminelle au prévôt de Tournai, p. 261.
EscLAiBEs (Messire d') se lient armé entre Tournai etCourtrai, p. 138.
EsPiERRES (Evrard d') est volé pendant la nuit par Hennequin de
Bersée, sur le Pout-à-Pont, à Tournai, p. 231.
Esquelmes, un des 9 villages de la seigneurie de l'évêque de Tour-
nai, p. 34.
Eswardeurs (les) ou Prud'hommes de la ville de Tournai étaient élus
au nombre de 30, le 20 février, p. 15. — Us sonlabolispar Charles-
Quint, en 15^1, p. 16.
Faux-monnoyeur (le) était souvent condamné à être bouilli, p. 48.
Favrel (Jehan), foulon, est convaincu d'avoir ameuté le peuple au
Becquerel, et condamné à avoir la tête tranchée sur le grand mar-
ché, p. 321,
Fay (Godemard du), ancien gouverneur de Tournai, p. 116.
Fief (Piérard du) assassine sa femme, Catherine Willant, et il est
condamné à perdre la tête, p. 364.
Flandres (Monseigneur le C"^ de), est arrêté la nuit et rançonné de
VI écus, par Gilesains Palains, en 1368, 'p. 182.
Flines. village oîi se trouvait une potence (justice), p. 46.
Floure (M^ Pierre), maître des bougres et inquisiteur sur la foi , con-
damne P. Dupret, pour le fait d'hérésie, p. 285.
FoNTENiLLÊs (Hanequln de) est pendu pour vols, p. 149-
Fortes-épaules (Godefroy), convaincu d'avoir rogné des doubles
gros de Hainaut, est pendu à la porte St-Martin, p. 282.
Foulons (les) avaient le siège de leurs métiers au Becquerel; ils
s'ameutèrent le 1" septembre 1453, p. 316.
Fourmanoir (Géromet du), fils de Colart, parnîenlier,est condamné à
mort pour vol avec escalade et effraction, p. 332.
49
— 390 —
Fous (les) malfaiteurs étaient battus de verges à Tournai, p. 49.
France (Jean de), dit Sébillars, est pendu pour vol, p. 12.
Froidcapielle (de), de Mens, est nommé bourreau à Tournai, en
1407, p. 50.
Froidmont, village du ressort du nouveau bailliage de Tournai, p. 34,
Frocmage (Loltard) est volé à Tournai par sa megaine (servante),
p. 223.
Froyennes, village voisin de Tournai, on y suivait l'ancienne coutume
de celle ville, p. 34. — Il y avait une potence appelée justice,
p. 46.
Gacbard (M.), archiviste de l'état à Bruxelles, p. XI. — Ârcbiviste-
général du rayaume de Belgique, fait un rapport sur les archives
de Tournai et Tournésis, p. 13.
Gaiopin de Maubeuge est condamné à être pendu, pour avoir tué le
seigneur Jacques Le Mercier, p. 123.
GAMECHmEs(Denis de), complice de faux-monnayeurs, est condamné,
par sentence du Bailli de Tournai, à être bouilli, p. 311.
Gand (la ville de) faisait partie de l'alliance de la Ilanse, p. 34.
Gavres {Mahieu de), de Frasnes-lez-Buizeual, est condamné à élre
traîné et pendu comme coupable de meurtre, p. 508.
Géhenne ou Gehine, salle destinée aux interrogatoires des malfai-
teurs à Tournai, p, 39.
Gérardin de S'-Quentin, juslicié à Tournai, p. 61.
Gibets (les) de Tournai; oii ils étaient situés, p. 43.
Gillox Croees fut pendu pour ses larcins, p, 66.
Goetoals ou Gouthals (Jehan) est volé d'une colle de mailles, p. 170.
GoMiGMES (Monsgr. de) , du parti du roi d'Angleterre, est signalé
comme ennemi du roi de France, p. 206.
Gdsse (Jehan) , dit Postillon, est traîné et pendu pour robcries (vols),
p. 70.
Grekct (Jacques), bailli d'Hainin, p. 193.
Grimacpont (Jehan de) est condamné â ûlre exécuté par l'épéc cl
SCS biens confisqués, comme fauteur d'hérésie, p. 372.
— 3i)l —
Habare (Jehan de), Llltard, est pendu avec Giltubin Lebare, ii h
baulle Dèehe de la justice de S' Martin, p. 328.
Hacquet (Renaud), sous-doyen des verriers, est condamné h perdre
la tûte, pour avoir été avec Henri de Vriese. doyen des peneurs et
Baudart Drielincq, auteurs et instigateurs de la sédition du BeC'
querel, p. 29-t.
Hacqcet (Griognolat) est pendu et étranglé, pour vols de reliques
dans les églises de S«-Piat, de S'-Nicolas, de S'-Jacques, et de S'-
Quentin, p. 291.
Halate {St-Chrystophe en), maison de plaisance des rois de la seconde
race, p. 52.
Halle. Le tribunal pour les causes criminelles siégeait à la Halle»
p. 23. — 33.
Halloy (Gillolle de) dite de Lastre, femme do k. Cavane, est mise à
mort pour ses démérites, p. 65.
IIaual (Godefroy) ayant été déclaré hérétique est condamné, par les
prévôts et jurés, à être brûlé vif, p. 378.
Hamestrel (Aubier de), garde de h monnaie de Tournai, en 1386,
p. 229.
Hanebiers (Jehan), justfcié pour ses larcins, p. 67.
HansBy traité d'alliance passé au XIV° siècle entre 24 villes, p. 34.
HARcniES (Jacques de), capitaine tournaisien, chargé de faire escorte
avec Jehan de Nedoocbcl au député de la ville, p. 4S.
Harchies (Jacquemin, bâtard de) est pendu pour vol, p. 126.
Hacbourdin Pierre et Estiévenard accusés de vol, p. 241.
Haddion (Jean de), bourgeois de Tournai, dénonce sa mesquine
(servante) de lui avoir volé plusieurs pièces d'or, laquelle nommée
Maigne se pend dans sa prison, p. 332.
Havinne , village près de Tournai où il y avait une justice, p. 46.
Havre, {le châtelain d') accusé de brigandage, p. 138.
Haye (Messire Jacques de le) est volé par Gillebin Meurice qui lui
prend sa cotte do mailles en fer, p. 211.
Haye (Jacques de le), bâtard, est lue à Tournai, par vengeance, par
Andrue de Bruges, |>. 188.
— 592 —
Hâte (Jehan de le) est pendu pour ses crimes, p. 159-
HatiNE, palefrenier de l'Évoque de Tournai , est compromis dans un
assassinat, p. 277.
Belchin, un des 9 villages de la seigneurie de l'Évêque, p. 34.
HELtms, le bouteiller de Kiévraing, est pendu pour vol, p. 65;
Hennebert (Frédéric), archiviste de Tournai 'et Tournésis, p. VI.
Henri VIII, roi d'Angleterre, ne changea pas la législation criminelle
de Tournai pendant sa domination, p. 20.
Hertaing, village du nouveau bailliage de Tournai, p. 34.
Hertaing (Jehan de) est mis à mort pour vol, p. 211.
Hertrud, village qui ressortissait de Valenciennes et l'un des 9 de la
seigneurie de l'Évêque, p. 54.
Hesdain (Jehan d') est gouverneur de Tournai, p. 156.
HiLLET (Riquet) , geôlier des prisons de Maire , laisse échapper
Guyartde|Pest, détenu du Roi de France, il est incarcéré à sa place,
fustigé et pendu, p. 176.
HoLLAT (Jehan) est condamné à être pendu comme coupable de deux
homicides, 272.
Honnevaing-sur-Blandain^ village ressortissant du nouveau bail-
liage de Tournai, p. 54.
HoNGuART, dit bâtard de Chin, est pendu i la justice d'Havines et
en signe de houtte-feu, deux pois de terre avec des lisons dedans
sont attachés sur lui, p. 292.
HovE (Gille de), amené dans les prisons de Tournai, pour soupçon
de vol, p. 247.
Janin (Guilletot), dit le Français, né auprès d'Angers, est condamné
à être pendu, pour émettre de la fausse monnaie, pp. 229 et suiv.
Ibelin (Messire Jean d"), comte de Japhe et d'Ascalon , rédige les
Assisses de Jérusalem, p. 12.
Jehan-as-Tocpet, juré de Tournai, cité p. 243.
JoUaxny village du ressort du nouveau bailliage de Tournai, p. 33.
JoncqCoit (Robin du); faisant partie d'une bande de malfaiteurs qui
détroussaient les passants aux portes de Tournai et empêchaient
— 593 —
l'approvisionnement de la ville, est condamné h la potence, le 24
mai 1471, p. 528.
Jury (le) existait dans les temps anciens chez les grecs, p. 8.
Lamain, village du ressort du bailliage de Tournai, p. 3i.
Landâs (Jehan de), châtelain do Tournai, laisse évader de ses prisons
le frère de L. Gambes qui avait été condamné h mort, p. 71.
Lannoy (Jaquemin de), fils de sire Jean, fut condamné h mort, pour
être venu armé, comme forain , et avoir mis à mort Martin de le
Place, nonobstant la fête, p. 253.
Lannoy (Guillebin de), fils de Jaquemart, est condamné à être pendu,"
p. 529.
Lannoy (Jehan de) est menacé d'être assassiné dans son hôtel à Tour-
nai par des malfaiteurs, p. 137.
Lannoy (Jehan de) est condamné à avoir la tête tranchée, pour avoir
fait courses et roberies au bailliage de Tournai, sous ombre de la
guerre déclarée en 1489, pp. 342 et suiv.
Leblanc est condamné à mort, pour une grande quantité de crimes,
p. 270. — Il est réclamé comme clerc par l'appariteur de l'Évo-
que, p. 271.
Lebois (Mehaus), justiciée à Tournai , comme coupeuse de bourse,
p. 72.
Leborgne, de Wez est exécuté pour hourie (mauvaise vie), p. 67.
Lecarlier (Jehan), maître de la monnaie de Tournai en 1366,
p. 229.
Lecomte (Jehan), homme de guerre de la garnison d'Arras, est con-
damné, pour incendie, à être pendu, p. 376.
Lefebvre (Jacques) est pendu, pour avoir commis un grand nombre
de vols d'argfjnterie, p. 303.
Lelievre (Pierre) est pendu, pour crime d'extorsion, p. 160,
Le Lodchier (Gossuin), prévôt et juré de Tournai, p. 154.
Lemaire (Raoul), chanoine de N.-D. de Tournai, consent à ce que
l'assassin Mideldonc soit enlevé de l'église de St-Jacques et mis
dans la prison Druuin, p, 276.
— o94 —
Le Rcspilleux accusé d'aller chercher de la fausse monnaie, p. 13o.
Lescailles (Godefroid) reçoit de l'argent pour aller épier les bonnes
gens de Tournai, p. 139,
Lescluse (Henri de), condamné à mort pour ses vols, p. 363.
Lespecier est condamné à être décapité et démembré, pour avoir
aidé les ennemis à s'emparer des portes de la ville, p. 291.
Lettres des échevins de Courlrai à ceux de Tournai, au sujet de
Waltier Mazières, accusé de conspirer contre son seigneur le
comte de Flandres, p. 174.
Leuze, ville du Hainaut, près de Tournai, était une ancienne sei-
gneurie. Le gibet de Leuze était situé sur la route de Tournai, p. 46.
Lézennes pour Ellezelles, un des 9 villages de la seigneurie da l'Évé-
que de Tournai, p. 34.
LiDiNS (Amandiii), justicié le 8 juillet 1323, p. 71.
Liflamens (Jebanes) est condamnée à [être bouillie, p. 60.
Ligne [le châtelain de), accusé de donner de fausses attestations de
tonsure, p. 44.
Lille, ville de la Flandre dans l'alliance de la Hanse , p. 54.
Lohmiel (Perrotin de), d'Abbevilie, qui avait mis à la torture le mayeur
lie Gamache ainsi que Golan Vinacourt, est condamné à être pendu
61 étranglé, p. 290.
Locis-le-Débomnairb, empereur d'Occident, établit différents points
de législation, p. II. v '
RI
Maffle (Jehanne de) est condamnée à être brûlée vive, pour avoir
assassiné la femme de Golas, son amant, p. 305.
Magistrats (les) de Tournai siégeaient à tour de rôle, p. 29. — A
quel âge ils pouvaient siéger et exercer, id. — Du serment qu'ils
devaient prêter, id,
Mainvault (Huartde), haulelisseur, est condamné b être décapité,
pour avoir rançonné les habitants de Tournai, p. 545.
Maire, faubourg de Tournai où il y avait \xnc justice (potence), p. 4a.
Malet (PiérarO est condamiic à perdre la lêie, comme conspira-
teur, p. 295.
— 595 —
Manuscrits {les) des archives de la ville qui ont servi à l'auteur pour
les Lois criminelles de Tournai, pp. 52 et suiv.
Margot-as-Paclettes est jusliciée pour ses vols, p. 63.
Marissal (Piérarl), le foulon et rewardeur, est condamné à perdre
la iftle, pour avoir fomenté des troubles dans la ville, p, 29i.
Marlières (Piéron des) est nommé conseiller du gouverneur de
Tournai en 1536, p. 93.
Marquin, village du ressort de Tournai, p. 33.
Marvis, faubourg de Tournai et du ressort de celte ville, p. 33.
Matrighehem (Tassart Gautier de), condamné à être pendu, pour
avoir altéré les monnaies du Roi, p. 142.
Macffait (Jehan de), juré de Tournai, envoyé en enquête à Flobecq,
en 1387, p. 237.
Maclde (Jehan et NouIIet de) ont la tôle coupée , pour avoir guer-
royé dans les environs de Tournai, p. 138.
Melle, village près de Tournai, qui avalisa justice propre (potence),
p. 46.
Merlain, village ressortissant du bailliage de Tournai, p. 33.
Meclenaerk [(Michel de) est condamné à mort , pour ses larcins,
p. 240.
MiDELDONCQ (Jehan de) est condamné pour meurtre : il se réfugie
dans l'église Sl-Jacques, mais le doyen du chapitre et son conseil
le livrent au prévôt, p. 275.
MoNNELLES (Guillaume de) est accusé de couper les bourses des
bourgeois, p. 63.
MoNNOYBR (Jehan de),, sergent des bois du Hainaut, est pendu pour
avoir aidé à fabriquer de la fausse monnaie; deux autres individus
qui travaillaient avec lui sont exécutés, l'un à Ath et l'autre à Tra-
zeguies, 305.
Montesquieu. Esprit des lois cité, p. H.
MoNTiGNY (Rasse de) est accusé d'être l'instigateur d'un crime à
Liège, p. 266.
Montrœul, ville de France, dans le haut Coulonoi?, faisait partie de
la Hanse commerciale, p. 5i.
— 596 —
Morel, autrefois village et maintenant faubourg dans la banlieue de
Tournai, p. 53.
MoRET (Jehan de), chevalier, gouverneur de Clermont. La Thaumas-
sière lui dédie les Assisses de Jérusalem, p. 15.
MoRiEL (Guillaume) est arrêté comme conspirateur et exécuté, le jour
du marché, i la justice de Maire^ p. 299.
MoRiEL (Jehan), capitaine d'une corporation d'ouvriers en métal de
la ville d'Ypres, p. 220.
MoRTAGNE (Jean), Grand-doyen des métiers de Tournai, est condamné
à avoir la tête tranchée, pour conspirations contre la ville, p. 292.
MoRTAGNE (Piérol de), dit dKspierres, est condamné à être pendu,
pour un meurtre qu'il avait commis, p. 554.
Mortier (Jehans dou) avait un grenier à bled, à la maison de Vesin,
en 1355 ; Jean Lialais y dérobe i rasières, p. 108.
Mocstiers (Piérard du) est pendu pour avoir volé, p. 363.
Mouton (Gillart), fils du seigneur Michel , mayeur des échevins, est
tué par Jehan de Hollay, p. 272.
MocTON (Michel) est condamné à être traîné et pendu, pour avoir
voulu mettre le feu à la ville de Cambray, p. 131.
N
Nachtergal (Hennequin), natif de Ghelwe, est pendu comme voleur,
p. 524.
Namcr (Jean de), dit Jenson, est condamné à mort, pour avoir assas-
siné la demoiselle de le Deulle, sa parente, p. 256.
Namur (Michaud), varlet de taverne, est exécuté pour les meurtres
qu'il avait commis, p. 268.
Nassau (le C" de), capitaine-général de l'empereur Charles-Quint,
conclut, en 1521, la capitulation des Tournaisiens, p. 16.
Naviel (Jehan) est envoyé, par les Consaux de Tournai , vers le
Parlement de France séant à Laon , p. 45.
Nedonchel (Jehan de), capitaine, est chargé, le 7 mars 1429, de pro-
léger dans son voyage un député toarnaisien, p. 45.
Nedoncbel (Gilles dft), gouverneur de la ville de Clermont, en 1575.
LaThaumassicrelui dédie son livre des Assisses de Jérusalem, p. 15.
— 597 —
NiDBU (Hancquin Van den) esl pendu à Tournai, pour vol, p. 178.
Nielle (Jehan de) fut condamné, en 13i3, à êlre enfoui tout vif, pour
avoir mis à mort le fils de Michel Hardoic, p. 140.
NiFFLE ou NiFFE (Haquinet} ayant été mis à la potence pour ses cri-
mes, une bourrasque enleva du gibet son cadavre, mais par ordre
supérieur il fut relevé et rependu à nouveau, p. 324.
Nobles (les) qui étaient condamnés à mort à Tournai, «valent le droit
d'être décolés par leurs parents ou d'autres nobles, p. 7,
NoEPMEz (Jehan de) fut pendu à la haute flèche, sur la tour du Bap'
part, pour avoir rois un homme à mort, p. 292.
NoiRET (Marquet),de Lalaing, est suspenduetélranglé pour homicide,
conspiration, violences publiques, etc, p. 323.
NoiBOEiL (Jehan de), bosquillon, est condamné à mort, pour avoir
menacé plusieurs perspnnes et pour homicide sur la personne de
Jaspin Parisis, p. 357.
NoQuiEL (Colas) dit sans-âme est pendu pour meurtre, p. 31.
NoTELLE (Allart) et sa femme, accusés de faire de la fausse-monnaie,
p. 61.
NoTELLB (Isabelle de) a sa demeure dévastée par le voleur Hanc-
quin dit Petit-Quin, p. 99.
o
Obevt de Malfianche, accusé de rogner les monnaies royales, p. \H.
Orchies, petite ville faisant autrefois partie du Tournésis, était dans
l'alliance de la Hanse , p. 34.
Palain (Ghislain) est condamné à être traîné , puis pendu, pour avoir
audacieusemenl rançonné Mg' le comte de Flandre, p. 182.
PANCKOtJKE (Jehan), de Gand, des IV métiers, a la tête tranchée , pour
vouloir bouter le feu au royaume, p. 128.
Pape (Jehan), premier tondeur à grandes forces, .iccusé d'avoir fait
partie des bandes armées contre le pouvoir de Tournai, esl con-
damné h être suspendu à la justice de Maire, p. 88.
Papelabs (Simon), de Soissons, esl traîné et pendu, pour avoir joua
avec de faux dés, p. 16a.
— 398 —
Paradis ou Paradeu, hameau du nouveau circuit de Tournai , p. 33.
Pabbt (Jeban le), petit-maitre, témoin dans ia cause de Bouchefort,
p. 2i6.
Patocl (Colinet), barbieur, est condamné à perdre la tête sur le
grand marché, pour avoir enfreint les traités passés entre les Tour-
naisiens et le duc et la duchesse d'Autriche, p. 536.
Pèlerinage (le) était une des obligations infligées souvent à des cou-
pables , p. 26.
Péhiclks introduit à Athènes l'usage d'indemniser les jurés, p. 9.
Pironne, ville de la Picardie était de la ligue de la Hanse, p. 3i.
Péruweh-leS'Antoing ressorlissait du bailliage de Tournai et suivait
son ancienne coutume, p. 35.
Pesqceur (Jean le), doyen des foulons, refuse d'obéir aui ordonnan-
ces royales, il ameute le peuple dans Tournai , ce qui le fait con-
damner à avoir la tête tranchée sur le grand marché, pp. 315 et
suiv.
Pest (Guïard de), prisonnier à Maire pour cas criminel, trouve moyen
de s'évader, p. 1"7.
PfliLiPPART de Flandres est condamné à mort, pour avoir afolé
(estropié) Jean Lemonier, après lui avoir juré la paix, p. 252.
PHiLlPPiJ-AcGUSTE (roi de France), conGrme les inslituiions existan-
tes à Tournai, en 1189. p. XVI. — llyflxe la date du renouvelle-
ment du pouvoir, p. 36.
Philippe de Valois, roi de France, donne une nouvelle charte k
Tournai, en 1540, p. 13. — 11 avait prescrit des lois civiles et cri-
minelles, au mois de mai 1355, pp. 20, 21. — Il retire les fran-
chises de la ville en 1332 «l il les rend l'année suivante, pp. 93 et
suiv.
PiEBREFONTAiNE (Messirc Jean de), sire de Beuvrage, est accusé de
brigandage, p. 158.
PiETEGHEM (Jean de) est pendu, pour avoir tué Jean deBrnes, p. 168.
PiETEZENNB (Jehan), qui avait précédemment exercé le métier de
bourreau, à Bruges, fait assassiner Jehan le Barre, sftn rempla-
çant; il est condamné à mort, pour ce fait, par la cour de justice de
Tournai, p. 268,
Pons (Jacques de), seigneur de la Force, attaque Jean Charnault,
— 399 —
celui-ci le tue , condaninalion suivie de lettres do grâces ^ ce
sujet, p. 5.
Po;)er*n<//ie, petite ville de Flandre, autrefois très-commercanle ,
faisait partie de l'alliance de la Hanse, p. 34.
PoucQUES (Jean de), maislre d'hôtel du duc de Bourgogne, p. 235.
PoDTRAiN (Rogier) est accusé de receler des objets volés au doyen de
l'église de Notre-Dame, en U06, p. 280.
Pouvoirs (les) de la ville de Tournai sont suspendus en 13Gj par le
souverain, p. 27.
Prescriptions impériales (les) de Charles-Quitit, p. 17.
Prévôts (les) avaient le premier rang dans la magistrature h Tour-
nai, p. 16. — Us prêtaient serment, chaque année, à la chapelle
S'-Vincent, p. 52.
Provins, ville de Champagne qui était dans l'alliance de la Hanse,
p. 34.
Pruvost (Hermant), maire de la commune de Malines, en 1390,
p. 248.
QuADHANiNs (Saudregulc) fut jusiicié à la potence comme larron, en
1323, p. 71.
QcAUMONT (Jean de), prévôt de la commune de Tournai et grand-
doyen des métiers, est pendu et étranglé, à la haute justice de la
porte S'-Marlin et ses biens confisqués au profit de la commune,
pour rapine, extorsions, etc., p. 295.
Qi'ARMONT (Pierre de), natif de Rentj en Artois, est condamné à élre
pendu avec six autres brigands , pour un grand nombre de vols
commis tant dans les églises qu'ailleurs, p. 365.
Question (la), supplice pratiquée chez les anciens , pour avoir l'aveu
des incriminés, p. 9.
Redquem ou plutôt Reckem, chMeau près de Maestrcck, ob l'on fai-
sait de la fausse- monnaie, en tôoG, p. 250.
Registres (le la loi liii 'Tonrn:i\ ; ils forment 18 gros volumes in- fo!,
manuscrits cl sont conservés aux archives de la ville, p. XI et suiv.
— 400 —
Bbntt (Oudari de), gouverneur de Tournai, en 1366, p. 156.
Rbeims, ville capitale de la Champagne, faisait partie de la Hanse, 34.
RiNQUESEN (Bauduin de), accusé de faire la guerre de partisans, c'est-
à-dire de ravager le pays, p. 138.
RoGiER (Adrienne) fut jusiiciée le 9 juillet 13'2'2,p. 68.
RoGiER (Thomas le) est pendu aux basses fourches, pour plusieurs
vols, p. 284.
RocBAix (Jaquemin de) est justicié, pour avoir mis à mort Jacquelle
de Cassel, p. 130.
RoYÈRE (Jehan de le) est condamné & avoir la tête tranchée, pour
avoir trompé sur les comptes de son administration ; il avait été
Souverain-regetteur de la ville pendant quatre années, p. 3o3,
RoziÈREs (Jean de), accusé d'être usurier, p. 247.
RtTKES (Jean de), essayeur de la monnaie de Tournai, en 1386, p. 259.
Rumes, village où il y avait une justice, p. 46.
RumiUy, village du ressort ei de la banlieue de Tournai, p. 33.
S
Saim-Amand (Jehan de), conseiller de la ville de Lille, p. 233.
S"'Fontaine-1ez-Tournai, aujourd'hui Sept-Fontaines, dans la ban-
lieue et ressortissant de celle ville; c'est un de ses faubourgs
appelé aussi de Maire : il y avait autrefois une justice, p. 43.
S'-Clément, malue clerc de la paroisse de S' Brice à Tournai, en
1587, p. 257.
S'-Genoix un des neuf villages de la stiigneurie de l'évêque, p. 34.
S'-Genois (Simon de) sergent d'armes, à Tournai, dépose comme té-
moin en un procès de faus-monnayeurs, p. 248.
S'-Marcel (Denis de), conseiller de Tournai, est envoyé par la ville
vers Messire J. Canari, chancellier du duc de Bourgogne, le 29
août 1386, p. 233.
S'-Martin^ dans la bar.lieuo et dépendance de la juridiction de
Tournai, p. 53- — Il y avait une Justice dans ce faubourg, p. 43.
S'-Maur, village situé dans la banlieue et ressortissant du bailliage
de Tournai, p. 53.
S^-Omer, ville du l'ancicD Artois qui était dans l'alliance de la
Hanse, p. 3i.
— 401 —
S'-PoL (Jean de), condamné à être pendu pour vol à main armée,
p. 123.
S'-Quentin, ville de Picardie dans l'alliance dite de la Hanse, p. 34'
Salaire (le) des emplois dans les exécutions à Tournai, p. 49.
Salmestrain de Francfort fut pendu, pour un vol considérable fait k
l'hôtel de Mg'. Rilllart de Flandres, p. 234.
SAUcn(de le), de Moucbin, ûls.bùtard de Jehan Sohier, fut pendu, pour
assassinat, p. 165.
Saulchotr (le) était dans l'ancienne banlieue de Tournai, il y avait une
abbaye de religieuses de Cîteaux , p. 33.
Seigneurie de l'évêque de Tournai, sa composition, p. 34.
Sépulture accordée aux suppliciés, p. 44.
Sergents-bâtonniers (les) étaient autrefois chargés de maintenir l'or-
dre, p. 37.
Serment. Il se prêtait chaque année par les prévôts et jurés entre les
mains de l'évêque de Tournai, p. 32. — Quand le pouvoir était
suspendu, c'était entre les mains du gouverneur ou bailli qu'ils
le prêtaient, p. 30. — Eu 1340, le m.igistrat prêtait serment entre
les mains des majeurs et des eswardeurs, p. 30. — Les employés
chargés d'un oflice le prêtaient entre les mains des échevins et
des jurés, p. 31. — Serment que les bourgeois de Tournai prêtaient
à leur réception, p. 15b.
Serments (les). On appelait ainsi la réunion des diverses corporations
de la ville. Leur composition, p. 14.
Sèvres (Thomas de), Prévôt du ressort de Lille, p. 97.
SiLLT (Vincent de), ûls de Henri, à Montigny, est suspendu aux
basses- fourches, pour avoir volé, p. 280.
Six (La lourdes) se trouvait à la halle, p. 35.
SoTEGQEiu (Jean de), bailly du Tournésis, p. 89.
Tabellion (les) faisaient autrefois les fonctions de notaires royaux,
p. 190.
Tainte^nies, village du ressort du bailliage de Tournai, p. 34,
Taintegnies (Jean de) est accusé de receler delà fausse-monnaie,
p. 60.
— 402 —
Talion (la peiuo du) en usage à Tournai, p. 2.
Teuwagne (Baudars de) est condamné à mort, pour meurtre, p. 158.
TnACiiASSiÈRE (Thomas de la), avocat au Parlement, publie les
Assisses de Jérusalem, p. 12. 13.
Tqomassix est condamné par le Prévôt de Tournai, pour avoir émis
de la fausse-monnaie, à être étranglé, mais il est remis à la justice
de l'évêque comme clerc, p. 229 et suiv.
ToNGREs (Catherine de) est condamnée à mort, pour vol et compli-
cité d'assassinat, p. 68.
Tournai, ville de Belgique située près de la frontière de France;
elle appartenait à ce royaume, mais elle avait ses lois et coutumes
propres jusqu'à Tannée 1321. Au 14' siècle, Tournai était riche et
industrielle; p. 18. — Son pouvoir municipal en 1189, p. XVI. —
Elle conserve ses archives pendant la tourmente révolutionnaire
de 1793, p. 5. — Ses coutumes locales particulières, p. 13. — Sa
juridiction criminelle, p. 53. — Elle fait partie de l'alliance dite
de la Hanse, p. 34, — Troubles dans la ville en 13G3, elle perd ses
pouvoirs eu 1563, p. 27. — Le parti BourguignoM met le feu aux
maisons de ses faubourgs en 1478, p. 552. — Elle se rend par
capitulation, en 1321, îi l'eniiiereur Charles-Quint, p. IG. etc.
Tribunal (couiposiliou du) au moyen-ùge â Tournai, p. 27.
Tuions (\nciaus) du Ruez fut juslicié comme faux-monnayeur, p. 68.
Valenciennes, une des villes du Hainaut qui faisait partie de la
Uanse, p. 54.
Vandenduoeck, conservateur des archives de Tournai et du Tour-
nésis. auteur (les Ex;rai<5 ana/yt«(7«e5 des Consaux de Tournai
cité, pp. IX, XIV, 6, 30. 36.
VEL>iNrs (Jaquemin de), convaincu de vol, est condamné h mort,
p. 249.
Ventru (Jean), sous-doyen des tisserands, est condamné b perdre la
lête, pour avoir conspiré contre le souverain, p, 292.
Verbos (Gillot) est juslicié pour vol. p. 6i.
VnuLAXDEs (Gille«) était mollre dhôiel du duc de Bourgogne en
lô87j p. 253.
— 403 —
Veson (Pierre de), foulon, est pendu , pour vol, p. 168.
Vilain (sire Marc), prévôt, reçoit le serment de paix, de Conrad Bcr-
tonl et de Jean d'Aucby, cederniernéanmoins est mis à mort par
Bertoul, p. 275.
YiLLBRS (Gérardin de) est condamné et pendu , pour avoir commis
plusieurs crimes, p. 505.
ViNACocRT ou WiGNACOCRT (Colars), de Guignies, est pris dans la
forêt d'Eu et rançonné p;ir P. de Lominiel, p. 290.
ViSART (Jaqnemin), dit le Grandpage d'Arras, est accusé de plusieurs
meurtres et condamné à mort en 1592, p. 254.
Wanehain, village b peu de distance de Tournai où il y avait autre-
fois un gibet appelé Justice, p. 46.
Wanomprê (Adrien de) est traîné cl pendu, pour homicide, p. GO.
Warcoing , village du ressort de Tournai, p. 33.
Warnewicq (chrétien de), fils de Olivier, né à Gand, est condamné,
pour ses inéfails, à avoir la télé tranchée à Tournai, p. 547.
Wastebled (Colin), détrousseur de grands chemins, vola pendant la
nuit un écuyer de Hainaul sous le pont-à-ponl ; de plus il assassina
sa compagne et fut condamné à mort, p. GG.
Wûsemmes, un des 9 villages de la seigneurie de l'évêquede Tournai,
p. 34.
Waudripont (Arnould de) était juré de Tournai en 1595, p. 2G4.
Wesphalia (Frère Henri de), ex-religieux Augustin, hérétique, schis-
malique et apostat , fuldé gradé des saints ordres et condamné par
le bailly et le conseiller de l'empereur à être brûlé, p. 5G6.
Wez-Welvain, un des 9 villages de la seigneurie de l'évoque do
Tournai, p. 54. — Il y avait une Justice, p. 46.
Wuillemeau, village du ressort du nouveau bailliage, p. 34.
WiNCDEs (Robert de), chevalier; Masse Leroi usait faussement de
son sceau, p. 112.
Y
Yacvie (Jacques de le) est condamné à ôtre pendu, pour avoir fait
usage de faux dés au jeu, p. 165.
— 404 —
Ypres, ville de Flandres, qui était de la ligue de la Hanse, p. 34.
YsABEAC-Li-MACNEREssE fut condamuée à être enfouie toute vive,
pour vol, p. 101.
ZÉLANDE (Arnoulet de) est pendu, pour l'homicide qu'il commit sur
Jehan de Baisse, p. 538.
FIN DE LA TABLE.
ii>;S 4
La Bibliothèque
Université d'Ottawa
Échéance
The Librory
University of Ottawa,
i
Date due /
im^
%
m. 19W
yèf%i^*
MAROâtôay
22 mm ^'^M
MAR 1 32lJ02
•^^
mi
., SEP 0 \
im
wa
a39003 0026^450^
f
CE Ch C811
.T7NA 1Ç67
CGC NECGMCHEL,
ACC« 1C77603
G /iNCIENNtS LC